Un premier ministre belge sortant par la petite porte de service ; que s´était-il passé ? Certains prétendent qu´il a été, avec l´affaire Fortis, victime de la crise économique. Est-ce réellement vrai ? Leterme n´a-t-il pas par hasard fait montre, pour un juriste premier ministre, de quelques bourdes inconciliables avec l´exercice respectable de sa fonction ? Un premier ministre peut-il s´offrir le luxe d´agir par-delà de la constitution de son pays ?

 

A la fin, acculé à prendre la petite porte de sortie de scène.

 

 

Beaucoup en effet prétendent, comme il est bien en ce moment de crise économique et financière accrue, que le premier ministre belge Yves Leterme a été victimes des remous ayant secoué le Holding Fortis. A notre avis, ce n´est que la moitié de la vérité. Certes la crise y est Yves_Letermepour beaucoup, et la gaffe de vouloir vendre en fin de semaine 75% de fortis d´autorité à BNP Paribas en passant au dessus des petits actionnaires de cette société et de l´assemblée générale de celle-ci (vraiment curieux pour un juriste ayant travaillé à la Cour des comptes !). Et ce ne fut pas tout, lorsque les petits actionnaires firent opposition en justice, Yves Leterme et son ministère de la justice voulurent de concert influencer les décisions du magistrat chargé de l´affaire ! Et là, ce fut un peu trop d´irrespect pour la constitution belge et le principe fondamental de la séparation des pouvoirs.

 

On se demande si Leterme, en agissant d´autorité de la sorte (Et pardon, il est juriste de formation ! Il faut croire que le pouvoir corrompt et corrompt absolument), ne menait pas lentement la Belgique aux abords d´une république bananière. Celui qui le renommerait de nouveau formateur de gouvernement n´injurierait-il pas la constitution et ouvrirait la porte grande ouverte aux intrigues les plus irrespectueuses des droits et conventions sociales souverainement régies par la démocratie belge ?

 

On s´en rappelle : en juin Leterme avait déjà posé sa démission parce qu´il n´arrivait pas s´acquitter de sa tâche adéquatement tant l´antagonisme wallons-flamands y jouait par trop un rôle inconfiant ou destructeur. Il fut reconduit et la consultation d´une réforme institutionnelle fut confiée à un trio de politicien : au francophone libéral François-Xavier de Donnea, au député européen Raymond Langendries et à Karl-Heinz Lambertz, président des minorités allemandes en Belgique. La réforme donc, prit son cours pendant que la crise économique, elle, mettait un terme…à la carrière politique de Leterme.

 

Et puisque cette crise économique a pris, et va prendre dans un tout proche avenir une importance grandissante pour l´avenir économique marchand de la Belgique, il y a lieu de soulever un facteur économique important sur lequel tous les politiciens belges, à part Karel de Gucht, sont restés emmurés : notamment de la nature des rapports avec l´ex Congo belge actuellement RDC. Pourquoi ces rapports vont-ils être cruciaux pour la Belgique et dans quel sens ? Là est le véritable échec de Leterme qui s´est laissé enfermer à la politique néolibérale traditionnelle d certains milieux belges envers la RDC. Cette politique soutenue et représentée par le clan Louis Michel et leurs amis n´entrevoit le RDC que comme vache arriérée à lait dont le développement ou l´avenir économique n´était pas dans l´intérêt des belges. Cette vile vue néocoloniale est une vue dépassée et bornée qui ne correspond plus ni à la réalité, ni aux exigences industrielles et commerciales futures des relations belgo congolaises.

 

Cette crise économique et financière va mettre à mal l´économie de la Belgique qui aura, en tant que petit pays enclavé au sein de l´Union Européenne, à lutter contre une concurrence économique interne devenant de jour en jour plus sélective et dure. Seuls survivront, dans cette période d´écrasement des exportations, les pays qui ont un large marché national de consommation. Ce qui n´est pas le cas de la Belgique. Or, La RDC serait, dans l´hypothèse d´une gestion responsable et d´un développement positif réel, un partenaire économique et industriel inestimable pour l´économie belge. Et c´est de ne pas l´avoir compris ni à temps, ni à terme, que Leterme autant que Louis Michel et son clan dans leurs tractations malheureuses en RDC qui disqualifie ces politiciens. Du moins, cela prouve à plus d´un point qu´ils n´ont ni vision, ni conduite avertie de leurs fonctions.

 

Cette crise, répétons-le, sera lourde de conséquences économiques pour la Belgique. Et même si certains prétendent que personne ne pouvait la prévenir, nous prétendons pourtant le contraire. On ne peut pas toujours vouloir vendre au monde entier ses produits, et c´est dire assurer ainsi son avenir, sans tenir compte qu´avec le déploiement des exportations, que de l´autre côté les acheteurs étrangers gagnent en pouvoir d´achat stable afin de rester acheteurs. Et pour le cas précis de la RDCongo, soutenir des incapables au pouvoir faisant le troc économique ou n´investissant pas énergiquement dans les facteurs économiques afin de relever ce pays rapidement et le fructifier ; celui qui a entretenu ce genre de politique a contrevenu sciemment à l´amélioration des rapports commerciaux et économiques bilatéraux futures entre la Belgique et la RDCongo. Et sur ce point de vue aussi, autant Leterme que Louis Michel, tous ont manqué brillamment d´à propos, de doigté politique et économique.

 

Musengeshi Katata

"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"

 

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