Le mois de novembre avait déjà défrayé la chronique avec ses 300.000 nouveaux chômeurs, et on se croyait, comme le disait beaucoup d´analystes subjectifs et pris de court par la crise, au bout du rouleau. Ce n´est cependant pas le cas : la crise vient à peine de commencer. En 2008 l´Amérique aurait donc perdu 2,6 millions d´emplois. Et la tendance semble s´accentuer.

 

Le grand gouffre de l´endettement largement vaniteux

 

 

Lorsque le président élu Obama a annoncé les chiffres de l´augmentation du chômage américain en décembre 2008, c´est à peine si on n´a pas entendu dans la salle l´haleine suffoquée des journalistes. A quoi s´attendait-on donc ; à une accalmie, à une amélioration ? Ou croyait-on que seul avec l´annonce de l´entrée en fonction prochaine du nouveau président, tout, comme par bâton magique allait changer ? Les dettes, on ne s´en débarrasse cependant qu´en les payant…comme on le sait.

 

Or l´erreur, même avec Obama, c´est de croire que ce n´est qu´en faisant de nouvelles dettes qu´on peut s´en sortir. Il est vrai que les Etats-Unis ne sont pas un exemple de pays épargnant ; avec sa cote d´épargne négative de -0,5%, sa balance de paiement largement déficitaire depuis des années à l´égard des chinois, son endettement public de plus de 10.300 milliards $ sur un PIB, il faut le dire de 14.560 milliards $, ce grand pays vivait, pour ses capacités industrielles et financières, largement au dessus de ses moyens. Pire, avec la bourde faite par George Bush dès 2001 après le 9/11 d´augmenter d´autorité et sans en prévenir les autres membres du système financier international le volume financier mondial au double de sa valeur réelle de 44.000 milliards $.

 

L´Amérique tenta, naturellement de lier cet emprunt dans son propre circuit économique ; hélas l´immobilier s´écroula avec fracas, quant aux actions boursiers illusoires fabriquées de toute pièce pour ancrer ce flux monétaire injustifié dans le circuit monétaire mondial, l´écroulement de la Lehman Brothers mit fin à leur supercherie. Restait les nombreux fonds financiers créés à toute hâte pour s´emparer de valeurs réelles. Leurs succès furent de courte durée : en période de crise de saturation et sans créer de nouveaux consommateurs, ces fonds Hedge et sociétés de financement ne sont ni rentables, ni réellement efficaces. Aujourd´hui sur environ 9000 fonds et sociétés de financement fondés sur ces faux financiers, 5000 étaient déjà en banqueroute. Les pays qui avaient hébergé et prêté à ces fonds comme l´Islande ou même quelques banques cupides ayant acheté les fausses valeurs injectées sur le marche par les institutions de la Wall Street, se trouvèrent à mal.

 

Il est surprenant que l´Amérique n´aie pas encore compris l´ampleur de la crise qui s´ouvrait sous ses pieds. Obama, même si on se reposait sur lui, aura bien difficile à arrêter ce train fou parce que notamment la mentalité américaine s´était par trop longtemps habituée à la facilité du crédit, aux excès dépensiers et au gigantisme prétentieux de la dépense et de la consommation. Sans se faire le moindre souci d´épargne. Retourner la vapeur aujourd´hui devient un tour de force parce que dans le cas américain tous les facteurs se contredisaient désagréablement. Un bon point objectif pour Obama: il a admit hier que le chômage pourrait rapidement atteindre 8 à 10% avant que les choses ne changent. Et il devient urgent de repousser cette tendance en créant de nouveaux emplois.

 

Produire ? L´Amérique était-elle concurrentielle, et à propos, où sont donc les consommateurs ? Renforcer le pouvoir d´achat des américains moyens et stimuler la consommation ? Tout cela est bien joli, mais si le chômage augmentait à cette vitesse, autant dire à la longue que l´industrie nationale perdait des capacités et des consommateurs. Et si les biens de consommation venaient de l´étranger, de la Chine, du Vietnam, de l´Inde ou du Japon ; toute tentative de stimuler le marché national se réduisait á remplir le portefeuille des producteurs étrangers. A ce point, autant leur envoyer les chèques par la poste. Créer de nouveaux emplois à l´emporte pièce ne servait à rien si ces emplois n´étaient pas concurrentiels. Puis venait le rôle négatif de l´endettement public américain qui renchérirait les coûts réels des facteurs de production. On le voit, cela ne sera pas facile de sortir de ce cul de jatte.

 

Musengeshi Katata

« Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu »

 

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