Commentaire sur grioo sur l´article : http://grioo.com/avis,lettre_ouverte_au_president_de_la_republique_du_congo_denis_sassou-nguesso,16147.html

 

Sortir des erreurs du passé et devenir capable de participer au réel changement qu´il nous faut.

 

J´ai aimé la lettre, elle est opportune ( 20/01/2009 01:26 )
le grand problème des africains actuellement, ce n´est pas seulement que des dictateurs incapables et sans imagination dirigent leurs pays et les enfoncent dans la misère et la pauvreté au lieu de les faire avancer; mais bien que, où qu´ils soient les africains se refusent à vouloir changer les choses. On se retire alors derrière tous les prétextes possibles et imaginables. Or, vouloir changer les choses, c´est comme l´article le dit, l´affaire de tout le monde.
Tout ces dictateurs arriérés et incapables ont été priés, sous la pression de l´occident, entre autre, à aller aux urnes de temps en temps. Et des peuples ignorants ou aveugles les ont confirmés dans leurs oeuvres destructives ! Alors, à qui la faute ? Les africains n´ont pas encore compris ce que c´est qu´élire, apparemment. Comment changeront les choses, alors ?
Il y a un aspect non moins important du changement: celui des mentalités et des capacités requises par le changement. Et l´économie, l´organisation organique sociale, la promotion et la formation technique, comme je l´ai vu en Afrique, sont dans un état incroyablement décevant. Il faut donc faire un effort pour éclore dans les sociétés africaines plus d´esprit rationnel et positiviste, de dialecticiens et des gens épris du détail et de la précision qu´il n´en existe actuellement sur ce continent. Parce que sans eux, sans ces amoureux du détail et du travail bien fait; parler de changement, c´est faire comme par le passé: aller à la guerre sans fusil. Or l´ennemi auquel nous voulons arracher le progrès, l´emploi et le bien-être, lui, exige des qualités assidues et continues dans leur quête d´amélioration.
A l´indépendance nos pères firent l´erreur de sous estimer la tâche qui leur était échue; commettrions-nous la même erreur aujourd´hui tout en prétendant oisivement voulour être libre et indépendant ? Là est la question à laquelle nous devons répondre. Et je pense que cette lettre, mieux que tout ce que j´ai lu sur Internet ou dans les journaux africains, dévoile un mûrissement certain de l´intellectualité africaine. Pourquoi ? Parce qu´elle a saisi le problème à bras le corps comme il se doit: en détail. Et plutôt que de s´abîmer dans des remarques "prétextes" ou dans un criticisme qui n´apporte rien de positif au moulin de notre avenir, devrons-nous apprendre à apporter, de notre part, la pierre manquante nous permettant tous de reconstituer notre imaginaire défait afin que le jour où nous en aurons besoin, nos fusils soient à même d´abattre l´ennemi qui nous fait face.
Toutes les cultures ont connu, d´une façon ou d´une autre, ces moments difficiles; mais pour en sortir, il faut le vouloir du plus profond de nous-mêmes et y prêter nos meilleures qualités. Et pas se cacher derrière des prétextes ou des raisons fallacieuses en attendant que la "démocratie" nous fasse la liberté et le progrès. La démocratie n´est qu´une forme d´organisation politique; elle n´a ni la vocation de vaincre la bêtise, ni celle de rendre les gens par bâton magique intelligents, créatifs et doués. Par ailleurs, ce sont les êtres humains qui font la démocratie, pas la démocratie qui fait les êtres humains. Ceux qui confondent cela ne montrent que d´autant mieux qu´ils ne sont pas à la hauteur de quoi que ce soit en responsabilités quelconques. Alors autant le dire et l´avouer, sinon nous risquons, comme hier et avant hier à nous confier à des nullités qui nous conduiraient encore une fois à la débauche politique et économique. Or, nous aspirons à mieux. Alors ? Cela ne vaut-il pas la peine d´être plus sérieux et diligent ? Je le pense bien: trop de nos beaux enfants et de nos belles femmes ont assez souffert l´enfer du manque et celui de la précarité. Nous leur devons bien qu´un jour très prochain ils aient eux aussi le droit d´être libre et de réaliser leurs rêves et leurs attentes. Sans cela, où que nous soyons, le respect de nous-mêmes nous manquera. Malgré tout. Personne ne sait comment est le progrès et comment il doit être fait, mais si dès le départ on se refuse à vouloir changer les choses au mieux, à se parfaire et à aimer la beauté et la perfection de la réalisation sensible...inutile d´espérer des résultats quelconques.

Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"


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