Le Davos 2009 vient de se terminer, et si les années précédentes ce rendez-vous de l´économie était un lieu privilégié où les banquiers, les hommes d´affaires et les hommes politiques se rencontraient pour des raisons aussi pompeuses que futiles ; cette année l´éclat du premier Erdogan envers Israël et la crise devant laquelle tous les acteurs avaient perdu leurs prétentions ont dominé cette rencontre. Ce fut donc avec grand soulagement qu´on salua l´ombre surdimentionnelle d´Obama dans tous les débats : parce qu´elle permettait pratiquement à tous le monde de cacher son incapacité actuelle, de spéculer, de supputer sur la crise…en attendant l´espoir du changement.

 

Quand le faux, le mensonge et l´illusionnisme ne tiennent plus

 

 

Curieux Davos : comme d´habitude tous y vinrent. Mais si les habitués au théâtre économique, les années précédentes, jouaient à se mettre en lumière et à tromper leur monde avec des idées annonciatrices de Trends sûrs, de ventes d´armes et d´affaires florissantes ; cette année 2009 personne ne pouvait plus tromper son monde : tous étaient logés à l´enseigne de chiffres décroissants et de sombres perspectives de la récession. On en était plutôt aux nouvelles et en quête de moyens ou d´idées cherchant à expliquer les maux de la crise et, surtout, à éplucher de possibles solutions à une crise qui prenait de jour en jour un aspect dangereusement ruineux et déroutant. Mais pour être sincère et chercher véritablement les solutions adéquates aux maux et aux méfaits de la crise, il fallait se départir de sa cécité et de encagement rationnel. Parce que vouloir la vérité sans savoir objectivement analyser les choses en reconnaissant ses erreurs et ses défauts dans le passé…cela ne mènerait nulle part, comme on ne le sait que trop bien ; après tout ne l´avait-on si savamment pratiqué par le passé ?

 

Les erreurs et les excès du passe. Ils avaient conduit à un énorme et complexe bouchon de mensonges, de fallacieux principes envers la production, la liberté et la démocratie ; à un carcan de fausseté mettant à mal les logiques et les finalités intentionnelles au point qu´on pilla et on appauvrit ceux qu´on prétendait aider à se développer en dévorant leurs accumulations et en corrompant leurs identités et leurs élites. Et maintenant que l´industrie n´avait plus de clients et souffrait de débouchés…on parlait faussement de crise ! Le seul qui eut le courage et la sincérité de dire exactement ce qui en était de cette crise, fut l´ex président américain Bill Clinton. En trois phrases concises il expliqua exactement la situation, ses origines, ses effets et même alla jusqu´à tirer des conclusions absolument exactes ! Surprenant. A se demander si cet homme, depuis qu´il n´était plus président, avait tout à coup réappris à voir les choses exactement comme elles le sont. Les autres convives passèrent inaperçus comme des fantômes sans âme parce qu´ils se perdaient encore dans les méandres assombris de l´absolutisme néolibéral occidental passé aujourd´hui plus que jamais mis à mal. Beaucoup n´avaient, dans leur cécité ou leur naïveté idéologiques, pas encore compris que le seul fait de l´élection d´Obama comme président des Etats-Unis était à lui seul un acte d´accusation de la fausseté de ceux qui, des décennies durant opprimèrent les minorités américaines tout en prétendant pratiquer la démocratie et œuvrer à la liberté pour tous.

 

Cette fausseté autant institutionnalisée qu´établie comme principe de gestion économique, politique et culturel avait, couverte par la rapacité et un mépris évident pour la liberté et les droits de réalisation des autres, conduit inévitablement à l´impasse d´aujourd´hui. Changer ou profiter du symbolisme Obama pour rester malgré tout embusqué sans ses faussetés, sa cécité et ses complexes ? L´occident était-il capable de changer et de voir les choses plus largement qu´elle ne l´a fait en 600 ans d´hégémonie ? Là est la question. Et à cette question, pour la première fois de son histoire, l´occident y doit d´y répondre sincèrement et faire preuve autant d´intelligence que de grandeur culturelle. Il en va, même si les gens ne semblent pas le comprendre ou l´accepter aujourd´hui parce qu´ils ont été autant aveuglés par leur égoïsme primitif que par les succès technologiques évidents de cette culture, de l´avenir du modèle culturel occidental, de ses valeurs réelles, de la place et de la crédibilité que cette culture gardera dans le monde changeant et grandissant de demain. Changer, c´était facile à dire ; changer les institutions, la portée et les buts égoïstes, unilatéraux ou protectionnistes…c´était autre chose. Cela nécessitait de véritables efforts systématiques. L´occident en était-elle capable ; ou s´agissait-il seulement de trouver les moyens de ne pas changer, de continuer sur la même voie tout en donnant aux exclus et aux acculés l´impression que le changement attendu ouvrant sur la considération de leurs doléances et de leurs droits économiques et existentiels avait été entamé ? Ce piège tant employé à l´indépendance des pays africains colonisés n´avait-il pas conduit à l´impasse cruelle que nous vivons aujourd´hui ? 

 

L´éclat du premier ministre turque Erdogan au Davos face à un Shimon Pérès qui, 25 minutes durant tenta de justifier le scandaleux meurtre de femmes, d´enfants, le vil bombardement d´écoles et d´institutions publiques à Gaza…dans la logique dépassée du néolibéralisme occidental mettant à mal tout humanisme moderne, tout respect des libertés et des droits existentiels palestiniens…cet éclat, même s´il n´était que dicté par un opportunisme électoral communal à domicile, fut à propos. Et le fait que Klaus Schwab, le modérateur du Davos, refusa à un premier ministre turque le droit de réponse ne montra que trop bien combien la démocratie était un faux jeu en occident. Le monde entier, dans ce conflit israélo-palestinien poignant et injuste, réclamait justice et équité ; et apparemment la démocratie occidentale voulait mener le peuple palestinien au désespoir débauché et sans perspective, afin que les israéliens les dominent et les abrutissent à loisir. Si cela s´appelait liberté, démocratie ou civilisation…l´occident se trompait bien d´entretenir une telle fausseté. A la longue, soutenir de telles inepties criminelles persistantes ne redorait en aucun cas le blason des valeurs culturelles occidentales. C´est Erdogan qui avait, malgré tout, raison.

 

Mais de quoi parle-t-on ; toute cette crise n´est-elle pas illustrée par des abus autant criants qu´illogiques vendues au monde entier comme des vérités clés sur portes ? Aux africains on avait fait miroiter qu´avec l´aide étrangère et l´acceptation du pillage économique, ils s´en sortiraient ; en vérité ils n´arrivaient plus ni à accumuler, ni à soigner les facteurs sociaux d´éducation, d´instruction et de création d´emplois par lesquels leur développement serait possible. Ils devenaient donc, de jour en jour dépendant et pauvres. Et ne savaient pas, dans un monde en permanence exigeant et contraignant, ni à sortir de leurs faiblesses criantes, ni à devenir des partenaires économiques valables du monde industriel extérieur. Or, à la vitesse où les matières premières étaient englouties, devant le défi mondial d´énergie, de produits élaborés et de techniques nouvelles ; la créativité de tout enfant intelligent sur terre est plus que jamais précieuse, sinon requise afin d´aider, dans la mesure de ses capacités et de son talent, à la réduction de la misère et de la pauvreté. Ce qui ferait accroître le bien-être sur terre, le volume des affaires, et diminuer la violence et la criminalité. Car toutes les guerres actuelles sont notamment des guerres de bien-être et de déséquilibre économique d´emplois, de connaissance, de responsabilité politique et sociale.

 

On ne peut pas parler de la crise actuelle sans citer quelques exemples d´absurdités logiques révélatrices du grand déssarroi qui règne en ce moment:

- Un Sarkozy prétendant, vraisemblablement pour emballer les français simple d´esprit, d´aider l´industrie automobile. En Allemagne aussi Angela Merkel avait prétendu cela. Mais où sont les acheteurs, que diable ? Les a-t-on par hasard oubliés ? Ce sont eux pourtant qui manquent aux appels des producteurs actuellement. Produire, produire ; lorsque le client fait défaut, n´importe quel aide étatique aussi opulente soit-elle n´est rien d´autre qu´allonger la corde avec laquelle le producteur condamné sera pendu. N´a-t-on pas fait l´expérience, avec les banques, que rien ne marchait tant que le marché était gangrené ?

 

- Les syndicats français en appelaient aux grèves…pour avoir des garanties d´emploi ! De deux choses l´une : ou il ne s´agissait que de sortir de sa bougeotte impuissante, ou il s´agissait seulement de mettre Aubry en lumière sans plus. Tous les syndicats occidentaux, que ce soit en Allemagne, en France, en Italie, en Grèce, même en grande Bretagne où les travaillistes gouvernaient depuis des décennies, toutes les gauches ont contribué, dans leur cécité ou leur manque évident de prévision, à la détérioration d´un véritable pouvoir syndical actif face aux hérésies d´un néocapitalisme omnipotent faisant avaler aux employés et ouvriers des vertes et des pas mûres. Et pendant que les revenus des uns diminuaient, que les profits des autres, par contre explosaient ; les syndicats furent bâillonnés et menés en bateau avec des pilules du sommeil selon lesquelles il faut attendre la croissance pour partager. Or les croissances venaient si rapidement et s´estompaient aussi vite que lorsque les revendications sociales sortaient de leurs léthargies, la prochaine déprime économique les conviait déjà à la retenue ou à la décence…A ce jeu mesquin les uns s´enrichirent tandis que les autres faisaient encore la file en attendant…Godot.

 

- L´islam terroriste faisait beaucoup de bruit de par ses meurtres et son absurde intolérance. Or, tout cela n´était que l´expression d´une incapacité fondamentale face à l´éclat et les réussites économiques et techniques occidentales. Enfermée dans l´illogisme primitif d´un Coran absolutif, et ne sachant ni résoudre ses contradictions sociales, ni rattraper son retard scientifique et technique, ces fondamentalistes et leurs Mullah arriérés craignant l´inévitable jugement du progrès et du bien-être qui envahissait leurs jeunesses et leurs populations, et ainsi de perdre le pouvoir abusif qu´ils exerçaient dans leurs sociétés sous développées, s´étaient inventés un ennemi puissant en la personne des américains et des européens pour tromper les apparences et paraître ainsi mériter le respect du monde entier par l´attention qu´on mettrait à les combattre. Des incapables, en somme, qui, étrangement, semblaient avoir attiré l´attention du monde entier, sans produire ni avion, ni machine à coudre, ni voitures, ni mêmes les armes avec lesquelles ils se battaient ! Il faut être bien idiot pour leur prêter une attention qu´ils n´ont pas méritée. Car si Allah était si grand, et si l´islam était la meilleure religion du monde, pourquoi les palestiniens ont-ils été charcutés par leurs ennemis juifs ? Et pourquoi le génie technique et scientifique des chercheurs et savants islamistes n´arrivait-il pas à émerveiller le monde entier par ses innovations pratiques et réelles ? Comme on voit la religion n´avait rien à y voir. Il ne faut donc pas prendre ces délirants pour des génies. Ce sont, tout au plus, des criminels aveugles et bornés. Rien de plus. Si ce n´est pas le cas, qu´ils le prouvent donc avec un peu plus de cervelle et de créativité, que par la violence et l´intolérance gratuite illuminée.    

 

Ce qui surprenait, surtout en ce qui concerne les syndicats occidentaux déjoués, c´est que cette crise faisait le travail que les syndicats avaient négligé ! A cause de l´écrasement des exportations due à la crise financière, les gouvernements vont être obligés de remonter les salaires sur le marché national pour soutenir une demande permettant aux industries empêchées d´exportation de jouir du client connu. Et n´en déplaise aux syndicalistes et partis de gauche, à force d´avoir couché face aux excès et aux abus de la droite sans y apporter ni amendement, ni y opposer une résistance accrue ; ces gauchistes et gauchisant ont perdu leur crédibilité. Et pourtant, les abus et les excès furent si criants qu´il faut avoir été aveugle ou tout simplement ouvertement négligent pour ne pas les voir vues ! Il suffit aujourd´hui de lire les discours d´Obama pour se rendre compte que lui a fait les analyses utiles et tiré les conclusions qui ont été acceptées par le monde entier ! Pourquoi cela n´a-t-il pas été possible en Europe et ailleurs ? On mentait trop en Europe, on suivait trop, on se refusait pertinemment à voir les choses comme elles sont. Excès délirant de confiance conduisant, entre autre, à négliger ou restreindre le financement de l´instruction ; ne castrait-on pas par-là son propre imaginaire et l´instrument premier garantissant la créativité dans l´avenir ? Quant à entretenir ou cautionner le chômage tout en s´endettant royalement ; ne mettait-on pas à mal ainsi l´avenir de ceux qui devraient rembourser ces dettes par leurs revenus et leur créativité ? Tout cela étaient des contradictions des plus logiquement inexplicables par le sain bon sens.

 

Le Pape Benoît ou Bénédicte XVI a fait des siennes la semaine passée : en nommant d´une part G. Wagner comme évêque de Linz lequel déconseillait Harry Potter à la jeunesse pour incitation à la sorcellerie (il faut l´entendre pour y croire !), tandis qu´il se réjouit ouvertement des inondations qui dévastèrent la Louisiane en prétendant que Dieu se réjouissait que les cliques d´avortement de la Louisiane soient noyées. De même, en reprenant Richard Williamson, un exclus de la congrégation catholique pour son déni public de l´Holocauste, au sein de la grande famille catholique ; non seulement les juifs sont choqués et ouvertement offensés, mais le bon sens mondial se demandait bien ce qui se passait dans la tête de ce Pape allemand. Deux erreurs aussi flagrantes en une semaine, cela ne peut être du pur hasard ; il y avait intention là-dessous. La réponse vient-elle du fait que ce Pape, qui a été le choix influent de George Bush, avait été, comme adolescent, volontaire dans la jeunesse hitlérienne ? Et en période de crise, ce Pape plutôt conservateur que libéral se sentait-il en devoir de réveiller les diables combattus et décriés du néolibéralisme clérical ? Ou faut-il croire que ce Pape avait été mal conseillé ? Triste et pénible histoire qui choquait le monde entier…A se demander où était restée la sagesse attendue par le monde entier du plus grand représentant de l´église catholique ? Absolument surprenant. A croire que malgré tout, les diables combattus du passé étaient déterrés sciemment pour endiguer tous les acquis modernes de tolérance et de respect de valeurs culturelles évidentes de bon sens.  

 

Eh oui, la crise…on y mentait, on y déraillait, on y trompait la logique et la vérité comme on l´a toujours fait ; mais si jadis ces faussetés avaient permis aux occidentaux d´établir et d´entretenir leur hégémonie à n´importe quel prix, aujourd´hui, cependant, il ne suffit pas de se donner gratuitement raison ou d´imposer aux autres ses vues, mêmes si celles-ci sont étroites et de courte vue. Il faut aujourd´hui trouver des logiques, des principes plus complexes répondant à des exigences élaborées, continues dans le temps et l´espace autant dans leurs contenus de valeurs, que dans leurs fonctionnalités réelles et imaginaires. Le monde est devenu un petit village avec le temps et le développement des techniques d´information et de communication ; quiconque produit ou crée doit respecter le bien-être et la prospérité de ses clients, sinon ceux-ci lui feront, comme on le voit aujourd´hui, largement défaut.  Alors produire aveuglement devient tout simplement une hérésie. Autant qu´on ne peut pas prétendre à la liberté, à la démocratie ou à la réalisation sociale et individuelle tout en la refusant aux autres…parce qu´on se demande comment, et avec quel culot moral et intellectuel, on prétend exiger de ceux auxquels on a refusé ces droits humains, à veiller à ce que les privilèges des maîtres soient respectés ! Liberté, démocratie et réalisation sociohistorique à sens unique ou par procuration ? Mais dites donc qui a encore le courage, oui le bon sens de soutenir aujourd´hui au 21ième siècle une telle…incongruité mentale ?

 

Musengeshi Katata

"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"

 

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