Test social pour le gouvernement Sarkozy, titrent les journaux français. Avertissement, pensons-nous du début d´un long combat de revendications sociales face à une crise économique qui remet bien d´acquis sociaux en cause, ainsi qu´elle met les gouvernements des pays industrialisés dans l´embarras.

 

Face au diable insaisissable de la crise

 

 

« Ces monstres que nous réveillâmes…nous torturent l´âmes et la raison. »

 

Rien ne va plus, pourrait-on dire à la roulette sociale française. La semaine passée les ouvriers de Sony avaient retenu leur chef 24 heures pour exiger de plus hautes indemnités de licenciement. Chez Continental on jeta des œufs pourris et des choux au conseil d´administration venu annoncer la fermeture de l´usine. Chez Caterpilar…la liste allait s´allonger dans cette crise, inévitablement.

 

Cette fois le monde du travail exigeait de meilleurs salaires et une garantie d´emploi. Sarkozy, cependant n´était pas responsable de la crise, même s´il donnait faussement l´impression aux français qu´il était capable de la contrôler ou d´en venir à bout. Cette constatation, tout en ne satisfaisant personne, ne dit pas comment on va sortir de la crise. Or, comme nous l´avions dit à plusieurs reprises et contre l´avis de quelques rêveurs, elle sera longue et douloureuse.

 

Alors, que faire ? Faut-il croiser les bras et se laisser plumer en silence ? Non, surtout que la rationalisation que va entraîner cette crise est la plus méchante et la plus sévère que le monde industriel ait connu depuis 1929. Et comme on le sait, ce sont toujours les pauvres qui en pâtissent le plus. Encore une fois. A la longue, et si on sait que ce sont des banquiers malfaisants, des industriels et des gouvernements peu regardant de la réalité et surtout de l´incidence de la surproduction et l´appauvrissement des clients étrangers…ces clients étrangers n´allaient tout de même pas s´enrichir en deux ou trois ans de crise pour relancer, à la reprise, l´économie mondiale acculée au bouchon de la surproduction et du manque de nouveaux clients !

 

En vérité, c´est tout le système qu´il faut revoir. Il ne suffit pas d´énoncer ou de prescrire de nouvelles règles des finances ; cela n´est que le cadre de travail des banques et pour empêcher une titrisation spéculative cochonne ayant pour but de fausser la concurrence sournoisement et de piller sans réelle contrepartie les épargnes des entreprises et celles de pensionnés. A tout cela s´ajoutait la logique d´appauvrissement des pays sous développés auxquels on vendait des armes inutiles plutôt que des tracteurs, qu´on corrompait pour alimenter des oasis d´escroquerie fiscale…toute cette malveillance était parmi les raisons profondes de cette crise.

 

Le grand drame sera que, mû par l´habitude et l´amour aveugle de son propre système dépassé, l´occident n´arrive pas à changer de fusil d´épaule. Or, Il n´a pas le choix. Le fait que tous les pays industrialisés soient en crise, y compris la Chine, l´Inde, l´Union Russe, le Brésil…etc, rend cette crise extrêmement dangereuse. Il ne suffit plus de jouer à la cosmétique ; il faut changer substantiellement la logique et les instruments d´exercice et de but de l´économie mondiale, au lieu de l´abandonner à quelques crocodiles rapaces et irresponsables qui se refusaient non seulement à accepter leurs responsabilités sociales, mais aimaient bien, par contre, privatiser les gains et socialiser les pertes.

 

Obama se donne beaucoup de mal à faire passer le message du changement chez lui aux Etats-Unis devant une crise monstrueuse pour ce pays dont le Management suffisant et arrogant a été entretenu par les républicains tout aussi bornés ; un pays qui, dans sa surpuissance n´a pas compris que l´excellence exige aussi qu´on soit à la tête de tous les changements permettant aux pays pauvres de se développer rapidement afin de devenir solvables et participer activement et positivement au commerce mondial. Au lieu de cela, on s´est enfermé dans des grossièretés idéologiques autant illogiques que dépassées.

 

On bombarda, on isola, on intrigua et corrompit des gouvernements pour les empêcher de promouvoir leurs peuples. Et maintenant si on manquait d´acheteurs…surtout ne pas verser des larmes de crocodiles comme Gordon Brown qui s´excusait dernièrement si…sincèrement qu´on eut presque envie de croire à sa bonne foi. Or, bien avant de devenir premier ministre, il avait été durant 10 ans chancelier aux finances et à l´économie britannique un précurseur borné du néolibéralisme anglo-saxon. Et venant comme Tony Blair du parti travailliste ; cette attitude économique absolutiste et bornée était des plus étonnante. A court de véritable saine vision de la liberté et de la démocratie dans le monde, ce sont des soi disants socialistes qui ruinaient volontairement leurs travailleurs et l´avenir de leur propre économie ! Champagne, bravo, pourrait-on dire…avec sarcasme.

 

On a pris, en occident, tellement l´habitude de mentir, de fausser la réalité et même tout économisme sain et conscient du respect des équilibres qu´on est aujourd´hui bien empêtrés dans ses contradictions. Or, le changement économique et politique qui s´impose aujourd´hui est profond. Ne pas y adhérer sincèrement reviendrait à prolonger la crise et retomber sans un protectionnisme malsain et foncièrement négatifs pour les pays industrialisés qui, disons-le clairement, à la reprise, vont se livrer, avec les pays émergeants, une concurrence à couteaux tirés. Ni la France, ni les Etats-Unis, l´Allemagne, le Japon ou la Chine n´en seront épargnés. Il faut bien se le dire.

 

Musengeshi Katata

« Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu »

 

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