A Arcelor on crie, à Thyssen Krupp on broie le vide, chez Schäffler…partout le licenciement et la rationalisation sont à l´ordre du jour. Les Etats-Unis ont perdu en Avril 539.000 emplois après 699.000 en mars. La crise a atteint la base productive de l´industrie des pays les plus riches…Cependant, on assiste à un curieux jeu dangereux à embellir ou à banaliser une situation qui ne l´était absolument pas du tout. Faut-il continuer ainsi ou serait-il temps, surtout pour les américains, à devenir réaliste et prendre enfin les mesures appropriées qui s´y conforment pour lutter contre une crise incroyablement lourde de dangers ?

 

Les grands dangers d´un optimisme aveuglant

 

Le problème, même pour ceux qui étaient endormis ou trop optimistes, n´est plus la crise puisqu´elle est là et prend possession, chaque jour qui passe, avec ses licenciements et ses chiffres rouges, les économies du monde entier dans sa poigne. Non, on ne peut plus tromper son monde en prétendant que ce serait une simple grippe économique. A moins, bien entendu qu´on ne l´aie pas comprise ou comme le fait tout l´occident actuellement, pour ne pas déclencher la panique, de veiller à ce que l´énorme ballon de fausses valeurs financières qui truquait l´optimisme économique occidental et mondial…de se dégonfler lentement.

Non, le grand problème à notre avis est qu´on essaie, comme toujours ou comme par le passé, d´étouffer le feu plutôt que de le combattre réellement. Et ceci veut dire combattre les causes et les contradictions qui ont généré la perversion économique de la crise que nous déplorons tous aujourd´hui. L´Amérique est et sera, comme tout le monde le sait, particulièrement touchée par cette crise. Or on observe de la part du gouvernement des Etats-Unis, et afin d´éteindre ce feu dévorant et dangereux, à une véritable hérésie…des même erreurs qui ont conduit à la crise ! L´Etat plongeait dans l´endettement et noyait les marchés financiers d´argent á bas prix. Combattre le feu par le feu, dirait-on, pour endiguer la défection bancaire du crédit. Question de méthode. Mais n´aurait-il pas été plus sage de faire, comme les allemands le projettent, disparaître les fausses valeurs financières ou les valeurs faisandées des actifs des banques d´abord ?

On soutenait des sociétés productrices mises à mal par la crise avec des crédits étatiques pour, soi disant protéger l´emploi. Or ce subventionnisme protectionniste, pour peu regardant qu´il soit pour l´emploi, risquait, à la longue, de pulvériser les deniers des contribuables. C´est encore le marché, dans une économie de marché, qui fait la réussite ou la défection d´un producteur, pas l´Etat. On risquait donc de subventionner des produits sans avenir…lesquels un jour, comme on le voit aujourd´hui, deviendraient des monstres économiques et financiers empêchant par trop impertinemment l´avènement sur le marché de produits concurrentiels bons marchés ou plus écologiques. Et on pouvait aussi se demander : la caution de marché de libre échange, existait-elle encore si l´Etat subventionnait des sociétés commerciales privées ? Eh, oui, les banques en faisaient aussi partie…

L´autre aspect de cette crise est la réduction des erreurs et contradictions du système. Et parmi celles-ci se trouve la tolérance, pendant des décennies, de la plaie morale, juridique et économique des paradis fiscaux ! Et rien qu´aux difficultés ou aux débats houleux qui ont suivi les déclarations du ministre allemand des finances, Peer Steinbrück, au parlement lors de la présentation de la loi de suppression de ces oasis de véritables escrocs aux finances et à l´imposition de pays souverains tiers, on a pu voir combien l´occident était prise entre l´enclume et le marteau. Les partis de droite, quoique conciliant, semblent vouloir traiter l´Autriche, la Suisse, le Luxembourg, le Liechtenstein et autres avec des gants ! On parle de période de transition de 10 ans, afin que ces pays se détachent de leurs…faussetés fiscales ! Depuis quand des criminels internationaux notoires ont-ils droit à autant d´égard et de compréhension face au Droit, se demande-t-on ? Ici les américains avaient été rapides et efficaces : ils ont tout simplement mis le couteau à la gorge de l´UBS (Union des banques Suisses) et le résultat a été immédiat.

A côté des escroqueries financières courantes, du combat contre la corruption avec l´affaire Intel (avec la contravention européenne record de 1 milliard €), par exemple, ou Microsoft, Thyssen Krupp, Hoffmann Laroche, Siemens…etc par le passé, on doit aussi, hélas ajouter celui des privilèges exubérants et abusifs non seulement des banquiers (surtout s´ils ont été financé par le contribuables), mais aussi, comme l´a montré les révélations du Daily Telegraph en Angleterre sur les abus de Gordon Brown et de ses compères du parlement, que ce système économique était de petite morale bien opportuniste. Depuis le haut de son échelle. Ainsi, demander aux ouvriers et aux petites gens de se serrer la ceinture afin que l´industrie soit concurrentielle ou les ployer sous des impositions chaque année plus lourde et plus fantaisiste…tout en se faisant payer par ces mêmes contribuables jusqu´à la brosse à dent ou à l´alimentation de son chien…tout en jouissant d´honoraires juteux ; il faut le faire, il faut le faire vraiment ! Tout cela témoignait d´un esprit, d´une éthique…pour le moins douteuse.

Ou encore, dans la société, lorsque de hauts techniciens ayant faits de longues années d´études, des médecins, des ingénieurs, des professeurs d´universités gagnaient moins que des sportifs qu´on retrouvait en file aux bancs du doping…cela n´encourageait pas la jeunesse á faire des études supérieures, et ce faisant, c´est la créativité et la technicité de la société qui en prenait un coup. Faut-il alors s´étonner plus tard qu´il manquait d´ingénieurs, de techniciens ou de médecins ? A la longue, au lieu de protéger son avenir, la société se dotait seulement de beaucoup d´amuseurs publics, de comédiens, de sportifs…de tous ceux qui, sans la création et les inventions techniques sophistiquées ne savaient pas exercer leurs métiers aussi bien payés soient-ils !

Le gros et gras des contradictions occidentales se trouvent cependant dans son recul de vente et de génération de croissance. Et là, on a fermé les yeux devant une flagrante évidence : la machine industrielle occidentale, en se déployant, a fait plus de pauvres qu´elle n´a engendré l´élargissement de ses marchés. Et avec cette logique soutenue par la corruption des élites des pays pauvres nuisant eux-mêmes aux intérêts de leurs peuples par leur nonchalance et leur notoire incapacité, l´Afrique, notamment, s´est appauvrie au lieu de s´épanouir. Et vivre ou vendre à la pompe de dettes comme on semble le suggérer actuellement ne résout ni le problème de l´appauvrissement social, ni celui de la compétitivité faussée comme on le voit avec GM, Chrysler. Tout cela fait que nous risquons de plonger dans une crise bien plus lourde et longue qu´on ne le voudrait, qu´on ne s´y trompe pas.

Musengeshi Katata

"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"

 

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