La fleuron de l´industrie automobile américaine, GM, va prendre ce lundi 1er juin à 14 heures le lourd pas de la banqueroute sous l´article 11 de la loi sur la banqueroute américaine. Si ce pas inévitable a été soigneusement préparé, il n´en reste pas moins vrai que l´avertissement économique et commercial qu´elle convoie n´est que plus blessant pour toute la société américaine : le temps de l´arrogance économique, celui du gigantisme indécent et prétentieux est fini, bien fini. Il est temps de revenir à la raison et au bon sens.

 

Le lourd salaire de l´arrogance et de la cécité

 

Avant de vouloir apprendre au monde entier à changer, il vaut mieux d´abord se juger sincèrement soi-même, et faire preuve de vrais vertus ; alors seulement on peut les proposer aux autres….

Pendant que le géant américain, encore jusqu´en 2007 le plus grand constructeur automobile du monde prenait, la tête basse, les sentiers ténébreux de la banqueroute sous l´article 11 pour se restructurer et panser ses blessures, Timothy Geithner, le secrétaire d´Etat au trésor américain, lui, allait en Chine. En fait deux faits ayant la même origine : d´une part les invendus américains et de l´autre, les dettes que l´Amérique aimait par trop s´offrir ces derniers temps. De l´un on savait de l´expérience de GM qu´on ne peut pas produire des tracteurs ou des chars civiles en place de voitures ; quant aux dettes, demander aux chinois d´acheter plus de dettes américaines ne servait absolument à rien si on ne faisait soi-même pas les efforts pour sortir de son goût pervers du crédit facile, de l´argent bon marché ou du gigantisme prétentieux et indécent de la consommation. Et pour cela, il fallait bien devenir concurrentiel et produire ce que le marché voulait acheter ; pas ce que la vanité américaine voulait imposer au monde !

Depuis deux ans les chinois qui détiennent un nombre incroyable de bons du trésor américain se sont reconvertis au court terme…par prudence. Car malgré qu´ils ont augmenté de 300 % les achats du trésor américain, les américains, eux se sont joyeusement jetés dans un endettement multipliant, à ce train, leurs déficits par 5 et plus…et la tendance actuellement ne semble pas arrêter cette érosion. Après un budget déficitaire de 1750 milliards $, on s´attend, à la fin de l´année ou en début d´année prochaine, à un nouvel emprunt de cet ordre ! Ainsi, aller demander aux chinois d´acheter des produits qui n´étaient pas concurrentiels…ou leur demander de se priver de leurs épargnes pour acheter des bons américains…Hem, il faut en avoir le toupet si les américains voulaient continuer à vivre au dessus de leurs moyens d´une part, et de l´autre, s ils n´avaient pas encore compris, comme GM, qu´il était temps de revenir sur terre et produire en bon père de famille des biens qu´on pouvait vendre ! Les américains croyaient-ils que le monde entier était obligé de subir leurs abus, leurs excès et leur goût grossier du gigantisme ; au nom de quoi, du rêve américain ? Chacun doit apprendre á payer soi-même le prix de ses rêves…fous ! Le monde soutient et aime les rêves décents, frais, respectueux des droits des autres et…peu coûteux.  

Cette histoire GM est le meilleur exemple de ce qu´est la société américaine actuellement : perclus de dettes, vivant des épargnes des autres avec une nonchalance toute provoquante sans pour autant se donner la peine de faire quelques efforts pour rendre au monde ce qu´elle lui a fait perdre notamment avec cette crise financière de la Wall Street. Oui, autrement, bien entendu qu´avec des guerres grotesques et des bombardements autant criminels qu´indécents. Et si cela continue dans ce sens, l´économie américaine ne vaudra pas un iota dans quelques années ; ses dettes risqueraient de noyer ce grand pays irrémédiablement. La Chine et le monde ne se prêteront pas toujours à cette escroquerie s´ils ont la certitude que l´Amérique ne faisait aucun effort pour se guérir d´elle-même.

Pour GM, cette fois, l´Etat américain va prendre 60% de ses participations, le Canada 12% et cette société recevra 30 milliards $ frais du contribuable et entre 60 à 90 jours pour se mettre à jour. En plus que GM devra se séparer de 21.500 de ses employés, 11 de ses centres de productions seront fermés (vendu ou définitivement mis en friche). GM-Europe a été concédée à Magna et ne fait plus partie, à part les 35% de participation dans le prochain Holding européen, de la masse du failli.

Et malgré tout cela, la grande question, le plus important dans l´avenir est : GM sera-elle capable, après sa prison de restructuration, de produire enfin des voitures concurrentielles et vendables ? Quand GM sera sortie de sa cure d´éducation commerciale et économique, sur quel pied sera la crise et cette société saura-t-elle remonter la pente, refaire la pente et créer le succès auquel elle s´était elle-même entravée par le passé ? Ce ne sera pas facile, on le sait ; mais peut-être est-il réellement temps, dans toute la société américaine, de se débarrasser du gigantisme, de trop de vanité, d´orgueil mal placé…de redevenir réaliste et plus solidaire du monde et de ses problèmes écologiques croissants, ceux de la pauvreté…plutôt que de vouloir lui ingurgiter un néolibéralisme absolutiste garni de valeurs savamment faussées et de mensonges ne menant les gens nulle part sinon à…l´endettement et à la banqueroute.

Musengeshi Katata

« Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu »

 

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