Commentaire sur Africultures.com 

L´hommage passionné d´un enfant épris d´amour et de tendresse…

Nous avons connu l´Afrique barbare, sortant d´un dangereux autarcisme qui l´empêcha autant de s´épanouir que de défendre valablement sa culture et l´avenir de ses propres enfants face aux rigueurs des temps, ceux des envahisseurs islamiques et chrétiens...une Afrique impuissante devant elle-même et devant le rêve qu´elle se nourrissait d´elle-même.

Jean-Pierre Ndiaye est peut-être parmi les rares écrivains africains dont la poésie, cette incomparable parabole de la beauté des mots face aux sens et à la sensibilité africaine, qui a mis l´imaginaire critique et discursive de la race noire au service viril de la découverte active de la liberté existentielle de l´homme noir. Et pour mieux comprendre autant son tourment que l´infime beauté culturelle et philosophique de sa démarche, il faut bien se dire qu´une culture qui ne défend pas sa liberté, qui ne défend pas les rêves et les attentes de ses enfants, qui ne forge ni le fer, ni l´avenir pour protéger son âme et le précieux avenir de ses doux et frêles enfants...qui voit ses femmes flétrir et souffrir pendant que les étrangers se gavaient de ses richesses et de son travail pendant que ses meilleurs esprits devaient quitter leurs terres pour se réaliser ailleurs; si cette culture ne réagit pas ou si elle continue aveuglement à trouver cela normal et à poétiser loin de la critique et de la réalité active...quelle genre de culture est-ce donc ?

Les africains, mais aussi ceux qui prétendent être de nos amis, doivent se poser ces questions sous toutes leurs aspects et se demander si la pauvreté et la faiblesse actuelle de l´Afrique devrait continuer. Et peut-être entreront-ils, comme Jean-Pierre Ndiaye, dans un univers critique dont la poésie est tout à fait magique, parce qu´elle célèbre l´âme vivante et positive d´une Afrique encore plus belle que celle que nous connaissons aujourd´hui, parce qu´il faut avoir le courage et la fierté de la réaliser en rendant l´espoir à son ciel et à ses enfants.

 Musengeshi Katata

"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"

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