28 juin 2009
Sur l´article de Réveil FM: Les éléphants maigrissent et les gazelles se meurent
Commentaire sur Réveil
FM :
http://www.reveil-fm.com/index.php/2009/06/28/431-crise-mondiale-les-elephants-maigrissent-et-les-gazelles-meurent?cos=1
Une
crise accusatrice qui en dit long…et va changer bien de choses
Le dimanche 28 juin 2009 à 20:02
Eh oui, les
éléphants maigrissent et les gazelles se meurent...l´ironie est très réaliste
de l´avenir qui attend le monde entier...sauf les chinois qui, dans leur
puissante poussée, vont forcément grandir et engraisser plutôt que maigrir. Le
problème des pays africains, c´est que sans exception ceux-ci vivent ou s´articulent
- et cela malgré les grands diplômes et les hauts titres économiques de leurs
économistes, encore dans une économie fondée par la dépendance à l´occident et
aux étrangers riches et industrialisés ! Or, pour mieux voir les choses, il
faudrait se dire: et si l´étranger n´existait pas, comment nous en
sortirions-nous ? Avec quels budgets et quelle politique économique
organiserions-nous notre croissance, notre bien-être et notre développement ?
La crise actuelle, si en occident personne ne l´a vu venir...en Afrique
cependant elle bat son train depuis des siècles ! L´Afrique tarde à se motiver
et à s´identifier par rapport à ses propres besoins, ses propres attentes et
objectifs socioculturels de développement. Et maintenant que l´occident est
arrivé à une impasse après avoir attelé l´Afrique comme cinquième roue à
charrue et l´avoir volontairement ou pas empêchée à sortir de sa dépendance
envers l´hégémonie occidentale, les africains qui n´avaient pas développé une
autonomie économique...se trouvent au dépourvu. La césure, autant entre
l´occident elle-même qu´avec l´Afrique, va arriver inévitablement. Et il ne
faut pas croire que la Chine continuera à acheter les dettes américaines si ce
pays choisit l´inflation pour rembourser ses dettes à bas prix...La Chine a été
bien claire là-dessus envers Thimoty Geithner lors de son séjour à Pékin: les
américains devraient cesser de leur vendre du charbon (entendez ici de leur
vendre des dettes qu´ils ne sauraient manifestement pas rembourser). D´autre
part, croire que l´occident, avec son endettement public dangereusement
croissant, va imposer aux africains de se suicider avec des bas prix des
matières premières et la participation, malgré leur croissant appauvrissement,
à payer les pots cassés conjointement avec les populations industrielles pour
que celle-ci soient allégées de leurs propres bévues économiques...On se mord
la queue, tout simplement, parce qu´alors on peut se demander: comment
l´Afrique s´en sortira-t-elle pour devenir acheteur et bon client des surproductions
des pays industrialisés ? Parce que la crise actuelle, c´est aussi une crise de
manque de demande...et d´excès d´offre !
Tout cela fait que l´économie traditionnelle a finalement cessé de répondre aux
questionnements des temps modernes à venir. Une nouvelle conception économique
est entrain de naître...une qui exige plus de responsabilité à ses pratiquants
que celle où certains vivaient délibérément au détriment des autres et se
permettaient ô hérésie, à appauvrir leurs clients de demain (gazelle) ou à leur
jeter des miettes d´aides autant venimeuses que mortelles. Les africains
ont-ils compris cela ? J´en doute...en tout cas, ce n´est pas en commettant ou
en suivant les mêmes fausses logiques qu´hier que les choses changeraient. Or,
il n´y a pas un autre moyen de se sortir du gouffre infâmant de la crise que
d´autres ont provoquée...en empêchant notamment les africains à avoir accès, en
clients solvables de demain, aux investissements propices qui leur auraient
permis d´élever leur niveau de vie...et participer activement à l´équilibre
économique mondial ! Les éléphants dégraissent et les gazelles se meurent ?
Disons plutôt que les prédateurs rapaces et irresponsables de l´avenir ont mis
à mal leur contingent de gibier...et si les gazelles continuent à mourir, ces
voraces carnassiers vont, eux aussi, mourir de faim...ou s´entretuer pour
survivre.
Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
Forum Réalisance
24 juin 2009
Un projet allemand de centrales énergétiques solaires au Sahara; vol du soleil africain ?
Ce projet, qui a résolument quitté le stade de la spéculation en éveillant
la participation de Siemens, de la RWE, de la Deutsche Bank, de l´assureur
international Münchener Rück…etc., a fait dire à une amie journaliste allemande :
« Mon Dieu, pauvres africains :
nous leur aurions volé leur main d´œuvre avec l´esclavage, nous leur pillons chaque
jour leurs matières premières en veillant sournoisement à ce qu´ils ne s´enrichissent
pas et en les étouffant avec nos surproductions ; aujourd´hui allons-nous
ajouter à notre longue liste de faussetés de leur voler leur soleil ? »
Soleil
d´Afrique ou quand on ne sait pas employer et jouir de la richesse qui se
trouve devant son nez…
Les applications de cette énergie sont quasi illimitées en Afrique.
Ce qui
me fait penser à ma critique envers l´Afrique du Sud qui a préféré acheter une
centrale atomique française coûtant 1,63 milliards € plutôt que d´investir dans
l´énergie verte qui aurait créé des emplois en Afrique et développé un secteur
immense d´intérêt pour toute l´Afrique. Ceci dit : l´argent parti ne
revient pas, celui investi sur place fait boule de neige, ne l´oublions pas.
Cela s´appelle tout simplement de l´économie…à longue portée !
Le projet allemand coûtera approximativement 400 milliards € et sera réalisable dans 10 ans. Il élèvera,
sur au moins trois cites dans le désert du Sahara, des collecteurs sur une
surface estimée à celle de la Saarland, soit 2568 km², ce qui permettrait de
répondre à 15 % du besoin d´énergie de l´Europe en employant les nouveau
conducteurs énergétiques à haut rendement réduisant la perte énergétique à
distance à 10%. On estime qu´avec l´exploitation solaire intensive du Sahara,
on peut produire 6 fois les besoins énergétiques du monde entier en un
an !
Est-il besoin de se demander pourquoi l´Afrique, et cela malgré les
cruciaux et urgents besoins d´énergie de ce continent, ne se donnait pas la
peine de prendre à cœur ce domaine quasi inestimable pour son
développement ? Assez surprenant. Ceci ne montre que d´autant mieux,
encore une fois, combien non seulement l´Afrique était en retard de réalisme,
mais aussi combien ses intellectuels pataugeaient. Faut-il vraiment croire que
le monde entier se serait rendu compte de l´importance de l´énergie solaire,
surtout les pays qui n´en possédaient que faiblement, tandis que l´Afrique qui
y baignait n´en faisait aucun cas ? Est-ce possible ! Est-ce là une
preuve de réalisme ou une preuve flagrante que décidément les africains ne
voyaient pas ce qui se trouvait devant leur nez ? Si on ne sait pas
employer et utiliser les ressources premières et abondantes qui sont librement
à notre portée…parler d´économie ou de développement, n´est-ce pas se jeter
soi-même la poudre aux yeux et être plus aveugle et médiocre que réaliste
et conséquent ?
On reproche toujours aux occidentaux de venir en Afrique et de s´approprier
les matières premières et les possibilités naturelles de ce continent pour
leurs intérêts. Mais qu´attend donc l´Afrique pour employer ses propres
possibilités pour offrir un meilleur avenir à ses enfants, à son avenir et à
ses cultures ? Ou croyait-on encore que les étrangers viendrait leur faire
le progrès et le développement pendant qu´eux racontaient n´importe quoi ou
tournaient bêtement en rond ? Il ne faut pas toujours reprocher aux
étrangers leur rapacité et leur opportunisme à nous dépouiller, quand on
néglige soi-même de soigner, de promouvoir et d´épanouir ses propres
intérêts !
Musengeshi Katata
« Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu »
Forum Réalisance
http://www.outilssolaires.com/pv/index-centrale.htm
19 juin 2009
Esclavage et droits humains : le Sénat américain s´excuse en toute forme
Le Sénat américain a voté ce jeudi 18 juin 2009 une résolution pour présenter formellement ses excuses, au
nom du peuple américain, pour "l'esclavage
et la ségrégation raciale" envers
les Noirs américains. Rappelons que malgré l´abolition officielle de
l´esclavage survenue en 1865, cette immonde pratique a malgré tout été
entretenue et pratiquée dans la société américaine au delà de cette
abolition. La Jim Crow, loi qui établissait et légitimait tous les vils
traitements envers les noirs ne fut abolie qu´en 1964.
Et maintenant ?
Cette
résolution symbolique a été approuvée par acclamation, la majorité démocrate et
l'opposition républicaine étant largement d'accord sur les termes du texte.
La résolution
devra être également adoptée par la Chambre des représentants, mais ne requiert
pas de signature du président Barack Obama.
Elle intervient
à la veille de la célébration de la fin de l'esclavage aux Etats-Unis en 1865,
après la guerre de Sécession.
Le texte
reconnaît "l'injustice fondamentale,
la cruauté, la brutalité et l'inhumanité de l'esclavage" et
des lois ségrégationnistes connues sous le nom de "lois Jim Crow" qui ont été abolies en 1964 par la loi
sur les droits civiques, le "Civil
Rights Act" qui interdit toute forme de discrimination dans les lieux
publics.
Il présente des
"excuses aux Noirs américains au
nom du peuple américain, pour le mal qui leur été fait, ainsi qu'à leurs
ancêtres qui ont souffert de l'esclavage et des lois Jim Crow".
Toutefois, il
stipule bien que le texte de la résolution ne peut servir de "support à une plainte contre les Etats-Unis".
D'ailleurs, le groupe des élus noirs de la Chambre des représentants, a exprimé
ses "inquiétudes" sur
cette dernière disposition.
"Alors que nous sommes fiers de cette résolution qui
est attendue depuis longtemps, un vrai travail reste à accomplir
(...) pour créer de meilleures opportunités
pour tous les Américains. C'est véritablement le seul moyen de répondre à
l'héritage de l'esclavage et de Jim Crow", a déclaré jeudi le
sénateur Tom Harkin qui a introduit le projet de résolution.
Une cérémonie
est prévue début juillet au Capitole pour "marquer l'occasion", a assuré le sénateur Harkin. Le
président Obama pourrait assister à cet événement.
Forum Réalisance
18 juin 2009
A propos du prix réel du Savoir
Commentaires sur l´article : Congo Blog – Ba Leki » Blog Archive »
L’ère du savoir qui se monnaie
Commentaire du 15.06.09 á 18h26
Il n´y a pas au monde de
connaissance gratuite, les africains doivent s´enlever cette idée de la tête. Celui
qui se donne la peine de s´instruire et de vivre de la connaissance ou de sa
propagation, doit nécessairement en vivre sinon c´est la fin de l´instruction
et de la connaissance comme telle. Ici je crois que l´accusé, c´est le pouvoir
public et sa médiocre organisation sociale qui emploie ses moyens de paiement
pour des bagatelles plutôt que pour garantir et financer l´instruction de ses
propres enfants.
Bien sûr ce système de syllabus payants est corrompu et corrompant, surtout si
les étudiants ont à peine les moyens de ses payer; mais à qui la faute si les
livres et les manuels universitaires font défaut ? Et à propos, ces étudiant,
comment veulent-ils s´instruire et se qualifier sans syllabus ou livres
spécifiques ? Je comprends très bien la situation qui est assez cocue, j´en
conviens, et cependant, il faut bien accuser celui qui est réellement
responsable de tout ce désastre, pas uniquement les professeurs qui, eux,
doivent aussi vivre sous le sous paiement qu´on leur impose en pays désordonné
et indigent !
Mais je vais donner ici, ce que
je fais rarement, un exemple personnel. J´ai fait mes études en Allemagne en
travaillant, même le dimanche. Et je suis un lecteur puissant; cela coûte
énormément quand on a une famille et qu´on doit financer soi-même ses études. Aujourd´hui
ma première fille va à l´Unif. ; elle lit moins que moi, mais je suis
toujours entrain d´acheter des livres et de lire plus que mes propres enfants
qui semblent aimer les solutions faciles et simplistes. Ma femme me reproche de
dépenser plus d´argent dans les livres qu´à lui offrir des cadeaux ou à faire
des vacances…tout cela me fait dire qu´il y a qu´en Afrique qu´on croit que
l´instruction ou la connaissance doit être gratuite ou qu´on ne doit pas en
vivre décemment. Erreur. Toute culture qui n´a pas encore compris que c´est une
fonction parmi les plus importante d´une société aspirant au progrès va, hélas,
stagner et se contorsionner amèrement dans la pauvreté.
Le défaut africain ne vient pas tellement de la déconsidération du savoir ou du
manque d´organisation économique de l´éducation et de l´instruction, mais bien
aussi à mon avis que le livre comme tel est bien méprisé de sa véritable valeur
incessible pour la culture et l´épanouissement imaginaire de toute société
consciente et responsable admettant le savoir comme instrument premier de
véritable développement. Particulièrement pour une société sous développée
venant d´une tradition sociohistorique plus orale qu´écrite comme l´est
pratiquement toute l´Afrique.
Il faut sortir de ce cercle vicieux de la déconsidération de l´écrit, de la
connaissance ou de l´instruction comme telle et cela veut dire publier ses
propres écrivains et auteurs, ses livres spécialisés et didactiques…et bien sûr
honorer à juste titre ceux qui impriment, publient, cherchent et participent à
l´élévation du niveau de connaissance et de technicité dans la société. Sans
cela, prétendre se développer est une bien belle illusion. Sans chérir et
épanouir l´imaginaire d´une société, on ne peut ni la propulser dans l´avenir,
ni attendre des merveilles de la part de ses membres qualifiés ou spécialisés,
car à eux aussi il manquera de moyens de recyclage et d´information permanente.
Il suffit de voir l´Afrique aujourd´hui pour le constater amèrement. Rien ne
tombe su ciel, hélas; tout se paie. il faut donc apprendre à honorer ces
efforts et ces paiements…inévitables pour un meilleur avenir. Et ici
avouons-le: tout cela n´est possible que si l´économie et l´économisme de la
société africaine est prise en considération. Curieusement en Afrique du Sud,
ce problème n´existe pas, ainsi qu´au Nigeria et bien d´autres pays
encore…alors ferme-t-on encore les yeux ?
Musengeshi Katata
« Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu»
Forum Réalisance
Commentaire du 16.06.2009 10h 02
Bien parlé, Cédric. Il faut
briser ce cercle vicieux qui condamne les pauvres à rester pauvres ou à subir
injustement les viles cures d´un système d´organisation social pervers et
pervertissant. Alors il faut bien changer de politique, or en Afrique on
reconduit les idiots et ceux qui pillent et détruisent l´économie nationale au
lieu de l´épanouir. Je crois que tous cela est le résultat de l´ignorance
structurelle; je m´imagine mal quelqu´un se mettant lui-même la corde au cou en
prétendant vouloir être heureux, ou se livrant à son bourreau le plus féroce en
prétendant aimer la joie ! Et pourtant, en substance, c´est ce que font
pratiquement tous les africains en sport commun…comment diable expliquer cela ?
Je suis d´accord avec Bony quand
il propose des syllabus pirate que nous avons tous recopié en Europe et se le
sont passé de main à main. Mais si le fieffé professeur tient liste…Oh là, là. Remarquable
aussi que Bony relève qu´à une certaine époque les universités congolaises
fonctionnaient ! Eh oui, c´est vrai et même bien vrai; mais pourquoi diable ne
fonctionnent-elles plus ? Oui, pourquoi le financement de l´éducation a-t-il
été si cruellement négligé alors qu´il représente le meilleur espoir de
développer ce pays et de le doter d´infrastructures ouvrant sur un meilleur
bien-être et le progrès économique et social ?
La réponse, on la trouvera dans
la stagnation de la productivité nationale ainsi que l´explosion des coûts de
personnel de hauts fonctionnaires roulant en voitures étrangères et se faisant
soigner à l´étranger eux et leurs familles sur le compte des pauvres auxquels
ils privaient des investissements d´emploi et de production. Et ma foi, même au
risque de se répéter indéfiniment, il faut bien se rendre compte que c´est la
corruption et la mal gestion de l´Etat qui occasionne ces défaillances et
retombées sur le système éducatif et celui des universités et écoles techniques
supérieures. Voir seulement la fumée du feu et vouloir s´en débarrasser sans
combattre le feu lui-même et ses origines…ce serait s´exposer à la répétition
de nouvelles incendies. Et celui qui le fait trop souvent malgré que la vérité
se trouve devant lui, celui-là ne peut pas être considéré comme intelligent et
conséquent.
Car ne l´oublions pas, malgré
tout: ces universités ont bien fonctionné à une certaine époque
efficacement…entre temps on a bien dû faire des gaffes énormes pour que le
financement de l´instruction soit à ce point délaissé au RDCongo. Or, l´avenir
se fera-t-il sans médecins, techniciens, ingénieurs, chimistes,
professeurs…chercheurs et inventeurs, etc ? Et on se demande encore pourquoi le
RDCongo s´appauvrit à vue d´oeil d´année en année ? Moi cela ne m´étonne pas du
tout. Et si nous voulons réellement changer les choses pour donner un meilleur
avenir à tous, il faut d´abord accepter qu´on a fait des erreurs et les
corriger rapidement. Si on persiste…il ne faut pas se plaindre des suites. Les
élections, cela existe bien pour cela.
Musengeshi Katata
« Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu»
Forum Réalisance
Commentaire du 18.06.2009
A Simon Kwete. Je crois qu´il ne
suffit plus de prétendre qu´il faut se débarrasser du mobutisme pour que tout
marche bien de nouveau ; il nous faut hélas aller plus loin que cela.
Mobutu a commis des erreurs fatales pour le RDCongo dont par exemple la zaïrianisation.
Je me rappelle qu´à cette époque je me trouvais à Bruxelles et que j´ai rédigé
un travail pour deux amis de l´ISHEC (Institut Supérieur de Hautes études
commerciales), l´un d´eux refusa mes conclusions critiques et adopta une vue
positive. Il eut une note bien plus modeste que celui qui avait adopté ma
critique.
Ce que je veux dire par-là est
ceci: Mobutu n´avait qu´une faible notion de l´économie, encore moins des
structures fondamentales d´un développement. Il n´était qu´un simple militaire
épris du pouvoir qui vit son moment venu en participant à l´intrigue
internationale sur l´assassinat de Patrice Lumumba pour s´approprier du pouvoir
au Congo. Ce qui lui réussit pendant 35 ans. Pourquoi ? Vraisemblablement parce
que les congolais voulaient la paix et une vie régulière après les remous
sanguinaires de l´indépendance. Mais cet homme n´avait aucun talent pour
développer son pays ou hisser ses facteurs de développement au plus haut niveau
afin que les résultats en matière d´instauration d´un fondement industriel de
l´industrie lourde puisse commencer. Ou encore en matière de qualification
poussée des agriculteurs, des éleveurs, et le grand soin qu´on doit apporter à
la formation professionnelle tout court. On fit donc plus de tape à l´oeil que
du professionnel fini main. Et tous les ignorants et les opportunistes
acclamèrent et dansèrent à souhait. La suite, on la connaît: le réveil fut
douloureux. Rien à faire: ce n´est ni avec de gros mots, ni avec une grande
fièvre de fierté délirante qu´on fait des miracles en économie !
J´avoue que ce n´est que lorsque
je vins en occident que je me rendis compte autant de la naïveté des africains
que de leurs manque de profondeur et de constance: ils veulent tous le progrès,
mais tous font les mêmes erreurs ou retombent dans des actes et des
raisonnements illogiques et peu destinés à répondre à leurs propres attentes.
Non, je ne comparerai pas l´Europe à l´Afrique; ce serai aussi ridicule que
déplacé ; ce sont deux centres de cultures différents. Seulement, sans
investir massivement et se spécialiser dans le fer, le bois, l´architecture,
l´agriculture, l´élevage…etc, parler de développement, c´est se moquer de son
monde. Je vois aujourd´hui des généraux couverts de décorations en Afrique, or
leurs armes sont produites à l´étranger; quant à eux, ils n´ont jamais gagné
une guerre quelconque ! Or, le développement est l´effort matériel, humain,
intellectuel, créatif et organisationnel des plus immense et des plus important
qui soit pour le bien-être et l´avenir d´un pays, de sa culture et de la
liberté et l´espoir de ses enfants ! Si cet effort est sous estimé, pris à la
légère ou négligé en préférant importer ou vivre de l´aide internationale…ou
d´illusions selon lesquelles tout viendrait du ciel, qu´il ne fallait surtout
pas se presser…Il ne faut pas s´étonner si rien n´arrive, ou du moins, seule la
pauvreté et la misère soient le salaire réel du superficiel et de
l´inconscient.
C´est aussi une question de
réalisme que de savoir ce qui doit être fait aujourd´hui afin que demain on puisse
en jouir et faire des récoltes fructueuses. Même le plus abruti des paysans le
sait: celui qui ne sème pas son meilleur grain, celui-là ne peut pas engranger
une moisson exceptionnelle. Si les congolais étaient tous idiots, passe encore,
on pourrait leur donner plus de temps pour se réveiller; or, ils ne le sont
pas. Mais pardon, en matière de réalisme d´organisation, de dialectique de
réalisation, d´estimation et de mise en oeuvre d´un projet aussi important que
leur propre avenir…c´est pratiquement toute la race noire qui vacille et tape
gravement à côté en négligeant le principal pour s´accrocher au subsidiaire et
au superficiel. Or, l´économie, comme on le voit dans cette crise économique et
financière actuelle, est un domaine mortel et exigeant car les erreurs qui y
sont commises tuent en silence et se répercutent souvent des générations et des
générations en chaînes dans l´avenir. Ne pas prendre au sérieux ce domaine, ne
pas y convenir et y attiser toutes ses substances créatives et intellectuelles
les plus douées et attentionnées…comment diable veut-on obtenir des résultats
pouvant tenir tête à ceux de cultures industrielles avancées et dont
l´expérience et la spécialisation sont longues et assidues de plusieurs siècles
? Il ne faut pas se faire d´illusion et prendre des vétilles pour des
lanternes.
L´imaginaire est aujourd´hui la
première richesse d´une culture et même son meilleur bouclier de survie, car
cet imaginaire, bien employé et assisté par la connaissance et le développement
de capacités de l´industrie, peut créer de nouveau produits lesquels viennent
résoudre des problèmes d´énergie, de productivité, de mobilité, de santé et
d´hygiène…etc, et enrichir le bien-être et la jouissance d´une société, d´une
culture entière. Ne pas développer cette force et cette richesse créative
incroyable de l´imaginaire comme on le fait en Afrique…en manquant notamment de
créer les conditions primaires d´un bien-être en stimulant la lecture, par les
jouets appropriés, mais aussi par une alimentation adéquate et un intérêt
assidu à la critique et à discussion dialectique…je me permets de dire ici que
tous ceux qui ne le font pas vont à leur ruine certaine; leur appauvrissement
et leurs déboires économiques vont, avec le temps, devenir insoutenables. C´est
cela qu´il faut comprendre au lieu de critiquer celui-ci ou celui-là et croire
que tout ira bien tout seul. Au contraire il faut avoir le courage de lutter
pour de se donner les moyens de devenir meilleur et de parfaire ses handicaps.
Sans cela on ne va nulle part. On tourne plutôt en rond même si on prétend être
des génies et atteindre demain le soleil. Et à ce faux jeu, on risque fort de
se brûler horriblement…
Beaucoup d´africains ne savent
pas pourquoi nous parlons souvent d´esclavage; ils croient qu´il s´agit
d´entretenir un quelconque sentiment victimaire dans les africains ou donner
aux occidentaux mauvaise conscience. Il ne s´agit absolument pas de cela. Nous
voulons attirer l´attention sur le rôle de l´esclavage qui a servi à accumuler
vilement en privant des êtres humains de tous les droits. Or, l´économie
moderne ne peut se permettre ce crime honteux envers les êtres humains; il faut
donc capitaliser comme l´a fait la Chine, par exemple. Et naturellement
protéger ses accumulations et les employer à bon escient. On connaît l´histoire
de la cigale et de la fourmi…Et disons en conclusion que toute l´Afrique doit
faire un effort considérable pour se mettre à jour face aux exigences
existentielles contemporaines, et hélas, elle n´a pas tout le temps du monde:
ni les matières premières, ni l´écologie mondiale ou la concurrence
internationale commerciale ne lui feront des cadeaux. I faut donc sortir en
force et en confiance de sa stagnation actuelle et aller de l´avant en misant
et en protégeant le meilleur de soi. J´ai vu que la Tunisie a été classée
première au classement international des dix meilleurs pays africains répondant
aux critères et aux espoirs les plus prometteurs du développement. Bravo. Mais
où étaient donc le Nigeria et l´Afrique du Sud ? Le Nigeria est dernier des dix…malgré
son pétrole, malgré son plus grand marché commercial…hem. Comme quoi il ne
suffit pas d´être grand et riche…le Botswana occupe une place surprenante: au
moins eux ont compris. Peut-être faut-il, pour ceux qui ne savent pas faire
marcher leurs méninges ou ceux qui ne savent pas voir ce qui est devant leur
nez…d´aller s´instruire de l´exemple élogieux des Botswanais. Eux ils ne font
pas beaucoup de bruit et travaillent constamment à l´amélioration de leurs
facteurs de développement. Les résultats sont stupéfiants…et honorables à
souhait.
Musengeshi Katata
« Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu»
Forum Réalisance
17 juin 2009
Sur le livre : Afrique, Passion et Résistance de Jean-Pierre Ndiaye
Commentaire sur Africultures.com
L´hommage passionné
d´un enfant épris d´amour et de tendresse…
Nous avons connu
l´Afrique barbare, sortant d´un dangereux autarcisme qui l´empêcha autant de
s´épanouir que de défendre valablement sa culture et l´avenir de ses propres
enfants face aux rigueurs des temps, ceux des envahisseurs islamiques et
chrétiens...une Afrique impuissante devant elle-même et devant le rêve qu´elle
se nourrissait d´elle-même.
Jean-Pierre
Ndiaye est peut-être parmi les rares écrivains africains dont la poésie, cette
incomparable parabole de la beauté des mots face aux sens et à la sensibilité
africaine, qui a mis l´imaginaire critique et discursive de la race noire au
service viril de la découverte active de la liberté existentielle de l´homme
noir. Et pour mieux comprendre autant son tourment que l´infime beauté culturelle
et philosophique de sa démarche, il faut bien se dire qu´une culture qui ne
défend pas sa liberté, qui ne défend pas les rêves et les attentes de ses
enfants, qui ne forge ni le fer, ni l´avenir pour protéger son âme et le
précieux avenir de ses doux et frêles enfants...qui voit ses femmes flétrir et
souffrir pendant que les étrangers se gavaient de ses richesses et de son
travail pendant que ses meilleurs esprits devaient quitter leurs terres pour se
réaliser ailleurs; si cette culture ne réagit pas ou si elle continue
aveuglement à trouver cela normal et à poétiser loin de la critique et de la
réalité active...quelle genre de culture est-ce donc ?
Les africains, mais
aussi ceux qui prétendent être de nos amis, doivent se poser ces questions sous
toutes leurs aspects et se demander si la pauvreté et la faiblesse actuelle de
l´Afrique devrait continuer. Et peut-être entreront-ils, comme Jean-Pierre Ndiaye,
dans un univers critique dont la poésie est tout à fait magique, parce qu´elle
célèbre l´âme vivante et positive d´une Afrique encore plus belle que celle que
nous connaissons aujourd´hui, parce qu´il faut avoir le courage et la fierté de
la réaliser en rendant l´espoir à son ciel et à ses enfants.
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
Forum Réalisance
Réflexion sur la révolte sociale et la contestation politique en Iran
L´exemple typique du conflit de frustré „castré se débattant en verre clos“.
Le castré impuissant à résoudre logiquement son conflit, à en articuler la
solution et l´appliquer systématiquement, tape du pied et se livre à une
révolte désordonnée, sans le moindre systématique d´organisation. Or pour
sortir efficacement du piège de la castration, il faut non seulement protester,
exprimer sa colère ou sa frustration ; il faut aussi savoir POURQUOI on
proteste, et surtout, COMMENT ON POURRAIT EFFECTIVEMENT EN SORTIR.
L´Iran
aux portes d´une nouvelle révolte de réformes socioéconomiques ?
« Je
me révolte donc nous sommes » Jean Paul Sartre
Ce phénomène de la contestation fonctionnelle désorganisée - ce qui ne veut
absolument pas dire qu´elle est injustifiée ou irrationnelle, loin de là – se
retrouve autant dans le mouvement Hip Hop, par exemple, que dans les casses et
révoltes des banlieusards parisiens. Et si les uns sont organisés et à long
terme, les autres sont impulsifs et momentanés ; mais tous ceci de
commun : ils n´arrivent pas à produire LE CHANGEMENT RÉEL. Pourquoi ?
Parce que pour changer ce qui dérange les contestataires, il faut nécessairement
produire un imaginaire créatif (à la fois imaginaire que réel) permettant non
seulement de résoudre le problème du nœud social contesté, que de proposer une
meilleure voie de changement résolvant le problème des inégalités tout en
satisfaisant tout le monde, les conservateurs autant que les progressistes.
Dans le Hip Hop, par exemple, mouvement qui a fait suite aux « Black
Power » des années `70 aux Etats-Unis, le problème était l´injustice
sociale américaine systématique envers les afroaméricains. On fit donc naître
une musique (le seul domaine où les noirs avaient librement accès) de
contestation, plus démonstrative et choquante par sont bruit et son
inconformité, que par son élégance et son goût raffiné. Après tout, ceux qui
pratiquaient cette musique ou ceux qui la consommaient n´étaient pas de
l´establishment ou de haute culture intellectuelle. Ceci entraînant cela, le
mouvement initié par cette musique de contestation quoiqu´ayant un fondement
social profond et légitime de revendication, resta cependant enfermé dans une
musique de boum-boum faisant certes de nouveaux millionnaires, mais ceux-ci
n´enrichirent que d´autant mieux l´establishment conservateur en s´achetant des
bibelots et objets tapageurs et démonstratifs du luxe et du succès matériel des
nouveaux arrivés. Le système, pour autant, n´avait pas été changé, du moins, on
n´y était pas arrivé faute de large implication sociale, de projection à long
terme et naturellement faute de moyens économiques d´action. Si les nouveaux
arrivant tombaient dans le piège d´enrichir ceux qui les avaient exclus en
consommant démonstrativement leurs symboles sociaux de réussite, le résultat ne
pouvait que renforcer les forces de l´establishment conservateur en renflouant
ses caisses, et c´est dire en lui donnant encore plus de moyens financiers d´entretenir
et promouvoir sa domination.
On rencontre ce même phénomène en Afrique face à l´indépendance et la
libération de ce continent face aux forces néocoloniales abusives. Au lieu de
soigner son imaginaire attardé et ou malade et se doter d´une idéologie, d´un
système social de valeurs protégeant à la fois les aspirations que les moyens
avec lesquels les africains comptaient se réaliser, on adopta à la hâte et sans
les conformer le système d´éducation et d´organisation sociale hérité de la
colonisation. Pire, au lieu de produire rapidement ou de mettre en voie les
instruments et les moyens pour produire par soi-même la réalisation de ses
besoins, la protection et l´épanouissement de l´imaginaire créatif, les rêves
et les attentes de ses propres enfants, on se mit démonstrativement et plutôt
négativement à l´égard de ses finances et de son économie, à se pavaner en
limousines étrangères et à sanctifier l´importation. Ceci a un effet
immédiat : la ruines des finances sociales, la destruction de l´emploi et
l´immigration des techniciens et universitaires doués et hauts qualifiés. En
fait la banqueroute et l´appauvrissement du système social des ex pays
colonisés dont les cris à l´aide internationale ou à l´assistance au
développement grandirent autant que ceux-ci s´enfonçaient irrémédiablement dans
l´indigence et la pauvreté. Et si on ne changeait pas de politique et
d´orientation économique, si on continuait malgré tout à pervertir soi-même ses
propres moyens de subsistance et de réalisation, il est inutile de croire qu´on
sortirait du sous développement. C´est une grossière et faussement prétentieuse
illusion.
Pour en revenir à l´Iran, et même à tout autre pays voulant se développer
et vaincre le manque et la pauvreté afin de mieux protéger et permettre aux
rêves de ses enfants à se réaliser le mieux que possible ; croire que
l´étranger leur ouvrira la voie et les moyens leur permettant de mieux se
développer…est de la pure illusion. Personne ne peut logiquement et
effectivement se substituer à l´effort imaginaire créatif et l´émancipation
mentale et rationnelle requis pour se réaliser pleinement et librement. Bien au
contraire, lorsqu´on se trouve en face d´un pays ou d´une culture aussi avertie
et développée comme l´occident, celle-ci a tendance à employer son partenaire
faible à réaliser ses propres objectifs ou résoudre les contradictions qui
entravent ou minent ses ambitions. Aussi, et surtout en pays islamique, il faut
bien sûr se révolter ; « je me révolte donc nous sommes »
comme le disait si bien Sartre, mais il faut organiser cette révolte,
l´institutionnaliser et surtout, il faut s´émanciper et s´objectiver face au
pilier moteur de la société en interprétant ou en orientant l´Islam (qui est la
référence centrale de la société islamique) à répondre rapidement aux exigences
économiques, sociales et industrielles d´une société moderne affirmée et fière
d´être autant maître que responsable de son avenir. Sans cela, la révolte n´aboutit
à rien puisqu´elle ne touche pas le moteur enroué de l´architecture sociale.
Musengeshi Katata
« Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu »
Forum Réalisance
14 juin 2009
Ahmadinejad, ce brillant perse que craint l´occident
Vainqueur et successeur à lui-même à la présidence de son pays l´Iran,
Mahmoud Ahmadinejad n´a pas été le choix occidental. Après tout, il ne s´agit
pas de l´occident dans ces élections, mais de l´avenir de l´Iran. Mais pourquoi
l´occident craint-elle cet homme, au fait ?
L´Iran
présente-il sous Ahmadinejad un danger quelconque pour le monde ?
"Il ne faut jamais sousestimer les forces d´un adversaire" Napoléon Bonaparte
C´est ce que l´occident veut nous faire comprendre, particulièrement les
américains qui semblent fort déçus par la réélection de ce perse grand orateur
et fustigateur du néolibéralisme occidental américain. L´Amérique, même avec
l´avènement d´Obama à sa présidence, doit elle aussi accepter la critique de
son douteux hégémonisme économique, financier et militaire qui n´a conduit
aujourd´hui qu´à des crises, des guerres et un appauvrissement croissant des
pays de la périphérie. Il faut bien le dire. Et si Mahmoud Ahmadinejad le dit,
pourquoi cela blesse-t-il tout l´occident si c´est la même vérité qu´Obama a
propagé pour se faire élire et si toute l´Europe la rumine en sourdine avec une
rage impuissante face aux grossières erreurs du leader économique et militaire
allié ?
La peur de l´islamisme ou tout simplement la peur qu´Ahmadinejad ait raison
et que sa critique, dans ces temps de crise, fasse plus mal à un occident
secoué par ses erreurs et ses abus dans une crise sans précédent ? C´est
tout cela, en fait, mais surtout qu´Ahmadinejad, au lieu de jeter son peuple et
son économie en pâture à l´exploitation capitaliste occidentale alléchée par le
dynamisme, la créativité et la jeunesse de ce pays (80% est plus ou moins âgé
de 20 ans). Ah oui, l´Iran est deuxième détenteur de réserves pétrolières et de
réserves de gaz naturel du monde. Puis vient ses ambitions avancées à se doter
de l´énergie atomique…qu´on aurait bien voulu lui vendre pour contrôler, ou
plutôt empêcher ce pays d´accéder à un enrichissement autonome de l´uranium…qui
pourrait déboucher sur des bombes atomiques, qui sait ?
Toutes ces raisons, même si elles sont caractéristiques, sous l´angle, à
mon sens dépassé, de l´hégémonie occidentale, cela n´autorise personne à enfreindre
au droit de souveraineté de l´Iran ! Que l´Iran veuille se doter de l´énergie
atomique est légitime et même de la contrôler elle-même. Pour la bombe atomique
aussi, car pourquoi les autres pays du monde auraient-ils le droit de la posséder ?
Personne de bon sens n´attaquerait aujourd´hui un pays possédant cet argument
de défense et les capacités de le propulser à distance. Sur ce point de vue, l´Iran
cependant n´impressionnera personne ; l´occident est à même de la faire
disparaître de la carte du monde si celle-ci s´attaquait, par exemple à Israël…non,
ce qui dérangeait c´était plutôt que l´Iran devenait inattaquable, et donc
capable de défendre son économie, ses richesses et son peuple. C´était un pays
qui savait ou saurait se faire respecter au besoin, au lieu de subir les
injonctions des autres pays puissamment armés.
La liberté exige de nous d´accepter que tout le monde ne doit pas vivre nécessairement
comme les occidentaux, avoir la même religion ou enrichir les mêmes potentats
industriels. Tout l´occident se trouve avec l´Iran et son fieffé président
devant une dialectique qui met l´occident le dos au mur parce que cet occident
a, pendant des siècles et aujourd´hui encore, imposés ses normes et ses intérêts.
Puis cette crise économique, et surtout ses suites qui vont être dramatiques
pour la périphérie et la classe ouvrière des pays industrialisés, ne fait pas arranger
les choses. Pas du tout. Obama se serait certainement souhaité une victoire de
l´opposition, pour mieux dialoguer avec un novice ou un faible président. Hélas,
ce ne sera pas le cas. Et au fait, pourquoi tient-on coûte que coûte à contrôler
ou affaiblir l´Iran si on armait chaque jour Israël encore plus et qu´on était
pas encore arrivé à faire accepter à l´Etat hébreu de la légitimité d´un pays
palestinien souverain ? Les palestiniens étaient-ils des animaux ou des
moins que rien ?
A mon sens les raisons évoquées par les occidentaux sont plutôt subjectives,
que sincères et honnêtes ; toutes ces raison, même celle de la prolifération,
sont soit hégémoniques et intéressées, soit profondément irrespectueuse de la
souveraineté et de la liberté de l´Etat iranien. Et à propos de prolifération,
pourquoi les Etats qui lancent cet argument ne l´ont pas pris en considération
quand ils s´armaient eux-mêmes, ou aidaient l´Inde, le Pakistan à devenir des
puissance atomiques ? Ainsi, toutes ces blocus économiques et commerciaux
ou ces embargos des occidentaux envers l´Iran ne les enfonçaient que plus
profondément dans l´accusation selon laquelle : dans leur prétentions de
liberté et de démocratie, il ne s´agissait pas de liberté et de démocratie pour
tous et pour un chacun, mais bien la leur toute puissante et celle de leurs
alliés stratégiques. Nous y voilà. Et à jouer à ce jeu, Obama ne devenait rien
d´autre qu´un petit agent de l´ordre hégémonique occidental proaméricain.
Est-ce vraiment le cas ou voyait-il les choses plus librement et plus démocratiquement
?
Le grand danger, et si on y faisait bien plus logiquement attention, vient
de l´absolutisme islamique dont se réclament, autant l´Iran, l´Irak, l´Arabie Saoudite,
la Libye, etc. Et tant que cette religion ne se sera pas démocratisée et
humanisée par elle-même, en elle-même en acceptant d´une part la multitude
fondamentale de notre monde, et de l´autre, cette religion doit accepter l´existence
d´un rationalisme scientifique et technique aboutissant tout simplement à la
fonctionnalité sociale, pratique, usuelle tout court. On pourrait alors revenir
au Coran ou à Allah, si on veut, après, pour célébrer ce résultat ou son usage.
Mais croire dès le départ que toute la vérité se trouve dans le Coran et l´organisation
primitive actuelle du droit, des libertés et même de la pensée sociale…cela empêche
tous les pays islamiques de développer l´imaginaire de leurs enfants et accéder
facilement á la technologie et à la science. Or, ceux-ci déterminent de nos
jours de la prospérité et du bien-être de toute société !
Ce danger de sécularité absolutiste aveuglant et abrutissant et freinant le
progrès social intellectuel et scientifique n´est pas nouveau : il a été largement
combattu dans le christianisme, avec succès. Hélas, dans les pays islamiques,
le pouvoir abusif et aberrant des mollahs perpétue cette dichotomie primitive. Ceci
représente le plus grand danger que la liberté et la démocratie dans le monde aient
à affronter. Cela nous vaut, entre autre, de subir un terrorisme islamique
primitif et criminel qui voulait nous faire croire qu´il existait un Dieu
quelconque qui demandait à ses adeptes d´aller assassiner des innocents de par
le monde et les obliger à voir les choses comme ces criminels et illuminés !
Là est le véritable danger de l´islam. Et celui-ci est tout autant en Algérie,
au Soudan, en Arabie Saoudite, au Yémen…partout où cette religion, sous la
primitive obédience de douteux mollahs, se refuse à se guérir de sa cécité et
son malsain et primitif absolutisme.
Rappelons cependant, pour tous ceux qui aiment à se cacher derrière la
culture occidentale pour exercer ou tolérer un non moins tendancieux
absolutisme racial, économique ou culturel, que cet occident a détruit l´Irak
de Saddam Hussein qui était le pays islamique le plus laïcisé de tout le Moyen
Orient en prétextant faussement de la possession de la bombe atomique par ce
pays ; ce qui était, comme on le sait faux et criminel, parce qu´il ne s´agissait
que de faire main basse sur le pétrole irakien. Ainsi, même l´Amérique et même
l´occident doivent eux aussi apprendre à respecter la liberté des autres, et
pas seulement la définir ou dire ce que cette liberté n´était telle qu´en
satisfaisant leurs subjectifs intérêts. Désolé, la liberté n´est pas seulement
occidentale, loin de là. Ce n´est qu´ainsi que nous pourrons combattre
efficacement tout absolutisme dans le monde, et particulièrement l´absolutisme
islamique parce qu´avec l´ignorance et l´étroitesse culturelle que cette
religion entretient, elle prolonge ses méfaits et ses abus dans l´avenir au
lieu de les combattre et de s´humaniser avec le progrès.
Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
Forum Réalisance
10 juin 2009
A propos de la mort d´Omar Bongo
Lorsque j´ai appris la mort de cette crapule du pouvoir africain, un énorme
soulagement m´a envahi : enfin me suis-je dis, bon débarras, il était
temps que le sort nous débarrasse de cet incapable et illuminé criminel du
pouvoir ! Mais aussitôt je fus envahi d´une colère profonde, autant haineuse
que révoltée. J´ai pensé à ces décennies perdues pour le Gabon, à ces enfants, à
ces femmes et ces hommes vaillants auxquels on vola l´espoir pour les enfermer
dans une prison ouverte…
Requiem pour une crapule africaine du pouvoir
Si je le pouvais, monsieur Bongo, j´irai bien cracher sur votre tombe…
En mémoire à tous ceux auxquels vous avez tant et tant fait subir bien d´injustices.
Si je le pouvais, je raillerai votre nom de la bouche de tout être humain
de bon sens
Pour empêcher qu´un seul moment de l´histoire, une quelconque pensée,
Une seule réflexion ne soit perdue á se rappeler qui vous étiez.
Si je le pouvais, c´est depuis longtemps que vous auriez cessé d´opprimer
Nos enfants, nos belles femmes et leur faire subir un sort désespéré et
vile.
Ce qui me révolte, c´est que vous ayez vécu si longtemps…
Que vos amis français vous aient permis de nous piller et de nous violenter
à loisir.
France, France…tous y sont passés : Charles de Gaule, Giscard d´Estaing,
Mitterrand, Jacques Chirac, Sarkozy ; tous nous voulurent grand bien.
Mais aucun d´eux ne prêta l´oreille pour entendre nos voix, écouter nos prières ;
Aucun d´eux ne leva la main pour défendre notre avenir et nos droits bafoués
Et conduits inexorablement à l´enseigne du bon nègre soumis et aliéné au
bon
Vouloir des intérêts du maître occidental. Hors de cela, ni liberté, ni
avenir…
On vous couvrit d´ordres, de citations, de reconnaissance pour services
rendus
A la France. Mais personne au pays des droits des hommes ne s´inquiéta,
A grands slogans de liberté, égalité, fraternité, du sort étriqués qui fut
le nôtre !
Ni nos larmes, ni nos cris, ni notre souffrance n´éveilla un quelconque
regard
Humain et solidaire au pays des droits des hommes ! Aujourd´hui que
vous avez
Perdu votre superbe et rendu l´âme ; pourquoi vous enterrer en terre
africaine ?
L´avez-vous mérité, vous qui avez tant fait souffrir ses enfants,
Vous qui, dans votre illumination et votre incompétence, avez manqué de
rendre
A ce continent et à votre propre pays des devoirs respectueux et généreux ?
Un dictateur vous avez été, en bête sans cœur avez-vous gouverné…
Pourquoi cette terre chaude et tendre vous offrirait-elle le repos du juste
et du héro ?
Que personne ne se retourne quand son corps longera la rue,
Que personne ne cite ce nom vil et païen qui fut le sien,
Que l´histoire et la pensée des hommes ferme sa mémoire et oublie ce crétin
sans Cœur et sans Patrie !
Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu
wa Muntu"
Forum Réalisance
La grande ironie des élections européennes
Curieuse inversion : on s´attendait, dans cette crise et ses
quotidiens lots de banqueroutes et de licenciements, que les conservateurs
soient nettement repoussés aux suffrages, or, ce sont les socialistes qui ont
payé la facture ! Le monde à l´envers pour avoir voulu préserver les
petites gens des méfaits de la crise ou la gauche a été sanctionnée pour s´être
associée aux syndicats pour marcher contre l´enfant chéri de tout le monde occidental :
le capital ? L´Europe s´est tassée à droite, et alors ; les problèmes
que posent cette crise et l´avenir de l´UE ne se sont pour autant pas évaporés !
Une
dangereuse inversion qui punit la naïveté et le suivisme des socialistes
« Le
poète est comme l´oiseau qui se moque des nuages et se rit de l´archer ;
exilé sur le sol au milieu de huées, ses ailes de géant l´empêchent de marcher » Baudelaire. L´albatros.
Même Léopold II, le plus renégat des monarques belges néolibéral avait,
dans sa doctrine, dit aux missionnaires en partance pour le Congo : « apprenez-leur
à croire, pas à raisonner. » Formés à cette école, aujourd´hui les
congolais ont difficile à réfléchir et résoudre logiquement leurs difficultés,
quand bien même leurs solutions pendaient devant leur nez ! Mussolini, lui
disait : « Le peuple, est une putain qui préfère le mâle le plus fort. »
En Italie, et malgré les relents d´escroc et d´immoralité qui le poursuivaient,
Berlusconi battait toute la concurrence politique et la mettait au pied du mur
avec une majorité écrasante. Ceci pour dire que lorsqu´on essaie avec la raison
de faire passer un message en politique, et face aux gens de peu d´autonomie
intellectuelle et économique…après tout tous les occidentaux sont issus du
capitalisme et du néolibéralisme depuis leur éducation jusqu´aux fruits économiques
sociaux dont ils jouissent aujourd´hui des bienfaits ! Mais oui, soyons
sincères : toute l´histoire du bien-être et du système économique
occidental vient du pillage des Amériques, de l´extermination de ses indiens et
de l´esclavage des africains…ainsi que la colonisation et la francafrique qui
permirent jadis le commerce triangulaire et aujourd´hui un enrichissement indécent
avec lequel on pouvait jouer au capitalisme de casino.
Et ne pas avoir eu le courage de dire aux gens clairement que cette époque
néolibérale, avec cette crise est terminée…et qu´il faudra veiller à ne pas
appauvrir ses futurs clients à l´avenir avec des exportations étouffantes
ou avec un subventionnisme sournois : c´est la cause véritable de la défaite de
la gauche aux européennes. Car les gens réagissent ainsi : Never change the winning Team. Les gens
du commun savent que le capitalisme est allé piller le monde entier pour qu´ils
vivent décemment, qu´ils s´industrialisent et soient de la race la plus riche et
la plus créative du monde. Sinon pourquoi se pressait-on à faire partie de l´Union
Européenne, le berceau du néolibéralisme capitaliste ? Pourquoi devraient-ils
croire que les choses ont changé ? 600 ans d´hégémonie absolue sur le
monde, ça marque. Dieu est à nos côtés, se répètent-ils comme on le leur avait
appris ; après tout on leur a toujours dit qu´il était blanc ! Nos politiciens
salauds, nos grand escrocs commerciaux, ils vont bien trouver quelques
solutions pour que nous nous tirions d´affaire à moindre mal, mais que ce
soient les autres qui paient nos factures…comme par le passé. Vive le
capitalisme !
Or, les choses, malheureusement, ont vraiment changé. Le temps de
tricheries, de paradis fiscaux pour escrocs de notoriété publique, de boucs émissaires,
de chiens à noyer qu´on accusait de rage, de fausses aides qui ne servaient qu´à
corrompre et à appauvrir ou ces temps où on bombardait les femmes et les
enfants à loisir pour mettre la main sur le pétrole ou autres matières premières….ces
temps-là sont, hélas, révolus. Bien révolus. Ce qui manquait aux occidentaux
aujourd´hui, c´était des acheteurs pour leurs exportations. Les américains qui
avaient vécu effrontément au dessus de leurs moyens en prétendant que cela était
du « Rêve Américain » s´étaient réveillés en catastrophe : perclus de dettes. Et jouer au casino de la
fausse monnaie ne nous avait tous qu´enfoncé dans une crise financière sans précédent.
S´endetter, vivre au-dessus de ses moyens, mépriser et appauvrir ses futurs
clients….cela devait finir ou on se mettait soi-même la corde au cou. Et par-là
même conduisait-on son système économique et politique à l´impasse du collapse.
Voilà ce que les socialistes devraient dire aux électeurs : la vérité.
Au lieu de taper sur les conservateurs ou les accuser, comme leurs banquiers
canailles, d´être de la même écurie. Provoquer un large débat de société plutôt
qu´incriminer les gens ou les diviser. Après tout, n´importe quel socialiste
occidental est lui aussi un produit de tous ces méfaits ou il en a été nourri !
Si ce grand débat n´a pas lieu, on verra encore comme actuellement en Allemagne
où le Parti Socialiste avec 20,8% des suffrages perd 0,8 % par rapport aux élections
européennes passées, mais semble plus mal en point que les conservateurs ayant
perdu 6,2% mais totalisant 38% des voix. Et on peut se demander : cette
crise, à qui devrait-elle profiter sinon au socialistes ? Les efforts des
socialistes pour défendre Opel, le prix du lait valant moins que celui de l´eau
minérale, pour défendre l´emploi ; tout cela ne serait pas honoré par les électeurs ?
Que faut-il faire, alors ?
Exact : faire moins de tapage et laisser faire les banqueroutes qui
jonchent le trottoir en criant à l´aide publique et aux subventions du
portefeuille des contribuables. Ils sont des milliers…et demain leur nombre va
augmenter. Mais lorsque les gens auront enfin compris ce qui se passe réellement,
ils cesseront de réfléchir en terme de catégorie Gauche-Droite ou à user de
leurs réflexes conservateurs ou raciste
dépassés. Ils vont enfin se mettre à penser et à réfléchir. Et les solutions
nouvelles ou des politiques adéquates seront possibles. Obama a les mêmes
ennuis aux Etats-Unis : il a bien gagné les élections, mais les américains
veulent rester ce qu´ils ont toujours été : dépensiers, arrogants,
superlatifs gratuitement sur le dos du monde entier et surtout sur celui des
pays pauvres auxquels ils privaient des flux financiers d´investissements pour
jouer au casino du financement trompeur et de l´argent facile tournant sur
place.
Changer la mentalité d´un pays qui a vécu longtemps ses erreurs et ses excès
comme des fondements de sa victoire économique et de son bien-être est bien
difficile. S´endetter indéfiniment n´est pas une solution au problème ; ce
la n´appauvrit que les pensionnaires, l´Etat et les générations suivantes. Il faut bien que
le peuple voie les choses autrement et change. Autrement, et malgré la victoire
et la justesse de la politique d´Obama, il échouera bien. Car l´Amérique, ce n´est
pas seulement son président, ses managers et politiciens illuminés ou pas… c´est
aussi et surtout le petit peuple des universités aux travailleurs qualifiés en
passant par la petite vendeuse ou le marchand de journaux. Eux aussi doivent
comprendre que les choses ont bien changé. Mieux vaut prévenir que guérir,
dit-on. Avec l´avènement de la société de consommation, on a sciemment empêché
les gens de réfléchir ou de voir les choses plus loin que leur nez. Aujourd´hui
cependant il faut leur donner les moyens de redevenir responsable de leur
propre avenir. De participer à la gestation d´une politique RÉELLEMENT fiable à
tout point de vue. Et bien plus honnête et respectueuse des acquis et des
valeurs sociales les plus chères à la société.
Musengeshi Katata
« Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu »
Forum Réalisance
08 juin 2009
Constitution, développement et organisation sociopolitique en Afrique
Commentaire sur l´article de Stephane Bolle :
° La République Démocratique du Congo est-elle
un Etat régional? - LA CONSTITUTION EN AFRIQUE
D´abord
remplir les exigeantes conditions du développement…
J´admet que les efforts évidents faits en RDCongo par de nombreux
gouvernements et de nombreux courants politiques vont dans le sens de doter ce
pays d´une forme de personnalité constitutionnelle du pouvoir qui le fasse
enfin fonctionner...trop de guerres et de tribalisme ou de régionalisme couvent
sous l´ignorance et la pauvreté. Ceci n´est pas réprimandable, loin de là. Mais
derrière ces efforts il y a bien quelque chose de plus fondamental que beaucoup
de juristes ou formalistes du pouvoir ont difficile à assurer, ou plutôt
dirai-je, hélas, que la vérité est ailleurs; qu´elle est moins dans la forme de
l´État, le nombre de fonctionnaires, ou la qualité de la constitution d´un
pays, mais bien dans la mise sur pied de conditions (intellectuelles,
techniques, professionnelles) et de l´organisation rationnelle effective d´une
idéologie économique de production de bien-être et de moyens et instruments de
réalisation !
Certes tous les grands esprits universitaires ont saisi l´importance de
l´organisation politique et structurelle qui manque cruellement à la RDCongo,
comme dans toute l´Afrique, par ailleurs; mais on commet la même erreur que
dans le passé: ce n´est pas la politique ou quelques fonctionnaires bien payés
ou bien instruits qui font le progrès d´un pays ou son avenir, mais bien
l´économie efficace et la production ! Et ceux-ci sont des processus de mise en
valeur autant de facteurs que de l´utilisation adéquate et raisonnée de ces
derniers à la réalisation du progrès et du bien-être d´un pays. Et je note
particulièrement ici que les agents économiques les plus influents d´une
société ne sont pas étatiques mais bien privés !
Avec ce débat constitutionnel qui est certes louable, on ne doit cependant pas
oublier de promouvoir et mettre sur pied les véritables conditions sine qua non
du développement: former le plus d´ingénieurs de haut niveau que possible,
ainsi que des ouvriers qualifiés capables de rendements exigeants et précis
comme le veut une production sévère et ambitieuse. Et bien sûr, sans une
éducation créative, une formation professionnelle continuellement progressive,
des moyens d´accumulation et d´investissement soutenant un projet de société
travailleur et déterminé, même la plus belle constitution du monde ne sert à
rien d autres qu´à s´égarer dans un labyrinthe de discussions vides, parce
qu´ils leur manque les moyens de leur politique.
Et je doute que le sens d´une Nation quelconque ne se réduise qu´à installer ou
se doter d´année en année ou de décennies en décennies de gras fonctionnaires
de tout acabit ou de juristes versés dans la discussion de la forme politique
la meilleure pour un Etat. Avec cela on ne fait qu´agrandir le nombre de
parasites et d´écornifleurs vivant sur le compte d´un peuple présentement
pauvre ! Il faudrait d´abord organiser et mettre sur pied la production avant
d´alourdir la nation d´un nombre toujours croissant de hauts discuteurs qui ne
produisent rien du tout et ne mettent même pas le principal en route ! Or,
avant de discuter si joyeusement, les gens doivent d´abord subvenir à leurs
besoins, s´instruire, travailler pour nourrir un idéal positif au sens de la
réalisation individuelle et collective. Et si ce train du progrès est mis en
marche, on verra bien alors que ce sont les moyens de production, de ceux qui
les détiennent et de ceux qui les entretiennent qui déterminent le moment, le
lieu et le contenu de la politique.
Même Kenneth Galbraith le disait. A ce
propos, les africains semblent à mon avis avoir le défaut de mettre la charrue
devant les boeufs, ou du moins de mésestimer les incroyables efforts qu´il faut
pour arriver à produire dans un monde où bien d´autres ont placé, avec leur
industrialisation, le niveau de jugement bien haut. Un complexe hérité du refus
de recolonisation, sans doute. Comme on sous estime à mon avis les efforts
mentaux et intellectuels qu´il faut mettre sur pied pour sortir de la société
traditionnelle et entrer dans la société industrialisée. Ces efforts sont
immenses et incroyablement exigeants. Alors peut-être essaie-t-on seulement de
tromper les apparences en s´attelant inutilement au subsidiaire qui ne mène
nulle part. L´important, c´est l´économie et le progrès parce que ceux-ci
mènent nécessairement à de nouvelles formes d´organisations sociales et
politique. Le développement, il a ses avantages, n´en doutons pas. Après avoir
créé les conditions du progrès fonctionnant et tranquillisant, on peut alors
discuter à loisir...et beaucoup plus sincèrement et détendu.
Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
Forum Réalisance