Commentaire sur le Figaro sur l´article :  http://www.lefigaro.fr/international/2009/08/25/01003-20090825ARTFIG00001-le-parti-republicain-se-saisit-des-peurs-de-l-amerique-blanche-.php  

 

Yes we can, la fin des grosses illusions ?

 

Ce revirement dans la popularité d´Obama ne m´étonne pas: le peuple américain, contrairement à ce qu´on pense, n´est pas aussi innovateur qu´on le pense. Tout ce qu´il voulait, en fait, c´est se donner une nouvelle laque tout en continuant à être ce qu´il était. En se débarrassant rapidement et plutôt tapageusement du legs de George Bush, ce peuple croyait, dans sa simplicité politique, avoir remis les choses en place en écartant de lui la honte de son choix politique passé. Hélas, les choses ne sont pas aussi simples: derrière la crise économique et financière qui étreint cruellement l´Amérique aujourd´hui, il y a de profonds dangers d´une perte considérable de bien-être et de niveau de vie. Or, pour redonner une meilleure stabilité à l´économie américaine, Obama ne peut pas se contenter de faire de la cosmétique ou de continuer à tromper son monde en employant le dollar et les crédits bons marchés pour permettre aux américains de continuer à vivre aux dépends des générations futures ou des épargnes du monde entier. Avec cette crise, ce rêve est fini et bien fini. Si l´Amérique ne fait pas les réformes nécessaires, ce pays risque bien de se retrouver tout seul et...endetté à n´en peut plus.

Les peuples sont ce qu´ils sont: en général et si on suit bien les débats sur l´assurance médicale unifiée aux Etats-Unis, c´est à peine si on se retient de se taper la tête sur le ridicule illogique de la situation car cette assurance est inévitable pour le meilleur avenir d´un pays grisonnant dans un tout proche avenir (2030-2050). Et dont les maladies dégénératives vont augmenter irrémédiablement. Par ailleurs, vu les conséquences économiques et financières négatives, autant pour l´Etat que pour les individus, causées par l´appauvrissement des gens face au paiement des coûts de santé continuellement en hausse suite à un lobbysme pharmaceutique et médical conjurés, il y a lieu de changer les choses en répartissant les coûts sur une base plus large. Dans un intérêt purement mathématique visant à baisser les coûts et mieux organiser le domaine de la santé américaine. Ceci rehaussera aussi le niveau moyen de vie.

Au delà de ce problème de la réforme de la santé qui n´est qu´un iceberg de la mentalité américaine actuelle, il faut bien se demander: faut-il continuer comme par le passé à faire des dettes et à fermer les yeux sur une économie devenue plus dépensière que productrice ? Et si c´est le cas, comment comptait-on payer ses dettes envers la Chine et envers une facture d´énergie avalisant 600 milliards de dollar par an ? Comment créer de nouveaux jobs que la crise a détruits et relancer l´économie américaine le plus rapidement que possible ? A ces poignantes questions d´actualité, il faut, n´en déplaise aux conservateurs, des réformes. Croire qu´il suffisait, comme par le passé de bombarder les gens ou de produire à l´aveuglette à des prix exorbitants rendant les produits invendables...cela ne menait qu´au désastre, comme on le voit aujourd´hui. Aussi, et malgré les protestations ridicules d´une partie conservatrice du peuple américain, Obama doit imposer ses convictions pour permettre à ce grand pays de sortir de son impasse momentanée le plus rapidement que possible. Sinon les effets négatifs de la crise risqueraient de porter un préjudice irréparable à l´économie américaine. Et au revenu moyen de toute sa société. Présentement, c´est l´homme de caractère et de conviction dont a besoin l´Amérique, pas un faiseur de beau vent qui mènerait pas ce pays vers un meilleur avenir. Parfois il faut savoir gouverner contre vent et marée, surtout si on sait que c´est la seule manière d´atteindre un bon port.

Musengeshi Katata

"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"

 

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