Vivrons-nous actuellement de la part de l´occident, dans l´embarras grandissant de la crise économique, l´art de désigner rapidement des boucs émissaires pour se donner une crédibilité qu´on perdait lentement face à une opinion publique qui devenait réticente à la guerre afghane et exaspérée face à une crise économique qui devenait douloureuse malgré les nombreux faux cris de reprise ? Quel est le véritable jugement que nous devons accorder au dernier bombardement malheureux requis par des commandeurs allemands en Afghanistan suite au vol de deux camions citernes d´essence par des talibans ?

 

L´heure des grands subterfuges... pour cacher les déboires évidents face à la violente crise économique que nous subissons ?

 

Certes, cette histoire est des plus pénible ; mais dans la logique et le contexte d´une guerre, elle n´est pas du tout particulière. On parle de 150 morts environ et plusieurs blessés parmi lesquels des civils…En Allemagne, hélas on cache encore les chiffres, on ne sait pourquoi. Beaucoup de questions se posent à propos de ce pénible incident dont la plus importante est : on se demande ce que des civils faisaient autour de ces camions citernes enlisés dans le sable ? Selon toute vraisemblance, les camions s´étant enlisés, les talibans furent contraints à convier les civils à participer à libérer les camions ou procéder à la distribution de ce dangereux butin. Cette histoire rappelle à s´y méprendre celle du Kenya où un camion citerne d´essence accidenté avait été aussitôt envahi de paysans voulant s´approprier gratuitement l´essence…une cigarette perdue avait déclenché l´horrible explosion. Plus de 150 morts et 250 blessés.

Ce qui surprenait, dans cette histoire d´Afghanistan, c´est que les alliés de l´OTAN,  français et hollandais particulièrement, s´empressèrent de condamner ouvertement et sans la moindre retenue diplomatique cet incident en mettant le commandement allemand au banc des accusés. Trop ostentatoirement, à mon avis. Voler deux citernes d´essence n´est pas une bagatelle, surtout quand on sait qu´on peut employer ce deux camions comme bombe contre les camps ou regroupements militaires. Agir rapidement n´était pas irresponsable, loin de là. Quant à savoir si des civilistes seraient de la partie lors du bombardement, les pilotes, dans le ciel, ne pouvaient pas le savoir. Regrettable histoire, mais la guerre c´est la guerre. Ce qui rendait cette histoire autant comique que ridicule, c´est que le gouvernement allemand voulait faire passer la campagne afghane à domicile comme étant une promenade de boys scouts allemands armés apportant la civilisation aux pauvres afghans et chassant les mauvais talibans. Il ne s´agissait pas de guerre, voulait-on faire croire aux allemands, mais de mission humanitaire ! Cette fausseté politique, n´est-ce pas…On bombardait, on roulait en char en terre étrangère et tout cela ne serait que promenade armée de civilisation ? Qui était l´idiot, qui y croyait encore ?

Avec ce bombardement et la mort de civils, les choses changeaient, naturellement. En Allemagne d´autan plus que les prochaines élections pointaient déjà à l´horizon dans trois semaines. Pire que ça était la crise économique dont on savait qu´elle allait ouvrir cet hiver sa valse affligeante pour l´emploi. DSK du fond monétaire international parlait déjà d´une « croissance sans emploi ». Existe-t-il de croissance sans emploi ? Drôle d´hérésie. On aura tout vu de nos jours. Imaginons un enfant qui croît seulement de l´estomac, pas des jambes, ni des mains ou encore de la tête. Bientôt sa vue serait aveuglée par son estomac envahissant, ses mains ne sauraient plus le nourrir, ses pieds ne sauraient plus le porter…il ne serait plus qu´une informe anomalie engloutie dans un énorme estomac souffrant d´un appétit monstrueux et déséquilibré : un monstre disproportionné plutôt qu´un organisme d´équilibre économique complexe articulé autour d´autres équilibres fonctionnels.

Toute cette histoire d´incident civil en Afghanistan, pour mieux en comprendre la signification, il faut remonter au malaise économique actuel, sinon, rien n´explique qu´on se fasse des soucis pour des gens qu´on bombardait à loisir sans au préalable être sûr de se trouver devant les vrais criminels auteurs de l´attentat du 9/11. On oublie souvent que les soldats talibans sont chez eux et qu´on devait encore prouver qu´ils étaient de ceux qui avaient scandaleusement attaqué les américains du World Trade Center en 2001. Je n´ai aucune sympathie pour les talibans, absolument aucune parce que je les considère comme des arriérés dangereux du Coran et du monde civilisé. Mais je considère comme fatal envahir un pays, le bombarder de bout en bout, y tuer à l´aveuglette ses femmes, ses enfants, ses hommes en prétendant vouloir mettre la main sur une poignée de malfaiteurs invisibles.

A mon sens on commettait la même erreur qu´en Irak : on poursuivait un faux lapin. En Irak on mentit et assassina à loisir pour le pétrole et le contrôle de la région pour sécuriser autant l´Ouest qu´Israël dans l´approvisionnement en pétrole ; en Afghanistan on voulait rageusement venger un honneur américain blessé dans l´attentat du 9/11. Or, le plus grand danger qui guette l´occident actuellement, ce n´est pas l´Islam même si celui-ci fait beaucoup de bruit et se disqualifie lui-même dans des attentats criminels, mais bien la crise économique et avec elle l´occident dans son incapacité à se débarrasser de son illogisme économique, de ses excès, de ses abus, de ses criantes contradictions héritées d´un passé hégémoniste et néolibéraliste. Et à ce propos, on voit bien actuellement avec quel mal l´occident peine à se séparer de ses vieux défauts, alors on tournait en rond parce qu´on ne savait pas par où commencer. On s´attaquait au subsidiaire des bonis bancaires alors que ceux-ci n´étaient que les symptômes d´une plus grande maladie de la cupidité et d´une hérésie du jeu du pari boursiers assaisonné de fausses et fictives titrisations. Ceux-ci permettaient à des énormes moyens financiers acquis entre autre malicieusement avec la généreuse planche à billet du gouvernement américain, de transformer l´économie occidentale jadis si innovatrice en un vaste casino d´idiots et d´incapables obnubilés par un profit vide et parasitaire.

La seule victoire structurelle face à la crise actuellement est l´assèchement des paradis fiscaux continentaux et outre mer. Et même si la Suisse grince les dents et reçoit de la part d´un Kadhafi devenant lentement gâteux l´affront public d´une proposition ridicule de dissolution à l´ONU, cette Suisse, le Luxembourg, la Principauté de Monaco, les Iles Caïmans…etc se sont bien rendus coupables d´escroquerie à l´imposition légale des pays lésés par leurs clients fuyant leurs devoirs civils ou la poursuite pénale de quelques fonds illégaux. La Suisse particulièrement car avec ce coupable stratagème financier, elle gère le tiers de la fortune mondiale en abritant des voyous et de criminels financiers de tout acabit ! Il reste malgré tout beaucoup à faire pour réparer les dommages actuels et futurs de la crise. Or, on voit déjà revenir les diables du passé pendant que l´occident se perd dans des guerres autant coûteuses que ridicules. Le contentieux palestino israélien n´avance pas, par contre, Israël sentant venir la fin de ses occupations accentue la constructions sur les territoires occupés de colonies d´occupation pour mettre à tout jamais le monde et les palestiniens devant le fait accompli ! Aux Etats-Unis l´aggravation du chômage prenait chaque mois des proportions alarmantes, au mois d´Août 270.000 américains auraient perdu leurs emplois. Quand viendra le changement ?

On a beau prétendre que les effets de la crise économique étaient moins pire qu´on ne l´attendait et que tout allait pour le mieux…les choses ne s´amélioraient pas pour autant, loin de là. N´eut été les effets des programmes gouvernementaux de promotion de travaux et investissements publics financés par les contribuables dans tous les pays industrialisés, les choses aujourd´hui iraient bien plus mal. Mais tout le monde sait qu´on ne peut pas assainir une économique quelconque à coups rageurs d´endettements publiques. A la longue, on en paierait les frais en lourds impôts de récupération. Et ceux-ci pourraient bien égorger la reprise avec des intérêts négatifs exorbitants. Rien à dire, on faussait bien les marchés actuellement à un niveau irresponsable à tel point que les acteurs privés ne semblaient plus vouloir se passer de l´aide étatique. Dangereux, cela. On assistait à une curieuse hérésie dans cette crise : celle du capitaliste ruinant son capital ou le perdant au jeu pour aller quérir à grosses larmes le support social de l´aide publique pour continuer à rester riche et puissant. Si cela est l´évolution que nous réserve le monde capitaliste occidental, autant dire que le monde occidental aura une désagréable surprise à son réveil: celui d´un système endetté, rouillé et alourdi par un malsain subventionnisme. L´occident   aurait détruit elle-même son dynamisme économique et se perdrait dans des guerres commerciales intérieure à couteaux tirés. Est-ce bien tout ce que l´Amérique d´Obama et l´occident nous réservent à l´avenir ?

Musengeshi Katata

« Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu »

 

Forum Réalisance

A lire à titre d´excellente documentation, l´article de Mike Whitney du 30 août 2009 :

http://questionscritiques.free.fr/edito/CP/Mike_Whitney/Bernanke_Etats-Unis_economie_recession_290809.htm