10 septembre 2009
A propos du détournement démocratique en Afrique
Commentaire sur Tatun info :
http://tatun.unblog.fr/2009/08/23/afrique-le-detournement-democratique/#comment-4471
Le fond rationnel et logique du problème
Beau propos, seulement, quand on veut aller au fond d´un problème, il faut
y aller vraiment. Ici la part économique de la culture ou de la démocratie doit
être prise en compte. Personne ne vit dans un monde ou avec des moyens qu´il
n´a, au préalable, pas produit. Logique. Or, avec le transplant actuellement en
Afrique, on a ce curieux phénomène. L´occident, avec sa surproduction
économique et commerciale y vend ses excédents sans regard de l´appauvrissement
que cette attitude provoquait dès lors que les africains ne savaient pas
exporter en occident des articles de même densité de travail.
On a donc en Afrique des cultures, des gens qui roulaient en voiture,
volaient en avion, sans les avoir produit et même sans avoir cultivé l´esprit
technique et culturel qui aurait accompagné ce produit si celui-ci avait été
produit sur place. Je parle ici de formation de techniciens d´entretien,
d´écoles et de formation et compréhension technique appropriée, de techniques
parallèles accompagnant un système technique tel par exemple les pompiers ou
les ateliers de réparation…etc, etc. On employait donc en Afrique des produits
sans “âme”, sans relèvement de la raison, du bon sens, du besoin au sens
résolu, tout cela en s´appauvrissant outrageusement par la dépense irraisonnée
de ses accumulations (irraisonnées parce qu´on doit revenir un jour et acheter
de nouveau si on ne produit pas par soi-même ce produit). Or, le développement,
qu´il soit institutionnel ou industriel de production, se fait dans le besoin,
dans la raison et la projection d´une solution dans la réalité résolvant ses
problèmes et non les fuyant avec l´importation, comme on le voit actuellement
en Afrique. Aussi dirai-je aux gens de cesser de vouloir être ce qu´ils ne sont
pas, d´employer des moyens techniques dont ils n´avaient pas élevé l´esprit
rationnel et technique que ces produits et ces techniques exigent pour sortir
tous les effets escomptés en les fabriquant.
Ce phénomène se voit autant dans l´économie, que dans les institutions. Cela
créait la superficialité et la pauvreté mentale et économique en Afrique. Et
ceci doit, dans l´intérêt des africains autant que celui de leur meilleur
développement, cesser. Sinon les gens continueront à tourner en rond sans
prendre la peine à apprendre à résoudre leurs problèmes urgents quitte à
consommer le prêt à penser, le prêt à consommer, le prêt à utiliser du
placardage institutionnel occidental. Si cela peut permettre aux occidentaux de
vendre à tout azimut des armes, des bibelots et des biens de consommation en
Afrique pour donner des débouchés à leurs surproductions, pour l´Afrique,
cependant cette situation produit inévitablement la pauvreté, l´indigence,
l´étouffement et l´écrasement culturel tout simplement. Pire encore est
l´attitude intellectuelle aujourd´hui qui passe sciemment à côté de cette
évidence cruelle et logique tout en prétendant vouloir faire le développement. Or,
celui-ci voulait que l´esprit, la culture et la production matérielle ou
immatérielle aient été produits par la même mère pour engendrer un enfant sain,
fort, fier de son identité et capable, lorsque les problèmes se posent, d´y
apporter des solutions propres et efficaces.
Musengeshi Katata
“Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu”
Forum Réalisance
Sur le contenu de la définition culturelle en Afrique
Commentaire sur Africultures sur l´article de Jean-Marc (dit Jeannot) Matwaki Mofelele :
Radio Okapi, la
fréquence de la paix en RDC
Le grand
problème des cultures africaines Publié par Musengeshi Katata le
10|09|2009
D´abord une culture ou un instrument d´expression culturelle comme l´est la
radio, le livre, la musique, le dialogue, l´art...etc ont tous pour but
d´exprimer le tourment existentiel des membres d´une culture en mettant en
exergue leurs problèmes, leurs soucis, leurs attentes et même leurs ambitions.
Dans le cas de l´Afrique nous avons plusieurs cultures qui ont ceci de commun:
leurs moyens de développement, par rapport aux autres cultures, sont en retard.
Ce qui ne veut absolument pas dire que l´intelligence ou la qualité expressive
absolue de ses membres sont aussi retardés, loin de là. Et cependant, devant le
souci et le devoir de donner à l´acteur culturel africain des moyens
économiques, techniques et scientifiques lui permettant d´élever et de parfaire
son rendement et la qualité de ses créativités, nous devons trouver rapidement
les moyens de pallier à cette carence. Ceci est le but réel et tangible du
développement économique et social. Or les centres rationnels de l´expression
culturelle africaine ne prennent pas compte de ce problème qui est tout de même
fondamental et urgent ! Et cela d´autant mieux qu´il influe sur tous les
secteurs de la vie journalière: depuis la qualité de l´eau de boisson en
passant par la médecine, l´instruction, la production industrielle et
imaginaire, le respect des droits et libertés. Aussi recommanderai-je à nos
amis des radios et autres moyens d´expression culturelles de lever la voix et
prendre ce problème à coeur en allant au fond des choses afin que ceux qui ne
savent pas de quoi il s´agit apprennent que le vrai moteur d´une culture, c´est
quand celle-ci sait débattre de ses problèmes et chercher des solutions
communes et satisfaisantes pour la plus grande partie des membres d´une
société. Nous avons à mon sens des problèmes de rationalité, de retard
scientifique, de pauvreté économique et de traditions désuètes…etc comment
pouvons-nous au mieux résoudre ces problèmes et donner à nos cultures et à nos
enfants de meilleurs moyens d´épanouissement ? Répondre à ces questions le plus
sincèrement et le plus efficacement que possible, c´est faire de la culture au
plus haut niveau, à mon sens. La culture, ce n´est pas simplement danser, faire
de la musique ou de l´art. C´est bien plus que cela: c´est célébrer l´existence
en lui donnant les meilleurs moyens de jouissance, de créativité et d´expression.
Musengeshi
Katata
"Muntu wa Bnatu, Bantu wa Muntu"
Forum Réalisance