Commentaire sur le pangolin sur l´article : Le panafricanisme: Quelle contribution à la construction des Etats-Unis d'Afrique ?

http://lepangolin.afrikblog.com/archives/2009/09/23/15171334.html#comments

 

Surtout ne pas oublier de s´émanciper rationnellement et de produire le développement !

 

Je n´ai rien contre le panafricanisme ou tout autre mouvement de rassemblement ou d´union africain; ce que je déplore, c´est que j´ai l´impression que ces mouvements ou objectifs politiques soient utilisés par quelques leaders africains en manque d´imagination et incapables d´ordonner et organiser leurs sociétés vers le progrès technique et scientifique. Lequel, comme on le sait est seul capable de résoudre les problèmes de la pauvreté en Afrique et mettre notre continent à la hauteur des exigences sociales et économiques contemporaines. Il ne faut pas l´oublier: si nous avions dans le passé été victimes des hordes islamiques et chrétiennes qui firent à satiété l´esclavage de nos arrières parents, nous assujettirent et nous colonisèrent, c´est bien parce que nous étions faibles et incapables de défendre nos droits et libertés !

Je n´irai pas par quatre chemin: il ne faut surtout pas croire que l´Union du panafricanisme ou autre doctrine d´union, comme un coup de bâton magique, allaient résoudre les contradictions africaines, analyser le passé et en tirer des leçons utiles et décisives et guérir l´Afrique autant de ses humiliations passées ancrées dans ses mentalités et son subconscient sociohistorique que rationaliser et objectiver l´intelligence africaine vers la technique, la science et le progrès. Pour cela, il faut un travail d´instruction, d´éducation, de motivation mentale et sociale issu d´une idéologie sociale d´efficience et de pleine prise de responsabilité pour soi-même, son histoire, sa réalisation individuelle et sociale, et pour les siens. C´est autre chose que chanter du matin au soir de l´unité sans construire des écoles, des centres professionnels, des universités et des laboratoires de recherches ayant un niveau élevé et ambitieux, mettre sur pied une économie solide, innovatrice et productrice d´emplois et de bien-être: les vrais instruments premiers d´un meilleur avenir. Parce que celui-ci est conscient, résolu, ambitieux pour ses valeurs et soi-même.

Je le dis souvent: un troupeau de mouton est aussi uni...et l´union de pays pauvres n´augmente que mieux les problèmes de la pauvreté dont ces pays souffrent. A la fin, on se demande, pour tous ceux qui, passant sciemment à côté de la vérité, se réfugient dans des rêves d´unité sans frontière, quelle est l´intelligence pratique et analytique de ces gens ? Ou s´agit-il tout simplement de maintenir un mythe qui, sans électricité, sans eau pure, sans santé médicale appropriée et au besoin sans emploi et revenu, était plus important que la réalisation individuelle et même sociale collective ?

Suite à l´absence dans le lointain passé de culture d´instruction publique objective et suivie, et même sans la propagation de l´écriture et de la production de livres, l´imaginaire de l´enfant noir est largement étriqué du point de vue technique, connaissance rationnelle, spéculation critique, et même esthétique de la créativité. Le sachant, il faut mettre tout en oeuvre pour réanimer cet imaginaire contrit et lui donner les moyens de s´épanouir en toute liberté pour qu´il puisse mieux répondre aux exigences contemporaines de l´existence. Or, que voit-on ? Les élites africaines se perdent dans des prétextes d´unité, de panafricanisme et méprisent ou sous estiment l´impératif premier du développement qui est d´instruire et promouvoir la créativité et l´imaginaire créatif africain.

Des valeurs africaines ? Comment défend-t-on les valeurs sociales autrement qu´avec le bien-être et la réalisation sociale ? Il est une illusion de croire qu´avec une faiblesse militaire, productive et économique chroniques, on peut défendre des valeurs mises à mal par la pauvreté et la dépendance à l´aide internationale ! Ceci me fait dire que les africains vivaient sur la tête et manquaient effrontément de réalisme. Autrement on ne peut pas expliquer ce persistant défaut à fermer les yeux sur la logique la plus évidente: les valeurs culturelles, quelques soient-elles, ne sont valables et ne se perpétuent dans le respect et la mémoire sociale que dans la mesure où elles nourrissent leur homme et lui permettent de répondre efficacement aux besoins et aux exigences que lui imposent l´ambition d´une meilleure existence. Si ce n´est pas le cas, ces valeurs ne valent rien du tout, en somme. Aussi, demanderai-je à tous ceux qui aiment l´union ou le pan africanisme de lutter d´abord pour l´emploi, les investissements industriels, l´instruction et la critique intellectuelle en Afrique, parce qu´il n´y a pas plus déprimant et trompeur qu´une union de pauvres et d´incapables à défendre et promouvoir par eux-mêmes leur liberté et leur indépendance.

Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"

Forum Réalisance