Ah, l´ONU, tendre et bien aimée ONU… à en avoir les larmes aux yeux tant le spectacle de son marché de discours et d´extravagances verbales transformait le plus grand plénum politique du monde en un grand bazar précieux, plein d´humour sec et désespéré, oui même comble de faux marchands de vieux tapis politiques dépréciés prisés à grands gestes comme des engins volants alors qu´ils étaient plus glissants que des peaux de bananes sur le trottoir de la vie humaine. Il vinrent tous á cette rencontre mémorable…les méchants, les menteurs, les marchands de faux rêves, les illusionnistes…les passionnés sans talent, les idéalistes rêveurs ou irréalistes, les pragmatiques sans cœur et sans humour : tout le tourment de notre monde actuel haut en couleurs.

 

Entrez, entrez, bienvenue au plus grand marché aux puces !

 

Cette 64ième cession de l´assemblée générale de l´ONU n´était décidément pas comme les autres, pourquoi ? Mais parce que Obama, le premier président noir de l´histoire américaine s´y était annoncé en tant qu´orateur. Autre particularité : Mouammar Kadhafi, président de Libye depuis 40 ans (!) s´était aussi déplacé avec sa tente de bédouin qu il leva chez Trump. Mais avant cela, Kadhafi, pour venger les déboires judiciaires que son fils avait eu en Suisse, avait proposé à l´ordre du jour de dissoudre le pays helvétique et de répartir son territoire parmi ses pays limitrophes. Cette demande avait soulevé de la part du monde entier l´hilarité générale. De l´humour noir, sans doute, bien libyen ? Attendu fut aussi Mahmoud Ahmadinejad, l´enfant terrible iranien dont on craignait la vindicte oratoire envers Israël et l´occident pour son hégémonisme économique et politique appauvrissant le tiers monde.

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On aurait pu dire : tous les fous sont rassemblés ? Que le grand manège commence ! Ils parlèrent, et s´exercèrent devant le monde entier et leurs pairs et ô surprise : Obama ne put dissoudre les nuages troubles de la crise économique ainsi que le passé distancé de son pays envers l´ONU et les efforts des autres pays du monde envers l´écologie. Il fit un appel plutôt timide au monde à plus d´engagement et de participation à résoudre les conflits actuels, appel plutôt dicté par la crise économique qui frappait son pays de plein fouet, par des guerres qui ne semblaient plus tourner rond, et le chômage grandissant qui étreignait l´Amérique, que par le fameux idéalisme qui signait tous ses discours.

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Les temps étaient devenus aigres, aux Etats-Unis pour Obama : non seulement il se fit traiter de menteur  publiquement lors d´un discours au Parlement par un député des républicains, par ailleurs, son plan de réforme de la santé avait soulevé, sous l´amer chômage de la crise, l´augmentation de l´endettement de l´Etat et les banqueroutes successives de 90 banques américaines, une résistance autant idiote que bassement motivée des adversaires de ce projet. Il était cependant question de donner la couverture médicale à 47 millions d´américains qui en étaient exclus ! Dans le conflit isrélo palestinien dans lequel Obama voulait faire avancer les choses, les israéliens, avec leurs colonies nouvellement construites, semblaient jouer la carte du fait accompli. L´échec, ici aussi pour Obama, semblait programmé.  On retiendra cependant d´Obama sa franchise réaliste dans cette phrase qui, malgré tout, sonne comme un aveu d´impuissance : « L´Amérique ne peut pas à elle seule résoudre les problèmes du monde entier ». L´étoile politique d´Obama était-elle entrain de flétrir sans que celui-ci ne s´en rende compte ? En tout cas toutes ces entreprises semblaient jusqu´à maintenant vouée à l´échec…préconiser le changement et ne pas être capable de l´instaurer ; à quoi cela menait-il ?

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Kadhafi se perdit dans son discours pendant 96 minutes et parvint malgré tout á traiter le conseil de sécurité de « conseil terroriste », parce que celui-ci n´avait pu, en 65 ans d´existence de la Charte des nations Unies, imposer son préambule et le principe de son statut. Eclair de lumière dans ce long discours ténébreux ? L´homme n´avait pas tort : en 65 ans d´existence le conseil de sécurité et ses Veto intéressés avait vu un nombre impressionnant de guerres crapules et rapaces autant de la part de belligérants entremêlés que de la part des nations riches et mieux armées envers des pays moins riches et moins armés qu´eux sans pouvoir l´empêcher. Il cita le Vietnam, l´invasion de Grenade et l´invasion irakienne, la guerre d´Afghanistan, les guerres par procuration en Afrique, en Asie…Et en fait, malgré le désordre de son discours, il n´avait pas du tout tort. A quoi servait une institution qui n´arrivait pas à imposer sa propre raison d´être ? Symboliquement et non moins théâtralement, Kadhafi déchira le statut de l´ONU pour montrer qu´il était pas valable parce que les membres du conseil de sécurité qui étaient son organe exécutif ne l´avaient eux-mêmes pas respecté.

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Ah oui, puis vint Sarkozy, le président français : beaucoup de passion et de promesse, peu d´élégance dialectique ; apparemment le napoléon français voulait se faire plus grand et plus important qu´il n´était. Hélas, s´il pouvait traîner Dominique de Villepin en justice dans l´affaire Clearstream, il n´avait en aucun cas les qualités oratoire de ce dernier. Puis ce fut le tour d´Ahmadinejad, le fieffé perse qui fit contrairement à ses habitudes, un discours retenu sauf à l´égard de l´hégémonie capitaliste occidentale et à l´endroit d´Israël qui soumettait les palestiniens à un traitement inhumain en leur volant leur territoires et les enfermant dans un parc fermé et contrôlé comme des animaux sans droit et sans libertés humaines. On ne comprit pas pourquoi les délégations occidentales quittèrent la salle, après tout, comment pouvait-on qualifier les conditions qu´Israël faisait subir aux palestiniens ? Etaient-elles normales et humaines ? Comment diable peut -on se prétendre démocrate respectieux des liberté si on méconnaissait aux autres ces mêmes liberté ? La liberté pour nous et pour les autres l´esclavage ? Liberté sélective ? Ou est-ce tout simplement un genre de ségréagation comme pendant l´Apartheid ?

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Chacun des délégations qui ont quitté la salle en guise de protestation souhaiterait-elle pour son peuple ces conditions ? Non, n´est-ce pas ! Alors, pourquoi devait-on acclamer et se mettre aux côtés d´Israël lorsque ce pays les faisait endurer aux palestiniens ? Ah oui, on connaît cela : ce sont tous ces pays qui avaient dans leur histoire quid massacré les indiens d´Amérique pour leur voler leurs terres et qui avaient abattu la haute culture des mayas, quid fait l´esclavage enragé en Afrique pendant 450 ans et plus tard la colonisation tout en parlant faussement de culture, de civilisation, de progrès…quid par le massacre des aborigènes d´Australie en s´appropriant leurs terres. Chez eux, la liberté des cultures étrangères qu´ils rencontrèrent au cours de leur histoire commençait avec le pillage, le massacre, la soumission esclavagiste, la perte des droits et libertés et, bien entendu la toute puissance abusive des droits de l´occupant qu´ils étaient…jusqu´au jour où, ayant réussi et conforté leur existence, ils seraient disposés à reconnaître quelques droits et libertés á leurs victime. Vive la liberté et la démocratie, attendaient-il que leurs victimes clament avec joie et sans rancune.  

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Tout le monde est-il passé ? Non, d´autres viennent encore… Vive le manège ! Ah oui, demain s´ouvre le sommet de Pittsburgh…Ah ces sommets aux relents persistants de la crise économique…on y sent un fort relent d´embarras, de crainte et d´impuissance que beaucoup essayaient de tromper avec de grands discours ostentatoires et résolus…toujours la même chose : quand l´enfant est tombé dans le puits, les larmes sont grosses. Et si on apprenait à ne pas faire ces fameuses erreurs  et ces abus qui conduisent aux catastrophes dont plusieurs innocents allaient en payer injustement le prix ? Ou serait-ce cette fois autrement les riches allaient enfin prendre la pleine responsabilité d´une crise qu´ils avaient causée et dont ils avaient largement profité avant de contraindre l´Etat à socialiser leurs pertes afin que celles-ci soient payées par le pauvre et innocent contribuable ?

Musengeshi Katata

"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"

 

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