Oui, l´occident arriverait-elle à maîtriser cette crise, à faire les réformes nécessaires et générer les changements de structures, de technologie, d´énergie et de démocratisation économique et financière qu´exigera une reprise valable et durable…à la fin de la crise ? Bien sûr cette réflexion est-elle, en ce moment, prématurée car la crise venait à peine ce commencer de sa carrière qui, espérons-le, ne sera pas longue. Mais pour n´avoir pas vu venir la crise, les économies industrielles, les plus touchées ne feraient-elles pas bien de commencer dès aujourd´hui à chercher les moyens de mieux gérer la crise d´une part, et de l´autre de se préparer activement à sortir de ses bras étouffants ? Ou peut-on attendre, assis sur les anciennes structures économiques, en commettant les mêmes erreurs qu´hier ou en protégeant des structures ou des modes de production désuètes, que tout irait bien d´une façon ou d´une autre ?

 

 

Enfermés sans retour à l´impasse du recul ?

 

Tous les gouvernements du monde industriel, ceux des pays émergents et même ceux du tiers monde pauvres et sous développés cherchent, bien entendu et dans la mesure de leurs moyens à maîtriser la crise et bien entendu à chercher les voies et moyens pour stabiliser leurs économies et remettre les choses on track. Mais le problème est aussi : comment, cette crise est non seulement un phénomène d´accumulations d´erreurs longtemps ignorés, il est aussi, avec l´arrivée de nouveaux pays au firmament industriel, un problème de rétrécissement de marché…malgré une production accrue, et bien sûr le manque de nouveaux consommateurs. Crise globale, Oui. Mais les conséquences de cette crise ainsi par ailleurs que les mesures de lutte contre ses effets néfastes…étaient, elles, individuelles et pas du tout globales. On avait bien créé rapidement le G 20 pour mieux se concerter et élargir le consensus de lutte et de timing de mesures pour lutter contre les dangers évidents de cette crise, mais toute économie avait sa particularité, ses impératifs, ses caractéristiques sociaux et industriels…ce qui rendait les choses bien plus compliquées que lors de la crise 1929-1933, par exemple.

Le monde avait évolué dans l´appréciation de ce genre de phénomène ainsi que dans les instruments avec lesquels il fallait le combattre ? J´en doute, cette crise n´était pas celle de jadis ; elle est plus violente et bien plus cruelle à plus d´un point. Et si on se réfère à la productivité et à la complexité industrielle qui a été élevée depuis, de l´évolution des sciences économique ou même de l´enrichissement financier des pays riches ce qui leurs permettait de mieux résister à la crise en s´endettant ou en créant de nouveaux produits…et cependant, il se posera malgré tout le problème de l´appauvrissement du tiers monde, celui de l´écologie mise à mal, celui de la fin prochaine du pétrole, de la raréfaction des matières premières : un véritable défi d´une dimension assez importante se trouve devant nous. Aussi n´est-on pas surpris que les banquiers américains s´offrent cette année des bonifications de 140 milliards $, soit 10 milliards de plus que l´année passée ! On croit tomber des nues. Sommes-nous en crise ou les choses, pour les banquiers seraient déjà, après les prêts généreux des contribuables qui les ont sauvé de la banqueroute, revenu à sa rapacité habituelle et sa frondeuse arrogance ?

Apparemment certaines personnes n´avaient pas encore saisi les dangers auxquels cette crise nous expose. C´est le moins qu´on puisse dire. L´endettement public des pays industrialisés prenaient dans cette crise des allures inquiétantes pour la stabilité monétaire internationale et bien sûr pour la reprise demain. Le chômage augmentait inlassablement malgré toutes les mesures financières prises pour protéger l´emploi. Tout ceci, ajouté à la crise du crédit, va repousser les économies industrialisées à l´étroit et les obligera à appauvrir leurs salaires moyens pour la reprise, or, cela va affaiblir les économies nationales d´une part et de l´autre déstabiliser les structures sociales en augmentant la pauvreté des ouvriers. Les producteurs nationaux vont en pâtir et licencier. Le cercle vicieux de la crise risque bien de reprendre et durer plus longtemps qu´on ne le souhaite à son pire ennemi.

La clé de cette crise, á mon avis, se trouve dans la démocratisation économique et financière du système économique actuel afin que les pays pauvres relèvent leurs niveaux de vie et de subsistance et prennent rapidement le chemin de l´industrialisation. Seulement, dans cette crise, il se crée un phénomène encore plus égoïste qu´hier de centralisme économique et financier des pays industrialisés envers les pays pauvres. Qui veut donc investir en Afrique où les infrastructures manquent et où tout est à faire ; et á propos, que faisaient donc les africains eux-mêmes ? Les investisseurs sont plutôt pressés à sauver leurs profits au centre brûlant du capital et le placent à la joyeuse bourse pour des intérêts immédiats que d´aller investir à long terme dans des économies instables ou corrompues par l´ignorance, le manque de constance, les faiblesses d´organisation et les structures techniques et informatives bancales ou inexistantes. Les pays africains doivent donc faire, dans cette crise, ce qu´ils avaient négligé toutes les décennies avant son éclatement. Et le faire mieux et avec une ambition particulière. Est-ce possible sans investissements étrangers, sans maîtrise technologique et sans infrastructures scientifiques, médicales, éducatives, informatives normées et progressives ? L´impasse. Or, il n´y a pas d´autre issue ; actuellement tous les pays riches se battent à tous les fronts pour combattre la crise, la concurrence des pays émergents et pour sortir de leurs technologies polluantes et pour ce faire, ils ont eux-mêmes un grand besoin de capitaux libres pour parer aux mauvaises éventualités.

Tout cela va ouvrir, dans les jours prochains, une concurrence effrénée sur les marchés de biens industriels et commerciaux nationaux et internationaux. On le voit avec l´agriculture européenne qui est pratiquement en banqueroute suite à des prix chutant continuellement sous la pression d´une guerre de prix à la baisse sans merci. Ce phénomène va bientôt gagner l´industrie automobile et s´élargir sur toutes les industries de production. Vouloir arrêter cette guerre commerciale revient à vouloir vider le lit d´un fleuve avec ses mains. Le marché se restructure, tout simplement : les faibles sont irrémédiablement éliminés. Et lorsque cette guerre aura gagné la scène commerciale internationale, les dégâts seront considérables pour l´emploi, les banqueroutes et les capitaux perdus. Tout cela reviendra renflouer la facture de la crise…en attendant que le déluge se calme.

Musengeshi Katata

« Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu »

 

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