En réponse à un débat sur le QI, quotient intellectuel

 

La véritable richesse d´une société, c´est son intelligence et sa capacités à l´épanouir et la fructifier

 

« La fantaisie est plus importante que la connaissance, parce que la connaissance est éphémère ».  Albert Einstein

 

Excellent propos, ami Hugues Crépin, tu es arrivé aux mêmes conclusions que moi: les gens critiquent, ils veulent changer les choses ou pressentent qu´il y a quelque chose de faux...mais tout le monde se complait à rester à la périphérie du problème avec des discussions en surface. Or, ce problème de l´intelligence est fondamental au progrès, á notre avenir et notre bien-être. N´est-on pas plus tranquille chez un médecin dont on sait qu´il est intelligent et doué que chez un qui a bûché très fort et avalé ses cours mais qui n´avait pour la médecine aucun talent réel, mais qui arriva malgré tout à décrocher son diplôme ? Quand cet homme se trouvera devant un problème qui dépasse ce qu´il a appris, comment réagira-t-il sinon...occultement. Autre exemple: il y a un grand nombre d´économistes en Afrique qui ont fait leurs études en Europe...et cependant, on remarque que l´Afrique ne tourne pas rond. Que se passe-t-il donc ? Ne savent-ils pas appliquer en Afrique ce qui marchait ailleurs ? Mon avis: il ne suffit pas, dans bien de domaines, d´appliquer ou de répéter ce qu´on a bêtement appris; il faut être capable d´extrapolation, de créativité imaginaire. Et celui qui n´en a pas...diplôme ou pas, il ne peut pas résoudre des problèmes complexes sortant du cadre ou de situation connues ou logiquement évocables. La médecine, cependant, met souvent ses pratiquants devant des phénomènes nouveaux…ayant des symptômes trompeurs !

Pour interpeller un peu notre ami Jean-Louis, je préciserai que l´intelligence n´est pas une vertu, mais bien une capacité ou un don. Ces dernières année on s´est rendu compte notamment entre des enfants aborigène australiens et des australiens blancs, que les premiers étaient plus doués lorsqu´on leur demandait de replacer 45 objets qu´ils avaient auparavant pendant 3 minutes observé le placement initial. Les résultats avaient été surprenants. 70 % d ´enfants aborigènes avaient une cote de réussite de plus de 60 %!

Ce que je veux dire par-là est ceci: et si nous veillions à ce que les enfants, en bas âge surtout, aient les possibilités de développer leur intelligence; ne nous rendons-nous pas tous et à la société aussi, un service d´une grande valeur ? Je le pense bien. Et en allant depuis les jouets, les lectures, des écoles appropriées nous seront capables d´augmenter non seulement la créativité sociale, mais aussi à l´épanouir grandement en donnant aux intelligences tardives ou à possible développement les moyens de nous donner le meilleur d´eux-mêmes. Mais tout cela coûte naturellement de l´argent et des structures attentionnées. On le voit: à la fin nous nous trouvons devant un problème économique et de haute portée philosophique sociale. Il ne s´agit en aucun cas de désavantager quelque enfant que ce soit, absolument pas; il s´agit seulement de donner à la véritable richesse d´une culture la place et les moyens qui lui reviennent. Parce qu´il n´y a pas plus précieux que l´intelligence et la créativité complexe dans une société. Car jouer au train-train actuel de l´école normale, c´est fabriquer des gens normaux et utiles, certes, mais ne pas savoir où se trouvent les vrais talents et comment on peut les soutenir valablement afin qu´ils ne se perdent pas dans la foule insipide, disons-le bien, des gens normaux.

Pourquoi ce problème m´intéresse-t-il particulièrement ? C´est bien simple: je suis africain et l´Afrique souffre, sans vouloir l´avouer, d´un manque criant de structures de reconnaissance et de promotion de la capacité intellectuelle et professionnelle. En Afrique noire où on avait négligé l´écriture et ou l´école et la connaissance fut plutôt réservée à quelques prêtres de cultes (Egypte) ou à la sorcellerie, la science et la créativité sociale boite faute de comprendre que l´instruction était un impératif catégorique, et pour des pays attardés et sous développés, le seul moyen de vaincre ses contradictions et sortir de la pauvreté et de la misère. Aujourd´hui encore les enfants courent dans les rues au lieu d´attiser leurs capacités et leur créativité à l´école afin de se préparer à mieux cultiver leur sensibilité, servir leur vie et la société dans u meilleur épanouissement. Tout le problème du sous développement.

 Mais est-on surpris, ô étonnement, avec les "Bâtons d´Ishango" découverts au RDCongo au Lac Edouard, qu´il y a exactement 22.000 ans, les congolais pratiquaient les mathématiques à un niveau très élevé ! On peut se demander, comme en Egypte des pyramides, qu´est-ce qui a bien pu se passer pour que les africains soient aujourd´hui idiots, incultes et pauvres ? On a sous estimé tout simplement la valeur de la connaissance et l´intérêt de sa propagation et de sa discussion pour la société et le développement des capacités individuelles.

Cette hérésie pratiquée pendant des siècles (comme on le voit pour les femmes avec les talibans d´Afghanistan), on obtient ce qu´on a aujourd´hui: des êtres désorientés et irrationnels au possible. Ceci explique cela. Aussi, et dans l´intérêt de l´enrichissement de nos discussions et de nos points de vue, laissez-nous faire un effort pour aller au fond des choses, ce qui prouverait que nous aimons et estimons l´intelligence et que nous ne l´abandonnons pas à quelques illuminés de droite ou de gauche. Car il s´agit, disons-le bien, de la plus grande richesse de n´importe quelle société éprise de progrès et de bien-être.

Musengeshi Katata

« Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu »

 

Forum Réalisance