14 novembre 2009
Autour d´un débat sur la culture, l´identité et la langue française
Commentaire sur Facebook
En fin
de compte, l´important c´est la liberté et la réalisation sensible !
@Lucie chenu: je vous en prie, l´histoire de la France est une histoire
devenue universelle grâce à son passé colonial mais aussi parce que cette
nation a défendu un idéal des droits des hommes qui est resté ancré à l idéal
humain le respectueux de la justice et de la valeur humaine. La francophonie
dont vous parlez, on peut la voir aussi critiquement dans la mesure où elle
devient un instrument d´aliénation et d´oppression culturelle comme cela a été
le cas dans le passé. Mais passons sur tout cela et reconnaissons que la langue
n´est qu´un instrument culturel d´expression, de dialogue et de foisonnement
des idées. Plus important est la culture de France, son originalité, ses
idéaux, son identité critique sociohistorique. Et ici on se demande bien ce
qu´elle sera demain ; si elle va se
laisser détériorer la langue ou ce qui est plus important : l´idéal de liberté
et de respect des droits qui a toujours été inscrit à son étendard spirituel
même si quelques politiciens véreux et des bourgeoisies consécutives coupables
y ont pêché à satiété depuis des siècles.
Les français eux-mêmes sont surpris aujourd´hui d´apprendre que leur
culture dépasse les dimensions de leur territoire, et pourtant, c´est bien le
cas; cela fait aussi des étrangers que nous sommes, de par l´usage du français,
partie prenante de la culture française ! Et voyez dans le débat actuel sur
l´identité française, débat que je cautionne absolument parce qu´il
permettrait, au cas où il serait ouvertement tenu, d´ouvrir la France
réellement à sa vocation mondialiste, l´occasion de réactualiser la conscience
et le fait d´être français. Au sens restreint en territoire national, mais
aussi au sens large en incluant l´Union Européenne et la francophonie. Et ici,
comme vous le comprenez rapidement, nous revenons à la case de départ avec les
questions qu´on se pose en Afrique et ailleurs en Asie où l´influence politique
de la francafrique ou même de la langue française tout court font partie de
l´histoire et de cultures étrangères á la Métropole : dans quelle mesure le
français ou la politique de France convoient-ils oui ou non les symboles
culturels et la définition de la liberté permettant à tous de s´identifier à
eux-mêmes tout en parlant une langue qui n´était pas la leur ? Nous sommes,
d´un côté comme de l´autre de la barrière culturelle, intéressé et curieux de
voir comment évolueront les choses. Parce que la France a son identité propre
malgré tout, mais nous aussi ! La France a ses impératifs économiques et
culturels, mais nous aussi !
Trouverons-nous un lieu commun de liberté culturelle, social et
économique nous permettant autant d´être fidèles à une nos propres
identités culturelles tout en restant uni autour de la langue française ? Qui
sait. En tout cas seules la liberté et la réalisation sociohistorique
indépendantes et pleinement assumées peuvent nous guider, parce que celles-ci
ouvrent sur un vrai dialogue de civilisation, de culture et d´un partenariat
respectant des valeurs que nous reconnaissons et respectons tous. Je l´espère
vivement.
Musengeshi Katata
« Muntu wa Bantu, Bantu wa
Muntu »
Forum Réalisance
A propos de l´esthétique et de l´image défraîchie d´une ville
Commentaire
sur l´article : Refaire
l´image du Québec
chttp://www2.canoe.com/infos/quebeccanada/archives/2009/11/20091112-092300.html
De la robe
et de l´élégance d´une ville
Ami guillaume
Bovin, sans me mêler du goût ou de décisions purement québécoises,
je ne suis pas pour ces "image" préfabriquées et psychologiquement
étudiées. Le paysage d´un pays, c´est aussi l´expression poétique du
peuple qui
l´habite. Si la ville ne plait plus, pourquoi ne pas faire un concours
de
meilleurs urbanistes du pays assistés de quelques artistes de paysage
connus du
pays pour y mettre la main ? Je crois au modernisme, au changement, à la
beauté
ou l´esthétique de l´utile et de l´agréable. Mais permettez si je fais
cette
comparaison: une femme doit bien ressembler à une femme ! Pas à un
tonneau de
vin, mais pas non plus à pot de peinture. Son élégance doit réveiller
dans ma
masculinité embusquée ce lien qui me rappelle ô combien la caresse de
ses yeux,
celle de ses délicates mains ou son baiser me serait précieux.
Ce que je
veux dire par là est qu´on devrait demander à ceux qui aiment
cette ville du Québec, qui connaissent son parfum, la beauté de ses
clins
d´oeil, les silences chuchotants de ses murmures quotidiens...que ces
gens
disent ce que cette ville a de particulier et d´inoubliable pour eux. Et
c´est
là que se trouve la vraie vérité. Voyez-vous, j´ai beaucoup voyagé dans
ma vie,
et certaines villes comme Paris, Bruxelles, Amsterdam, Rome, Prague ou
Vienne
me sont restés dans le sang. Chaque fois que je pense à Bruxelles, par
exemple,
j´ai l´eau à la bouche: je me rappelle du parfum de ses gaufres chaudes,
de ses
parcs...de ses bibliothèques, de ses trams, de la galerie de la toison
d´or,
par exemple, du marché du Midi, de la gare du Nord, du théâtre de
l´esprit
frappeur...et je suis africain, ce qui veut dire étranger qui a aimé et
admiré.
Je vis en
Allemagne, actuellement, et je peux vous dire que ce que j´admire en
l´allemand, c´est l´amour délicat et attentionné du paysage de son plat
pays.
Si un jour vous avez la chance de venir en Allemagne ou si vous y avez
déjà
été, et si vous faites attention, vous remarquerez la main amoureuse
avec
laquelle les gens qui aiment leur pays ont pris la peine de l´exprimer
avec une
patience et un goût particulier du détail. C´est cela que je veux dire:
l´amour
de la beauté partagée et faite par tout le monde. Cela donne toujours à
une
ville un caractère particulier et exceptionnel qui séduit n´importe quel
touriste qui sait aimer le détail de la beauté projetée dans la réalité
avec la
vocation de séduire. Parce que croyez-moi la beauté est la valeur la
plus
précieuse de l´existence humaine; sans elle nous ne sommes que des
vulgaires
animaux sans ce qui fait de nous des êtres doués et supérieurs.
Musengeshi
Katata
"Muntu wa
Bantu, Bantu wa Muntu"
Forum Réalisance