Commentaire sur la vidéo de Alice Djitik- Tchomte intitulée : WEST-PAPYRUS ou le syndrome de nationalité européenne.

 

Il faut à tout prix réhabiliter en Afrique une économie tournée vers la réalisation des africains.

 

@ Dareen Tiyi Kmt : le capitalisme en soi n´est pas mauvais puisqu´il répond aux instincts les plus individuels du caractère humain; là où ce même capitalisme devient dangereux et nocif, c´est quand on l´emploie pour asseoir des idéologies de domination d´une caste, d´une race, d´un groupe d´individus au détriment de l´intérêt individuel humain commun. Tout le monde en vérité doit avoir un droit légitime à s´enrichir, seulement, si cet enrichissement se fait au détriment de l´intérêt public, cette forme de capitalisme doit être réprimée. En réalité, et pour parler du capitalisme américain néolibéral qui nous a valu cette crise économique dont nous souffrons aujourd´hui on devrait dire qu´elle est primitive et une perversion ou un abus de l´individualisme s´exercent sans le moindre égard pour l´intérêt public. On le voit même avec les difficultés que rencontre Obama a faire reconnaître l´intérêt public saine d´une assurance maladie universelle aux Etats-Unis, que les américains sont bien pervers pour refuser à 47 millions des leurs une couverture de solidarité sanitaire. Le monde entier aurait d´office compris cette opportunité, les américains par contre lésinent et traitent Obama de communiste etc...les républicains en particulier. Sur ce point de vue ce pays est bien empirique.

@ Mylène Polomack : Dans nos cultures africaines nous avons une merveilleuse philosophie sociale et bien sûr quelques défauts à réparer; mais les plus grands défauts, ce sont ceux qui ont trait á l´absence de critique objective, à la négligence de l´écrit et de l´instruction car ceux-ci permettent non seulement la comparaison, la fixation temporelle que la précision critique et scientifique en se référant á des écrits précis. Tout cela a changé depuis, mais l´esprit, l´orientation et l´idéologie d´excellence sociale fondée sur notre propre réalisation, sur nos propres efforts et la mise en valeurs des dons et capacités de nos enfants, cela trépigne encore parce que nous avons entériné les séquelles de la culture dominante occidentale qui elle veut à tout pris nous enfermer dans sa matrice mentale, économique et culturelle. Nous devons aujourd´hui avoir la sincérité et le courage de juger du passé, des legs de nos ancêtres avec toute la sévérité qu´il faut pour en extraire le meilleur et en rejeter les erreurs. L´exemple de la Chine est à ce propos très instructif: malgré le communisme, les chinois sont resté eux-mêmes; ils ont même pris des avantages capitalistes pour mieux faire avancer leur développement. C´est la preuve qu´ils sont assez forts et sûr d´eux qu´ils savent choisir ce qui peut leur servir et rejeter ce qui ne sert pas leurs intérêts.

L´ancien système Kamite, Mylène, est en nous; beaucoup de ceux qui parlent des kamites ou se déclarent comme tels n´en savent rien du tout ou se font des illusions sur ce qui leur semblait être le passé heureux et tranquille pendant la grosse de la mère. Or, sorti de cet antre protégé on se rend compte que le monde est autre: il faut grandir, développer ses capacités et son intelligence...et bien sûr trouver sa place dans un monde compétitif et pas toujours gentil ou sincère. je suis persuadé que si les pays africains mettaient réellement leurs économies à flot en développant ce qu´il y a de meilleur et de créatif et réfléchi sans chacun des leurs enfants, la projection sociale qui en sortirai serait tout autre que celle de la culture occidentale. Absolument. Il suffit seulement de protéger ce développement, de lui demander ou l´aiguiller vers la recherche de la beauté et de la perfection sensible pour que le subconscient kamite qui dort en nous revienne positivement en surface. Tout cela est un travail délicat et attentionné: le travail que fait en principe une élite attentionnée et éprise de la liberté, de la culture et de l´épanouissement des leurs. Une élite au sens le plus responsable et le plus solidaire qui soit.

Il ne faut pas croire que je sous estime ou néglige les effets négatifs dus à l´aliénation ou à ceux que le passé a tellement détourné et désorienté qu´ils pensent encore qu´il n´existe que le modèle occidental au monde. Il faudra les convaincre et les encadrer pour leur montrer que les choses vont mieux autrement. Quant á l´occident, sa pression et ses astuces sont énormes, mais avec intelligence, on peut les contrer et les anéantir. Après tout ce même monde capitaliste occidental est arrivé de lui-même aujourd´hui en crise: il s´est rendu compte qu´il assassinait ses propres clients et que dans l´avenir et si cela continuait, il allait tout droit á la banqueroute. Or, ils ont tout mis sur pied pour nous priver d´économie libre et orientée vers notre épanouissement, pour eux, comme à l´esclavage ou la colonisation, nous étions leurs serviteurs á eux et à leur système. C´est aujourd´hui à se demander, de Haïti à l´Afrique, comment diable a-t-on été aveugle á ce point pour accepter un système de valeurs économiques, culturelles, sociales qui, dès le départ et irréversiblement, nous conduisait á notre négation et á la ruine autant de notre culture que celle du travail, du revenu et de notre libre et souverain développement ?

Il n´existe pas de liberté qui soit faite à l´étranger, hors d´une culture, sans employer les capacités et l´intelligence de ceux qui la consomme ! Sans travail, sans revenu et sans réalisation socioculturelle, on ne fait rien d´autre que s´assassiner volontairement ou pas ! Patrice Lumumba l´avait compris, Ruben Um Niobé l´avait compris, Malcolm X l´avait compris...il est temps que d´autres personnes le comprenne. La liberté, il faut la faire et pas la subir; elle doit, puisque c´est le sens de l´existence, refléter les attentes, les rêves et les plus belles aspirations de ceux qui se réclament de sa culture et de sa souveraineté. Avaler les produits des autres, voir les films des autres, devoir quitter son pays pour se réaliser ailleurs...tout cela est une perversion criminelle qui nous a conduit aujourd´hui à la crise économique. Il faut changer cela, même si les tenants de ce système logiquement écroulé s´y accrochent désespérément. Qu´ils gardent leur système s´ils y tiennent, mais pas question de nous polluer sournoisement, de nous opprimer ou de croire que nous sommes leurs esclaves économiques ou culturels perpétuels !

Musengeshi Katata

« Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu »

 

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