A 14 heures dans un avis public à la presse, Horst Köhler (CDU) a froidement mis le peuple allemand devant son immédiate démission. Les raisons, dira-t-il, sont que sa fonction a été mise à mal. Il ajoutera que ce fut un honneur que de servir le peuple allemand. Choc et surprise dans toute l´Allemagne. Que s´était-il passé ?

 

Les signes d´un profond trouble politique dans la crise économique….

 

Selon lui, et cela se rapporte à une certaine interview radiodiffusée qu´il avait faite fin Mai sur les ondes de la radio Kulturelle allemande dans laquelle il disait notamment à propos de la guerre d´Afghanistan : "Aus meiner Einschätzung ist es wirklich so: Wir kämpfen dort auch für unsere Sicherheit in Deutschland, wir kämpfen dort im Bündnis mit Alliierten auf der Basis eines Mandats der Vereinten Nationen. Alles das heißt, wir haben Verantwortung. Ich finde es in Ordnung, wenn in Deutschland darüber immer wieder auch skeptisch mit Fragezeichen diskutiert wird. Horst_K_hler__ex_pr_sident_allemand
Meine Einschätzung ist aber, dass insgesamt wir auf dem Wege sind, doch auch in der Breite der Gesellschaft zu verstehen, dass ein Land unserer Größe mit dieser Außenhandelsorientierung und damit auch Außenhandelsabhängigkeit auch wissen muss, dass im Zweifel, im Notfall auch militärischer Einsatz notwendig ist, um unsere Interessen zu wahren, zum Beispiel freie Handelswege, zum Beispiel ganze regionale Instabilitäten zu verhindern, die mit Sicherheit dann auch auf unsere Chancen zurückschlagen negativ durch Handel, Arbeitsplätze und Einkommen. Alles das soll diskutiert werden und ich glaube, wir sind auf einem nicht so schlechten Weg."

 

Traduction: J´estime que les choses sont telles : Nous nous battons là-bas aussi pour notre sécurité en Allemagne. Nous nous battons là-bas aux côtés de nos alliés sur la base d´un mandat des Nations Unies. Tout cela veut dire que nous avons des responsabilités. Je trouve cela en ordre même si en Allemagne on discute là-dessus avec des points d´interrogation.

Mais mon estimation est telle que dans l´ensemble nous sommes en bonne voie, comme doit le comprendre une large partie de notre société, qu´un pays de notre dimension, avec notre orientation commerciale aux exportations et notre dépendance à exporter, doit savoir, dans le doute, en cas de force majeure, d´user de l´intervention militaire pour protéger nos intérêt, par exemple des voies libres de circulation commerciales, par exemple d´empêcher des instabilités régionales entières qui pourraient rebondir négativement sur nos chances commerciales, les emplois chez nous et le revenu. Tout cela doit être discuté et je crois que nous ne sommes pas sur une mauvaise voie »

 

L´opposition des Verts et de la Linke s´empara, comme on pouvait s´y attendre, de cette affirmation qui, selon elle, justifiait l´orientation néolibérale et néocoloniale de l´Allemagne actuellement avec la droite et les néolibéraux en coalition au pouvoir depuis fin septembre 2009. Une erreur d´estimation de la part d´un président constitutionnel plus représentatif qu´actif dans la politique de son pays ? Assez difficile à croire de la part d´un économiste ancien fonctionnaire de l´Etat allemand au ministère des finances et de l´économie avant d´être nommé secrétaire général du FMI chargé de l´exécution. Raison pour laquelle ses dires publics furent vertement critiqués des semaines durant par l´opposition qui savait bien qu´Horst Köhler n´était ni un amateur, ni un novice. Horst Köhler aura sans doute déploré, après avoir vainement tenté de désamorcer ses propres dires, que ni la droite ou les libéraux et encore moins la chancelière Angela Merkel ne se donna trop de zèle à le défendre énergiquement. Angela Merkel fit bien quelques remontrances à l´opposition au parlement à ce sujet, mais elle se garda de soutenir ouvertement une position qui n´avait, contrairement à l´estimation de Horst Köhler même, aucune sympathie dans la majeure partie de la population qui voyait d´un mauvais œil de nouvelles guerres allemandes économiques ou commerciales. Sur ce point de vue on peut dire que la démission du président Horst Köhler n´est qu´une suite logique de son écart volontaire ou pas de langage. Günther Gabriel, le président de la SPD se contenta, en apprenant la démission du président, de dire : « La culture politique allemande vient de se redorer le blason ». Entendez celui qui gaffe doit en payer le prix et s´écarter.

 

Cet homme, Horst Köhler, peut-il être jugé seulement par cet évident écart d´estimation ? L´opposition allemande en tout cas a été sans merci avec lui ; cette opposition nous a-t-elle gardé du courant néocolonialiste que nourrissait secrètement un président ancien chef du FMI ? Des questions, toujours est-il que dans la tourmente de cette crise économique qui met les finances allemandes à l´épreuve, où bien de pays européens tels que la Grèce, l´Espagne, la France, l´Italie, l´Irlande etc avaient été noyés par les exportations allemandes et s´en trouvaient bien endettés, parler de guerres commerciales et économiques…! Tout cela rendit Horst Köhler bien solitaire…cachez le naturel du FMI, disait-on en sourdine, et il revient au galop sous la forme d´un Horst Köhler. Sa démission n´était plus qu´une question de temps…et d´honnêteté politique. Mais cette politique d´envahissement commercial et économique, était-elle pour autant fausse ? Cette doctrine n´est pas nouvelle ; elle est pratiquée ouvertement par les Etats-Unis, la France…en Allemagne, cependant, et eu égard au passé de ce pays, l´opposition ne voulait pas entendre parler de guerres coloniales, économiques, commerciales. Sans exporter, que ferait donc l´Allemagne, de quoi vivrait-elle ? Mais les autres, comme la Grèce ou mêmes les africains qui s´étaient noyés dans des dettes d´achat d´importations étrangères…demain devraient-ils se refuser à ingurgiter les produits exportés chez eux ou n´avaient-ils pas d´autre choix ? Le fond de la crise économique et ses troublantes vérités…

 

Musengeshi Katata

« Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu »

 

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