Rien ne va plus dans la coalition de droite allemande actuellement au pouvoir ? Angela Merkel serait-elle prise à l´étroit par les impératifs de sauvetage aux pays Sud européens et à l´épargne forcée dans les finances publiques que la crise imposait à l´Allemagne ? Cela semble bien le cas, en tout cas les libéraux de Westerwelle longtemps dans l´opposition n´ont pas semblé, à leur arrivée au pouvoir, avoir apporté plus de réalisme dans l´analyse de la crise ou même dans les solutions à y apporter…

 

Est pris qui croyait prendre ou...exercice du pouvoir sous un essai de la théorie du chaos?

 

Nous sommes les meilleurs, nous sommes les plus riches et les plus disciplinés dans cette crise…puis on se rendait compte que l´endettement public allemand était incroyablement dangereux et que les pays qu´on avait submergé avec nos exportations risquaient dans l´avenir de ne plus acheter allemand…ce qui ralentirait bon gré mal gré la reprise ?

En tout cas, l´entrée au pouvoir des libéraux de Westerwelle qui avait été souhaitée pour relever la grande coalition des chrétiens démocrates de la CDU-CSU et ceux des socialistes de la SPD, n´a apporté ni de nouvelles idées à la Droite chrétienne, ni un nouveau vent de réalisme dans la compréhension et la recherche de solutions efficaces pour juguler la crise. Et pourtant, Westerwelle n´avait manqué aucune occasion lors de la campagne électorale pour briller par ses slogans lesquelles donnèrent aux allemands l´impression qu´il savait de quoi il parlait et qu´il avait pris, sous l´œil objectif et indépendant de l´opposition, d´épuiser la recherche de solides solutions au marasme allemand causé par un endettement public devenu…pratiquement scandaleux.

On fut donc surpris qu´aussitôt au pouvoir rien ne vint de la part de Westerwelle ; il s´en prit plutôt aux chômeurs et assistés sociaux qu´il traita de fainéants et les injuria publiquement, ce qui souleva l´animosité de pratiquement toute la société allemande . On se rappelle en France que Sarkozy employa la même formule : « ceux qui travaillent doivent avoir plus dans le porte-monnaie ». Oui, mais quand on travaille à plein temps et qu´on ne gagne pas assez parce que le pouvoir avait créé les fameux minis jobs, était-ce normal d´enrichir ainsi les patrons en obligeant les gens à prendre ces jobs de dumping ? Westerwelle promit d´emblée une réforme fiscale protégeant la petite et moyenne entreprise et les salaires moyens effondrés par la crise ; il promit aussi de réduire la dette publique, parce que disait-il, elle dévorait l´avenir financier de nos enfants et la retraite des pensionnés. Oui, tout le monde cru entendre Moïse prédire la traversée du Sinaï à pieds nus…Enfin se dit-on à la ronde et dans tous les bistros : enfin des gens qui savent de quoi ils parlent…  

Puis, patatras…se dévoila la crise financière catastrophique de la Grèce, l´ampleur était telle qu´elle menaçait pratiquement tous les pays sud européens et l´Euro comme monnaie et garantie de change. Et puis plus rien ne fut plus comme avant. Pour gagner les élections la Droite et les Libéraux avaient promis de ne pas augmenter l´impôt, de ne pas faire des restrictions sociales…de ne pas réduire les salaires ou les effectifs du personnel public et de protéger la paix sociale. Les élections furent gagnée…mais l´ombre de la crise, elle, était devenue plus menaçante : après les 23 milliards € d´aide aux Grecs vinrent les 134 milliards € pour sauver une monnaie européenne sous le feu de spéculateurs en créant un fond financier de pompiers à l´insolvabilité.

On dirait, si on ne connaissait pas la place politique allemande, que les politiciens de la Droite s´étaient un jour réveillés en plein été sous un pays enneigé et refroidi par une température en dessous de zéro. Toutes les promesses faites par la droite et les libéraux avant les élections n´avaient plus de sens ; on se demandait même s´ils avaient jamais compris l´ampleur réelle de cette crise ? Et depuis,  à propos des effectifs des armées, du choix du prochain président allemand, de l´épargne à laquelle l´Allemagne, malgré elle, était contrainte, de la réforme du taux d´imposition…la coalition qu´on supposerait  logiquement débattre en harmonie et présenter des décisions communes, cette coalition tapait du pied, se jetait des quolibets, critiquait avec de nouvelles idées saugrenues ses propres décisions d´hier. Un véritable débâcle ; l´harmonie c´est bien autre chose. Combien de temps tiendra-t-elle se demande-t-on déjà ? Ou Angela Merkel essayait-elle, en physicienne et politicienne passionnée, une nouvelle manière de gouverner en politique sous la théorie du chaos ?

Musengeshi Katata

"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"

 

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