Un danger imminent qui en appelle à plus de croissance et d´efforts économiques de la part des pays africains.

L´économie face au manque d´équilibre, à l´équilibre et au surplus d´équilibre

Si on part seulement de la théorie de l´équilibre économique classique lequel stipule

1. L´état de manque : sous production et manque (sous développement), accompagné d´importation 2. Celui de satisfaction des besoins par des moyens et instruments accrus de production 3. L´abondance et l´état de surplus caractérisé par un bien-être abondant et des exportations croissantes.

 

A défaut d´efforts de développement accrus, la crise va aggraver la situation en Afrique

L´état de sous développement de l´Afrique, comme on le voit, est bien du premier stade. Or dans cette crise l´émergence des pays chinois, indiens, brésilien va réduire, par leurs avantages de production et de commercialisation liées aux bas prix, la marge à gagner des pays industrialisés occidentaux établis. Ces derniers en manque de gains et en recul de ventes vont bien être obligés de resserrer leurs trains de vie. Mais surpris par la crise des finances les pays industrialisés établis se sont tournés vers un palliatif : l´endettement public pour couvrir leurs frais sociaux et leurs plan empressés de redressement. En ce moment il y a certes modeste reprise, mais celle-ci est faite sur le dos des salaires et des coupures des engagements sociaux de l´Etat. Tout ira-t-il bien ; le gâteau commercial international permettra-t-il une croissance permettant aux pays industrialisés de se reprendre ? Si reprise il y a, et si celle-ci se fait à niveau respectable avec la nécessité de croissance des pays pauvres, celle-ci sera âprement disputée car les pays émergents en prendront une grande part comme on le voit actuellement avec la croissance chinoise. Et il ne faut pas oublier : les coupures sociales entraînent toujours l´affaiblissement de la consommation et ainsi, par conséquence directe et indirecte, de l´économie, des investissements des industries et bien sûr de la diminution des impôts…le talent est de faire certes des coupures nécessaires pour se donner plus de marge d´action économique sans enclouer les forces dynamiques socioéconomiques.

L´Afrique et son obligation naturelle et actuelle aux efforts accrus de croissance.

L´Afrique, contrairement à ce que quelques novices et récalcitrants de l´économie moderne pensent, ne peut s´isoler de l´économie mondiale d´où elle tire ses clients ne fut-ce que pour les matières premières…étonnamment, et malgré la croissance soutenue de la consommation et des prix des matières premières causées notamment par les pays émergents, l´Afrique va malgré tout souffrir de la croissance des prix des biens d´importation causée elle par le réajustement des prix dans les pays industrialisés exportateur. On peut voir cela dans l´actuelle révolte du Nord africain lequel est frappé de plein fouet par l´augmentation du prix du blé, et des denrées alimentaires et autres biens de consommation produits en occident. L´inflation, les répercussions de l´endettement public, le ralentissement de la croissance impliquant le réajustement des prix à la hausse en pays producteurs en est bien responsable. Pour l´Afrique et en simplifiant les choses, la situation actuelle se présente comme ceci : autour d´un gâteau fort disputé les plus puissants vont, comme toujours et logiquement, vont bien se servir en premier. Et si le gâteau ne croît pas…les faibles vont bien se retrouver les mains vides. Il faut donc que le gâteau croisse et cela ne peut se faire qu´avec un grand effort de production. Les plus grands handicapes des pays sous développés étant ceux de la technologie, ceux de l´expérience du savoir-faire et ceux du modernisme créatif, tous ces secteurs doivent être actualisés et soignés pour un rapide développement. Sans cela, l´Afrique va bien connaître de durs moments qui risquent de virer à l´écrasement sous la dure pression des pays producteurs confrontés d´une part par une concurrence commerciale internationale sans merci, et de l´autre une croissance douloureuse de leurs endettements. L´écroulement des finances publiques de l´Irlande, du Portugal, de la Grèce prouve bien qu´on a difficile, en empruntant chez les concurrents établis, de leur tenir tête. La réponse se trouve-t-elle dans l´innovation ? Bien sûr, mais a-t-on les idées, le savoir-faire et le capital de financement qu´il faut ? Si les élites du pouvoir en Afrique sont sincères et averties, elle reconnaîtront bien qu´elles n´ont pas le choix…à moins, bien sûr de rater encore une fois le coche.

Musengeshi Katata

"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"

 

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