Arrêtez, malheureux, a-t-on envie de dire aux grévistes, ne voyez-vous pas que le bateau coule, cessez donc de jouer le clown et vous agiter inutilement, vous risquez de nous jeter à la mer ! Mais que peuvent donc ces pauvres gens aujourd´hui confrontés avec la scandaleuse générosité de leurs gouvernements consécutifs, à s´endetter royalement et jeter l´argent par la fenêtre des décennies entières au lieu d´investir dans des projets sérieux et productifs ?

La Grèce à l étroite impasse entre la peste et le choléra...?


Les douloureuses conséquences d´une gestion…bancale de la chose publique par une élite qui, avec l´endettement, voulut par orgueil ou par vanité, se faire passer pour ce qu´elle n´était pas, notamment arrivée ? Et maintenant ? On l´a compris, ce sont bien sûr les petites gens, les malades, les enfants et chômeurs qui vont souffrir horriblement de la situation. Pas les riches. On comprend la colère des grévistes, mais n´avait-on pas élu librement ceux qui, au lieu d´investir et de promouvoir les secteurs faibles de l´économie grecque, se jetèrent dans un coupable fièvre d´endettement en croyant ainsi autant financer leurs luxures que pallier aux investissements et à la créativité industrielle qui leur faisait défaut. On importa avec une joie toute…arriviste et bien insolente pour le bon sens.

Aujourd´hui la facture que la Grèce doit payer était devenue aussi profonde que l´Atlantique. Comment faire pour s´en débarrasser et revenir à meilleure santé économique ? Ah, heureusement qu´on avait l´oncle de l´Union Européenne ? Prudence, prudence ; cet oncle avait aussi des enfants, ses propres problèmes dans cette douloureuse crise économique, ses propres dettes…et son courant finlandais montant qui se refusait à payer les dettes de pays aux gouvernements dépensiers et irresponsables. Toute bonne solidarité a des limites…Mais quand l´année passée l´économie grecque s´est effondrée de 4,5% et qu´actuellement le chômage, officiellement, atteint 13,9% pendant que le sous emploi des jeunes lui atteignait 35,6%, a-t-on vraiment le choix ?

La Grèce a officiellement 72 milliards d'euros de dettes souveraines à risque, mais le gros du poste d´endettement représente 165 milliards d'euros d'émissions obligataires des banques locales. Ceci fait un total de 237 milliards d'euros de dettes effectives. Les banques françaises en détiennent 98 milliards d'euros ; les banques allemandes 72 milliards d'euros, avec une répartition à peu près équivalente d'un tiers d'emprunts d'Etat et deux tiers d'émissions du secteur privé. Les taux d´emprunt à deux ans ont explosé à 25%, tandis que ceux de 10 ans grimpaient à 10,5%. Le poste de rémunération des intérêts de la dette entrave le budget grec cette année de 31 milliards €, en 2013 ce seront 34 milliards € et en 2015 54 milliards €. On n´est de sitôt sorti de l´auberge…Même avec un emprunt préventif des année 2012 et 2013 de l´ordre de 60 milliards €; comment diable compte-t-on rembourser ces dettes si l´économie grecque ne fleurit pas…énergiquement ? Par quoi va-t-elle briller sans investissement, sans nouveaux emplois et sans innovation dans un milieu concurrentiel à couteaux tirés depuis la crise ?

Sortir de l´Euro ne ferait qu´aggraver l´endettement grec car ses dettes seraient libellées en €. Rester dans l´Union l´eau jusqu´au cou dans la tourmente pendant que d´autres pays navigueraient au sec et au chaud…la Grèce entre la peste et le choléra ? Hélas on ne peut pas le qualifier autrement, tant la situation est déplorable pour ce pays. Et bien sûr les oncles de l´Union vont aider à passer de dur que traverse la Grèce malgré tout ; plus personne n´a de choix. Mais attention, amis grecs, les conditions d´emprunts vont se durcir ainsi que le contrôle qui s´imposerait pour garantir la stricte cure d´assainissement futur qui ne sera pas de toute joie, cela va de soi. Mais peut-être dans quelques années la Grèce sera-t-elle guérie de la naïveté de ses élites…qui mettraient alors moins d´empressement à jeter l´argent qu´ils n´ont pas encore gagné par la fenêtre, ou cacher leur incapacité avec l´argent des autres. Rien n´est plus dangereux que paraître au lieu d´être. Mais à qui le disons-nous ? Beaucoup trop de pays de nos jours jouaient encore à ce jeu dangereux...le réveil est souvent pavé d´incroyables douleurs, comme on le sait. Ou croit-on encore rejeter aux autres ses maux de têtes ?

Musengeshi Katata

"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"

 

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