Voici ce qu´on sait de Mario Draghi surnommé Super Mario pressenti comme le prochain chef de la Banque centrale Européenne : il est né le 3 septembre 1947 à Rome, est un économiste, banquier et grand commis de l'État italien. En avril 2011, il est gouverneur de la Banque d'Italie et pressenti pour diriger la Banque Centrale Européenne à la suite de Jean-Claude Trichet. Il a fait ses études à Rome chez les Jésuites. Licencié en économie et commerce à l'université de Rome « La Sapienza » en 1970, PhD en économie au Massachusetts Institute of Technology en 1976. Professeur universitaire à Florence et à Turin, il a été de 1991 à 2001 directeur général du Ministère du Trésor, chargé des privatisations. De 1993 à 2001 il a présidé le Comité pour les privatisations. A ce titre, il a été membre du conseil d'administrations de plusieurs banques et sociétés en phase de privatisation (Eni, IRI, Banca Nazionale del Lavoro-BNL et IMI). De 2002 à 2005 il est le vice président pour l'Europe de Goldman Sachs, la quatrième banque d'affaires mondiale. Mario_Draghi

Depuis le 16 janvier 2006 Mario Draghi est le gouverneur de la Banque d'Italie, nommé par le président du conseil Silvio Berlusconi, avec un mandat renouvelable de six ans (auparavant le mandat était à vie). Il remplace Antonio Fazio, démissionnaire à cause de son implication dans un affaire de conflit d'intérêts. En tant que gouverneur de la Banque d'Italie, il se retrouve aussi membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne.

Un Brillant esprit économique pour un meilleur avenir économique ?

Cet homme apparemment brillant économiste et financier peut-il efficacement conseiller les gouvernements européens et leurs banquiers pour diligence face au deuxième assaut de la crise économique et monétaire qui s´annonce déjà avec la quasi cessation de paiement de l´Etat américain et la montée prochaine inévitable des taux d´intérêt ? Eh oui, l´argent facile a toujours une fin un jour…

Le moins qu´on puisse dire est qu´un homme seul ne peut pas agir à tous les fronts économiques européens, encore moins lorsqu´il s´agit de résoudre les délicats problèmes américains qui influeront, qu´on ne s´y trompe pas, bien sur les économies européennes. Face aux problèmes des pays déficitaires européens : Grèce, Irlande, Portugal, l´Europe a déjà mis sur pied un système efficace d´aide financière. Le problème de la Grèce est revenu à l´ordre du jour malgré les 110 milliards € que ce pays avait reçu en aide parce le déficit grec ramené de 15 à 10,5 % ne suffit pas encore à relancer ce pays et lui permettre de supporter par ses propres efforts les prochaines échéances de ses emprunts de 2012 et 2013. Ce pays aura donc besoin très prochainement d´un nouvel emprunt variant entre 30 et 60 milliards €.

Cette histoire de la Grèce incapable, malgré ses actuels efforts, à surmonter ses difficultés budgétaires, a ouvert un grand débat sur la valeur réelle effective de l´aide financière comme telle, celui de sa forme et, bien sûr celui de l´efficacité qu´on attend d´elle. Les craintes selon lesquelles ces pays aidés ne soient que des puits sans fond sont certes légitimes, les pays prêteurs de l´Union, la BCE acheteurs d´obligations et le Fond Monétaire International co-prêteur affirment cependant avoir pris les mesures de contrôle et de conditionnement permettant aux emprunts d´aider effectivement les états faillis à se stabiliser.

Le reste, puisqu´il s´agit d´assainissement de la productivité des pays emprunteurs pour ainsi augmenter les recettes de l´Etat, ne peut se faire qu´avec une croissance volontaire. Or nous sommes en période de crise économique et suite à la faillite de ces états, ceux-ci ont difficile autant à soutenir leurs investissements de reprise, qu´endiguer la fuite de capitaux et la retenue à investir dont ils sont les victimes. Ce problème d´incapacité d´investissement est rendu encore accentué face à des prix internationaux beaucoup plus concurrentiels. Autant dire que si la crise persiste la situation des pays aujourd´hui à l´étroit ne va pas du tout s´améliorer car la prochaine menace à laquelle ils vont devoir faire face est la montée inévitable des taux d´intérêt, laquelle aura progressivement lieu au plus tard en début 2012. La deuxième moitié 2011 va déjà entrevoir les malheurs prochains de tout emprunt passé inconséquent.

Mais le plus grand danger viendra plutôt des déficits américains et leurs indésirables conséquences monétaires et financières. En effet les américains arrivés au point de non retour vont souffrir d´un haut dollar qu´ils tenteront de couler techniquement, or celui-ci étant lié à des valeurs et des échanges commerciaux dans le monde entier actuellement, le monde extérieur s´opposera énergiquement à sa brutale dévaluation ! Et jouer à l´inflation détruit les valeurs américaines existantes ainsi que sa productivité. L´économie américaine semble s´enfermer chaque jour encore plus dans un cruel dilemme qu´on peut qualifier de choix entre la peste ou le choléra.

En sortir sans produire et regagner des parts sensibles du marché international est impossible, or les autres pays et parmi eux la Chine, l´Inde et le Brésil ont des coûts de production moins élevés, ce qui leur permet de vendre mieux. Dévaluer le dollar afin de payer ses dettes à bas prix et relancer la production en profitant des bas prix créés par le faible dollar ? Les autres pays du monde vont-il accepter cela ? Si la planche à billet à laquelle jouait l´Amérique depuis quelques années n´a pas résolu le problème, comment voulait-on y arriver ? La prochaine étape de cette crise économico financière va donc s´ouvrir avec de lourdes conséquences dans le monde. Particulièrement pour les américains, les pays européens lourdement endettés ainsi que les pays africains de faible ou inexistante production. Lorsque l´Amérique se rendra compte qu´elle va perdre entre 20 et 30 % de son train de vie…pour mieux reprendre pied sur son économie et son avenir, le choc sera tellement grand que tous les pays faibles et affaiblis par leurs dettes en cracheront du sang.

Musengeshi Katata

"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"

 

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