Rechercher sur AfrikBlog

Forum Réalisance

Cet espace va à la recherche de l´existentialisme de l´homme noir pour lui permettre de mieux se déterminer face à l´histoire et face à la réalisation de sa liberté.

01 février 2008

Lettre ouverte aux chefs d´Etats africains

A l´occasion du 10 sommet d´Addis-Abeba

Cessez de participer à notre pillage et à nous engouffrer dans la misère et la perdition !

Chers chefs d´Etats de notre Afrique bien aimée,

Le 10 Sommet a été réuni sous le signe du développement et de l´industrialisation de notre continent. Il se déroule dans une atmosphère des plus pénible pour les peuples que vous prétendez représenter : la faim, la misère, le désordre civil et armé règne dans toute l´Afrique noire. Et lentement nous nous demandons si vous êtes réellement à la hauteur de votre tâche, et surtout de nos attentes ?

Des discours, nous en avons tellement entendu depuis notre indépendance que nos larmes ont tari ; des plans ont si souvent été énoncés depuis que vous vous rencontriez joyeusement que s´il ne tenait qu´à la parole et aux belles déclarations pour changer les choses, nous n´aurions plus aucun problème. Et l´industrialisation et le développement que vous prenez aujourd´hui en bouche ; ce développement ou cette industrialisation, il faut tout de même les préparer, en remplir les conditions techniques, financières, professionnelles…il faut les vouloir, les concevoir, les organiser tout de même ou tomberaient-ils du ciel ?

Or, soyons francs, vos efforts en la matière sont des plus dilettantes. Pire : certains d´entre vous sont de vrais destructeurs acharnés des deniers publics et des accumulations de leurs pauvres peuples tandis que d´autres se sont traîtreusement alliés à la francafrique pour piller et appauvrir sciemment les leurs. Une honte ! L´Afrique aujourd´hui est le continent le plus pauvre, celui qui, autant par la moyenne de revenu que par l´instruction, est le continent qui a fait le moins de progrès du monde ! Et vous croyez qu´on doit vous acclamer pour cela ?

Maintenant, lorsque vous prenez en bouche de parler de développement, d´industrialisation ; on se demande si vous savez de quoi vous parlez si vous n´avez ni commencé à assurer les sources d´énergie, ni à former les techniciens et les ingénieurs qui doivent la concevoir et la mettre sur pied. Et à propos de finances, vous dépensez toujours plus que vous ne possédez. Croyez-vous dans ces conditions que vous arriverez à bon port ?

Nous en avons marre de voir nos femmes et nos enfants mourir de faim et d´apathie,

Nous en avons marre de la pauvreté et de la misère que vous nous organisez,

Nous avons marre de vos dépenses irraisonnées et de votre incompétence hautement criminelle,

Nous avons marre que vous trichiez pour vous maintenir au pouvoir quand vous en êtes incapables.

Et surtout, nous en avons marre d´une élite du pouvoir qui s´allie, dans son amateurisme et sa stupidité, avec nos plus grands prédateurs pour saborder et ruiner notre existence. Maintenant, dites-nous, que pouvons-nous faire pour nous débarrasser de vous et de votre nuisance ? il est grand temps qu´une génération nouvelle d´africains avertis vienne prendre les choses en main en créant des emplois permettant à leurs populations de subvenir à leurs besoins, d´élever leurs enfants dignement et d´épargner pour permettre un véritable développement.

Voilà ce que les peuples africains ont à vous dire. Et si réellement vous les estimez et les respectez, faites vos bagages et quittez au plus tôt ces fonctions que vous exercez avec une médiocrité qui défraie la chronique de l´histoire humaine. Car nous, nous n´en pouvons plus.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

Forum Réalisance

Posté par Musengeshi Kat à 12:39 - Acteurs et donnés du combat africain - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 janvier 2008

Au front africain, la fausseté occidentale mène à l´embarras

Les poulains africains de la francafrique, et cela suite à notre incessant combat, se rebiffent contre leurs maîtres en refusant de souscrire aux APE.

Les africains se réveilleraient-ils ?

"Sitting at the table doesn´t make you a dinner, unless you eat some what´s on that plate" !  Malcolm X

Source : http://www.afrology.com/presse/euroaf_121207.html

Quelques citations importantes de cet article :

Particulièrement virulent aussi, le président sénégalais, Abdoulaye Wade a déclaré que la plupart des dirigeants africains rejetaient ces propositions car elles ne sont pas "dans l’intérêt de l’Afrique". Thabo Mbeki a noté également pour sa part que ces accords ‘ne contribuent pas au développement des pays de l’ACP, ni à lutter contre la misère". Alpha Oumar Konare, le président de la Commission de l’union africaine a déclaré que l’UE devait abandonner "son approche coloniale" soulignant que les richesses de l’Afrique doivent être payées "à un juste prix".

"L’Afrique ne saurait être ni une chasse gardée ni un nouveau territoire à conquérir", a souligné Konaré, en dressant la longue liste des sommets que le continent a tenus depuis un an avec la Chine, l’Amérique du Sud, l’Inde, le Japon, la Turquie ou l’Organisation des Etats américains. "L’Europe a perdu la bataille de la compétition en Afrique", a même estimé le président Wade, faisant valoir que les produits européens étaient trop chers et leur administration trop lourde.

Un soutien inattendu aux Africains est venu de l’ancien président Jacques Chirac, en visite au Sénégal pour promouvoir sa nouvelle fondation pour le développement durable et le dialogue de cultures. "Je crois que les APE proposés par Bruxelles (l’Union européenne) négligent une partie des réalités économiques africaines", a déclaré Jacques Chirac dans un entretien au quotidien pro-gouvernemental Le Soleil publié mardi.

"On ne peut pas laisser menacer les rares industries nationales et réduire les recettes fiscales des Etats. On ne peut pas assister à un déferlement des produits européens en Afrique sans réelle contrepartie, si ce n’est pour quelques filières réduites comme l’exportation de fleurs vers l’Europe", a estimé l’ancien président français. L’ex-président français a par ailleurs qualifié de "chose positive" la présence "de plus en plus importante" de la Chine en Afrique. "C’est bon pour l’Afrique, qui bénéficie d’investissements nouveaux. C’est bon pour la Chine. C’est bon pour l’Europe que la concurrence stimule", a dit Jacques Chirac, qui a dirigé la France pendant 12 ans, de 1995 à 2007.

Commentaire Réalisance

On comprend tout de suite qu´alarmé, en mal de finance et de crédibilité politique, le secrétaire d´Etat français Jean Marie Bockel prétende signer l´enterrement de la francafrique. Réaction plus tapageuse et opportuniste que réellement fondée sur une volonté de changement. On essayait seulement de gagner du terrain et du temps quand, pendant 600 ans on n´avait rien fait d´autre que de mépriser et chosifier vilement les africains.

La Chine, notre incessant combat économique logique ont ouvert les yeux aux africains de la francafrique en les mettant devant leurs responsabilités. Et c´était de notre devoir de démystifier les élites incapables et corrompues de l´Afrique en les confondant autant avec leurs pénibles résultats qu´avec la logique criminelle de leurs basses soumissions. On ne peut en effet parler d´amitié, de coopération, d´aide au développement assis à la table occidentale pendant que ceux-ci, et cela depuis des siècles, torpillaient et sabordaient les droits, les libertés et les intérêts de leurs soit disant partenaires ! Celui ou ceux qui s´étaient prêtés à cette honteuse traîtrise avaient, et c´est le moins qu´on puisse dire, manqué aux devoirs de protection des leurs en participant ouvertement à leur assassinat.

Malcolm X disait  ô combien à raison : "Sitting at the table doesn´t make you a dinner, unless you eat some what´s on that plate" ! En clair: être assis à la table occidentale garnie ne fait pas de nous des dîneurs, à moins que nous mangions aussi ce qui emplit les plats. Et ce n´est pas seulement par la consommation des résultats comme l´élite africaine corrompue et dévoyée l´avait fait depuis qu´elle avait repris la place du colonisateur, mais aussi dans les processus et les moyens de réalisation. Car, et je le répète toujours à qui veut l´entendre, que c´est depuis 600 ans que nous livrons à nos corps défendant notre force de travail, nos matières premières à cet occident hier esclavagiste, aujourd´hui francafricain et néocolonialiste invétéré. Et ce faisant, cependant, cette culture faisait tout pour ruiner et abattre notre avenir, à moins que nous ne restions ses esclaves de travail et de consommation de ses produits. A la fin, on se demandait : sont ils à ce point aveugles ou sont-ils tout simplement primitifs et méchants ? Tonnerre ! Personne n´avait entendu les cris de nos femmes et de nos enfants ni pendant 450 ans d´esclavage, ni aujourd´hui sous l´immonde et criminelle francafrique ?

Depuis la décolonisation des années ´60, et dès que l´occident eut décapité l´Afrique de ses vrais leaders, ceux des africains que l´occident toléra courbèrent l´échine pour survivre, cependant que leurs peuples, eux, étaient menés à l´échafaud économique, financier et culturel. Et maintenant que nous nous révoltons, que nous confondons autant l´occident que les africains renégats avec leurs méfaits et leurs logiques criminelle pour toute liberté réelle et toute démocratie humaine digne de ce nom, c´est le grand branle bas. Mentir et assassiner l´espoir et l´avenir des nôtres, ces gens l´ont toujours fait ; que peuvent-ils donc inventer aujourd´hui de nouveau ? Oui, de quel genre de partenariat s´agit-il réellement aujourd´hui ?

N´est-ce pas un Sarkozy qui prétendait avant son élection à la présidence de l´Etat français qu´il ne savait rien d´une francafrique ? Alors on est bien surpris que son secrétaire d´Etat jean Marie Bockel aille, dans la bonne tradition des chasses aux sorcières, lutter contre la francafrique et vouloir signer son enterrement ! L´art de mentir devant l´impasse sans issue, tout simplement. L´embarras. On avait crû que l´intellectuel africain ne trouverait jamais la dialectique nécessaire pour le sortir de son gouffre ; après tout, on avait soigneusement veillé par l´instruction, l´influence culturelle occidentale dominante à ce qu´il n´en aie pas les moyens. Et maintenant ? C´est tout simplement la débâcle la plus cuisante qui soit, parce que ces malfaçons foncièrement criminelles pratiquées et entretenues depuis des siècles sont difficiles à cacher ou à faire avaler à ses propres enfants et son opinion publique qu´on avait toujours abreuvé de la grandeur, de l´humanisme et de la générosité de leur culture.

D´autre part, crier à qui voulait l´entendre qu´on défendait des Etats de Droit en privant sciemment ces droits aux autres peuples et cultures, ou encore chanter et réciter de la démocratie et de la liberté quand on veillait sournoisement à les refuser aux africains…avait-on encore le courage et la fierté de se regarder dans un miroir et de dire : je suis un être humain civilisé pour lequel la liberté et la démocratie sont des valeurs humaines légitimes ? La civilisation, après tout, qu´était-ce donc ?

Massacres et escroqueries criminelles à longueur de siècles ? Pourquoi ces injustices seraient-elles tolérables et normales ; parce qu´on est blanc ? Eh bien…si ce n´est pas du racisme et de la discrimination raciale !

Honorés lecteurs, que vous soyez africains ou pas, cela importe peu. A la fin, nous sommes tous citoyens du même monde ; tous nous n´avons qu´une vie, et tous nous aspirons au bien être et à la liberté. Ce qui me révolte, et avec moi tous les africains, c´est que l´occident continue, au 21ième siècle, à entretenir une philosophie politique de la plus cruelle augure envers les africains. Et parfois je me demande : où sont donc ces intellectuels occidentaux avec lesquels nous avions tous faits nos études, avec lesquels nous avions appris et discuté ensemble des mêmes valeurs existentielles ?

Envolés ! A part quelque rares (mais combien précieux) amis qui s´étaient élevés en combattants, comme François-Xavier Verschave par exemple, ils se cachaient pratiquement tous derrière le système d´exploitation et de domination occidentale envers l´Afrique. Curieuse intellectualité ! Faut-il vraiment croire que l´intellectualité occidentale, devant l´appauvrissement, les visibles ecroqueries financières et économiques envers l´Afrique resta sans le moindre avis, sans le moindre réaction ? Hem...tout le monde sait que ce sont les hauts cadres universitaires occidentaux qui accouchaient ces stratégies monstrueuses avec lesquelles on pillait, on avilissait et on affamait les africains; et cependant, restait-il un brin, un souffle d´honnêteté et de fierté humaine à ces sbires du système ? Pas de morale ou d´éthique de valeurs humaines ? Dangereux. Et plutôt inquiétant, cela, pour la fierté de la culture occidentale. Et surtout pour son humanisme et son échelle de valeurs. C´est à souhaiter que la Chine vienne rapidement reprendre la place de tout l´occident, parce que celui-ci avait cessé d´offrir au monde des valeurs pures et nobles. Tout ce que cette culture faisait actuellement, c´est tromper et illusionner. En elle-même, cette culture avait perdu le droit de gouverner ou de veiller sur les valeurs ou les intérêts communs du monde libre. 

N´est-on pas surpris par la sournoiserie d´un Jacques Chirac qui aujourd´hui court l´Afrique pour essayer d´endormir encore une fois l´africain avec une aide au développement bouffonne dont on savait, et cela depuis des décennies, que son seul véritable but était de tromper les apparences et d´asservir les africains en les déroutant de leurs nécessités et de leurs obligations. Cet homme avait été président pendant 12 ans de l´Etat français qui est au cœur de la francafrique ; pendant tout ce temps, il n´a rien fait pour changer les choses. Bien au contraire, il les a empiré. Aujourd´hui revenu à la simple citoyenneté il deviendrait un génie ? Qui voulait nous faire avaler cette grossièreté ? Les temps ont changé, bien changé, monsieur Chirac…

Cette histoire du muezzin Chirac parcourant l´Afrique pour annoncer le prochain ramadan ressemble à s´y méprendre à celle d´un Bill Clinton qui se refusa, pendant qu´il était président des Etats-Unis, à aider les malades du sida en Afrique. Mais aussitôt libéré de ses fonctions, il s´acharna, moyennant pompeux honoraires, naturellement, à obtenir la cession de licence de production des produits du sida en Afrique. Avec une consonnante que beaucoup d´africains ne connaissaient: les essais pharmaceutiques de médicaments nouveaux ont augmenté dangereusement partout en Afrique. Au cameroun, notamment. Avec la bénédiction et la complicité de gouvernements africains, bien entendu. Un africain doit toujours payer le prix le plus fort, même quand depuis des siècles il n´a fait que cela.

Pour finir, chers lecteurs, permettez-moi de vous demander de quitter votre passivité et de défendre des valeurs qui ne sont pas seulement africaines mais bien universelles. Il est probable que celles qui nous ont été inculquées soient fausses, dépassés ou insuffisantes aujourd´hui à répondre aux exigences de notre temps. Ce n´est que lorsque beaucoup d´entre nous auront réellement compris ce dont il s´agit, qu´ils seraient prêts à défendre une philosophie humaine qui ne tolère pas qu´on préjudicie sciemment, qu´on assassine ou affame des siècles durant des femmes et des enfants en prétendant grassement de la liberté et de la démocratie, que les choses changeront rapidement. Un peu plus de justice, d´honnêteté et de grandeur morale et éthique nous ferait à tous grand bien.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

Forum Réalisance

Posté par Musengeshi Kat à 19:47 - Acteurs et donnés du combat africain - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 janvier 2008

Louis Michel conspué et injurié à la London School of Economics

Le 17 janvier 2008 a été marqué à la célèbre école d´économie londonienne, par un éclat qui fera vibrer l´opinion publique européenne : Louis Michel, le commissaire européen au développement en fut l´objet.

Au voleur, au bandit, pilleurs vous nous assassinez !

Mes lecteurs trouveront la live video You Tube, à l´adresse :

http://uk.youtube.com/watch?v=0eAY1M_KqGM 

Commentaire Réalisance

Généralement je suis plutôt retenu lorsqu´il s´agit d´images, de manifestations tapageuses sans lendemain. Parce que je sais que ceux qui demain vont se remettre à faire les mêmes erreurs, à aider ou à supporter ceux qui les assassinent ouvertement eux et les leurs, ce sont ceux-là qui crient toujours le plus fort. Et je préfèrerai des gens pensés, raisonnés et sûrs et convaincus de ce qu´ils défendent et font, que ceux qui, dans le courant de l´opportunisme ou du m´as-tu vu joueraient le faux.

Cette fois, cependant, j´ai été ébloui et agréablement surpris que les étudiants congolais et africains de la célèbre London School of Economics n´aient pu se retenir pour jeter au visage d´un Louis Michel commissaire européen ce qu´ils tenaient de lui.

Seulement surpris ? Pas du tout, j´ai été émerveillé, heureux comme un enfant auquel les siens venaient de lui rendre son appartenance. Et je dois le dire, pour tous ceux qui eurent le courage de le faire en plein auditoire de la LSC à Londres, vous avez ici mon plus grand respect, et mon admiration. Ce n´est pas seulement du geste dont je parle, ni du courage ou de l´opportunité ; c´est pour moi la preuve indéniable que nous avançons, que nos enfants les plus doués ont d´une part compris l´ampleur de notre combat et son contenu, et qu´ils sont d´autre part impatients et vigilants aux portes de la relève.

Ce qui a toujours fait notre faiblesse ; ce qui a toujours causé nos déboires et nos échecs a toujours été le bris qui se faisait entre l´avenir du peuple, ses légitimes attentes et ceux de ses enfants qui se prétendaient y pourvoir. La plupart du temps ces élites ont été corrompus, dévoyés, et n´ont pas été à la hauteur de leur tâche. Mais cette fois, la cuvée semble de bon espoir. Plus nous serons à comprendre et nous organiser pour défendre nos droits et ceux des nôtres, plus nos ennemis nou craindront. Plus notre liberté sera proche.

Ainsi donc nos cris, nos larmes, nos peines n´auront pas été en vain. Salut à vous tous, vous combattants décidés de l´avenir ! Notre cœur à nous tous s´est quelque calmé, car Tangua est à nos portes. Et espérons qu´avec toutes nos forces rassemblées, nous nous gardions du pire qui nous guette. Ce n´est qu´un pas, un début ; mais quel début, mes enfants !

Personnellement, je vous embrasse tous. Et courage, ce pays, c´est le nôtre. Il est donc légitime que son avenir, ses richesses, sa liberté et sa souveraineté appartiennent et profitent indistinctement à tous ses enfants.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

Forum Réalisance 

Posté par Musengeshi Kat à 12:50 - Acteurs et donnés du combat africain - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 janvier 2008

De la valeur et du contenu de l´éducation pour l´avenir de l´Afrique

En guise de commémoration du 17-18 janvier 1961, date de l´assassinat du leader le plus charismatique de l´Afrique.

L´éducation : le talon d´Achille de l´Afrique

« Entre la liberté et l´esclavage, il n´y a pas de compromis » P.E.Lumumba

Introduction

Beaucoup de gens croient que l´éducation, c´est ce qu´on apprend à l´école et qui est plutôt l´instruction ou la formation professionnelle. D´autres croient que les bonnes manières, l´art aisé de se mouvoir en société ou de respecter les us et les usages courants ; c´est cela l´éducation. Et certes, ils n´ont tous pas tort, mais l´éducation, c´est bien plus que cela. L´éducation, c´est en réalité un ensemble de normes sociales reconnues ou louables que la société avalise ou se donne afin de préserver ses valeurs, les droits et les ambitions de ses membres. Et comme telle l´éducation touche et influe à la fois sur l´individu, sur les structures sociales que sur les principes et préceptes par lesquels la société est organisée et articule sa finalité. Elle est donc à la fois un moyen qu´un instrument permettant à la société autant qu´à l´individu dont elle protège la réalisation, une échelle de valeurs, une norme commune dont le contenu et la portée est de promouvoir, d´épanouir, de réaliser au mieux l´individu dans sa société et dans le monde. Or ce que l´individu défend, ce que la société dans laquelle il vit tend à organiser et garantir, c´est la liberté ou les conditions de liberté par lesquelles les attentes, les désirs et les besoins de ses membres se réalisent au mieux dans l´intérêt de tous. Ces conditions se retrouvent autant dans l´influence religieuse, dans les traditions usuelles, que dans les lois ou les idées qui s´imposent dans toute société. Et dans ce sens, l´éducation touche autant à toutes les valeurs importantes de l´échelle sociale de valeurs telles que le sens de l´équité et de justice, les libertés d´expression, les droits individuels et collectifs. Les valeurs éducatives projetées par une nation sur ses membres et sur la communauté internationale répondent non seulement à ses attentes, à sa philosophie existentielle et son art à découdre ou délier les conflits ; mais relève aussi du haut niveau de son respect pour les droits humains et l´existence elle-même en tant que telle.

Education : enjeux, projections d´idéal et d´ambitions

On le voit : l´éducation est le plus grand instrument social d´affirmation et d´assise de toute philosophie sociale. Et de par la flexibilité que lui imposent la connaissance, le savoir et les exigences grandissantes de la créativité autant que celles des droits et des jouissances individuelles et collectives, ce moyen de structuralisme et motivation sociale se doit de s´adapter, de répondre adéquatement aux impératifs évidents de l´existence et de la promotion de sa société. Afin de remplir au mieux sa tâche qui est de doter ses membres et sa société de meilleurs moyens de subsistance, d´épanouissement, de libre et paisible réalisation. Et si il y a un lieu où un idéal social révèle le mieux ses valeurs et ses ambitions, c´est bien dans l´éducation, l´instruction et les us et usages qu´elle entérine et protège. Ceux-ci à leur tour, viennent influer et foisonner dans la société en se projetant sur ses membres et son idéal lequel à son tour nourrit et encense les contenus de liberté et de réalisation de la société. Et quand la société est acculée à une quelconque impasse comme celle du sous développement ou n´arrive pas à se doter de moyens propices résolvant ses problèmes, on ne ferait pas tort de revoir les paramètres et les conditions dans lesquelles l éducation de ses enfants est faite. C´est souvent là que se trouve la clé du changement ou de tout progrès. Car si on veut des gens remplissant certaines conditions intellectuelles ou qualitatives, il faut les former et les instruire largement sur les attentes que la société leur confie.

Le défit de l´éducation en Afrique

Et afin de lever tout équivoque ou complexe prématuré, l´éducation est un défit partout dans le monde, pas seulement en Afrique. Sinon, pourquoi l´Allemagne de 2007 réforme-t-elle son enseignement, pourquoi la France qui compte aujourd´hui entre 20 à 30% de chômage de jeunes (Le plus élevé de l´Union Européenne) a-t-elle lancé, en 2007 d´une large réforme de son système éducatif ? Ces deux pays sont développés, et cependant, leurs statistiques sociales prouvent qu´ils ont des problèmes d´intégration et de création d´emploi. Or, sans formation professionnelle adéquate et sans créativité créant de nouveaux produits, l´amer chômage qui les gangrène va perdurer.

Le niveau actuel de l´éducation en Afrique est lié étroitement à son histoire. Sortant d´une tradition largement orale et ayant été, depuis le 7-8ième siècle de notre ère envahi par les hordes islamistes dont l´influence ne prit fin qu´au 19ième siècle, l´ Afrique s´est trouvée, dès son jeune âge de l´ère contemporaine, confrontée avec sa négation. Quant aux chrétiens, eux, ils envahirent à leur tour l´Afrique au 14-15ième siècle et y pratiquèrent, comme les islamistes, et cela pendant 450 ans jusqu´au début du 20ième siècle pour certains pays, un esclavage criminel qui dépeupla l´Afrique de 200 millions de ses enfants. Ces deux cultures ne s´imposèrent ou n´eurent facile à exercer leurs noirs desseins que parce qu´elles furent mieux armées, qu´elle pratiquaient et employaient l´écriture pour convoyer et entretenir leurs intentions d´une part, et de l´autre, que ces envahisseurs, avec l´aide du cheval et de la maîtrise navale, avaient une mobilité considérable.

Après la vague de décolonisation de l´Afrique des années 1960, l´Afrique a repris en main ses prérogatives de souveraineté et d´indépendance politique, économique et sociale ; ce qui inclus aussi le droit de gérer et d´énoncer souverainement les principes et les valeurs avec lesquelles ses enfants devaient être éduqués. Et c´est en effet ici que se perpétua le problème dont nous avons à découdre des maux aujourd´hui : les bases principielles, rationnelles d´idéalisation et de structuration sociale ayant été largement détruites par des siècles de subordination et de mépris étranger, mais aussi pris au dépourvu par le soudain vide conceptuel causé par le retrait des colonisateurs ; l´élite qui survécut jadis (Voir l´assassinat de Patrice Lumumba, Ruben Um Niobé, Amilcar Cabral, Thomas Sankara, Simon Kimbangu, Steve Bantou Biko…etc) crût qu´il suffisait, pour vaincre le manque éducatif et structurel des sociétés, d´adopter ou de laisser courir la norme du maître. Une façon comme une autre de sauter dans un train dont on espérait qu´il mènerait chacun à bon port. Or, ce ne fut ni le cas, ni l´intention de ceux qui avaient conçu ce train et qui en avaient soigneusement déterminé les arrêts et le parcourt. Les africains, s´ils étaient autorisés à voyager, furent descendus à des arrêts qui ne leur satisfaisaient pas. Parce que ne réalisant pas leurs attentes et leurs intérêts ni culturels, ni économiques.

Aujourd´hui encore, beaucoup d´africains n´ont pas encore compris qu´il ne s´agissait pas de prendre n´importe quel train, mais bien de créer son propre train et de descendre à l´arrêt qu´on s´était au préalable fixé. Prendre la destination qui réalisait non seulement nos rêves, nos désirs et notre culture, mais aussi celui qui développait nos capacités autant manuelles qu´intellectuelles propices à nous réaliser le plus profondément que possible. Parce que là est le sens de l´existence qui se veut libre et accomplie pour tout être humain, pour toute culture et société. Mais pour arriver à ce changement, il faut des gens qui conçoivent, réalisent et surveillent, comme dans toute culture organisée, ce but. Et au demeurant, comment y arriver sans changer l´instrument premier de formation et d´émancipation social qui est l´éducation parce qu´il touche à tous les facteurs, toutes les activités de la vie sociale ?

Les déboires actuels de l´Afrique prouvent que jouer à l´emprunteur ou à l´imitateur ne mène pas bien loin. On arrive, certes, à tromper quelques temps les apparences ; mais à la longue, les problèmes restent insolubles et deviennent plus douloureux.  On tourne en effet en rond en cultivant de faux symboles, de faux préceptes qui malgré tout ne menaient qu´aux portes fermées de la stagnation : celles qui engloutissaient les sociétés encore plus dans la dépendance, dans la pauvreté les exposant ouvertement à l´exploitation unilatérale scandaleuse de notre monde mercantile et aveuglement cupide. Seul celui qui court au mirage ou au miracle se laisse facilement berner ou tromper. Et si cela durait depuis des siècles, on peut se demander, après la soumission aux islamistes ou celle des chrétiens qui dure encore avec la francafrique : quel est diable le sens de liberté et de réalisation des africains ? Ce continent ressentait-il, a-t-il souffert dans sa fierté, dans son âme profonde de tous les crimes et les cruautés qui ont été exercés sur lui ? Et si oui, comment et quand cette Afrique voulait-elle changer les choses, si pas avec l´aide d´une éducation avertie et motivée ?

L´occident, l´histoire ne le cache pas, malgré ses belles théories d´humanisme, son christianisme et ses droits des hommes dont l´empire occidental nourrissait généreusement ses sociétés, cette culture a commis envers la race noire (mais pas exclusivement) tous les délits et les méfaits les plus bas pour arriver à ses fins, pour établir et conserver depuis 600 ans son hégémonie économique, financière et commerciale sur le monde. Et pour les africains, certaines questions se posent, à savoir : allons-nous continuer à chanter aveuglément les louanges de la révolution françaises de 1789 si pendant qu´on prétendit aller aux barricades pour défendre les droits des hommes ; que malgré tout, et visiblement sans le moindre gêne, on fit parallèlement l´esclavage des africains avec une passion toute animale ? Allons-nous continuer à apprendre à nos enfants que Napoléon était un génie militaire et un grand homme politique si en 1802 il rétablit l´esclavage aux Antilles ? Allons-nous continuer à tromper nos enfants en les considérant comme des idiots alors que l´histoire égyptienne, ainsi que la découverte au Congo des Bâtons d´Ishango ont prouvé que les africains, 22.000 ans avant d´autres cultures, inventèrent les sciences mathématiques et les pratiquèrent largement ? Combien de temps les africains allaient-ils cacher à leurs enfants que l´occident leur vidait les réserves des matières premières - et c´est dire leur volait leur dernière chemise tout en les empêchant de vendre leurs produits en occident, et tout en leur polluant l´air et l´atmosphère dangereusement ? Ne restait-il à nos enfants que le sort de zombie de consommation des surproductions occidentales pour se réaliser ?  

Ou ce christianisme qui nous apprenait que Dieu était blanc alors que l´histoire a prouvé que nous étions les premiers peuples sur la terre ; cette religion, tout en ayant cautionné et entretenu l´esclavage envers nous et sciemment fermé les yeux sur nos souffrances et toutes les immondes injustices qui avaient été exercées sur nous par les hordes esclavagistes et colonialistes occidentales…ce Dieu était-il un Dieu de tous et à tous ? De quel genre de religion, de Dieu s´agissait-il donc qui tolérait qu´on assassinat, qu´on priva de liberté et de droits un de ses enfants parce qu il avait la peau noire, jaune ou rouge – et ceci malgré sa propre Bible ? Un Dieu de tolérance ? Un Dieu de tous ? Un Dieu de justice ?

On le voit, beaucoup de questions et de vérités toutes autant douloureuses qu´incontournables. C´est à se demander : messieurs les marchands de la civilisation et du progrès, quel est donc votre véritable visage ; que signifie en vérité votre fameuse définition de la liberté et de la démocratie ? Selon toute vraisemblance, pour tous les autres que vous-mêmes, et particulièrement pour la race noire, cela signifierait-il la déchéance et la soumission perpétuelle ? Nos enfants, par contre, ont droit à exiger de nous des moyens de défenses prompts et efficaces afin qu´ils puissent légitimement faire valoir leurs chances. Car personne ne voudra nous faire croire que le rêve de tout enfant africain se limite à aimer et se à souhaiter joyeusement l´esclavage ! Quant à nous africains, si nous continuons, dans notre hérésie ou notre coupable innocence, à lui apprendre ou lui suggérer comme le veut tout l´occident hégémonique et surproducteur, qu´il doit aimer et aduler les produits et la culture occidentale ; ne participons-nous pas par-là même à notre propre négation ? Il ne faut pas s´étonner alors si cet enfant noir, à force de consommer étranger, dépense ses épargnes sans investir chez lui, ce qui crée le chômage et l´exode de ceux des siens qui devaient le sortir du manque et de la pauvreté !

Conclusion : La liberté africaine est un poids incontournable

A chacun dit-on le poids de ses devoirs et de ses ambitions. Si l´occident, hier, a toujours fait peser sur les autres le lourd fardeau de ses accumulations et de ses douteuses ambitions de grandeur, et aujourd´hui celui de ses surproductions ; l´Afrique, elle, ne peut se développer dans les mêmes conditions. Ceci accroît énormément l´effort imaginaire et créatif qui pèse sur l´éducation africaine, ses sociétés et ses membres. Surtout sur ses élites qui sont tenus de défendre et d´organiser la promotion des intérêts des leurs. Les sombres et douloureux siècles de dépendance et de soumission, la pauvreté actuelle des sociétés africaines ainsi que le retard industriel et technique de notre continent par rapport aux autres nations et continents n´arrangent rien aux choses ; pire, ces inconvénients ou handicaps exigent de l´africain conscient qu´il redouble d´effort et de vigilance. Wendell Phillips (1811-84) disait à raison à ce propos : « Eternal vigilance is the price of liberty ». Et vigilance ne signifie pas seulement rejeter sur les autres la responsabilité ou les erreurs qui ont conduit au marasme actuel. Il n´y pas que les occidentaux qui en sont responsables. L´Afrique doit aussi apprendre à se défaire de ses traditions archaïques. L´une d´elle, l´excision des filles, nous a été léguée par l´islam, cependant que l´instruction et la promotion des filles doit s´intensifier car c´est la femme qui éduque, dans n´importe quelle société du monde, l´enfant en premier. Eduquer une femme, dit un adage de l´UNICEF, c´est éduquer un peuple.

Nous savons tous que beaucoup de naïfs et d´aliénés en Afrique se sont déjà résignés et s´offrent volontairement à la corruption et à la trahison des intérêts des leurs ; cela est tout à fait regrettable. Mais nous devons avoir le courage d´y mettre fin. Car autant dans l´instrument d´éducation lequel n´est que le haut reflet de nos ambitions et celui de nos intérêts, il s´agit de notre liberté, de notre culture et de l´amour que nous portons autant à notre avenir qu´à celui de nos enfants. Habiller cet instrument d´une robe de gala nous permet d´aller à une belle fête humaine, à une célébration de l´existence qui rehaussera notre âme en l´honorant d´élégance et de fierté. Et son baume viendra soigner et panser nos blessures d´incessants siècles de mépris en nous rendant le sourire confiant et serein de notre propre liberté. Et même si logiquement nous admettons que nous dépendons les uns des autres; que la liberté, en définitive, est une valeur universelle, la dépendance et la pauvreté ne doit pas être le sort des uns pendant que d´autres se prélasseraient dans l´abandance et l´excès tout en arguant sournoisement de la liberté et de la démocratie. 

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

Forum Réalisance

Posté par Musengeshi Kat à 19:57 - Acteurs et donnés du combat africain - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 novembre 2007

Des progrès dans la lutte pour le Sida ?

Bientôt l´espoir contre la contamination des séronégatifs ?

ET MALGRÉ TOUT, DANS CETTE GUERRE CONTRE LE SIDA, LE TEMPS PRESSE

Entretien avec Pietro Vernazza, un chercheur suisse qui a aidé des
couples dont l’homme est séropositif à faire un bébé en réduisant
presque à néant le risque d’un rapport non-protégé programmé dans le
cadre d’un essai clinique, sous stricte contrôle médical.

Pietro Vernazza est convaincu qu’une révolution s’annonce dans la vie
sexuelle des couples sérodifférents : ses recherches démontrent,
selon lui, que le risque de transmission au partenaire séronégatif
est « très, très bas » pour les personnes sous traitement efficace
(charge virale indétectable) et sans infection sexuellement
transmissible (IST).

Pour Vernazza, d’ici quelques années, les couples sérodifférents
auront des relations non-protégées, et n’utiliseront plus le
préservatif, grâce aux médicaments !

Yannick et Manon sont en couple sérodifférent depuis 1991. Après
avoir connu les difficultés et l'échec de l'assistance médicale à la
procréation (AMP) à Paris, ils expliquent l’espoir que représente
pour eux, comme pour d’autres couples sérodifférents, l’étude de
Pietro Vernazza.

Pour écouter l'émission, recopiez ce lien:
http://www.survivreausida.net/a8058

Forum Réalisance

Posté par Musengeshi Kat à 20:25 - Acteurs et donnés du combat africain - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 septembre 2007

Sur le récent décès du philosophe André Gorz le 24.09. 2007

En guise d´hommage humble et hautement respectueux à un intellectuel exceptionnel.

Au-delà de l´intelligence et de l´esprit : la passion irrésistible de l´amour

« [...] Tu viens juste d'avoir quatre-vingt-deux ans. Tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t'aime plus que jamais. Récemment je suis retombé amoureux de toi une nouvelle fois et je porte de nouveau en moi un vide débordant que ne comble que ton corps serré contre le mien. [...] Nous aimerions chacun ne pas survivre à la mort de l’autre » André Gorz (à sa femme Dorine) 

Le monde intellectuel entier regrettera cet esprit incroyablement doué de raison analytique et créative à la recherche de solutions aux déboires ou désastres conséquents au capitalisme industriel hégémonique. Il fut le seul à entrevoir que pour changer les choses, pour combattre efficacement les perversions et les méfaits post industriels du néocapitalisme, seul le retour à la revalorisation fondamentale du capital humain était à même de rendre justice à une haute éthique existentielle.

Il ne s´est pas cru capable de survivre à sa femme Dorine. Et nous le comprenons bien, car, que vaut donc la vie sans amour ? Devant la beauté et la chaleur protectrice de la plus belle des vocations humaines, même l´esprit le plus averti se plie. Amour, amour…heureux ceux qui ont eu la gloire de boire à sa merveilleuse fontaine. Nous nous inclinons donc, à notre grand regret. Ses écrits et ses analyses nous resteront précieuses pour nous rappeler que l´éthique profonde de la raison, de l´existence consciente ; c´est de chercher cet équilibre irrésistible entre l´idéal de réalisation humaine parfaite et les turpitudes trop souvent grotesques et aliénantes de l´artisanat réel. Question de méthode ou question de niveau de morale et d´éthique existentielle ? Lui ne saura plus répondre à la question ; il a choisi d´aimer sans retour. Nous l´envions et l´admirons d´autant plus. Hélas, pour nous la recherche ou le combat continue.

Avec notre profond respect. Et merci infiniment pour son attachement à la cause de la condition humaine.

Nos lecteurs trouveront sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Gorz plus d´information sur la vie, les écrits et les œuvres de ce grand esprit de la philosophie écologique.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

Forum Réalisance

Posté par Musengeshi Kat à 21:20 - Acteurs et donnés du combat africain - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 mai 2007

Sarkosy, une chance véritable, réelle pour la France ?

Accrochez vous, l´expresse Sarko va bientôt démarrer !

Une chance nommée Sarkozy pour la France ?

« Trop de liberté nuit à la liberté » Nicolas Sarkozy 

L´homme, si on devait le décrire, est une véritable dynamite. Mais pour qui ? Quand on a suivi son parcourt politique jusqu´à son investiture en tant que Président de France, on a difficile à la fin à le situer tant son discours d´investiture l´a rendu sympathique et raisonné. Je vous avoue que j´ai été séduit, et pas seulement pour la galerie. Mais au devant de tous les problèmes desquels, pour la première fois, j´avais l´impression qu´un président français en comprenait la profonde acuité, et surtout le danger imminent pour l´avenir, ses ambitions de réformes ne sont que légitimes. Et c´est de là que tient en fait ma sympathie : enfin quelqu´un qui, tout en voulant sortir la vielle France enclavée dans le passé ou l´impasse de réformes inefficaces, voulait rendre à cette belle Dame européenne sa parure de Nation de droits et des libertés humaines. Ambitieux, bouillant, parfois polarisant, si pas offensant ? J´avoue qu´on peut lui reprocher tout cela…mais ceux qui s´y abaissent, ce sont souvent des gens qui ne comprennent en rien aux dangers qu´ encourre la France aujourd´hui et demain. Alors, il est toujours facile de tendre la main ou d´exiger des avantages que de participer au foisonnement de chances et de possibilités permettant le maintien et la conservation de la solidarité française dont beaucoup de nécessiteux, de personnes âgées, de jeunes chômeurs ont grandement besoin.

Question de limites. Les limites ont déjà été atteintes ; le système, comme en Allemagne ou dans bien de pays occidentaux, vivait déjà à la pompe de l´emprunt et de l´endettement public qui engloutissait (en Allemagne, en Belgique, en France, en Italie, aux Etats-Unis) des intérêts négatifs énormes ! 40 milliards € par an…L´avenir s´envolait en fumée avant même qu´aie le temps de dire : ouf, l´année touche à sa fin. Au total, l´endettement réel public de la France avoisine les 2500 milliards € ! Le banquier français s´enrichissait plus à prêter à l´Etat qu´à prendre le risque de financer la jeune créativité et les produits nouveaux ! Et tandis que les frais sociaux augmentaient ainsi que le chômage, l´assurance maladie invalidité était à l´agonie. Comment soigner et rendre justice aux pensionnés, au vieillissement (heureux) de société si les coûts croissants ne savaient plus être honoré que par l´endettement ? Ce genre de gouffre conduisait illico à l´inflation, à la faillite, à la restriction du pouvoir politique. Si pas à sa corruption. Rien à faire, celui qui a compris ou sait comprendre la complexité de cette situation ne peut arriver qu´à une conclusion : il faut à tout prix changer les choses, sinon c´est la catastrophe programmée.

Mais quand on a bien entendu le discours de Sarkozy, on ne peut que se demander : mais diable que faisait donc Le grand Chirac ? Se tournait-il les pouces, ou en douze ans ce monarque politique n´avait rien compris ? Il faut le croire, hélas. Mais il n´était pas le seul en occident : tous les gouvernements s´étaient endettés en misant sous une prochaine reprise qui ne vint pas. Et les années passèrent et devinrent dures et ardues, tandis qu´à l´horizon la Chine et l´Inde montaient au front de l´industrialisation…les clients devinrent rares, surtout si, à force d´envahir l´Afrique des excédents et des invendus, d´étouffer ses marché quid avec des tomates, des conserves de viandes, de lait au prix de dumping, on avait sciemment, au nom d´une démocratie douteuse et criminelle, appauvri le Mali, le Ghana, le Burkina Faso, les Congo-Kinshasa et Brazzaville, Haïti, la Jamaïque…et bien d´autres encore. A ces galeux du mépris économique et culturel occidental on corrompit et dévoya leurs élites pendant qu´on assassinait sournoisement leurs paysans dans l´arrière-pays !

Suavement on leur donnait une aide ou des emprunts économiques pour qu´ils ferment les yeux sur le meurtre et l´appauvrissement systématique des leurs… « Africa is back, Africa is back !» ; entendait-on s´écrier à Bruxelles avec emphase. Mais lorsqu´on y regardait de près, on volait aux africains leurs droits de pêches pour piller leurs réserves poissonnières, on consommait à une vitesse effrénée leurs matières premières…pour les obliger perfidement à prostituer leur production en consommant les excédents d´un moloch occidental criminel et aveugle autant sur l´écologie que sur l´avenir et le bien être des africains. Tout pour la culture occidentale, le reste…ce sont des nègres. Eux n´ont pas droit à l´indépendance, à la liberté économique, à entretenir leur culture ou leurs femmes et leurs enfants…à moins que ce ne soit en enrichissant l´occident qui depuis 600 ans les assiégeait. Démocratie, Liberté ? Oh, oui ; celle de l´occident, pas une autre. Le moins qu´on pouvait dire, c´est que ce systématisme était d´un cartésianisme bancal, inhumain, primitif.

Sarkozy allait-il, pouvait-il changer les choses ; faire quitter la France la francafrique, créer ou établir un véritable partenariat avec l´Afrique…cesser de corrompre les élites africaines, convaincre l´Union Européenne à ouvrir sincèrement et ouvertement ses marchés aux produits africains. Y arrivera-t-il, le voulait-il, le pourrait-il ? Ou toutes ses bonnes intentions – du moins celles dont il avait si généreusement pavé son discours du 16 mai – n´étaient que mensonges gaullistes et nuages politiques dans la tradition bien française envers les africains ? Sarkozy était-il le génie dont on parle ; pouvait-on lui faire confiance… ? La confiance, comme on le sait, ne se donne pas : elle se mérite. Et cette précieuse vertu humaine est aussi liée au respect humain, « aux valeurs humaines » comme l´a si bien le prétendu Sarkozy. En politique, cependant, méfiance…tout ce qu´on dit …Les allemands, en tout cas craignaient, avec « l´identité française » appuyée de Nicolas Sarkozy un retour au nationalisme…Ce qui les tranquillisait, c´était cet prompt aveu européen et le souhait ou l´ambition de se reprocher des américains. Voyons voir. Lénine disait : « La confiance, c´est bien ; le contrôle, c´est mieux »

Quant à nous africains, Massa Nicolas Sarkozy, nous en avons vu des vertes et des pas mûres avec la France. Nous avons toujours été de bonne foi ; mais tandis que nous tendions la main, les français nous prirent sournoisement le bras. Autant dire que nous saluerons d´autant mieux un réformateurs épris de valeurs réelles et conséquentes d´humanisme et de liberté. Mais attendre de nous que nous nous faisions baiser à nouveau…en plus des 600 ans que nous avons derrière nous…trop, c´est décidément trop. Vous avez promis de faire appel à toutes les bonnes volontés…nous vous prendrons au mot. Et sur ce, bienvenue au front des vérités, Monsieur le président !

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com

Posté par Musengeshi Kat à 00:14 - Acteurs et donnés du combat africain - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 mars 2007

Une femme exceptionnelle : Mary Robinson

Femme intelligente, combattante et engagée passionnément à la cause de la condition humaine de par le monde.

Un hommage ému et admiratif en guise de profond remerciement

« Beaucoup de ceux qui confondent liberté et libertinage ont eu à subir sa colère et ses hautes accusations » 

Musengeshi Katata

Quand on pose la question dans le monde: connaissez-vous la belle infatigable Mary Robinson, la combattante acharnée des droits humains ? Beaucoup ne savent que répondre. D´autres n´ont aucune idée de qui on parle. Dommage, parce que ce nom, cette femme est bien plus connue qu´on ne se l´imagine. Surtout par ses ennemis qui ont eu, à plusieurs reprises lorsqu´elle était Commissaire des droits Humains à l´ONU, eu à apprécier de son inconsolable ténacité. 180px_Maryrobinson

Sa biographie est plus qu´élogieuse: Juriste, elle fut professeur de Droit Constitutionnel et de Droit pénal au Trinity College à Dublin. De 1969 à 1989 elle fut députée du parlement irlandais. Le 7 Novembre 1990, elle emporte le vote présidentiel de son pays et sera, de 1990 à 1997 la première femme présidente de la République d´Irlande. En 1997 elle est élue Haut Commissaire aux Droits Humains des Nations Unies, fonction qu´elle exercera jusqu´en septembre 2002. Elle est mariée et mère de 3 enfants.

Nous avons suivi toutes les étapes de votre vie, chère madame Robinson. Et c´est surtout dans vos discours, dans votre fervent engagement pour les droits fondamentaux humains que nous n´avons cessé d´admirer cette femme talentueuse et combattante infatigable d´un sens de valeurs humaines qui rendait à tout être humain son espoir, ses pleins droits existentiels et sa liberté. Ceux que vous avez avec acharnement défendu : les africains, les indiens, les femmes, les enfants, les pauvres et agressés vous en sont aujourd´hui largement reconnaissants, mais ils savent aussi combien a été votre endurance et votre ténacité face à nos ennemis communs. Et nous espérons vivement que les générations prochaines de gens de bonne foi suivront votre exemple, parce qu´il rehausse le respect de la valeur et des droits humains. Car nous avons encore devant nous la plaie béante du Darfour...les cris déchirants d´une Afrique galvaudée et honteusement pillée par une francafrique de la pire escroquerie historique. A souhaiter que vous ne quittiez pas votre place aux côtés de ceux qui ont besoin de votre ardeur combattante et de votre haut sens humain.

Il y a sur cette terre des gens qui croient qu´ils doivent mépriser, déposséder, faire subir aux autres de honteuses injustices, des violences gratuites et des douleurs en tous genres pour asseoir leurs intérêts et leurs dictats existentiels, et ceci tout en prétendant fallacieusement défendre la démocratie et la liberté ; vous par contre, vous vous êtes toujours opposées à ces méfaits et n´avez cessé de rappelé à la conscience du monde ses devoirs éthiques et moraux envers la liberté et l´existence humaine. Et dans ce sens, permettez humblement que je vous remercie chaleureusement au nom de tous ceux qui n´ont  pas l´occasion de le faire. Mais qui, croyez-moi, savent très bien qui vous êtes pour eux. Avec nos remerciements les plus émus et le sentiment qu´un monde où une Mary Robinson lève la voix, est toujours un monde meilleur. Bien de choses à votre famille et à vous-mêmes.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

                        

munkodinkonko@aol.com

Posté par Musengeshi Kat à 18:51 - Acteurs et donnés du combat africain - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1