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Forum Réalisance

Cet espace va à la recherche de l´existentialisme de l´homme noir pour lui permettre de mieux se déterminer face à l´histoire et face à la réalisation de sa liberté.

27 juin 2008

Mandela, un symbole générateur réel de liberté ?

A l´occasion de la fête du 90ième anniversaire de Nelson Mandela à Londres, l´occasion de féliciter cet enfant chéri de la terre africaine ; mais aussi de nous demander ce que cet homme vaut pour nous ; ce qu´il nous a rendu ou ce que le symbolisme de sa vie réserve à la génération future.

Au-delà du simple symbolisme

Chaque fois qu´on le voit, chaque fois qu´on entend parler de lui, c´est à peine si on peut oublier que cet homme avait cruellement souffert 28 ans de sa vie enfermé dans une prison de l´Apartheid sud africain. La lutte pour laquelle il avait été illicitement incarcéré a vaincu et lui-même avait retrouvé, en devenant le premier président noir de l´Afrique du Sud, la place qui lui revenait de droit. Après avoir cédé cette illustre fonction publique à Thabo Mbéki aujourd´hui, force est de nous demander : tout est-il revenu dans l´ordre ? La victoire de la libération de notre plus précieux symbole politique vivant nous a-t-il ouvert l´espoir que nos droits et nos libertés en terre ancestrale d´Afrique du Sud seraient désormais respectés ? Qu´est-ce qui a changé depuis ; et que reste-t-il à faire afin que l´idéal attaché à la vie de cet homme lui rende, à lui et à nous, justice réellement ?

Et du coup on se rappelle des fraîches émeutes sanglantes ayant secoué l´Afrique du Sud. Plus de 43 morts africains étrangers en Afrique du Sud, ou encore le rouge de ces statistiques sociaux qui expliquaient, entre autre, pourquoi les sud africains noirs, excédés par le chômage et la pauvreté (40%) qui les frappaient, cherchèrent des boucs émissaires dans les étrangers zimbabwéens ayant trouvé refuge chez eux. Les problèmes ne faisaient-ils que commencer, ou les noirs aux rênes du pouvoir politique avaient été déjoué et se trouvaient, les mains vides, devant une flambée de désirs et de besoins qu´une économie trop lente (apparemment) à satisfaire les attentes de ceux qui souffrirent jadis l´enfer et furent privés de bien de droits afin que les boers de l´Apartheid s´enrichisse et exerce sur eux une scandaleuse domination.

L´occasion, en disant Happy Birthday, Mister President ; de se demander ce que l´avenir nous réserve. Car si l´histoire reconnaîtra toujours en Mandela un héro, la valeur réelle qu´il représentera pour nous, pour toutes les générations futures d´africains, et mêmes d´enfants du monde, dépendra non seulement de la compréhension profonde du symbolisme qu´il nous aura légué, mais aussi de l´enjeu et de l´usage que nous auront fait de son contenu véritable. Ce symbole Mandela n´appartient pas seulement aux sud africains seuls, loin de là ; il appartient aussi à tous les étudiants du monde, à toutes les nations et les femmes et hommes de bonne foi qui ont élevé la voix pour combattre l´Apartheid et obtenir ainsi à la libération de son leader le plus charismatique.

En cette place, nous remercions tous ceux qui se sont battus aux côtés de l´Afrique entière, pour un idéal humain allant au-delà des frontières, de races, des couleurs et idéologies politiques. Après quatre longs siècles d´esclavage, des décennies de colonisations sanglantes et destructrices de nos cultures et de notre souveraineté, des indépendances truquées et mensongères, l´Afrique eut enfin le sentiment, avec la libération de son leader et symbole le plus cher, que le monde avait fini par reconnaître et accepter les droits légitimes et la liberté de l´homme noir. Quel soulagement ! Notre joie était aussi grande que notre désespoir l´a été ces longs siècles d´exactions et d´injustices.

Maintenant, et devant le jugement de l´histoire humaine, et surtout celles de nos brûlantes espérances quotidiennes auxquelles nous devons rendre justice rapidement afin que ce symbole garde sa valeur et son contenu enrichissant, nous nous devons d´organiser et de défendre au mieux ce que ce combat humain fondamental nous a légué. C´est notre façon d´aimer Mandela, mais aussi de nous aimer nous-mêmes en respectant ce qu´il y a de précieux et de profond dans l´exemple et la portée de ce combat, afin qu´à l´avenir le grand idéal de liberté et de droits humains dans lequel le monde entier nous a rejoint, le faux, le mépris et l´incompris ne viennent y semer leurs mauvais grains.

Bien sûr nous ne sommes pas aveugles, qu´il nous semble bien que les choses auraient pu être conclues autrement, ou que les forces en présence n´ont pas changé ; elles se sont plutôt retranchées derrière leurs intérêts réciproques. Et que même si les règles de l´enjeu social en terre sud africaine ont changé, l´homme noir, comme toujours et cela malgré toutes ses souffrances passées, est de nouveau contraint à se battre pour regagner le terrain qui lui revient de plein droit. Mais ceux qui nous sous estiment se trompent ; nous sommes du combat, de la nuit des temps inépuisée par des désirs et des vœux brûlants que l´histoire entière ne saurait entièrement assagir, tant est grande notre soif. Aussi, c´est avec joie et même profonde fierté qu´en fêtant le 90ième anniversaire de Nelson Mandela nous pouvons dire : « En avant, et que rien ne nous arrête sur le chemin de notre pleine et souveraine réhabilitation » !

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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08 mars 2008

Hommage à la femme la plus belle du monde

A l´occasion de la journée de la femme, l´occasion de rendre hommage à la plus belle femme du monde : celle qui habite les rêves et les attentes enflammées de tout être humain.

Belle et tendre liberté…

Combien de nos meilleurs tribuns n´ont offert leurs vies pour jouir de sa reconnaissance, ou espérer la caresse reconnaissante de son amour…Des poètes, des écrivains, des savants lettrés et érudits lui firent des compliments chaleureux, d´autres des prières brûlante. Et parfois, dans le silence des âges et de l´existence humaine, son sourire et sa générosité venait, par des moments de paix et d´abondance, récompenser le juste, le doué et créatif qui mettait à ses pieds ses dons les plus sincères.

En elle on fêtait non seulement l´espoir, la mère tendre et protectrice, le bras vigoureux du père organisant et protégeant les valeurs les plus saines de la société ; on célébrait aussi le rêve le plus beau de la nature humaine : celui qui ouvrait sur la réalisation des attentes, des tourments que l´existence nous avait tous légué.

Et même si, dans leur médiocrité et leur petite nature, les êtres humains s´égaraient dans leurs méfaits, elle, Dame de Vertu et de Morale, ne perdait pas patience. Et de son cœur généreux et fidèle, elle ne cessait d´encenser et d´encourager ceux que la cécité, la rapacité ou la méchanceté humaine avaient préjudicié à se relever et à se battre pour mériter le sourire et la tendresse enivrante de son amour.

Patrie, patrie des sans patrie où nos rêves et nos attentes meurent chaque jour au firmament empressé de notre angoisse d´être, Patrie des hommes et de l´espoir infini où le souffle chaud et impénitent de la vie nous a jeté…que de grâce et de beauté à récolter sur tes tendres lèvres le baiser apaisant ! Que de joie et de plaisir à jouir de tes charmes voluptueux et nourrissants !

Liberté, pays de valeur et d´espérance…où nos enfants viennent téter à ses sains chauds et voluptueux. Et quérir dans son étreinte le sacre reposant de l´amour, en ce jour où on fête la femme fatale et indélébile, du bas de ma modeste nature, je t´envoie cette prière païenne : puisse ton amour nous donner la force de jouir de ta réelle grandeur. Car nous ne sommes, malgré toutes nos prétentions, que des enfants faibles et imparfaits qui ont besoin de boire à tes pieds la plus belle de nos jouissances.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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03 février 2008

A propos du Février de l´histoire africaine au Canada

Interview sur radio CHUO du 02 février 2008 de 13 à 14 heures.

L´ Afrique et l´homme noir face à la religion chrétienne

Rapport intégral écrit de l´émission du 02.02.2008 :

Chers auditeurs, chers amis d´Afrique Plus, avec Monsieur Musengeshi qui est notre invité du jour, nous allons aborder aujourd´hui, dans le cadre du Février de l´histoire de l´Afrique au Canada, le thème de l´homme noir face à la religion chrétienne.

1. Afrique Plus : Pour introduire notre sujet, Monsieur Musengeshi Katata, croyez-vous, comme le disait Karl Marx et Lénine que la religion est l´opium du peuple ?

Réponse MK : Non, je ne le pense pas ; c´est un avis un peu trop partial. La religion, à mon avis, est une aspiration humaine légitime à une grandeur supérieur sur laquelle celui qui s´en réclame ou y aspire peut se référer comme norme d´excellence et de juridiction supérieure.

2. Afrique Plus : Ah, nous y voilà. Norme supérieure d´excellence…J´ai lu l´article sur la Bible en comparution immédiate apparu sur Forum Réalisance, votre site Internet ; et cet article met en accusation le christianisme, son esclavagisme et sa discrimination envers les noirs. Pouvez-vous expliquer à nos auditeurs ce que vous entendez par là ?

Réponse MK : C´est très simple: lorsqu´en 1554, Nicolas V alors Pape de l´église catholique, donna le feu vert aux chrétiens de prendre en esclavage les africains, les déposséder de leurs terres et de leurs biens pour les soumettre aux bons loisirs et intérêts de la race blanche, ce Pape qui croyait tenir son pouvoir de Dieu et l´exercer sur terre en son nom commit deux erreur fondamentales…

3. Afrique Plus : Vous voulez dire qu´il n´était pas mandaté par Dieu? Et Quelles sont ces deux erreurs?

Réponse MK : Oui, une des questions est: a-t-il réellement été mandaté par Dieu pour user et abuser autant des vies que des droits d´enfants de Dieu ? Si Dieu est magnanime, juste, généreux et tout puissant; comment celui qui s´en réclamait pouvait-il sciemment commettre des pêchés, ces bassesses et toutes ces violences en son nom ?

4. Afrique Plus : Et la deuxième erreur, quelle est-elle d´après vous?

Réponse MK : Elle découle de la première et signifie tout simplement que la religion chrétienne, au lieu de propager ou d´instruire la parole de Dieu, elle s´est elle-même instaurée, derrière la Bible, sa papauté et son clergé, en norme de supériorité et d´excellence. Ainsi, cela lui permettait non seulement de perpétrer ses crimes envers les autres races à loisir, mais aussi de les justifier fallacieusement.

5. Afrique Plus : Vous voulez dire que le véritable but de la religion chrétienne est tout autre qu´un rassemblement aux pieds du même Dieu?

Réponse MK : c´est exactement cela. La Bible et l´église chrétienne se sont mis au service de la soumission et de la domination de tous les autres peuples par la race blanche et ses étroits intérêts. L´occident a employé la religion chrétienne comme un instrument de domination et d´abus en tous genres. Pour des raisons purement économiques. Il n´y avait d´humanisme réel dans cette religion que celle qui commençait par la totale soumission à l´hégémonie et aux bons vouloirs des blancs.

6. Afrique Plus : D´après vous, une question autant de méthode que de contenu d´intentions ?

Réponse MK : C´est bien cela. Si le Dieu chrétien est le Dieu de tous, le Dieu vertueux et inégalable autant dans sa grandeur morale que dans son excellence éthique, ce Dieu ne peut pas avoir ordonné aux occidentaux de piller, de violer et priver de liberté et de droits ses propres enfants parce qu´ils étaient noirs, rouges ou jaunes ! Impossible, sinon ce Dieu n´est rien d´autre qu´un renégat. Notez que ce Dieu avait lui-même créé des races diverses. Et pour les mauvais amateurs de démocratie qui prétendaient que la démocratie ou la tolérance sont des vertus occidentales, je dirai que Dieu est le plus grand démocrate et le plus grand tolérant parce que justement il a créé ces différences dans sa création.

7. Afrique Plus : Pensez-vous que la chrétienté ou la religion chrétienne a un problème avec l´homme noir ou c´est l´homme noir qui a un problème avec la religion chrétienne ?

Réponse MK : Les deux à mon avis. Nous attendons toujours les exous attendons toujours les escuses , je dirai que Dieu est le plus grand ds les peuplescuses de 450 ans d´esclavage, de destructions culturelles cruelles, d´ignobles mal traitements cautionnés et accompagnés joyeusement par la religion chrétienne. Ceci a coûté 200 millions d’âmes à l´Afrique. D´autre part, la religion chrétienne doit aujourd´hui non seulement se distancer de ses abus passés, elle doit aussi, puisqu´elle se réclame d´une divinité pure et sans le moindre parti pris, cesser de tolérer ou de s´associer à des actes qui nuisent aux libertés ou aux droits de quelque race que ce soit. Autrement, elle perdra sa crédibilité non seulement à l´égard d´elle-même, mais aussi à l´égard des croyants et des autres religions. C´est exactement cet opportunisme que les extrémistes islamiques en profitent pour commettre leurs abus et leurs crimes communs envers ceux qui ne sont pas des leurs.

8. Afrique Plus : Voulez-vous dire que les extrémistes islamiques utilisent le passé et les abus historiques des chrétiens envers tous ceux qu´ils ont rencontré pour justifier leur intolérance et leurs crimes envers ceux qui ne croient pas comme eux à l´islam?

Réponse MK : Mais c´est évident. L´islam, dans sa fierté et ses ambitions est tout aussi totalitaire et hégémonique qu’a été le christianisme. Et par analogie, les islamistes se disent: pourquoi les chrétiens auraient-ils le droit de faire des esclaves, de massacrer des peuples entiers et de s´emparer de leurs terres et de leurs avenirs en se réclamant de leur Dieu ; nous aussi nous avons un Dieu qui pour nous est le seul. Nous avons donc aussi droit à faire les mêmes abus, à perpétrer les mêmes crimes et les mêmes méfaits.

9. Afrique Plus : Et vous croyez réellement qu´il ne s´agit, entre la religion chrétienne et l´islam que d´une surenchère dépassée à qui fera le plus de crimes pour s´imposer sur le monde ? Ne s´agit-il pas aussi de Dieu, ou d´être la religion qui d´une part réalise au mieux les injonctions de justice et d´équité que lui impose Dieu, et de l´autre, d´une religion qui éveille, anime et encense au mieux les meilleurs valeurs humaines en permettant ainsi à ses croyants à se réaliser le plus pleinement que possible?

Réponse MK : Vous avez bien raison, il s´agit de tout cela. Mais je me demande comment on peut se réaliser pleinement quand on est esclave, privé de liberté et de droits ou bombardé à longueur de journée ? Or ces deux religions se sont dépassées dans le passé sur ce tableau. N´oublions pas que l´islam a légué à l´Afrique l´excision des femmes. Le prophète Mohamed lui-même le recommanda aux croyants. Avec cette exception qu´il se refusa à y exposer ses trois filles.

10. Afrique Plus : A votre avis, croyez-vous, monsieur Musengeshi Katata, que la religion chrétienne soit nocive ou avantageuse pour l´homme noir et particulièrement pour l´Afrique?

Réponse MK : Tant que la religion chrétienne convoie sournoisement les intérêts et les symboles de domination occidentale, l´Afrique ferait mieux de s´en séparer. Parce que si Dieu existe réellement, il n´est ni blanc, ni jaune, ni rouge. Par ailleurs, cette religion chrétienne doit se faire à l´idée que si elle se réclame de Dieu et de son excellence, celui-ci est universel et se réjouit autant de la liberté que de la réalisation de tout un chacun et de ses enfants. Pas seulement les blancs, et pas seulement les chrétiens. C´est le problème des religions aujourd´hui : prétendre à la perfection et à l´excellence de Dieu, mais ne pas être capable de se surpasser ou de grandir sur soi-même en dépassant son étroite subjectivité.

11. Afrique Plus : Une dernière question, monsieur Musengeshi ; êtes-vous croyant ?

Réponse MK : Oui, je suis croyant, mais je suis kimbanguiste. Maintenant si par curiosité vous me demandez ce que cela signifie, je vous dirai que cette religion qui a été prophétisée par Simon Kimbangu stipule que Dieu pour un noir est noir. Par ailleurs elle enseigne qu´il ne faut pas que les rapports humains commencent par l´esclavage, le meurtre ou le dénis des droits et des libertés pour prétendre ainsi ouvrir sur l´excellence de la foi de Dieu. Cela lui a valu 30 ans de prison jusqu´à sa mort. Mais je crois que vous comprenez maintenant la différence fondamentale qui existe entre nous kimbanguistes et la religion chrétienne.

Afrique Plus : Bien, Monsieur notre Interview touche à sa fin, au nom de nos auditeurs et de toute l´équipe d´Afrique Plus, nous vous remercions d´avoir voulu répondre à nos questions. Nous rappelons à nos auditeurs encore une fois que cette émission a été faite dans le cadre du Février de l´histoire africaine au Canada. Merci, Monsieur Musengeshi…

- Mk : C´est moi qui vous remercie ainsi que tous vos auditeurs…et si vous le permettez, je vais profiter de l´occasion pour saluer et remercier une grande femme canadienne : Maude Barlow du Concile des canadiens pour ses efforts dans la lutte pour l´eau dans le monde et des efforts qu´elle a fait pour préserver le riz indien Basmati de tomber sous licence américaine.

Si vous voulez participer au Février canadien de l´histoire africaine sur radio CHUO, écrivez ou prenez contact avec:

Richard Dipanda, chef de programmation d´Afrique Plus, Canada

rickmbel@yahoo.com

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17 janvier 2007

17 au 18 janvier 1961 : assassinat odieux de Patrice Lumumba

Un tribun dont le discours politique est resté actuel et édifiant

Un discours politique inoubliable par sa vision et sa profondeur

"Nous voulons une vraie indépendance." “Nous allons mettre tous nos travailleurs au travail, après le départ des troupes belges (…) Chacun aura du travail, avec des salaries modestes. Et je vous assure, qu’avec notre foi, avec notre dynamisme, avec notre fierté nationale, le Congo sera dans cinq ans un pays fortement développé. Ce n’est pas en mendiant des capitaux que nous allons développer le pays. Mais en travaillant nous-mêmes, avec nos propres mains, par nos efforts (…) le seul slogan pour le moment: le progrès économique, tout le monde au travail, mobiliser toute la jeunesse, toutes nos femmes, toutes les énergies du pays. Les cadeaux, on ne les apprécie pas. L’indépendance cadeau, ce n’est pas une bonne indépendance. L’indépendance conquise est la vraie indépendance.” (Conférence de presse 9 août, cite dans “Congo 1960, 2, pp 593-594)  Patrice Emery Lumumba

PatriceLumumba

Il suffit de regarder le marasme dans lequel baigne le Congo actuellement, l´Afrique tout entière aujourd´hui pour se rendre compte d´une part que les assassinats qui ont eu lieu dans les années 1960 et 1970 et qui touchaient tous les meilleurs politiciens africains étaient bien orchestrés par les colonisateurs occidentaux dans un but précis et clair : celui de décapiter l´Afrique en éveil afin de la jeter en proie à la francafrique qui elle ferait de ce continent un bateau fantôme : sans but et sans port. Et d´autre part, et eu égard à la dépendance ainsi créée sous le couvert de « l´indépendance », on se rend compte combien les colonisateurs français, belges, anglais, hollandais, portugais et autres espagnols et américains s´étaient rendus complices de la plus grande mystification politique, économique et culturelle de toute l´histoire des relations afroeuropéens.

Cette fausseté, ce faussement destructif de l´identité politique africaine avait certes commencé depuis 1441, mais ce qui envenima son poison, c´est qu´elle fut fêtée et imposée comme étant l´indépendance réelle et effective ! Par là, toute la logique, le raisonnement politique africain s´en trouva déréglé, voué à la chosification antinomique. Et dans le jugement de ces assassinats et de cette vaste intrigue de mépris et de refus volontaire de liberté, et donc de reconnaissance humaine au sens large du terme, les occidentaux qui s´y adonnèrent, même si aujourd´hui ils affichent tous des masques de fausse tolérance et de fausse reconnaissance économique et politique, d´avoir trempé et entretenu cette barbarie ne les met en aucun cas du bon côté de l´histoire, bien au contraire. Mais, n´était-ce pas, après l´esclavage durant 400 ans, la sournoise continuité de leurs basses œuvres ? Nous le pensons bien, et nous irons encore plus loin pour dire que la situation pourrissante actuelle de l´Afrique, la destruction de saines lignes politiques répondant sur ce continent aux aspirations, à la réalisation des africains a été organisée et volontairement assise.

Ce qui choque aujourd´hui, c´est que les africains, et surtout ceux qui se disent intellectuels ou de l´élite du pouvoir en Afrique tardent à réaliser et à mettre fin à cette maculature. Peur de mourir, ou simplement peur d´être exclus des avantages corrompant et dévoyant que la sournoise francafrique déversait sur les notables africains afin de perpétrer et consolider son règne malsain et criminel en terre africaine ? Cécité ou simplicité d´esprit ? En tout cas, les manquements, de par leurs conséquences négatives sur les sociétés et leurs développements étaient tellement visibles et choquant qu´on se demandait, avec raison, si les africains ne vendaient pas bassement leur fierté, leur avenir à vil prix ; si l´amour qu´ils ont d´eux-mêmes, de leurs responsabilités sociohistoriques, des leurs ne se résumait-il pas en…mépris désintéressé tout court ! Ou comment peut-on qualifier celui qui vendait les siens à leur pire ennemi, qui consignait femmes et enfants à la misère et à la pauvreté, ou qui, pendant qu´on le mystifiait et escroquait son avenir, continuait pertinement à fermer les yeux et à acclamer cette criminelle supercherie ?

Au Congo de la RDC, la patrie de Patrice Lumumba, plus on y découvrit des richesses minières, et plus l´emprise occidentale se resserra sur ce pays et ses habitants. Et c´est d´autant curieux que le jugement intellectuel, le sens de responsabilité, la capacité à organiser et orienter ce pays vers son bien être et sa prospérité, parmi ses élites, diminuait dangereusement, laissant place à ce brouillon actuel nageant dans l´incapacité et l´irresponsabilité la plus illuminée. Mettre un marchand d´œufs des marquis tanzanien à la magistrature suprême de son pouvoir ; cela peut satisfaire la Belgique et tout l´occident qui avaient tous intérêt à retarder, comme par le passé, l´avènement d´une élite indépendante et responsable en pays africain détenteur de matières premières stratégiques ; mais est-ce de l´intérêt et de l´avenir de ce pays et de ses habitants que la misère, les guerres, soient toujours à leurs portes ? Que les congolais eux-mêmes s´y laissent abuser, cela dépassait les limites du bon sens. A ce point qu´on se demande : existe-t-il encore le bon sens, en Afrique ? Ou avait-il été irrémédiablement pourri et gangrené par la sournoiserie, les intrigues des obscurs et rapaces intérêts occidentaux ?

Mettre Pierre Mulele aux côtés de Patrice Lumumba, c´est logique ; mais y ajouter un Laurent Kabila et…son fils auto déclaré sans preuve d´adoption ou de naturalisation sur le même rang, il faut ou être idiot ou n´avoir aucune notion ou valeur d´estimation du discours politique de ses propres élus ou héros nationaux. Che Guevara qui rencontra Laurent Kabila lui refusa la reconnaissance politique et le traita d´illuminé et d´incapable. En effet il ne s´agit pas simplement de se réclamer du Lumumbisme pour devenir un génie de la politique ou égaler le grand tribun charismatique dont l´intelligence politique, rationnelle, et même le sens de vision sociohistorique était d´un niveau exceptionnel. En occident, un adage dit : il faut savoir séparer la graine de l´ivraie, si la prochaine moisson doit être fructueuse. Les africains s´illustrent dans le choix des idiots et des demeurés pour les gouverner, déterminer leur avenir, et espèrent ainsi obtenir des résultats sociaux éloquents ; n´est-ce pas un peu borné et illusionniste ? Depuis quand un marchands d´œufs durs serait-il un génie monétaire, économique du développement ? Parce que cette histoire d´université de Washington, Condoleezza Rice peut la mettre où elle veut, elle est fausse et pénible pour l´américaine qui l´a soutenue. Et si cela était vrai, depuis quand un diplômé d´une université américaine vendait-il des oeufs durs au marché rwandais ? Quelle est la qualité de cette université; que vaut sa formation si celle-ci se terminait ou n´ouvrait qu´à vendre des œufs durs en marché public africain ? Tout cela n´avait aucun sens. Et quand on pense que ce même président, le 10 février 2003 allait chanter en occident devant le Sénat belge des louanges de Léopold II, et c´est dire ici injurier tous les héros de la lutte africaine pour son indépendance… Y compris Patrice Lumumba et Simon Kimbangu ! De quel genre de président s´agissait-il donc s´il ne respectait pas la lutte de son peuple pour l´indépendance et la liberté ?

Ce qui frappe, et ici je donne raison aux rares historiens critiques de l´histoire politique africaine, c´est que les africains, par ignorance ou par dévoiement rationnel, n´arrivent pas à analyser et comprendre l´histoire politique africaine objectivement, comme il se doit. Peut-être parce que l´enseignement en Afrique est toujours dominé par une conceptualisation occidentale réfractaire à la vérité, et surtout à la liberté et la prise de conscience des africains. Les économies, les finances, la planification sociale de bien de pays africains étaient toujours sous obédience étrangère; livres d´histoire toujours écrits par des européens qui eux, cachent bien leurs bassesses et leurs crimes de par le monde sous de fallacieuses prétentions d´humanité, d´aides, d´amitié, de progrès, d´assistance culturelle ou religieuse. On sait ce que cela veut en réalité dire : le droit de piller, de violer, de prendre en esclavage, d´exploiter ou de massacrer à loisir au nom de la liberté, de la démocratie ou de la religion chrétienne…ou musulmane. On parlait et on chantait toujours en Afrique de la liberté, de l´indépendance et même du développement; mais ce qu´on entendait par là, en contenus d´efforts et conception étaient, hélas...une incroyable duperie. Voulait-on se tromper soi-même ou s´agissait-il de faire éternellement semblant ?

Aux côtés du discours de Patrice Lumumba et de son assassinat, il y a bien d´autres noms et discours tels ceux de Kimpa Mvita, de Simon Kimbangu, de Samora Machel, de Kwame Nkrumah Osangiefo, de Steve Bantou Biko, de Ruben Um Niobe, de Walter Rodney, de Martin Luther King, de John Henrik Clarke, d´Englebert Mveng, Marcus Mosiah Garvey, de Malcolm X. Et malgré ces brillants penseurs noirs, les africains n´auraient toujours pas compris ou appréhendé les contours et le contexte sociohistorique dans lequel ils évoluaient ? Faut-il croire au génie de l´homme noir lorsqu´il n´arrivait pas à assimiler l´évidence qui se trouvait visiblement devant son propre nez ?

Déboussolé, tournant en rond : tel est l´image que nous fait l´Afrique aujourd´hui. Et en ce moment où sa démographie explose, au lieu de faire diligence en préparant les sociétés à exercer pleinement leurs responsabilités face à ces enfants qui naissent en nombre incessant du Nord au Sud de ce continent, on assiste plutôt à un abandon d´instruction, de la formation professionnelle manuelle, au refus d´investir et de promouvoir à l´emploi local générateur de plus value et d´accumulation. Toute l´Afrique noire vivait de l´aumône internationale et de la mendicité, tandis que l´aide intéressée et plutôt criminelle occidentale déversait sur ses pays les excédents et les invendus occidentaux, noyant et détruisant ainsi la faible agriculture et industrie alimentaire des africains avec des prix de dumping. Or, c´est la demande, le besoin qui crée l´emploi, la nécessité d´investir; étouffer cette demande ou faire disparaître ses effets obligeants, c´est faire disparaître le lien intransigeant qui lie l´économie à la réalisation des besoins et des attentes légitimes du peuple! L´avenir, s´il continuait à ce rythme et sur cette logique, ne serait qu´une aggravation de la misère et de la pauvreté, parce d´une part les bouches à nourrir augmentaient, et de l´autre, la pression de l´occident piégé à la crise économique et au chômage augmentait, ceux-ci cherchant à tout prix à écouler leurs destructifs excédents. Demain, de quoi donc vivraient ces enfants africains sans instruction, sans formation professionnelle, sans le soutien économique de l´accumulation nationale créatrice d´emplois et de bien être social ?

Il était temps de se faire des idées là-dessus et d´agir en conséquence. On remarquera alors que le discours de Patrice Lumumba est plus que jamais actuel.

Je rends un hommage vibrant et ému à un des plus grand enfant de ce monde, du vrai africain Patrice Lumumba. Daigne à l´histoire, aux meilleurs enfants de l´Afrique à lui rendre un jour justice, et c´est dire : à entretenir et promouvoir une liberté et une réalisation qui rende leur fierté à ceux pour lesquels il a offert sa vie. Luis Inácio Lula da Silva, président du Brésil disait dans un de ses discours : « Il n´y a pas dans une société de symptôme plus dramatique de racisme que d´induire les hommes et les femmes à nier leur propre identité ». Mais comment entretient-on l´identité sans liberté, sans moyens économique résolus et adéquats ? Quels sont les africains qui croyaient  encore aujourd´hui qu´il est possible d´aller au progrès, à la liberté et la réalisation sociohistorique sans en payer le prix intellectuel, rationnel, créatif ? A quoi ressemble donc une liberté qu´on recevrait d´un autre ou qui serait définie par quelqu´un autre que nous-mêmes ? Ne l´avons-nous pas suffisamment appris ?

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com   

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28 décembre 2006

En guise de meilleurs vœux

Souhaits sincères à tous les amis et lecteurs de réalisance pour l´année 2007 !

Pour un engagement de foi, de liberté, de droits et de réalisation humaine

L´année qui va bientôt éclore va ouvrir une époque riche en changements et en conséquences pour les êtres humains et habitants de notre chère et belle planète. Nous devons, si nous voulons longtemps encore profiter de notre écologie, protéger notre environnement et son équilibre régénérateur, afin que les prochaines générations puissent en jouir, et ne pas nous traiter de tous les noms parce que nous l´aurions mis gravement à mal. Certaines personnes, certaines nations n´ont qu´une vue primitive de l´équilibre écologique, et pourtant, son importance dépasse toute ambition terrestre quelque soit-elle. Ce n´est qu´en harmonisant et en ajustant notre réalisation sur le respect de la nature et ses divers facteurs écologiques que nous rendons justice à un bien précieux qui appartient à tous, autant aux vivants qu´à ceux qui naîtront demain.

Entre l´Ethiopie, les forces gouvernementales somaliennes et les islamistes somaliens s´est ouvert une nouvelle guerre de religion. On le voit : ces méchantes prières importées sont bien troublantes et occasionnent, dans une Afrique en mal d´elle-même, de développement, de véritable idéal sociohistorique affirmé, des brasiers de révoltes et de guerres civiles meurtrières qui sillonnent ce continent et son histoire depuis trop longtemps. La tolérance, cette fois encore, est mise à mal ; mais cela étonne-t-il les africains chahutés des siècles d´une religion à une autre, d´un maître islamique à un autre occidental ? Par ailleurs, le sous développement que subissait ou sous lequel souffrait ce continent et le mettait sous toutes les vicissitudes de la pauvreté et du manque, de l´illumination religieuse, de l´exploitation prédatrice des pays industrialisés. Tout cela faisait un cocktail dangereux qui faisait vomir bien de pays, de gouvernements ; surtout si manquant de véritable lecture ou compréhension des enjeux et des tourments dans lesquels l´existence moderne les jettent, au lieu de bâtir au principal : au progrès et à la capitalisation sociale, ils se déraillent à colmater les incessants subsidiaires trompeurs. La tolérance, on ne peut vraiment l´exercer ou l´offrir au prochain que si celui sait encenser sa valeur et la respecter ; autrement, on offrirait la main à quelqu´un qui vous prendrait le bras. Ni la tolérance, liberté ; et encore moins la démocratie ne sont des valeurs humaines à sens uniques. Ce n´est pas non plus avec le crime et la violence qu´on les acquiert ou qu´on les atteint. Ceux qui se sont abaissés à des iniquités pour jouir des droits du plus fort ou celui des faits accomplis peuvent mentir longtemps, mais un jour leurs mensonges et leurs crimes passés les rejoignent et font d´eux un jugement historique condamnant.

Après la mystification politique du Congo, on entend déjà les cris de wallons belges voulant trouver asile économique au Congo. Et on se demande déjà : que viendraient-ils faire dans un pays où leur roi bâtisseur avait coupés les mains, pillé, violé, violenté à qui mieux mieux ? Si ces wallons fuyant les flamands plus riches et plus imposants n´avaient pu établir la paix et cultiver la coexistence pacifique chez eux ; qu´allaient-ils donc offrir aux congolais ? Le passé criminel de la colonie qu´ils avaient avalisé pour en profiter des fruits, ou l´échec actuel qui les délogeait de chez eux ? Ce tourisme du sac au dos en fuite éperdue devant la crise économique, que cachait-il ? Une nouvelle ère du Bwana, du mundélé et de son boy, de l´Afrique noire où les nègres servaient docilement leur propre exploitation, leur aliénation et leur chosification injurieuse ? Alors, Mr. Louis Michel, messieurs les wallons, qu´avez-vous donc à offrir au Congo ? Il faut que ce soit quelque chose de solide, où vous êtes brillants et incontestés ; et surtout, n´oubliez pas : le Congo, n´en déplaise à beaucoup d´entre vous, n´est ni une propriété belge, ni une province du royaume de Belgique. Mais vous m´avez compris, n´est-ce pas… ? Sinon nous allons employer de petits dessins pour vous le faire comprendre efficacement. Et définitivement si vous avez un peu de respect pour vous-mêmes. Car nous, contrairement à vous, nous n´avons ni oublié le passé, ni mis notre liberté à disposition.

L´année 2007 ouvre une époque économique de trente ans qui va perturber et changer définitivement notre monde tel que nous l´avons toujours connu. Et j´espère vivement que dans ces changements, et pour tous les enfants de cette bonne terre, et particulièrement pour l´Afrique, apporteront plus de bien-être, de réalisation et de liberté qu´elle ne l´a fait jusqu´aujourd´hui. Mais sans se faire trop d´illusion, je crois cependant pouvoir dire que sans mettre la main à la pâte – et cela vaut pour tous – sans aspirer et défendre activement un meilleur idéal, rien ne tombera du ciel.

A mes amis, aux leurs, à mes fiévreux lecteurs je leur souhaite de tout cœur de savoir aimer, de trouver les gestes, les mots et les actes qui protègent un sentiment inégalable pour la vie humaine. Car ce doux cocon de l´amour, pour peu que nous soyons capables d´en célébrer la grandeur et la beauté, ennoblit et sécurise le feu brûlant de nos valeurs les plus fières en rendant notre vie pleine et épanouie. Protégez donc tous ceux qui vous aiment, et ne vous contentez pas seulement de croire au bien, en vous-mêmes, mais ayez le courage de défendre ce qui vous revient de droit. Avec mes meilleurs souhaits, et toute ma sympathie ; votre fidèle et dévoué :

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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13 octobre 2006

Prix Nobel de la paix 2006 à Mohammed Junus

Pour la première fois, ce prix honore sa réputation

Reconnaissance internationale chaleureuse au père du Microcrédit

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« Aux âmes bien nées la valeur n´attend pas le nombre des années… »  Corneille 

La nouvelle est tombée comme un coup de foudre au Bengladesh où l´économiste Junus Mohammed a, pendant 30 ans, mis au point un système de prêt bancaire sans garanties aux pauvres dont plus de 90% étaient des femmes, et permit ainsi à 6 millions d´êtres humains de sortir du cercle vicieux de la pauvreté. On remarquera que contrairement à ce que les riches affirment que les pauvres ne veulent que détruire le capital en le consommant irréversiblement, tous les microcrédits prêtés par la banque de Junus Mohammed, la Grameen Bank, furent remboursés rubis sur ongle.

Ce système créé par celui qu´on surnomme désormais : le banquier des pauvres Junus Mohammed, a fait le tour du tiers monde jusqu´en Afrique. Il a été remarqué et accompagné notamment par l´Université technique de Berlin dont les chercheurs économistes furent impressionnés par ce phénomène socioéconomique efficace et sans contrainte.

Réalisance rend un hommage vibrant à cet homme simple et visionnaire qui prouve que le pauvre, contrairement à ce qu´ont dit ou insinue, est plus vertueux et responsable qu´on ne veuille trop souvent injustement le lui reconnaître. Par ailleurs, ces crédits ayant été pratiquement octroyés aux femmes, cet homme a largement contribué à l´émancipation et à l´abattement d´un faux mythe phallocratique qui étreint encore notre pauvre monde masculinisé.

Et pour la première fois, ce prix de la paix a été remis à quelqu´un qui, comme le reconnaît le monde entier et le choix du jury, a travaillé et œuvré véritablement à la paix sociale en rendant un espoir économique réel à 6 millions d´êtres humains. En cette place un hommage des plus admirateur à cet homme de bonne foi qui nous console bien tard mais mieux vaut tard que jamais de prédécesseurs du pire acabit comme Kissinger, par exemple qui doit se cacher ou exiger des garanties diplomatiques lorsqu´il est invité à conférer à l´étranger. Avec ce choix, le système de valeurs internationales quitte son piédestal arrogant et politisé pour redevenir un véritable instrument universel de reconnaissance et d´encouragement à ceux qui luttent pour une humanité sans pauvreté. Et ça, c´est tout simplement fantastique.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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28 septembre 2006

Hommage admiratif à un enfant noir inoubliable

Fidèle et épris de sa race : Steve bantou Biko

Les fleurs embrasées de l´âme noire

« L´arme la plus dangereuse entre les mains de l´oppresseur,

c´est l´inconscience de l´opprimé »   Steve bantou Biko

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Ce qui l´a rendu célèbre, ce n´est pas qu´il fut traqué comme une bête, battu, privé de tous les droits et assassiné par l´ignoble et criminel Apartheid ; mais son esprit, son intelligence dialectique, son amour consciencieux et inconditionnel pour le combat de sa race. Quiconque a suivi ses pas, entendu sa voix, écouté son discours s´est trouvé devant un monument d´amour et d´ivresse pour la liberté et le respect de la dignité humaine.

Nous ne l´oublierons jamais, car ce souffle qu´il a mêlé à l´âme inassouvie et brûlante de l´Afrique, on entend encore ses fleurs vives parfumer l´air frais et insolent du continent de nos terres ensoleillées. Et comme une prière chaude et passionnée dont les vœux secrets et lourds ne perdent leurs promesses, l´Afrique entière l´embrasse et le berce dans ses bras. Un jour peut-être l´histoire que nous avons pavé de nos larmes sourdes et de nos prières ensanglantées lui rendra justice, mais nous, nous ne cesserons jamais de l´aimer. Infiniment. Avec toute notre foi, notre cœur, et la couleur ambre de notre peau.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com   

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17 septembre 2006

16 septembre 2006: Réalisance a 1 an!

L´Afrique à la recherche d´elle-même, de son meilleur visage.

En garde !

Chers et honorés lecteurs, aujourd´hui il y a un an, nous décidions de monter au front pour vous faire part de notre vérité, mais aussi pour partager avec vous une dimension de la liberté, une vision des choses, de l´existence que nos observations et nos réflexions nous avaient laissé entrevoir. Parce que nous estimions qu´au train où allaient les choses, la liberté, la réalisation de l´homme noir était en danger. Et cela non seulement par les faits historiques, leurs influences sur son historicité, sa culture, sa philosophie existentielle, mais aussi par les actes positifs ou négatifs qui articulaient ou désarticulaient son monde.

Un but ambitieux, direz-vous ; c´est vrai, mais sans le moindre gêne ou complexe. Après tout, il ne s´agissait que de nous, de nos enfants, de notre avenir. De celui des africains, de ceux que biens de peuples, de cultures du monde considéraient, à tord, comme une culture, une race, un continent de premier choix lorsqu´il s´agissait de lui faire porter le poids et le prix d´entreprise économiques, financières et même culturelles qui n´étaient ni dans son intérêt, ni les siennes. Le comprendre, et surtout dénoncer ces crimes sournois aujourd´hui astucieux et subtils tout en gardant leurs ignobles primitivités d´hier ; divulguer toutes ces atrocités qui étouffaient et assassinaient les nôtres, c´est mettre entre les mains des gens de bonne foi (africains ou étrangers), des arguments leur permettant de mieux orienter et défendre adéquatement leurs intentions.

Et du coup on comprend pourquoi la question : « Mais pourquoi les africains se laissaient-ils donc faire ou chosifier à ce point ; n´était-ce pas inconscient et irrespectueux de soi-même ? » prenait une dimension, une importance toute particulière. Oui, pourquoi au fait ? Qu´est-ce qui les empêchait de s´organiser et de s´opposer à ces actes répétés, à ces ignominies ? Et c´est la réponse à ces questions qui nous a affermis et convaincu dans nos intentions. Et pas à pas, en dévoilant et découvrant les dessous des cartes d´une part et de l´autre la belle et puissante foi d´un Simon Kimbangu, par exemple, ou le martyr d´un Um Nyobe, d´un Patrice Lumumba, Malcolm X, Steve Bantou Biko, d´un Amilcar Cabral, de Martin Luther King, de Marcus Mosiah Garvey…et de tant d´autres qui atteignirent, et peut-être comme nous aujourd´hui, un point de l´amour qui vous prend dans ses bras avec une passion toute chaleureuse et tendre. Car au-delà de nos larmes et de nos souffrances, nous avons découvert une force inouïe, un seuil d´une rare beauté à exister. Et c´est avec et sur elle que désormais notre discours s´appuiera. Sur sa source dialectique la plus irréversible. L´amour n´est pas aussi facile qu´on le pense ; c´est un sentiment certes puissant, déroutant parfois, et mêmes quelques fois douloureux. Mais ce nectar de l´existence humaine, outre sa beauté et son délice, il est épris de détail, d´assiduité, de patience afin de boire à une coupe dont il exigeait qu´elle étancha toute sa soif, et mieux : qu´elle fit étinceler toutes les facettes résolues de ses ambitieux désirs.

Parler de liberté ou la défendre, cher et honoré lecteur, réveille toujours de curieux comportements : beaucoup croient qu´ils savent ou qu´ils ont toujours pratiqué la liberté. Les arabes et les occidentaux qui nous vendirent à l´esclavage, pillèrent, violèrent et violentèrent nos terres, nos âmes, nos cœurs, le prétendent encore aujourd´hui. Mais peut-on dire que cette liberté est la vraie ? Celle qui brûlait aussi dans les cœurs, dans les attentes de leurs victimes ? Je ne le pense pas ; et lorsqu´on entend la France, l´Amérique, l´Allemagne, le Portugal, l´Espagne, la Belgique…tous ces pays au passé flibustiers et criminels de droit commun parler de liberté ou de démocratie, on se demande d´où leur vient ce sens méticuleux du respect des droits des autres. Dans leur histoire peut-être ? Il suffisait de la connaître en détail pour en douter ; ces indélicats et aveugles d´hier auraient-ils par hasard évolués ? Si c´est le cas, en quoi ? Ou tout ce théâtre humain n´était qu´astuces, mensonges, tromperies qui, au-delà d´un décor élogieux, avaient gardé leurs vieux vices au travers d´institutions, d´intentions occultes.

A quoi sert donc la liberté ; ne peut-on pas vivre sans elle, sans ce tourment dérangeant et bien affligeant qui nous gâche bien souvent la spontanéité, le simple plaisir innocent ? Pour tous ceux qui se prétendaient la pratiquer, l´avoir, ou même la garantir aux autres ; on les entendait dire défendre leurs définitions, leurs actes intentionnels ou leurs projets d´intentions. Ceux qui à qui la liberté a toujours été refusée, ou auxquels on avait des vétilles pour des lanternes, cependant, réclament justice et aspirent à retrouver leur bien légitime illégalement faussé ou abusé. Et parce que les uns comme les autres croient avoir raison, le dévoilement détaillé et précis de la valeur et du contenu véritable de cette fameuse liberté permet aux uns et aux autres de se rapprocher les uns des autres en se défaisant de leurs illusions, de leurs faussetés, de conceptions tronquées ou élaguées pour, dans un monde de sociétés plus harmonieuses et paisibles de commune réalisation, trouver un consensus social qui rend justice à la réalisation d´un chacun.

Pourquoi la liberté, la démocratie, la réalisation existentielle est-elle importante à la culture, à la société, à l´être humain ? Mais parce qu´elles témoignent du niveau social, culturel et idéel de toute communauté humaine. Et c´est dans les multiples facettes de ces hautes valeurs sociohistoriques, que la réalisation temporelle et spatiale des êtres humains, des sociétés trouvent l´opportunité de réalisation existentielle la plus riche, la plus pleine. C´est donc dans son tourment à permettre à chacun de ses membres à se réaliser, à assagir ses ambitions ou ses besoins, que toute société, idéologie humaine, politique ou philosophie se laissent juger ou critiquer. Et l´Afrique a atteint un tel niveau de détresse qu´elle cherche, autant dans son passé que dans son présent, à retrouver des moyens idéels, fonctionnels ou matériels qui lui rendent son équilibre positif rompu.

Thucydide a dit : « Il faut choisir : se reposer ou être libre » ; c´est dire que ceux qui ont choisi d´être libre, doivent faire autre chose que se reposer ou s´endormir. Ils doivent produire les moyens propices à épanouir, organiser et défendre leur liberté.

Et nous espérons que notre voix, nos réflexions, nos remarques permettront à tous les camps, groupes et individus à percevoir, à comprendre et peut-être ainsi à mieux aimer et entretenir une valeur dont le contenu autant que l´organisation et la signification sont capitales pour tout être humain, pour toute société humaine ambitieuse et respectueuse de la vie et de sa pleine et légitime jouissance.

Nous avons grandi pendant ces douze mois, nous avons beaucoup appris et nous continuons à apprendre. Mais notre conviction de vous servir est restée la même : intègre, décidée, inépuisable. Et c´est dans ce sens que nous vous remercions d´être de jour en jour nombreux à partager notre chemin. C´est un chemin ardu, certes, mais devant le joyau dont elle veut faire acquisition de l´éclat, quelques tourments critiques en valent bien la peine. Avec tous les dévouements de Forum Réalisance,

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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13 septembre 2006

13 septembre 1958: date fatidique pour les camerounais

La France assassinait Ruben Um Nyobé

Les mains sales et ensanglantées ; la conscience criminelle et fausse : cette France qui mentait et trahissait l´Afrique de la liberté.

« Vous avez cherché le débat, j´étais prêt à me débattre ; maintenant que vous préférez la déroute, je vous la laisse »  Charles De Gaule

Honorables lecteurs, un jour lorsque nos enfants les plus doués, les plus épris de notre histoire décriront avec amour et respect de la vérité nos pas sur le tapis des temps, ils réserveront à Ruben Um Nyobé une place si chaude et si brûlante, qu´elle restera, tel un autel ou un phare illuminé qui, dans la nuit éparpillée et saignante de l´histoire de la colonisation française, marquera à tout jamais le fossé qui nous sépare avec le passé de cette nation qui se prétendit des droits des hommes, et s´en alla cependant en Afrique piller, violenter, déporter, assassiner à loisir. Et quand bien même le Cameroun, la chère patrie d´Um Nyobé, ainsi que bien d´autres nations se battirent jusqu´au dernier pour préserver à cette nation française son indépendance et sa liberté menacée par le régime nazi d´Adolphe Hitler.

Aussitôt la guerre gagnée, la France montra son vrai visage : d´Algérie à Madagascar, fidèle à son passé dévergondé, elle noya l´Afrique dans le sang de ceux qui hier encore se battirent aux côtés de ses enfants sous l´appel chaleureux du Général De gaule pour libérer la France métropole occupée et, curieusement, sous Pétain, copulant traîtreusement avec l´ennemi. Avec bravoure et sous des pertes énormes, les africains offrirent leurs vies pour une cause juste, pour un monde libre et indépendant. Mais lorsque ce fut leur tour d´exiger justice et respect de valeurs communes, on leur offrit du plomb au nom de liberté, égalité, fraternité ; quelle fourberie, n´est-ce pas ? Le racisme pur et indécent qui sous entendait que ces valeurs n´étaient valables que pour les blancs ! La France poussa le mépris jusqu´à soutenir le régime de l´Apartheid…question de profit. Ce profit qui subjuguait la morale, l´éthique, la liberté. Et on se demandait encore aujourd´hui : en quoi donc croyaient donc les français ; sur quelles valeurs réelles se fondait leur Nation ?

Aujourd´hui, lorsque nous interpellons les intellectuels français pour leur rappeler leur fausseté, autant que leur prédilection pour le sang, le travail gratuit, et les richesses abusées de notre continent ; on les voyait embêtés, et bien plus d´un jouait au caméléon devenu l´ami des nègres, ou ils découvraient, après 600 ans d´abus de crimes et d´horreurs, que la liberté appartenait aussi aux noirs…hélas, il fallait qu´ils luttent pour elle, qu´ils offrent leurs élites qu´on assassinat à qui mieux mieux, qu´ils se soumettent à la race blanche, afin de mériter que celle-ci leur reconnut ce bien universel incessible. La race blanche en distributeur auto déclaré de la liberté… Aucun d´eux ne s´était un instant excusé, ou avait ouvertement regretté tous les crimes et sévices que la race noire a dû endurer pour s´entendre offrir une liberté à sens unique, tronquée, fausse, de basses vertus.

Oui, un jour nos enfants écriront notre histoire, comme le disait Patrice Lumumba. Et dans nos larmes, dans le sang infaillible et chaud des nôtres, dans leur désespoir incompris, dans leurs cris assourdis et étouffés par 400 ans d´esclavage, 100 ans de colonisation, 46 ans de francafrique, nous leur demanderont, dans leur prière la plus belle, de recréer notre plus bel espoir et de le mettre à nu comme la fleur la plus parfumée et la plus éclatante de l´histoire humaine : car notre âme blessée et cruellement trompée des siècles durant a besoin d´une nourriture exceptionnelle, d´un vœu sans tache, de pure, avare et solitaire élégance.

Aujourd´hui cependant, nous allons encore verser nos larmes pour honorer la foi et le courage d´un des plus beaux enfants de l´Afrique : Um Nyobé ! Ainsi que les 500 mille innocents qui périrent avec lui. Et le porter au fier héritage des immortels de la liberté de ce continent. Nous n´oublierons ni son nom, ni son sacrifice, ni sa brûlante et fière conviction. Et sans voix, mais de tout cœur, l´Afrique entière s´agenouille devant sa tombe. Dieu humble et miséricordieux, accepte cet enfant pieux et juste dans tes bras, car il a su aimer, et offrir aux siens sa prière la plus fidèle, la plus tendre.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com

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