Rechercher sur AfrikBlog

Forum Réalisance

Cet espace va à la recherche de l´existentialisme de l´homme noir pour lui permettre de mieux se déterminer face à l´histoire et face à la réalisation de sa liberté.

12 juillet 2008

Afrique : Annuler la dette ?

Par Franklin Cudjoe, Accra, Ghana, le 10 juillet 2008

Une question de fond qui en cache tant d´autres


Durant les préparatifs de la réunion du G8 au Japon la semaine dernière les activistes de tous bords se démenaient pour s’assurer que leurs problèmes seraient au programme. Bien que le programme change chaque année, un élément demeure récurrent : l’annulation de la dette. Que ce problème fasse constamment surface pose la question de l’efficacité de ce que certains, bien intentionnés, considèrent comme un outil de développement.

Plutôt que de promouvoir l’annulation de la dette année après année, le temps est venu de chercher des solutions durables plus intelligentes. Les ministres des finances du G8 ont établi plusieurs objectifs impressionnants et louables pour favoriser le développement des pays africains et affirmer l’importance d’une « bonne gouvernance en matière de finances, y-compris une discipline fiscale durable dans les pays riches en ressources ». Si les pays africains doivent consolider leur croissance et tirer des millions de citoyens de la pauvreté, comme l’ont fait l’Inde et la Chine, une meilleure discipline fiscale et une meilleure gouvernance financière sont indispensables.

Depuis longtemps les africains ordinaires doivent lutter pour progresser, et ce, à cause d’une gouvernance désastreuse, de la corruption généralisée et du manque de liberté économique. En partant de bonnes intentions et en décidant d’annuler la dette, le G8 ne ferait qu’inciter à perpétuer ces politiques. Plus de 90 % de la dette extérieure des pays pauvres très endettés vient de prêts officiels de créanciers tels que le FMI ou la Banque mondiale. Une bonne partie de cette dette a été rééchelonnée et payée par les contribuables occidentaux. En dépit de milliards de dollars en dette annulée et en aide, les dirigeants de l’Afrique et leurs amis rockstars demandent encore plus d’aide pour pouvoir fournir les services les plus élémentaires. En 2005 le G8 se faisait le champion de l’annulation de la dette et promettait d’accroître l’aide extérieure de manière spectaculaire.

Cependant, il existe des cas où la dette devrait être annulée pour les Etats. Par exemple, la dette accumulée en réalité par des dirigeants véreux, tels que le Président de l’ancien Zaïre, Joseph Mobutu, ne devrait pas être un fardeau pour la population actuelle de la République Démocratique du Congo.

Une bonne partie de la dette accumulée sous la mauvaise administration du président Zambien Kenneth Kaunda a été annulée, et sous l’égide de l’initiative du FMI et de la banque Mondiale pour les Pays Pauvres Très Endettés, les fonds dégagés grâce à l’annulation de la dette sont utilisés pour les programmes sanitaires entre autres. Pour autant, une grande prudence doit entourer l’effacement de la dette, de telle sorte que cela ne conforte pas des dirigeants corrompus et ne perpétue pas ainsi des politiques économiques catastrophiques.

Le G8 va au-delà de l’effacement de la dette en cherchant à mettre fin au « contentieux agressif » à l’encontre des pays pauvres très endettés. Le contentieux émerge souvent lorsque les créanciers, qui ont abandonné tout espoir de récupérer la dette qu'on leur doit, la vendent sur des marchés secondaires. Les investisseurs achetant sur ce marché secondaire font alors appel au système judiciaire pour récupérer ce qui leur est dû par des Etats souverains. Appelés parfois les « fonds vautours », ces investisseurs jouent en réalité un rôle important dans la finance internationale.

Prenons le cas de la République du Congo, un pays avec de vastes ressources qui est dirigé par le très corrompu Denis Sassou-Nguesso. Chaque année le Congo gagne près de 6 milliards de dollars en pétrole. Très peu de cette somme est allouée à l’amélioration de la vie des congolais ordinaires. Selon le Programme de Développement des Nations Unies, l’Indice de Développement Humain du Congo place le pays à la 139ème place sur 177. Alors que sur les vingt dernières années la qualité de vie de la plupart des gens autour de la planète s’est améliorée, en particulier en Asie, elle a graduellement reculé au Congo. La corruption dépensière de l’élite au pouvoir en est en partie responsable. Des reçus de carte bancaire ont prouvé que Denis Christel Sassou-Nguesso, fils du président, a fait des folies dans les magasins de luxe de Paris et d’ailleurs pour la coquette somme de 200.000 dollars. Lorsque l’entourage de son père s’est rendu à New York pour un sommet des Nations Unies, ils ont réglé une note d’hôtel de 300.000 dollars, et quasiment tout en cash. Et pourtant M. Sassou-Nguesso a invoqué sa pauvreté et refusé de payer les dettes du pays lorsqu’elles ont été rachetées par les dirigeants du hedge fund Elliot & Associates. Après des années d’enquête sur les actions du Congo, Elliot Associates a mis en exergue la corruption généralisée et la mauvaise gestion du Congo et est finalement arrivé à récupérer en partie ses fonds.

Le G8 et certains membres du Congrès américain souhaitent interdire de telles pratiques de rachat de dettes par des investisseurs. Mais cette interdiction reviendrait à faire le jeu de dirigeants corrompus qui ont enchaîné l’Afrique depuis trop longtemps. Si le G8 veut réellement aider l’Afrique, il devrait travailler à bâtir des systèmes financiers sains, et assurer que les élites aux pouvoirs soient tenues responsables des dettes qu’elles contractent. Les dirigeants du G8 ne rendraient pas service à l’Afrique en ne demandant pas aux dirigeants de celle-ci de rendre de comptes. Cette attitude trahirait en réalité tous les Africains qui tentent de construire des sociétés et des économies fondées sur l’état de droit, la responsabilité et les droits individuels, le libre commerce et l’entreprise privée. Tant que le G8 ne tiendra pas les Etats et les élites au pouvoir pour responsables de leurs mauvaises décisions, il n’y aura pas d’incitation à améliorer les politiques publiques. Sans ces réformes et une responsabilisation accrue de la part des vrais vautours – les élites corrompues – les africains ordinaires resteront miséreux, coupés de l’économie mondiale et privés d’un futur meilleur.

Franklin Cudjoe, est directeur d’Imani, le think tank pour les idées de la liberté au Ghana, et est responsable du site AfricanLiberty.org. 

www.unmondelibre.org

Forum Réalisance

Posté par Musengeshi Kat à 18:27 - Conférences et débats - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 février 2008

Instrumentaliser la diaspora au service d´une nouvelle francafrique ?

Sur Le 8e forum économique des diasporas africaines s’est clos vendredi 8 février à Paris.

Entrepreneur de la diaspora : entrepreneur allié francafricain ?

Tout l´Union Européenne se donne beaucoup de mal pour trouver une adéquate nouvelle porte d´entrée en Afrique, les français particulièrement. Il est vrai que le temps presse : la crise économique mondiale qui s´annonn avec  ue nomdiale emps presse:our trouver une adce à l´horizon avec la dangereuse rampante récession américaine ainsi que la concurrence ardue qu´apporte avec elle l´émergence de la chine et de l´Inde sur les marchés des biens industriels et des matières premières, tout cela va aggraver ou mettre à mal bien des économies.

Les maîtres de la francafrique, sachant leur concept avorté et sans avenir, cherchent déjà à le remplacer par une nouvelle formule : une qui emploie les entrepreneurs africains de la diaspora pour permettre à la France de briser la glace qui les séparent des marchés et des masses africaines. On rassemblait donc à l´emporte pièce des entrepreneurs africains afin de les encourager à jouer le cheval de Troie. Pourquoi ne croyons-nous pas à cette nouvelle formule de partenariat ? Mais parce que logiquement, si cela pouvait s´appeler nouvelle politique de développement envers l´Afrique, n´oublions pas une chose principale : aucun pays ne se développe de l´extérieur ! Par ailleurs, la France ou l´Union Européenne, à part les pesants investissements qui sont faits actuellement à l´Est de l´Europe dans les ex pays du Pacte de Varsovie, ces pays n´ont jamais développé un pays autre qu´eux-mêmes.

Et autant les pompeuses déclarations de Jean Marie Bockel que ces conférences,  sommets ou forums économiques, tout s´inscrit dans une mise en scène plutôt douteuse et désespérée qu´efficace et sérieuse. D´abord parce que tous ces entrepreneurs de la diaspora, quand on faisait leur profil économique, on découvrait qu´aucun d´eux n´était un poids lourd de l´industrie des machines ou de la transformation des matières premières. Leur capitaux, et surtout leurs fondements commerciaux ou économiques ne sont pas de nature à les propulser aux rênes sérieuses d´une quelconque économie africaine.

Par ailleurs, que ne devraient-ils pas faire, ces entrepreneurs circonstanciels ! Ils devraient, pour être efficace et jouer le rôle dans lequel on veut les enfermer, révolutionner l´enseignement en Afrique noire afin que celle-ci forme des ingénieurs et des ouvriers qualifiés répondant aux exigences du changement (vers la liberté et la réalisation). Ils devraient faire une sérieuse réforme des banques et des systèmes bancaires en les libérant de la francafrique et en les liant aux intérêts de leurs sociétés nationales respectives. Et qu´en est-il du pouvoir africain corrompu, aliéné et incapable, faudrait-il qu´il continue à dévoyer et laisser piller les accumulations sociales de leurs peuples ?

On le voit : ou on prend ces entrepreneurs de la diaspora pour des idiots qu´on peut instrumentaliser à loisir afin d´atteindre des buts occultes, ou on veut faire beaucoup de vent inutile pendant que les instruments autant que les moyens de la pieuvre francafricaine eux, restaient en vigueur et d´actualité. Et cela voulait tout simplement dire qu´on voulait sacrifier tous les entrepreneurs qui croiraient à cette fable. N´est-ce pas une autre façon de mépriser ces entrepreneurs ?

En tout cas, tous les principes de l´économie sont mis sur la tête par cette tapageuse entreprise visant à mettre en jeu en Afrique une arme nouvelle de développement fondée sur les entrepreneurs de la diaspora. Pourquoi ? Mais parce les produits et les méthodes de développement sont toujours conçus et pratiqués par les peuples et les sociétés qui en sont concernés. Croire que le développement se fait à l´extérieur ou en dehors d´une idéologie sociale ou sans le consentement implicite et explicite du peuple, c´est être bien aveugle. Et pour ma part bien borné.

Sans changer les choses en Afrique, sans se débarrasser des effets nocifs que la francafrique a instauré sur ce continent, croire qu´on peut y investir et chanter la marseillaise pour toute la race noire est de la pure idiotie. S´accrocher ou proposer de telles initiatives décousues et sans la moindre assurance de fondement populaire, dénote d´un mépris envers ceux auquel on voulait faire avaler ces fausses pistes. Or, le capital a partout les mêmes qualités : il aime le profit et la maximalisation ; mais il n´aime pas l´instabilité et le risque de destruction. A moins, dans cette histoire, qu´on prête aux entrepreneurs de la diaspora une notion écourtée de leur capital au point qu´ils le mettraient sciemment en danger ?

En conclusion je pense qu´autant ceux qui y croient que ceux qui veulent faire avaler cette couleuvre aux autres, il ne s´agit ici que d´un beau mensonge. Mais un mensonge tout de même. Et je plains tous ceux qui jouaient à ce jeu trompeur parce qu´en croyant prendre la science économique et tous les intellectuels pour de idiots, ils se roulaient eux-mêmes dans la boue. Aucun développement ne se fait sans le consentement, l´effort et les conditions nécessaires à ses ambitions ; et le peuple ou les peuples qui y souscrivent sont au centre de tout intérêt et de toutes obligations issues de toutes les étapes et les exigences de cet effort. Croire qu´on peut développer une nation, un peuple à distance et avec des principes et des idéaux qui n´étaient pas les siennes, c´est de la pure foutaise.

A la fin on se demande s´il y a encore en France des gens qui se rappelle du passé. Autant d´échecs, autant de déboires en Afrique et personne n´arrivait à tirer les conclusions logiques ? Ou voulait-on à tout prix renverser la logique parce qu´on avait affaire à l´Afrique ? Mais, mes chers amis, le développement de l´Afrique, n´est-il pas, comme l´a été le développement de la France et des autres pays développés aujourd´hui, par exemple, une affaire d´africains ? Ou fallait-il qu´on veuille à tout prix faire des noirs, de l´Afrique noire des projections irréfléchies et désorientées du monde occidental ?

Et avant de vouloir exporter ses valeurs et son légendaire talent social exceptionnel, la France ferait mieux, à mon avis, de vaincre son chômage et rendre justice à sa jeunesse enésorientt dions irres noirs ique parce qudvent sont au centre de tout inte Banlieue qui attendait depuis bientôt 40 ans. De là à faire croire à son monde qu´on était capable de merveille à l´étranger…Faut pas prendre tout le monde pour des idiots. Nous croyons bien que dans toute cette nouvelle campagne, et cela comme hier, il ne s´agit que de trouver de nouveaux moyens d´asseoir et de consolider la domination occidentale économique, financières et politique en Afrique. Or, ce à quoi les africains aspirent, c´est à une liberté et une démocratie qui soient de leurs valeurs et de leurs intérêts ; après tout, les occidentaux leur ont bien montré que l´inverse n´était que mensonge et grossièreté. Tenons-nous en donc à ce principe éprouvé et grandement logique: chacun chez soi et Dieu pour tous. 

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

Forum Réalisance

Posté par Musengeshi Kat à 14:47 - Conférences et débats - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 décembre 2007

Sur le sommet Europe-Afrique de 2007 à Lisbonne

Un théâtre désuet qui n´aboutissait nulle part, parce que les acteurs n´étaient ni francs, ni réellement disposés à changer leurs vue des choses pour aller de l´avant ?

Le grand sommet du vouloir qui s´empêche de pouvoir

Curieux sommet que celui qui s´est tenu le 7 et 8 décembre 2007 à Lisbonne entre l´Union Européenne et 53 pays de l´Afrique. Ce sommet succédait à celui de l´an 2000, et comme lui, n´a abouti qu´à un lapidaire renvoi à des commissions et à des vœux et des déclarations d´intention qui ne valait que le temps qu´on a pris à les écouter. Et à certains d´avouer pudiquement leur détresse en déclarant : « C´est déjà beaucoup qu´un dialogue aie lieu entre l´Afrique et l´Europe ». Mais, à part la possibilité de s´entretenir ou d´écouter les discours des uns ou des autres, quels étaient le but, les attentes réelles de cette rencontre ?

Mais d´abord, pour mieux comprendre la valeur réelle de cette rencontre, peut-être faut-il découvrir ce qui anime, ce qui pousse les deux parties respectives à chercher une quelconque plateforme de discussion. Puis on devra se demander, les acteurs sont-ils sincères et quels sont leurs buts réels et leurs motivations. Oui, combien de temps allait-on encore jouer aux rencontres aux sommets si les partis en présence, tout en prétendant régler leurs contentieux ou leurs différents n´étaient, soit incapables d´imposer leurs exigences pour le cas de l´Afrique, soit incapables de changer de politique envers l´Afrique pour le cas des européens. Dans ce cas, n´était-ce pas mettre en scène un théâtre embourbé à l´impasse du preux dialogue qui ne menait nulle part ? Pourquoi, pour faire bien et tromper les apparences, ou pour essayer, comme toujours de tromper son beau monde naïf ?

L´Europe est, de part la crise économique de surproduction et de saturation qui la secoue depuis 30 ans, incapable d´aider valablement qui que ce soit. Et particulièrement l´Afrique qui a un besoin incroyable d´investissements de structure. Par ailleurs, l´endettement public douloureux de ces pays européens actuellement les rend autant fragiles qu´avares de générosités financières. Si Sarkozy faisait le voyageur de commerce en Libye, en Algérie, en Chine pour vendre les produits français, ce n´était certainement pas parce qu´il était riche comme Crésus. Il était de même pour Angela Merkel. Les africains qui croyaient encore à l´avalanche d´investissements européens sur leurs territoires n´étaient-ils pas naïfs ? Je le pense bien. Lorsque l´Europe roulait dans l´or, elle prêta plus qu´elle n´investit en Afrique ; le fera-t-elle aujourd´hui où la crise économique avait engendré le chômage et l´endettement public chez elle ? Elle avait déjà engagé d´énormes efforts financiers pour l´intégration des pays européen de l´Est qui représentaient son espace économique naturel ; n´était-il pas irréaliste de croire qu´elle ouvrirait un autre front financier en Afrique ?

Si je suis franc, je dirai que pour un quelconque réel partenariat économique et financier entre l´Afrique et l´Europe, les africains au pouvoir actuellement devraient donner des résultats économiques encourageants, surtout dans leurs infrastructures, aux investisseurs étrangers et européens. Ne nous y trompons pas : les investissements sont d´ordre privés, pas publics ! Les gouvernements européens ont beau parler, ils n´ont aucun pouvoir là-dessus. Or, ne mâchons pas les mots, à part quelques exceptions près dont l´Afrique du Sud, les élites au pouvoir africain brillent par leurs résultats négatifs. Et on se demande si c´est parce qu´ils ne prennent pas leurs devoirs au sérieux, ou parce qu´ils ne sont ni réalistes, ni assez ambitieux pour leurs peuples. Pour l´Afrique noire ce jugement est encore réservé, car c´est partout le marasme et la désolation. Et qu´on ne s´y trompe pas, comme le font beaucoup trop d´africains, c´est à l´Afrique d´attirer les investisseurs en créant d´agréables climats d´investissement, pas aux investisseurs de venir réparer les manquements et les incapacités d´autochtones incapables et désorientés.

Et même si on part du postulat que l´Europe ne veut, dans cette mise en scène, que garder au chaud des possesseurs de matières premières dont elle avait un grand besoin, ce qui est vrai, et qu´elle n´a nullement, et cela depuis toujours, l´intention de changer sa politique qui consistait á rejeter l´Afrique dans le rôle de réservoir privilégié de matières premières et de main d´œuvre à vil prix. Le capital, cependant, investit toujours où son intérêt est le plus grand et le plus sûr. Le cas de la Chine l´a bien montré ; qui a oublié le vil traitement que l´occident fit subir à la Chine jusqu´à l´arrivée de Mao au pouvoir en 1948 – 49 ? L´occident entier y vendit l´opium en prétextant que c´était un médicament occidental ! Mais aujourd´hui, comme on le sait, ce même occident investit à n´en plus finir en Chine parce que ce pays a su créer par lui-même des conditions qui rendaient les investissements non seulement attractifs, mais aussi largement profitables. Et bien plus impressionnant : l´occident sait pertinemment bien qu´elle se trouve devant une puissance concurrente de premier ordre qu´il ne peut ni négliger, ni sous estimer à l´avenir. Bien au contraire.

A mon avis autant les africains que les européens, dans leurs rapports économiques et financiers, doivent encore apprendre à être francs. Les africains devraient cesser de tourner en rond et de ne pas accomplir leurs devoirs à domicile. Et parmi ceux-ci, et même sans le consentement des européens, ils doivent abattre la francafrique, mettre leurs peuples au travail et protéger leurs accumulations et leurs intérêts énergiquement. Car ce n´est qu´à ce prix que les investisseurs seront intéressés d´y investir. Quant aux européens, ils doivent cesser d´envahir l´Afrique avec leurs excédents plusieurs fois subventionnés tout en empêchant celle-ci de vendre sur le territoire de l´Union. On ne peut pas consommer abusivement toutes les matières premières d´un continent, et c´est dire lui ôter sa dernière chemise, sans le traiter en partenaire égal et respectable en lui mettant, par la corruption de ses élites ou par le vol organisé de ses accumulations, depuis des siècles les bâtons dans les roues.

Conclusions ? Ces sommets ne sont rien d´autres que des faux d´intention, parce que les interlocuteurs ne sont ni francs, ni réellement disposés à changer leurs paramètres de considération. Et tout en ne faisant pas l´effort d´entamer ensemble un meilleur avenir, ils restent embusqués derrières leurs erreurs, leurs manquements, leurs complexes. Ni l´un ni l´autre ne veulent comprendre qu´ils ne peuvent qu´œuvrer ensemble, et que chacun restera de la culture qui est la sienne. C´est autant en défendant les intérêts de sa culture respective qu´en l´ouvrant sur des compromis qui enrichissent et épanouissent ses valeurs et ses moyens qu´on arrivera à un véritable partenariat. Mais cela veut dire aussi que chacun doit faire l´effort de comprendre l´autre et de respecter ses intérêts et ceux de son avenir.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

Forum Réalisance

Posté par Musengeshi Kat à 23:28 - Conférences et débats - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 décembre 2007

Une fausse paix en Palestine pour sauver Georges Bush ?

Cette nouvelle initiative est-elle plus sincère, sera-t-elle plus fructueuse que toutes celles qui l´ont précédée ?

La petite porte de la basse-cour ?

Après le bâton, la carotte ? Israéliens et palestiniens sont invités, à un an de la fin du dernier mandat de Georges W. Bush, à jouer une pièce de théâtre de paix afin que le président le plus contesté de l´histoire américaine se retire avec des lauriers que ni sa gestion, ni ses sanglants abus sur l´Irak ne l´y recommande.

Les protagonistes israéliens et palestiniens sont-ils mûrs pour la paix, ou s´agissait-il plutôt, face à une grande coulisse et un décor plutôt propagandiste que réellement fondé sur le souci d´une véritable paix, de soigner la sortie du pouvoir d´un président qui ne laissait derrière lui que bien de raisons de l´oublier rapidement ? En tout cas, le monde n´était ni aveugle, ni oublieux.

Rappelons-nous de l´accord intérimaire sur la Cisjordanie et la Bande de Gaza, également connu sous le nom de Accord intérimaire israélo-palestinien ou parfois Oslo II qui a été signé entre Yitzhak Rabin, Premier ministre d'Israël et Yasser Arafat, Président de l'OLP. La signature a eu lieu une première fois à Taba le 24 septembre 1995 puis de nouveau à Washington le 28 septembre 1995, en présence des représentants russes, américains, européens, égyptiens, jordaniens et norvégiens.

Pour cet accord qui ne fit en rien avancer ni la paix, ni les hostilités entre ces deux belligérants, les deux leaders reçurent gracieusement le prix Nobel. Et depuis, combien de guerres et d´exactions n´ont pas contredit cette mise en scène de paix formelle ? Au fait, rien n´a changé, sinon sporadiquement dans des gestes de retrait israélien qui ne menaient pas à la paix puisque les territoires délogés de l´occupation israélienne ne sont pas ouverts aux propriétaires légitimes palestiniens qui logent encore à la belle étoile. Israël, exigeait de jour en jour des garanties irréalistes, si pas farfelues afin de repousser sciemment la reconnaissance d´un Etat palestinien dont il aurait plus tard à respecter la souveraineté et l´indépendance des frontières et des institutions.

Tout dans cette histoire revient à gagner du temps quitte à canarder ou à emprisonner à loisir les palestiniens en les empêchant de mener leur lutte de libération à bien. Et l´Amérique des Bush père et fils a toujours joué le jeu israélien parce que cela lui permettait de garder la main sur une région stratégique pétrolifère importante pour les Etats-Unis. Pourquoi ne leur venait-il pas à l´idée que des palestiniens indépendants et souverains étaient eux aussi capables de participer positivement à une paix qui serait fructueuse pour tous ?

Si le palestinien n´était pas fiable ; alors, que cache ce déjà vu que l´administration Bush met à grand bruit en scène ? Ridiculiser le monde encore une fois ? Ou tout cela n´était qu´une piètre porte de sotie pour un faux marchand de liberté ? Le monde, encore une fois se laisserait-il mener en bateau ? Ou y avait-il des chances réelles que cette fois-ci soit la bonne… ?

Qui sait ? Personnellement je doute très fort que cette nouvelle épisode de la diplomatie bushienne soit fondée sur de solides et sincères intentions. Il s´agit plutôt de prendre la porte étroite pour rouler à Georges Bush un semblant de gloire dans l´arrière cour d´un jugement public américain dont la patience et le bon sens a été largement mis à mal. Alors, tous prêts pour une belle grasse fausseté ? C´est à qui s´y prêtera. Après le lever de rideau, Georges Bush irait se reposer tranquillement chez lui et déguster sa pension ; il ne serait plus responsable ni de ses mensonges, ni  de ses vides mises en scène. L´histoire pourrait continuer à tourner sa roue éternelle.

Cette histoire palestinienne enseigne aux africains, entre autre, combien aveugle ou partial est le droit international. Et ceci particulièrement lorsqu´on se trouve devant des intérêts occidentaux. Contrairement aux africains auxquels on offrit de fausses indépendances parce qu´on pouvait les manipuler et les corrompre à loisir avec la francafrique ; les palestiniens, eux ont un système homogène de valeurs (L´islam) qui les relierait directement au monde arabe. Et ce monde arabe, même s´il paraît tolérant et compréhensif comme en Arabie Saoudite, au Yémen ou ailleurs au Sultanat d´Oman ; il était en ébullition et était tout autre chose que le sourd aval de l´hégémonie occidentale. Car de par sa religion islamique, il ne se définit que par lui-même.

Les africains par contre sont divisés, incapables naturellement d´homogénéité spontanée, d´efficace cohésion contre les nombreuses astuces et manèges politiques et économiques que l´occident employait pour les assujettir et les exploiter à tour de bras. Aujourd´hui encore on voyait les africains accourir aux conférences internationales alors que leurs présences n´influaient sur aucune importante décision internationale. Ni sur la forme, ni sur le fond. Ils feraient mieux, à mon avis, de veiller chez eux sur l´érection d´industries et d´infrastructures de développement. Ce ne sera ni l´ONU, ni une quelconque conférence qui construira les usines, les routes et les écoles en Afrique ! 

La preuve ? Darfour en était un exemple insultant. Devant les yeux de tout africain, de tous les dirigeants et notables politiques de ce continent on violait et privait de droits les leurs. Et cela n´est pas seulement d´hier ; cela datait depuis 24 ans ! Durant tout ce temps, ni les armées africaines, ni leurs différents gouvernants ne furent, sans l´aide étrangère, capable de combattre le mal. Et tout ce que l´ONU était arrivé à faire dans cette affaire, c´est d´y envoyer des troupes d´occupation qui ne changeaient ni ne réparaient le droit et les libertés lésées. En Yougoslavie, au Kosovo l´intervention américaine et internationale avait été bien plus incisives !

En Afrique on y envoyait une MONUC qui brillait dans la prostitution des congolaises que dans le combat contre les insurgés. Quant aux élections démocratiques que Louis Michel y organisa…c´est à peine si on pouvait les appeler élections, tant l´issue démocratique y avait été savamment concoctée. Poutine a employé ce même stratagème à ses législatives pour donner la majorité absolue à son parti ce 02.12.2007. Curieux que les fiers observateurs européens des votes démocratiques se soient d´emblée refusés à aller admirer l´usage de leur propre instrument de mystification. Par pudeur ou par fausseté ?

Tous nous souhaitons vivement la paix israélo-palestinienne ; mais à force de tricher, de conspirer et de fausser les réalités pour leur donner l´accent ou les apparences qui profitent toujours aux occidentaux et à leurs étroits intérêts, ce que ceux qui s´y prêtent détruisent, c´est la confiance et la fiabilité qui nous est tous bien plus chère que le volontarisme égarant de l´hégémonie occidentale. On a beau faire appel au respect des droits et des libertés, rien n´y fait ; à croire qu´on se trouvait en face d´avares sourd et muets. Mais lorsqu´un jour ils auront besoin du contenu liant et fiable de ces valeurs, comment les réclameraient-ils, à coups de canon ? Comme à l´époque de la pierre taillée ? Civilisation … ?!? Aurions-nous fait volontairement un pas de géant dans la préhistoire malgré la technique et des moyens sophistiqués de savoir et de connaissance ? Pénible. Simplement ahurissant.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

Forum Réalisance

Posté par Musengeshi Kat à 00:23 - Conférences et débats - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 novembre 2007

Doumbi Fakoli et le complot contre la jeunesse africaine

UNE CONFÉRENCE OÙ ON APPREND BIEN DE CHOSES

Mesdames, messieurs,

L'association Union Culturelle des Jeunes du Monde vous convient à une conférence-débat sur les thèmes :

· Complot contre la jeunesse africaine

· La colonisation, l’autre crime contre l’humanité


lE MERCREDI 14 NOVEMBRE DE 19 H 00 À 22 H 00


Cette conférence sera animée par l’historien et conférencier africain Doumbi Fakoly. C’est l'un des plus éminents spécialistes sur l'histoire africaine et l'un des écrivains africains les plus féconds depuis quelques années.


PARTICIPATION : 3 € et boisson offerte.


Lieu de déroulement de la manifestation :

L’Espace Jeune du Centre Georges Brassens

152, avenue Gallieni – 93140 BONDY.

RER E : Station Gare de Bondy

Sortie Bondy, prendre le bus 616 et descendre au KFC de Bondy.

Pour plus de renseignement contacter Yves MUNGUAMA au 06 50 36 37 40.


CONTACT: ucjm_association@hotmail.fr

Site internet de l’association : www.ucjm.org

Skyblog de l’association : www.yvesmunguama.skyblog.com

www.shomari.skyblog.com

Myspace : http://www.myspace.com/shomarikemite

Posté par Musengeshi Kat à 18:52 - Conférences et débats - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 février 2007

A la Conférence sur la sécurité à Munich : Putin a fait l´éclat

Il a reproché ouvertement aux américains d´enfreindre militairement le droit des gens et d´intervenir volontairement à déjouer la souveraineté de nations indépendantes à des buts monopolaires et hégémoniques.

Un haut podium des meilleures intentions du monde ?

« "Les Etats-Unis sortent de leurs frontières nationales dans tous les domaines et cela est très dangereux, personne ne se sent plus en sécurité parce que personne ne peut plus trouver refuge derrière le droit international". Wladimir Putin au 43ième Davos de la sécurité à München.                                                                                                                                              43i_me_Davos

Avant propos.

Chers et honorés lecteurs, lorsqu´on parle de géopolitique ; on ne parle que de l´emploi d´instruments politiques courants transposés à l´échelle supranationale, à la grandeur régionale mondiale. C´est le cas du conflit israélo-palestinien, les incidences de l´agrandissement de l´Union Européenne sur les autres pays européens, de la guerre d´Irak, et même des problèmes ultra nationaux et régionaux tels que l´écologie, les traités et conventions sur la prolifération d´armes nucléaires. Si l´intérêt des débats de ces conférences est par trop souvent négligé par la plupart des gens, cela tient vraisemblablement du fait au fait qu´elles employaient souvent des langages ésotériques fonctionnels ou parce que les participants appartenaient à des délégations officielles défendant des intérêts, des vues plutôt voilés que clairement connus. Et cependant, il ne faut pas se laisser impressionner par l´ambiance ou la mise en scène ; ces représentants en dialogues ou en discussions controverses ne prétendaient que de nous organiser la paix, la liberté ou la sécurité dans le monde. Et à ce titre leurs débats nous touchaient beaucoup plus que nous ne le croyions tous. Car ces valeurs dont ils débattaient des contours et des contenus nous étaient tous, présents ou absents, autant chères que précieuses. 

Le 43ième "Davos de la sécurité" : un record de participation internationale

43i_me_Davos

La conférence sur la sécurité à Munich en était, du 9 au 11 février 2007, à sa 43ième édition. Et pour la première fois, le président Putin y avait annoncé sa participation avec le thème : « Le rôle de la Russie dans la politique mondiale ». La France, ainsi que le Liban se désistèrent. L´une, peut-être parce qu´on préférait se concentrer sur la conférence de la francophonie à Paris du 11 au 16 février où on était le centre d´intérêt et l´élément moteur dominant ? Quant au Liban, ce fut la présence de la vice premier ministre israélienne Tsipi Livni qui le fit désister. L´Iran, par contre, et malgré le refroidissement de ses rapports avec l´occident se fit représenter par le chef iranien des pourparlers sur l´énergie nucléaire : le Dr. Ali Laridschani. Celui-ci renforcera l´intention de Téhéran d´une part à se doter d´un processus industriel national d´enrichissement de l´uranium, et de l´autre, de s´en tenir strictement aux conventions internationales sur l´utilisation pacifique de cette énergie. Et à la surprise de tous, ira même à accepter une meilleure collaboration avec l´OIEA (Organisation internationale de l´Energie Atomique).

Et cependant, malgré ces déclarations iraniennes de bonne foi, les occidentaux restèrent sceptiques et demandèrent à l´Iran de revenir à la table des négociations. On se demandait bien pourquoi, si l´Iran affirmait n´avoir aucune ambition nucléaire militaire. Peut-être ne s´agissait-il de la part de l´occident sans éclat en Afghanistan, en Irak, en Corée, que d´une partie de bras de fer ayant pour but de soumettre (illégitimement à notre avis) l´Iran à respecter ou se plier aux injonctions internationales d´obédience occidentales. Parce que ni le programme et l´armement atomique israélien, par exemple n´a jamais connu ni de contrôle, ni d´injonctions à la transparence internationale (Voir l´affaire Mordechai Vanunu son enlèvement à Londres en 1985, sa condamnation, et sa libération après 12 ans d´emprisonnement pour avoir notamment révélé la détention israélienne de la bombe atomique). Alors, pourquoi cette discrimination envers l´Iran ? Tous les Etats tels que la France, l´Angleterre, les Etats-Unis, le Pakistan, l´Inde, la Chine, la Russie…etc possédaient des armes nucléaires ; cela n´avait en rien mis la terre ou la sécurité internationale en danger ; mais bien augmenté leur pression militaire et leur influence politique envers les pays non nantis de cette arme. Autre argument de taille : les pays occidentaux engloutissaient à une vitesse effrénée les réserves hydrocarbure du monde ; quand ceux-ci seront épuisés, de quelle source d´énergie vivraient donc les pays montant ? Est-ce à ce moment qu´on leur demanderai de se débrouiller ou leur offrirait-on alors, comme en Afrique ou comme au Japon de la deuxième guerre mondiale, des moyens ou pas, selon le bon vouloir des occidentaux riches et dominants ? Cette dépendance future ne révélait-elle pas une sournoise et basse intention de perpétuelle domination de la part des occidentaux sur tous ceux qui s´y abandonneraient ?

C´est en effet à se demander : la liberté à l´occidentale, qu´était-ce au fait ; y avait-il une place pour les autres et à quelles conditions ? Et à ce propos, l´exemple de la Russie de Putin envers l´occident était édifiante : Putin avait en effet, deux jours en janvier 2007, interrompu en plein hiver ses livraisons de gaz vers l´Europe, parce que l´Ukraine, profitant de ce que le pipeline russe traversait son territoire - et pour obtenir de la Russie des prix préférentiels - s´était tout simplement octroyé le droit de se faire, sans l´autorisation préalable du propriétaire du gaz, des réserves illégalement acquises. Cet incident avait montré que le Tsar Putin, qui avait eu la prémonition de recouvrer – au grand désarroi des occidentaux – la mainmise étatique sur ses industries énergétiques qui avaient été bradées au prix du pain sous Boris Jeltzin et la fausse Perestroïka de Gorbatchev. (Pourquoi fausse ? mais parce que pendant que monsieur Gorbatchev dissertait suavement sur une démocratie de transparence dont il n´avait ni clairement défini les paramètres fondamentaux de production, ni cerné et qualifié son milieu et caractère économico politique par rapport aux dangers extérieurs ; venant de Londres, certaines sociétés rapaces occidentales faussement libérales s´étaient emparées, pour le prix dérisoire de 9 milliards de dollars de 4500 des plus rentables, riches industries et ports soviétiques !) Et Putin, en ancien agent de la KGB, avait alors compris que ce qu´on voulait, en réalité en occident, c´était d´affaiblir le pouvoir Russe qui était puissant par ses réserves de pétrole et de gaz (les plus grandes du monde). Toute cette démocratisation à l´occidentale n´était rien d´autre qu´un paravent ne cachant qu´une chose : affaiblir la Russie et son pouvoir pour mieux la soumettre aux bons vouloirs de l´Ouest. Parce que cet Ouest savait qu´il était dépendant des russes, et ce pour longtemps. Et ceci pas seulement en ce qui concerne les combustibles, mais bien parce que presque 50% des matières premières du monde se trouvaient en Russie !

On comprend alors que Putin, ayant racheté ses atouts  énergétiques, modernisé son armement, libéré son pays du joug infamant du FMI et remis sa société sur le chemin d´une solide croissance économique bienfaisante, était en droit ou en position d´appuyer ses intentions, au besoin, avec des arguments décisifs. Les cartes qu´il avait en main étaient de grand poids pour l´avenir et le bien de son pays ; il suffisait seulement de les mettre adéquatement en jeu, et au besoin sans le moindre sentiment comme il l´a fait à l´égard de l´Ukraine : sans compromis. Et conscient de ses avantages, il pouvait donc sans complexe venir à Munich pour dénoncer le monothéisme américain envers ceux qui, tout en profitant et en s´engraissant sous l´activisme volontaire américain, trompaient bien leur monde en conseillant les victimes de l´hégémonie américaine à croire en eux. Curieuse alliance européenne de valeurs prétendues démocratiques et libérales qui, quoique plus retenue dans sa politique étrangère, ne laissait pas moins les américains agir à leur guise, et entretenait elle-même envers l´Afrique d´un francanicanisme qui défiait toute prétention du sens démocratique de la liberté et de respect des cultures africaines. Par ailleurs, l´intention de l´Otan d´installer en Pologne et en République Tchèque des batteries de missiles de défense des frontières Est européennes de l´Union, soulevait chez Putin une vive protestation. Il considérait cela comme une provocation militaire de mauvais goût dont le but était plutôt prétentieux et arrogant que conciliant et sécurisant. L´Europe et l´Amérique, en mal d´assurance et alarmé par la fulgurante montée chinoise tentaient-ils par un développement militaire particulièrement démonstratif dans le monde entier de lutter contre leurs propres angoisses ?

Et si nous nous rappelons du passé ; quelle a donc été la réaction américaine lorsque l´Union soviétique de Nikita Khrouchtchev installa des missiles menaçant l´Amérique à Cuba ? Ce pays n´avait-il pas été, jusqu´à ce jour, mis en quarantaine économique douloureuse et intransigeante ? Aujourd´hui l´Amérique et ses alliés européens feraient-ils, en temps de paix, et sous des prétextes aussi fallacieux que démonstratifs, la même chose et attendrait du monde entier, et particulièrement de la Russie qu´elle l´en remercie ? Cécité, mépris ou abus flagrant de confiance ? Parce que prétendre protéger les frontières israéliennes contre les missiles iraniens, tout cela n´était que mensonge, d´autant que l´armée israélienne était non seulement performante, mais elle savait pertinemment se défendre elle-même, car elle en avait largement les moyens ! Quant à croire que l´Iran serait assez folle que pour s´attaquer à un pays de l´Otan, il fallait être bien borné pour y croire.

Mais mettons-nous un court instant à la place des africains qui réclamaient, depuis bien longtemps la libéralisation réelle du centralisme capitaliste occidental des moyens économiques et financiers de production, l´ouverture des marchés occidentaux à leurs denrées agricoles, plutôt que de les empêcher, par des barrières douanières sournoises et implacables, de vendre en occident. Tandis qu´avec l´aval de la Banque Mondiale et du FMI, on les contraignait à mettre aveuglement leurs matières premières à la disposition de la gloutonnerie occidentale, laquelle, après transformation, revenait déverser sur leur continent les excédents envahissants et étouffants du mercantilisme occidental appauvrissant et inégal parce qu´il exportait le capital vers les riches occidentaux et endiguait la création d´emploi locaux pouvant sauver les pauvres. Ce courant à sens unique ne condamnait pas seulement l´Afrique à la mendicité et au manque de moyens financiers d´investissement autonome locaux, il nuisait à ses efforts d´infrastructure de santé, d´instruction, de formation professionnelle, bref, de développement tout court. L´Amérique, cependant, prétendait répondre à ces problèmes économiques et sociaux de stabilité et de sécurité continentale africaine en y installant des bases militaires au commandement unifié ! Les américains ne confondait-il pas société civile de problèmes purement économiques et culturels avec un militarisme démonstratif qui ne résoudrait aucun problème, mais l´envenimerait plutôt par la prolifération d´armes entraînées par cette logique primitive qui consiste à croire que tout se réglait par la violence, l´uniforme et la soumission ?

Et à propos de la plaie la plus sanglante en Afrique en ce moment à Darfour, au Soudan : on s´empressait, encore une fois, à l´avis de tout africain, futilement, dans l´est européen ou à l´égard d´Israël, à armer et à défendre ceux qui savaient le faire par eux-mêmes ou qui n´en avaient pas besoin. Cependant qu´à Darfour de milliers d´innocents étaient ouvertement abandonnés à un sort criminel et ingrat devant les yeux du monde entier. N´avaient-ils pas, ces africains, mérité, au nom d´un monde civilisé et respectueux des libertés et des droits humains, à être secourus et défendus contre le sort qui les guettait chaque jour implacablement ? Non ? Un monde qui se prétendait croire et encenser des valeurs démocratiques qui, en place de défendre et de protéger la veuve et l´orphelin en danger immédiat, se tournait vers ceux qui n´étaient ni en danger ni pauvre et démunis ; quelle était donc le contenu de valeur de ses principes ? Combien de temps encore allait-on tolérer cette orgie criminelle, tout en discutant affablement avec le gouvernement de Khartoum ?         

Pour Putin, tout cet activisme américain qui s´était soldé par des débâcles sanglantes à domicile avec le 9/11, en Irak, en Afghanistan ne témoignait que d´un regain d´hégémonisme solitaire que les américains, blessé dans leur orgueil de suprématie, et face à leur lente mais sensible perte de leadership économique au profit d´une Chine promise à une domination mondiale irréversible et pour le moins défiante pour l´occident, l´empire américain donc cherchait par tous les moyens à conserver ce qui ne lui appartenait plus : le premier et le dernier mot sur l´économie, la politique et l´influence militaire sur le reste du monde. Ce que cette grande nation, dans son activisme militarisé actuel perdait de vue, c´est qu´à force de ne pas respecter des principes et des acquis de valeur incessibles à toute fierté et prétention démocratique (Guantanamo, Abu Ghraib, invasion irakienne) pour obtenir des résultats militaires sans lendemain, elle n´incarnait plus l´exemple de vertus sous lesquelles le monde entier avait, hier encore, crû se trouver en bonnes mains et se protégé efficacement de l´injustice et du douloureux déni de droits ou des libertés que quelques régimes ou dictateurs sanguinaires et illuminés auraient eu le loisir d´exercer sur lui.

On avait beau avoir concocté et organisé secrètement l´élection du Pape Bénédicte XVI, d´avoir installé Paul Wolfowitz à la tête de la banque Mondiale, d´avoir imposé aux africains le choix de Donald Kaberuka à la tête de la BAD (banque Africaine du développement), tous ces efforts ne tiendraient pas devant la marée de la puissance chinoise qui saurait remettre, exactement comme le font les américains aujourd´hui, le moment opportun, tout à son avantage. Cet activisme en campagne ensablée par la rapacité et le centralisme économique n´était donc plus qu´aléatoire. Pire : au lieu de renforcer le pluralisme démocratique institutionnel et culturel ; d´ouvrir, de par le monde, à plus de liberté et de foi en une démocratie respectant les droits et les valeurs des autres, il en corrompait le contenu, et ce faisant de la haute noblesse qui ornait la bannière de ses chers idéaux. Parce que ceux-ci étaient tenus de courber l´échine face aux intérêts gourmands, à l´aveugle et prétentieuse prédominance occidentale. Douloureuse fin d´un mythe, d´un rêve qui se terminait en cauchemar éveillé dont beaucoup ne semblaient pas vouloir accepter la fin libératrice, parce qu´à l´horizon, l´avenir n´avait pas encore pris forme de valeurs et de principes nouveaux ?

Face à cette avalanche d´accusation, le sénateur américain John McCain, l'un des candidats possibles du parti républicain à la présidence en 2008, a répliqué sèchement que le monde est "multipolaire" et que "les Etats-Unis n'avaient pas gagné tout seuls la Guerre froide". Le secrétaire général de l'Otan Jaap de Hoop, avec un certain esprit, répondit, qu'il ne comprenait pas pourquoi la Russie voyait une menace dans le fait que "la démocratie et l'Etat de droit se rapprochent de ses frontières". " M. Poutine a raison, la Guerre froide est terminée", continuera-t-il ;  mais je trouve ses propos "décevants et aussi pas très productifs sur le sujet de ce qu'il appelle l'expansion de l'Otan qui est en fait l'élargissement" de l'Alliance. "Les pays qui veulent être membres du club des démocraties y adhérent de leur plein gré". Quant à la maison blanche, dans un communiqué d´un porte parole du conseiller pour la sécurité nationale : Gordon Johndroe, elle s'est déclarée "surprise et déçue" par les déclarations du président russe. "Ses accusations sont fausses. Nous comptons poursuivre la coopération avec la Russie dans les domaines importants pour la communauté internationale comme la lutte contre le terrorisme et la réduction de la menace des armes de destruction massive et de leur prolifération".

Rien à dire, Putin avait surpris tout le monde et fait l´éclat qui rehaussait cette conférence et lui donnait un caractère exceptionnel et particulier. Ses visites en Afrique du Sud ou en Algérie l´année passée prenaient tout à coup un contenu stratégique réfléchi. Ce Russe, vraisemblablement un des meilleur stratège politique que la Russie ait jamais eu, venait de faire comprendre aux occidentaux que non seulement la Russie n´était pas un junior partenaire dans la géopolitique du monde, mais qu´elle avait les atouts nécessaires pour défendre valablement ses intérêts. D´une façon ou d´une autre. Un homme, en fait comme un trait brûlant au laser : droit, vigilant, vif, d´une agilité et d´une intelligence stratégique impressionnante. Et il est bien possible qu´on doive s´habituer à le voir et à en découdre avec lui à l´avenir, parce qu´il va certainement mettre tout en œuvre pour préserver les fruits de son travail.

A cette conférence, le secrétaire d´Etat à la défense américain : Robert Gates qui interpella Putin d´ancien espion à ancien espion en faisant allusion au langage direct du métier, se trouva embarrassé lorsqu´un journaliste, et ce sur son « partenariat avec la Russie », lui reprocha d´avoir mis ce pays au même rang que l´Iran et l´Afghanistan dans une intervention au parlement américains en les qualifiant tous de douteux et parrains du terrorisme. La double face. On oubliait, cependant, que ce fut avec l´aide et les livraisons militaires américaines de l´ordre de 6 milliards $ à Bin Laden lors de l´invasion soviétique en Afghanistan qui fit perdre au Kremlin sa campagne et engendra le régime des talibans. Celui qu´on traitait publiquement de partenaire ne le serait-il plus lorsqu´on s´exprimait devant ses pairs au parlement américain ? Très informatif. Et plutôt symptomatique de ce genre de conférence de bonnes intentions où on parla du réchauffement désagréable du climat atmosphérique et des nécessités  écologiques de combattre la pollution dans le monde, mais ni la Chine, l´Inde, les Etats-Unis : les plus grands pollueurs du monde, tous présents à cette conférence, ne firent aucunes suggestions valables par lesquelles ils s´engageraient à faire diligence. Quant à la campagne américaine enlisée en Afghanistan, et pour laquelle le gouvernement américain quêtait l´aide et l´assistance militaire de tous ses alliés, on semblait bien sciemment ignorer le point de vue allemand qui soutenait que seules des actions militaires ne suffisent jamais à garantir la paix et la stabilité de l´avenir d´un pays. Il fallait aussi reconstruire et pacifier la société civile ; la conforter dans des écoles, des hôpitaux, des industries et du travail afin que l´espoir et le sens civil diversifié et respectueux des droits individuels et particulièrement ceux des femmes (pas évident en pays souffrant d´analphabétisme et d´islamisme délirant) revienne au milieu de la vie sociale. Mais selon toute évidence, l´odeur de la poudre était encore plus alléchante que les sourires amicaux de la paix. Les chiens aboyaient, la caravane industrielle de production d´armes, de dioxyde de carbone, elle, elle passait son chemin. Les intérêts d´abord, le reste…on verra. Des conférences, il y en a toujours.

Conclusion

Une brillante conférence, autant sur les thèmes que sur les 270 participants émanant de 40 pays venus depuis la petite Israël jusqu´au plus profond de la Chine en passant par l´Afghanistan et le Brésil. Mais l´Afrique, où était-elle ? Nulle part ; n´avait-elle pas assez souffert ? N´avait-elle pas de problèmes ou revendications à faire valoir ? Cette absence était bien préjudiciable parce que cette conférence, de par son caractère atlantique, recoupe toutes les tendances occidentales qui se prétendaient gérer et gouverner le monde, et faire des leçons gratuites d´exemples paternalistes de développement aux africains. Mais en y regardant bien, ces occidentaux étaient bien ouvertement responsables de biens de maux et d´iniquités qu´ils imposaient à leurs anciens colonisés africains en version trompeuses : "nous voulons aider, nous sommes des amis !". Ne pas venir de vive voix faire part de ses points de vue ou de ses problèmes clairement, sans ambiguïté ou complexe quelconque ; c´est manquer de savoir reconnaître ses amis ou débusquer ses ennemis, et en fait risquer de ne pas savoir comment combattre les uns ou entreprendre avec les vrais démocrates d´un partenariat averti, équidistant, respectueux des souverainetés et des identités culturelles.

Nous vivons dans un monde culturel qui a élevé autour de nous une logique de système, de macropolitique et d´intentions idéologiques s´abandonnant à l´industrie, à la consommation de masse, au suivisme du grand nombre qui, par son anonymité et son moutonnement est plus facile à influencer, à aveugler, et bien sur, à manipuler par la mode, le sondage tendancieux, quelques sectes, religions magiques ouvrant sur un quelconque nirvana illusionniste et sans valeurs réelles. Mais tout cela ne serait-il pas la facture de notre société polarisée vers l´idolâtrie, vers le suivisme d´actes, de jugements changeants et sans contenus critiques de valeur profonde, nourrissantes ? La démocratie, cependant, n´est pas la porte d´à côté. Elle nécessite le respect de bien de valeurs auparavant solidement éprouvées et entretenues. Fermer les yeux devant les abus aux valeurs sociales, morales, éthique ou tolérer cavalièrement leur mépris ; n´est-ce pas vouloir aller sur la lune en prenant la fusée la plus défaillante, la moins précise pour effectuer ce voyage ?   

Le résultat, on le voit aujourd´hui : plus personne n´a une opinion propre, les journaux deviennent des feuilles de reportage, plutôt que de réflexion et d´opinion aidant les gens à discuter objectivement plus largement dans la diversité cultivée pour se faire un avis solidement argumenté autour de valeurs précises, claires et réelles. Est-ce aujourd´hui surprenant que la moyenne de connaissances générales diminue dans la population des pays industrialisés ? Que ce soit aux Etats-Unis, en France, en Allemagne, on accuse des déficits formatifs étonnants en manque de professeurs, d´ingénieurs, de techniciens, et pourtant ces pays avaient tous les moyens nécessaires pour les former. Pourquoi n´y arrivent-ils pas ? Les généreuses facilités de la société de la machine et de la consommation avaient-elles affaibli ou désintéressé la majeure partie de la jeunesse et de la population active à se consacrer à mieux comprendre et apprécier les valeurs qui faisaient le fondement réel de leurs sociétés pour, au besoin les changer ou les transformer s´ils ne correspondaient plus, ou nuisaient à leurs attentes, à leurs idéaux ? A moins, bien sûr d´en avoir…

Ou croyait-on de nos jours que la vérité résidait dans le traintrain quotidien anodin, individualisé et régulier pourvu que d´une façon ou d´une autre on arrive à satisfaire…à sa petite consommation ? Les moyens de production évoluaient selon les techniques et les exigences de qualité des marchés et de leurs clients, les problèmes écologiques émergeaient et devenaient coriaces ; la richesse culturelle des peuples, des civilisations débordait des frontières étatiques grâce à l´électronique et à la vitesse de l´information et allait cultiver et émanciper biens de gens de par le monde. Et de par la diversité technique des biens que nous employons tous les jours pour nous réaliser en satisfaisant à nos besoins, la vie dont l´espace, le temps tiennent de plus en plus sur la poigne d´une main, est devenue bien plus complexe qu´hier, ne nous trompons pas.

Si hier il suffisait de peu, d´avoir lu ou visité ceci et cela pour être écouté et admiré, aujourd´hui il faut bien plus d´effort et de connaissance pour mériter le respect ou l´admiration des autres, se maintenir aux premiers rangs du savoir ou alors on n´était rien d´autre qu´une goutte d´eau dans la mer anonyme qui peuplait la vie publique. C´est pourquoi il serait souhaitable que lorsque quelques gens se rassemblent quelque part et prétendent nous garantir une ou des valeurs communes, que nous prenions la peine de vérifier si tout cela était vrai. Dans quelle mesure, et quelles étaient les inconvénients et le prix que nous valait le choix des options de nos représentants ou des autres ? Ne fut-ce que pour ne pas être trompé ou mené en bateau. Sinon nous risquerions, comme le peuple américain qui allait abondamment aujourd´hui, bien tard, dans les rues pour protester contre la guerre d´Irak qui la ruinait de ses enfants et de son honneur. Car, selon toute évidence, s´il avait réélu Georges Bush à la tête de ses Etats, cela ne voulait pas dire qu´il lui avait signé un chèque en blanc dont il pouvait user et abuser à loisir ! Ce peuple, il tenait autant à sa constitution qu´à son noble sens de l´histoire ; et il ne s´abaisserait pas volontairement à une délinquance militaire gratuite et sans honneur.

Ou encore, dans le cas de la France dont une castes de conjurés entretenait sournoisement la criminelle francafrique : peut-être faudrait-il en référer à ce peuple sous le dos duquel on affamait et on appauvrissait vilement tout un continent. On serait surpris d´apprendre que : d´une part, la plupart des français ne savaient pas ce que ces intrigants immoraux et sans grandeur d´âme fourbissaient sous l´honneur et le nom de France ! Et si parfois les africains, terrassés et excédés par ce monstre insatiable aux milles tentacules meurtrières, accusaient ouvertement les français surpris ; ceux-ci croyaient que les pauvres africains souffraient de la fièvre délirante de la malaria tropicale. Ce qui n´était en aucun cas vrai. Si ces français allaient au vif des choses, ils apprendraient bien vite que c´est même avec leurs impôts que ces vilénies étaient entretenues et organisées ! Ils se faisaient donc couvrir de boue et de déshonneur sans le savoir. Question de confiance ; ou de méfiance ? La confiance, disait Lénine, c´est bien ; mais le contrôle, c´est mieux.   

Musengeshi Katata

Muntu wa bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com

Posté par Musengeshi Kat à 01:41 - Conférences et débats - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1