Résoudre la crise des finances serait facile, selon les nouveaux Prix Nobel américains ?
Quand on entend cela de la part de frais prix Nobel, on se demande deux choses : avons-nous tous vécu sur la lune ou alors ces nouveaux messies de l´économie de crise facile ne sont pas autre chose que de grands rats de bibliothèque et d´études en vases clos ayant perdu le sens des réalités ?
La réalité de cette crise est hélas, une matriochka complexe en cercle vicieux !
Les nobles économistes fraîchement dotés n´auraient-ils pas compris que cette crise était complexe et que la comparer à la situation économique américaine de 1776 qui vit la banqueroute des 13 Etats cofondateurs de l´Union, qu´on jouait à l´historien analogique qu´à l´économiste réellement créatif et averti sur la complexité de cette crise ?
Quand quelqu´un vous dit que la situation dans laquelle il se trouve est facile à résoudre, on se demande 1) Pourquoi il s´est d´abord mis dans cette situation déplorable d´abord, 2) Pourquoi n´en sort-il pas lui-même si la situation était si aisée á résoudre ? Nous ne doutons pas de l´intelligence des prix Nobel américains, loin de là ; mais à force de s´octroyer à tour de bras des prix d´économie, et surtout à voir, depuis 600 ans les choses comme on veut qu´elle soient, je me demande sincèrement si l´objectivité occidentale n´a pas perdu son sens orientant de réalisme.
La crise des finances n´est rien d´autre qu´une crise d´endettement public abusif entretenu depuis plus de deux décennies de la part des pays riches ou pouvant facilement s´endetter pour cacher leurs déboires économiques. Or derrières ces déboires économiques il y avait, comme on le voit en Grèce, au Portugal et en Irlande, des défauts de structures, des investissements malheureux ou improductifs soutenus idéologiquement ou par une politique plus subjective que fondée sur des fondement économiques éprouvés. Si la Grèce est an banqueroute irréfutable, c´est bien parce qu´au lieu d´investir dans l´industrie, la production, créer l´emploi et le revenu chez elle autant que la diversification de sources de revenu à sa société et á ses citoyens, on a plutôt faussé ses chiffres pour pouvoir être admis dans la zone Euro. Si ce n´était que cela, passe encore, mais on a bien dormi et on a continué à croire à tort qu´à la table des grandes économies industrialisées de France, d´Allemagne, de Grande Bretagne, de Hollande, etc, le tourisme, le fromage de mouton et la réputation de vieilles pierres historique ferait le miracle économique, aveuglerait tout le monde ou l´éblouirait ? Mon Dieu…il faut être bien naïf pour avoir un seul instant crû cela !
Maintenant vouloir sauver ces « illuminés » ou hasardeux de l´économie ou continuer à entretenir des politiques budgétaires américaines bons enfants à vivre au dessus de leurs moyens, c´est aussi se mettre en danger, pourquoi ? Mais parce que ces dettes seraient endossées ou injustement imposées à des générations futures innocentes. Serait-il logique et rentable au sens économique de soutenir des parasites et d´heureux dépensiers improductifs tout en pénalisant l´avenir et la jeunesse comme on le voit actuellement aux USA, en Grèce, en Espagne, en France ? Celui qui croit qu´il se forge ainsi un meilleur avenir se trompe bien, grandement. Pour celui-là l´avenir va bien ouvrir un grand gouffre d´horreurs à ses pieds !
Le danger de contagion des banques ? Oui, ce danger existe et il peut causer des remous, mais on peut y remédier en se serrant les dents. Mais la décroissance de la rentabilité d´un espace économique et financier est bien plus dévoratrice de l´économie ! On a beau croire que sans solution rapide et immédiat au problème il suffisait de gagner du temps en continuant à s´endetter…on y perdait cependant parce qu´on se barrait logiquement toute flexibilité dans l´avenir. Jeter du lest, abandonner l´Etat providence et les transferts sociaux comme le voulait l´idéologie néolibérale ? C´est malgré tout affaiblir l´économie autant dans ses qualités (écoles, santé, habitat, pensions raisonnables) ; mais arrivera-t-on, en augmentant le chômage, á mieux produire et faire économie au moment où la Chine, l´Inde et le Brésil avaient des prix de production moins élevés ? J´en doute. Et j´ai bien peur que nos amis américains prix Nobel n´aient vu les choses trop simplement…par habitude. Rien n´est plus complexe et malheureux que cette crise qui surprend l´occident à un moment des moins favorables qui soit. Mais, l´occident est bien fautive : si elle avait reconnu les signaux avant coureurs depuis la fin de l´empire soviétique et avait paré au mieux, les choses n´en seraient pas là. On a plutôt, enivré la joie de l´écroulement communiste, fermé les yeux sur la réalité et crû qu´on était infaillible en s´endettant vilement. Aujourd´hui ces dettes sortent de leurs caches et font bien mal, terriblement mal d´autant qu´ils ne sont que les revers de nombreux refus de réalisme économique.
Peut-on vraiment croire que si la Dexia belgo françaises est nationalisée pour lui éviter la faillite alors qu´en juillet cette banque avait brillamment passé le test bancaire à la 16e place sur 91 banques, que tout allait bien et qu´on pouvait faire confiance aux instruments économiques officiels de contrôle et d´estimation des finances en Europe ? Hem, la moindre des choses est d´être sceptique, d´autant que 21 banques dont les grecques, les espagnoles, les françaises et irlandaises sont rétrogradées par les agences de rating. Après avoir réussi le fameux test de solidité bancaire. Etonnant, n´est-ce pas ? L´espoir viendra-elle du EFSF et de son successeur désigné dès 2013, le ESM ? Ici aussi je suis bien sceptique car une monnaie se défend par la productivité, par la rentabilité de son espace économique, par le volume des échanges avec l´étranger et le seul créatif et innovateur de son espace économique géniteur. Si à l´avenir il faut défendre la monnaie avec des fonds aussi réputés qu´ils soient, c´est qu´on se trompe d´adresse : il ne s´agit pas jouer les pompiers en économie, mais bien de produire, investir, innover, vendre. Si la croissance, pour une raison ou pour une autre, fait défaut, inutile d´aller assommer les gens avec un flux indu de monnaie, cela ne marche pas ; on s´appauvrit plutôt ainsi en créant l´inflation. Rien à faire, le système économique occidental qui a dominé le monde depuis toujours a perdu ses équilibres et doit être réformé. Le prochain système économique doit tenir compte des chinois, des africains, des indiens, des brésiliens…car eux aussi sont parties prenantes de l´économie mondiale, on l´avait à tort oublié...
Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
Forum Réalisance
L’Occident face au problème de la crise des endettements publics
Il faut dire que l’endettement était aussi d’ordre privé… L’Etat, après le 15 septembre 2008, lors de l’écroulement de la Lehman Brothers, a renfloué les entreprises bancaires de fraîches liquidités pour empêcher l’effondrement du système économique et financier. Et depuis, la crise économique a ouvert les différentes blessures de son corps malade. Ces disparités ont été entretenues, comme nous le savons, depuis pratiquement 30 ans. Maintenant et face au recul des croissances et d’investissements provoqués par la montée des pays émergents, on n´a plus de moyens pour résorber l´endettement…
Ces dettes qui font si mal et rongent la rentabilité et l’avenir des pays endettés outre mesure
Dettes dilenda est. Mais comment diable se débarrasser de ces sacrées dettes quand on ne sait pas les rembourser à terme ? On en a fait tellement pour cacher certains déboires économiques ou… pour subventionner des entreprises clés ou des banques menacées d’écroulement, qu’on croule pratiquement sous les dettes publiques en occident actuellement alors qu´il était question de garder la sage limite de 60%. Suffit-il, comme on le fait en ce moment, de parquer des dettes dans des institutions factices pour que tout aille bien ? Les dettes, il faut bien payer leurs intérêts ! Eh oui… On commet actuellement l’erreur en Grèce, en Irlande, au Portugal et surtout en Espagne, de limiter les investissements et ainsi punir les jeunes, la croissance et l’emploi. Or c’est l’emploi et les investissements qui soutiennent le florissement et la croissance économique… On est bien enfermé dans un piège vicieux.
Joseph Stiglitz, Prix de l’économie, a dernièrement dit : "Nous ne pouvons plus continuer à faire les erreurs du passé : privatiser les gains et socialiser les pertes." Tout le mal néolibéral qui a inféodé le système économique occidental depuis 30 ans. Hélas Stiglitz recommande à l’union Européenne de rétablir l’argent à bas prix en abaissant son taux standard d’escompte. N’est-ce pas une erreur au moment où on se rend compte que l’argent facile n´a résolu aucun problème ? Combattre le feu avec plus de feu, n’est-ce pas dangereux ? Le dernier pas d’Angela Merkel et Nicolas Sarkozy sur ce problème s’opposait aux Bons Européens… Arrivera ou arrivera pas, se demande-t-on ? On ferait mieux, comme Angela Merkel et Nicolas Sarkozy le voient, d´abord d’instaurer des barrières constitutionnelles de règle d’or dans les constitutions de l’union, de restreindre les dépenses publiques et faire tout pour réduire les disparités structurelles empêchant la croissance économique des pays concernés. Or, comment investir sans emprunter ? Et si l’emprunt devenait cher suite à la mauvaise cotation internationale… on s´ouvrait pratiquement le sol sous les pieds.
Ouvrir la porte toute grande aux Bons Européens que chacun pourrait tirer à loisir de chez lui en jouissant de taux préférentiels moyens pénalisant les pays les mieux gérés économiquement. Hem, cela n’emballait personne ; en tout cas pas, les Français ou les Allemands. À la longue, ces dettes devraient, que l’on le veuille ou pas, être payées ! Certains pays de l’union voudraient bien répartir les douleurs de leurs bévues économiques sur les autres membres de la communauté…or, ceci est bien une drôle de manière de définir la solidarité. Il ne faudrait pas, comme le disent clairement certains partis politiques allemands ou français, que les enfants allemands ou français soient à l’avenir pénalisés parce que des politiciens grecs ont jeté l’argent par les fenêtres au lieu d’investir judicieusement dans l’avenir de leurs propres enfants ! Nous y voilà. Un gouvernement économique commun à la communauté arrangerait-il l’affaire de tous ? Pour l’avenir, peut-être, mais pour les dettes déjà contractées… les pays concernés doivent les payer par eux-mêmes. Même s´ils reçoivent des emprunts à taux préférentiels de la BCE, personne ne peut faire la croissance ou réussir leurs investissements futurs à leur place !
La Banque centrale Européenne achetait, contre toute déclaration antérieure et contre le respect de son indépendance, les bons de trésors de pays mis à mal par leurs propres endettements ou leurs déboires économiques. Si les choses s´améliorent dans l’avenir, ces pays pourront racheter leurs obligations. Mais si les choses vont mal… Le problème de l’endettement restera ouvert et dangereux pour l’avenir pour la BCE aussi. Combattre le danger théorique de l’inflation, dit Stiglitz, n’est pas la priorité du moment. Mais bien sûr, ami Stiglitz ; L’argent bon marché, ce n’est pas cela qui fait remonter l’économie. On le voit bien aux Etats-Unis ou en Europe actuellement où on a injecté des sommes folles dans des programmes de relance mais si ceux-ci ont sauvé de la catastrophe, ils n´ont rien révolutionné du tout ! Faut-il continuer à taper dans l’eau en espérant que le poisson en jaillirait d’hébétude alors que le problème était ailleurs et pour bien dire dans la rentabilité détruite et les hauts coûts de production ? En tout cas face aux pays émergents les pays occidentaux restaient, malgré leurs grands moyens financiers mis en jeu, loin d’être concurrentiels. Or il s’agissait de vendre, de rentabiliser ses produits, ses coûts et ses services de nos jours; ce n’est pas en noyant le bateau d’eau qu´on le stabilise, tout au plus devient-il plus lourd et risque, eh oui, de couler…
Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
Forum Réalisance
Fidel Castro est-il réellement été un héros historique pour son pays ?
Il serait de mauvaise foi de dire que Fidel Castro n´a rien apporté à son pays; il lui a apporté l´autonomie politique et le fait d´échapper à la mainmise du néocapitalisme américain. Mais est-ce tout dans l´histoire d´une Nation ? La liberté et le bien-être se défendent tous les jours...de la vie et de l´histoire d´une Nation.
Beaucoup trop d´idéologie marxiste, trop peu d´innovation et d´excellence technique...
L´article : La Vérité sur Cuba de Ababacar Fall (Pambazuka News) ne fait-il pas un trop fervent, si pas passionnel éloge des acquis cubains ? Sur un point de vue, je suis d´accord; mais de là à dire qu´il n´y a pas un pays au monde qui a, en 51 ans, fait de tels progrès… hem, c´est être bien aveugle car on oublie la Chine, la Malaisie. Peut-être l´auteur de l´article est-il trop fanatique de Castro...parce qu´il lui manque de distance...objective à mon avis.
Dans la vie d´un peuple, d´une Nation, le défis du bien-être et de l´organisation sociale doit s´accorder avec celui de la production pour garantir le plus grand défi qu´aie cette nation: celui d´un meilleur avenir. Actuellement, et n´en déplaise à l´auteur, Cuba ne produit rien d´exceptionnel au monde: pas de voiture, pas de camions réputés, de trains rapides, des avions ou des machines de production sophistiqués. Des universitaires de grand niveau ? A quoi cela sert-il quand ils ne produisent rien et que le pays est pratiquement en banqueroute économique et contraint à quitter un socialisme arrivé à essoufflement et sans dynamisme créatif industriel innovateur ?
De nos jours les gens sont tellement devenus subjectifs et ancrés dans leurs orientations politiques classiques ou aventureuses qu´ils en oublient de juger un pays comme Cuba aussi sous l´angle de l´évolution générale du monde, autant que sur les inventions, la productivités ou les réelles capacités innovatrices...par rapport aux pays les plus avancés parce que ce sont eux qui influent le plus la marche de l´histoire économique et politique de notre avenir.
Et partant de cette sobre ligne de jugement, je considère que Fidel Castro a certes été bénéfique pour son pays, mais il n´a su ouvrir ce pays ni à l´excellence industrielle, ni à un niveau supérieur de créativité et d´efficacité technique, économique et scientifique. Des ingénieurs, des universitaires, tout pays peut en avoir; mais si ceux-ci n´inventent rien de nouveau ou d´effectif pour changer le niveau économique et technologique de leur société, ces cadres bien instruits restent malgré tout d´un niveau...moyen car ils ne sortent pas de l´ordinaire. Or le pays est malgré tout confronté à la concurrence internationale chinoise, américaine, européenne, japonaise, etc. Et face à ceux-ci chaque pays doit se trouver des moyens de plus en plus intelligents pour s´affirmer et participer à la lutte mondiale pour un meilleur bien-être. Or sans produire ce bien-être et le soumettre aux dures exigences des pays développés et technologiquement avancés, on a malgré tout peu de chance d´améliorer son niveau de vie dans l´avenir.
Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
Forum Réalisance
Sur la genèse, la portée et la valeur du capital en société moderne
En commentaire à l´article de Samir Amin sur Pambazuka News sur l´article : Face au mouvement démocratique, le bloc réactionnaire
Cher monsieur Samir Amin,
Il devient presque difficile de lire vos excellents articles tant ils sont fondamentalement axés sur la gauche. Notez, je ne vous le reproche pas, loin de là. Mais à force de voir les choses que sous une optique de lecture, vous donnez toujours l´impression de croire que le capital existe sans qu´il ne soit produit et accumulé quelque part ! Or sans accumulation individuelle ou étatique, il n´y a pas d´investissement à long terme ouvrant sur la croissance et un meilleur développement. On ne peut pas toujours vivre de la main à la bouche ! La Chine n´a fait que cela et par contre, l´Afrique qui lésine encore à le comprendre traîne dans la pauvreté et le sous développement.
C´est simple: là où on fait politique, on fait aussi économie parce que la politique n´est que la mise en jeu des moyens et instruments de production de la culture, du bien-être, de l´innovation technique, de la recherche scientifique, du financement bancaire. Ainsi là où il n´y a pas économie, la politique y fait mauvaise figure. Et cela se comprend bien parce qu´il lui manque justement les moyens et les instruments d´action et d´exercice intentionnel. Le grand problème du lien entre les deux est la genèse du capital et son caractère particulier dans l´histoire et le caractère culturel d´un pays.
La capitalisation a-t-elle été acquise sans grand humanisme et sans regard pour les équilibres du respect humain ou de l´ordre social, qu´il se comporte singulièrement. Mais lorsque tout au long de son accumulation ce capital a été influencé par de grandes idées d´équilibre et de justice sociale, ce capital agit plus socialement sans pour autant perdre de vue qu´il est lié au profit. Mais le capital, dans sa nature, doit malgré tout éviter sa destruction comme on le voit avec la faillite grecque actuelle, entre autres. Croire donc qu´on peut séparer, par simple fantaisie intellectuelle la capitalisation ou l´accumulation de l´ordre social ou même de la politique et en faire un instrument castré de son vital profit est logiquement et intellectuellement une faiblesse rationnelle du pire illogisme qui soit. Même le corps humain accumule l´énergie sous forme de graisse, mémorise les informations ou les donnés pour s´en servir plus tard...! Il vaut mieux donc ne pas vouloir à tout prix dénaturer le capitalisme, mais bien le mettre au service du bien-être des gens, de la société et de l´avenir du pays.
Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
Forum Réalisance
La Chine arrivera-t-elle, dans sa foulée d´industrialisation, à épauler l´Afrique à se développer à son tour ?
Commentaire sur l´article de Pambazuka News 186:
La Chine réveillée saura-t-elle un jour éveiller l’Afrique ? de Boubacar Diallo Badiane
Ce n´est pas en côtoyant un lion qu´on devient aussi lion !
Quand on entend ces chiffres africains : 80% des réserves mondiales de chrome s’y trouvent concentrées, 90% de platine, 60% de cobalt et de manganèse, 40% de diamant, 37% d’or, etc. En outre, l’Afrique couvre pour 92% les besoins mondiaux en platine, 70% en diamant, 35% en manganèse, 34% en cobalt et 15% en bauxite ; on comprend d´une part que l´Afrique intéresse la Chine mais aussitôt après on se demande pourquoi l´Af4rique n´arrive-elle pas à décoller au développement elle-même ? Oui, pourquoi au fait ; des enfants idiots, une culture trop peu rationnelle ou des élites incapables ? Il sort aux yeux, même avec les meilleures intentions de jugement, que lentement l´Afrique et ses enfants ne profitent pas de leurs matières premières et richesses, mais bien les étrangers ! Et si cela soulève de plus en plus en Afrique des questions publiques et ouvertes, le continent africain peine encore à trouver ses équilibres créatifs et son orientation techno-industrielle…pour justement transformer ses propres matières premières et s´ouvrir autant un meilleur avenir qu´un bien-être plus élevé. Devant ce constat on assiste á de curieuses positions :
1. Celle des élites incapables ou dépassées par les défis complexes du développement et qui, avec de fausses allures de dictateurs pour faire taire les intellectuels critiques ou de faux nationalistes se cantonnant à quelques idiotes barricades de lutte contre une phobie du retour au néocolonialisme. Cette attitude barricadée se traduisait notamment par un délaissement des facteurs de développement (éducation, instruction, création d´universités et d´écoles techniques valables, secteur bancaire inféodé ou inefficace, petite et moyenne entreprise sans soutien et système efficace de promotion et de financement). On vendait plutôt les matières premières au plus offrant pour se payer des armes d´oppression de la population ou pour se remplir des comptes de banque à l´étranger. Un jour les africains s´en sortiront bien, se dit-on…ce jour-là on verra bien.
2. Une attitude traditionaliste ambiguë de la part de certains découragés par la stagnation et le sous développement dont ils sont depuis trop longtemps les victimes (il faut dire aussi que ce sont des « décrochés » de la connaissance, de la technique, des défis réels du monde contemporain industriel). Ces derniers ne sachant comment déclencher le changement social en eux et parallèlement se débarrasser de leurs tares passées, souffraient ouvertement d´une désorientation socioculturelle douloureuse sans savoir comment s´en guérir.
3. Les opportunistes du faux modernisme de la consommation des exportations étrangères lesquels, fonctionnaires ou importateurs faisaient tout pour s´enrichir en important les produits étrangers sans pour autant se rendre compte qu´ainsi, et sans investir dans l´agriculture, l´élevage ou la fabrication et transformation des produits dans leur pays, on n´y créait pas du tout l´emploi et le pouvoir d´achat qui le feraient avancer. Ces parvenus nuisaient bien, même si cela leur rapportait un bien-être tapageur, à la longue au développement de leur pays et de leur société.
4. Une nouvelle classe de victimaires plus bruyante que positive était née en Afrique : issue de la diaspora ou même du continent, et au lieu de connaître les choses plus profondément, on se cherchait plutôt un bouc émissaire à qui on voulait, á tort ou à raison, mais surtout sans tenir compte de ses propres erreurs ou même de ce qu´on ne faisait pas pour avancer rapidement en Afrique, faire porter le poids de leur pauvreté. Les occidentaux étaient alors rapidement mis aux bancs des accusés, les dictateurs africains, l´esclavage et la colonisation…sans pour autant tenir compte que tous les pays développés aujourd´hui avaient plus ou moins connu ces expériences, mais qu´ils avaient eux pris leurs sort à deux mains et travailler pour changer leur avenir.
Maintenant, la collaboration entre la Chine et l´Afrique pourrait-elle sortir réellement les africains de leur morosité ? C´est possible si les africains y mettaient du leur et s´ils savaient s´enrichir de la démarche rationnelle et industrielle chinoise. Mais, on peut aussi se demander : s´ils n´y sont pas arrivés face aux occidentaux malgré l´aide au développement, malgré les nombreux universitaires et hauts techniciens africains que ces occidentaux ont formé chez eux depuis plus de cinquante ans ; pourquoi tout à coup cela serait possible avec les chinois ? On a compris : sans faire des efforts d´émancipation, de créativité et d´amélioration de l´agriculture, de l´élevage, des productions et application techniques et leur croissante importance en société moderne, les africains vont bien continuer à stagner. Aucune culture quelque soit-elle ne fait le progrès d´une autre pendant que les enfants de cette dernière vagabondaient de par le monde ou prostituaient leur propre économie ! Les chinois ne le feront donc pas le progrès ou l´avenir pour les africains à leur place ! Sûrement pas. Il faut donc cesser de croire que parce qu´on côtoie un lion on devient un lion ou même parce qu´on a importé une voiture étrangère on est désormais constructeur automobile ! Les africains doivent bien accepter de faire leur devoir à domicile, á s´émanciper de leurs traditions primitives désuètes, à travailler et produire, améliorer leurs conditions de vie, chercher des solutions individuelles et efficaces à leurs problèmes, innover, se critiquer, rehausser l´imaginaire et la créativité de leurs enfants...etc Sans cela l´Afrique ne va pas décoller de sitôt et peut-être jamais ; elle restera toujours une source de main d´œuvre bon marché, de matières premières, un dépotoir pour déchets en tout genre ou une marché commercial agonisant sur lequel ceux qui voulaient se développer ou s´enrichir venaient y déverser leurs surproductions industrielles et l´appauvrir tout en s´enrichissant aux dépendants des africains eux-mêmes.
Musengeshi katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
Forum Réalisance
Sur le jugement que nous portons à Nelson Mandela
Nelson Mandela restera toujours pour nous un grand leader politique, charismatique, digne de notre respect; même si à bien y regarder, un curieux goûts d´amertume nous envahit en sachant que les responsables de l´apatheid n´ont pas été traduits en justice. Le prix de la paix entre noirs et blancs ? Serait-il de même si ces criminels avaientz été noirs ? Oui, amertume parce qu´on a l´impression que les blancs gagnent toujours...même si les noirs sont en majorité et dans leur propre pays ! Ce genre de démocratie est-il...réellement démocratique ?
Le symbole de libération d´un grand leader qui ne résolut pas tous les problèmes des africains noirs...
Le grand problème, le grand drame devant lequel se trouvent les leaders politiques africains avertis, et ici je partage l´avis de Chantal Zock, c´est le douloureux retard de l´Afrique...créer une confrontation directe comme le souhaitait Mandela en prison avec des nationalisations, c´est exposer un nombre incroyable d´innocents africains qui auraient à en pâtir par la pauvreté. On a vu cela lors de l´indépendance: tout le monde se mit à danser au Congo au lieu de travailler, créer et innover. Chacun voulait sa petite provincette pour rouler en limousine et se faire traiter de seigneur. Les congolais au pouvoir à l´époque (commissaires généraux) allèrent même jusqu´à participer à l´assassinat de Patrice Lumumba aux côtés des occidentaux, notamment parce qu´il parlait d´Unité, de nationalisme, d indépendance totale et immédiate; n´est-ce pas du plus curieux ?
Conséquence: le Congo qui était en avance pendant la colonisation face à l´Afrique du Sud retomba dans la désuétude. Mobutu, loin de réparer cela, précipita encore la tendance avec son manque flagrant de fondamentalisme économique. Ironie: il fit la zaïrianisation en confisquant les biens de production des étrangers pour les confier à quelques nationaux choisis, mais cela tourna au vinaigre car ces derniers s´empressèrent de piller la caisse et les liquidités pour s´offrir le luxe qu´ils n´avaient pas...et laissèrent dépérir les entreprises. Tout ceci, en gros, n´illustre pas la très grande responsabilité des africains. Raison pour laquelle, chaque fois que je trouve devant ces fameux combattants africains qui poussent de partout de nos jours, mon scepticisme est grand...une chose est de vouloir la liberté, autre chose est de la faire valablement et consciemment comme les circonstances et les défis contemporains l´exigent. En la matière les africains sont de vrais champions: ils veulent le progrès mais peu veulent en commettre les efforts ou s´instruire et se perfectionner techniquement pour oeuvrer pratiquement au changement et à l´amélioration de leurs conditions de vie et leur avenir.
Critiquer Mandela pour son réalisme politique est bien beau...mais quand on voit avec quelle dilettantisme les banques chez nous sont inféodées à l´occident (voir Monnaie, Servitude et Liberté de Tchudjang Pouémi), on se demande, pour tous ceux qui vivent en Afrique et crient au changement, s´ils se rendent comptes que devant leur propre nez on avait cultivé des oeufs pourris ? Notre grand problème à tous est l´incroyable retard mental, organisationnel et technique africain. Ici tous ceux qui abreuvent les leurs de fausses illusions selon lesquelles tout est facile si on retournait dans le passé ou si on s´isolait dans des normes propres...ces gens créent et causent un préjudice incroyable à tous ceux qui les écoutent car, que nous le voulions ou non, nous sommes malgré tout condamnés à réagir et nous parfaire...sinon comment pourrons-nous prétendre que nous sommes intelligents, libres ou indépendants ?
L´avènement de la liberté et la réalisation du continent africain, à mon avis, paiera le prix le plus douloureux et le plus cher de l´histoire humaine. Pourquoi ? Parce que nous avons trop d´ennemis gloutons et plus développés que nous qui nous guettent, que nous sommes diablement en retard et parce qu´apparemment nous ne comprenons pas que sans mettre en jeu notre plus grande intelligence créative et innovatrice...les larmes seront encore plus abondantes et le but espéré encore plus lointain. Mandela comme Patrice Lumumba, comme Ruben Um Niobé, comme Amilcar Cabral et autres Kwame Nkrumah ont eu leur temps. Les défis et les époques ont changé ; maintenant la nouvelle génération africaine doit prouver qu´elle est plus avertie, plus intelligente et créative que ses précédentes…pour relever ses défis et ses obligations avec brio. Est-ce réellement le cas aujourd´hui ? Il suffit de voir et aborder les choses, pas comme on voudrait qu´elles soient et au besoin faciles, mais pour y apporter la victoire du meilleur et du doué parce que ce genre de victoire ne laisse aucun doute sur l´amour qu´on a pour sa liberté, son bien-être et l´avenir de sa culture.
Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
Forum Réalisance
Sans meilleure organisation et rationnelle orientation sociale, l´Afrique peut-elle se sortir du sous développement ?
Hélas, non. C´est peut-être le talon d´Achille le plus douloureux de l´Afrique : celui qui freine et endigue son réel développement culturel et économique. Actuellement, et cela depuis l´indépendance, on essaie de s´accrocher à des courants, à des structures…issus de l´extérieur ou séquelles de la colonisation, or, pour avancer plus solidement et se développer résolument, il faut des structures créant un dynamisme d´emploi, de créativité et de réalisation des rêves et attentes de ceux qui en sont les maîtres et utilisateurs ! Logiquement une société, une culture n´entretient pas des habitudes, des intentions ou des structures qui l´étouffent, l´appauvrissent ou l´empêchent de s´épanouir…
Le grand vide bouillant d´où venaient des cris de détresse, de révolte et de manque à être…
"Mieux vaut payer par soi-même le prix de la liberté en la faisant avec tout son cœur et le respect qu´on a pour ses rêves, sa culture et son avenir, que de la subir, la recevoir en pièces détachées, en versions écourtées ou aliénantes" MK
Comment résoudre le problème de la sociologie désarticulée, sans structures normatives projetée par la société, ses besoins et ses aspirations culturelles, techniques et scientifiques ? Culture factice d´imposition ? Ceci ne menait qu´à l´importation comme on le voit aujourd´hui, et bien sûr à une élite qui, corrompue par la promiscuité et la pression économique des pays industrialisés et développés, se réalisaient hors de leur culture plutôt que de stimuler le commerce et la productivité des leurs.
Que faut-il donc faire pour changer les choses habilement, utilement et efficacement en Afrique ? Quand on se trouve devant une société désarticulée, improductive et de faible organisation politique et économique, ce qui qualifie le sous développement, la première des choses est bien de doter les gens d´une organisation sociale mettant, selon la qualification et capacités d´un chacun, chaque individu à sa place afin de déclencher un consensus de production ouvrant sur la satisfaction des besoins. Le marché et la systématique sociale ainsi créés doivent, bien sûr rester flexibles et performantes pour s améliorer, se critiquer et se mouler progressivement vers une optimalisation capable de répondre aux défis, aux attentes et aux exigences auxquels la société fera face dans l´espace et le temps.
On entend beaucoup, en ce moment, de la révolte rugissant dans les milieux sociaux africains, révolte légitime puisque ces sociétés n´avancent pas assez rapidement pour rendre justice à leurs propres enfants contraints à émigrer ou souffrir du chômage et de la pauvreté. Et ce n´est pas seulement le monde arabe qui connaît ce problème, même si ce dernier le montre plus énergiquement actuellement. Les dictateurs dont on veut se débarrasser de l´Afrique sont aussi un phénomène social d´impuissance et d´incapacité face à une dimension du problème de développement qu´on a trop rapidement fonctionnalisé á une quelconque routine de hâtives connaissances ou idées mal mûries ! Or le travail à faire pour éclore les fleurs du développement dans des sociétés attardées, peu instruites, aux traditions désuètes, est à concevoir et à réaliser autant au détail que de haut en bas en tenant compte d´une fondamentalisme solide, critique, rationnel et bien sûr répondant généreusement aux attentes réelle et effectives de la société. Ce n´est pas facile, il faut beaucoup de talent et d´intelligence pour arriver à ce résultat dont on sait qu´il est autant satisfaisant pour le moment et assez flexible pour ouvrir sur une meilleure amélioration du futur. Certaines orientations socioculturelles spontanées, comme on le sait par le sous développement lui-même, emprisonnent leurs sociétés et cultures dans le passé ou la stagnation dont on s´en sort plus tard qu´avec des violences ou…des révolutions.Mais le problème de fond du sous développement, l´a-t-on vraiment compris, véritablement approché et appréhendé ?
On peut former de bons médecins en pays sous développé, pour prendre cet exemple, mais si ces médecins, pour mettre leurs prestations en service, doivent importer les médicaments, instruments et leurs appareils de soin et d´analyse médicaux de l´étranger, le prix de prestations médicales, loin d´être abordable, devient impayable. Il faut donc que les piqûres, les stérilets, les médicaments et appareils diagnostiques soient produits sur place pour que la médecine reste un bien accessible et pour que l´installation des médecins ne les ruine pas dès le début de leur installation. On oublie aussi qu´il faut des écoles et universités médicales de qualité pour former le personnel médical approprié, cela implique des professeurs non moins doués qu´il faut rémunérer loyalement, qu´il faut des livres spécialisés, des laboratoires…tout cela n´est pas gratuit ; il faut au préalable avoir accumulé pour pouvoir adéquatement financer tout cela. Et à la fin, il faut un bon système bancaire de promotion de la petite et moyenne entreprise pour financer les prêts d´installation de ces médecins.
Tout ceci montre à quel point l´organisation et la gestion sociale sont étroitement liées à la production et au développement social. Celui qui ne fait que des projets sans savoir comment il va les financer ou comment le financement social pourrait se faire par soi-même par le développement de la productivité sociale ; celui-là se construit des châteaux de sable sur la plage…et risque, comme c´est souvent le cas en Afrique actuellement, à rester enfermé à la mendicité internationale parce que faute d´être productif et rentable, il ne saura ni se refinancer, ni promouvoir adéquatement les forces économiques vitales dont il a un besoin urgent pour satisfaire au développement réel de sa société. On peut parler ici de vases communicants ou de structures en maillons de chaîne où tout élément, tout en ayant ses propres caractéristiques et ses particularités, est autant lié à tous les autres même si apparemment il semble indépendant.
Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
Forum Réalisance
Les peuples africains doivent prendre leurs responsabilités envers leur propre avenir et le devenir de leurs meilleurs enfants.
Commentaire sur Facebook
On ne peut efficacement défendre et aider que celui qui croit en lui-même et qui est déterminé à se donner un meilleur avenir...
"Car sans les efforts, les talents et les rêves de ses meilleurs enfants l´avenir du peuple restera sombre et indu..."
Ami Jean Claude Manzueto, j´avoue que vous m´avez vraiment ému...Croyez-moi, et ceci sans verser dans le moindre culte de ma personne, mes pronostiques sur la crise économique que j´ai prévue avant bien d´économistes en 2005 ont été lus dans le monde entier...et m´ont donné raison sur toute la ligne. Ma compréhension économique et stratégique économique est très poussée, si je ne dis pas inégalée en Afrique actuellement. Et malgré cela, moi aussi je dois vivre et je ne vendrai jamais mes services gratuitement. A part le Net où j´essaie d´attirer l´attention des gens sur ce qui nous arrive actuellement, et bien sûr les erreurs qui ont conduit à nos malaises. Cela fait partie de mon honnêteté intellectuelle, même si je sais que beaucoup ne comprennent pas ce que je dis; le fait que je l´ai prévu me soulage personnellement. J´aurai fait mon devoir d´information.
Je soutiendrai d´emblée intellectuellement tout changement économique et politique au Congo, et même dans certains pays africains où j´ai des amis et pour lesquels je suis conseil économique. Mais voyez-vous, j´ai appris à mon corps défendant que les africains se font généralement trop d´illusions. Ou alors ils sont enfermés dans logiques et synchronismes économiques dépassés. Ceci explique pourquoi pratiquement tout notre continent est à la traîne ou se laisse voler les maigres fruits de son lent développement de décennie en décennie par les étrangers ou ses propres enfants escrocs et corrompus. Surprenant est que les gens ne veulent pas du tout changer et voir les choses comme il le faut ! Et de décennie en décennie on voyait la pauvreté mal combattue et sans substances techniques et accumulatives capable de repousser ce mal, malgré tout gagner du terrain. J´ai à plusieurs fois offert mes services au gouvernement congolais...sans la moindre attention, comme on le voit. Mais j´avoue aussi que je suis un de rares congolais qui n´aime pas jouer le sous-fifre ou manquer à ses convictions intellectuelles par opportunisme pécuniaire. J´ai gagné cette liberté en Allemagne car je ne suis pas obligé aujourd´hui de ramper pour dire ce que je pense ou pour vivre. Et ceci dit, je ne m´intéresserai en premier à quelqu´engagement que si je sais exercer mon intelligence pleinement et efficacement. Et malgré tout, il faudra bien honorer mes services. Pas de gratuité chez moi, autant que je ne demanderai à personne, ni aux policiers, ni aux soldats ou professeurs d´école ou d´université de le faire. Je suis pour une économie qui fonctionne, pas une économie qui se suicide en privant ses acteurs de moyens de réalisation. Personnellement, et si j´étais franc, je dirai que comme l´économie, l´éducation, la formation professionnelle et le financement des moyennes entreprises au Congo sont conduites actuellement, ce pays va plus à la catastrophe qu´il ne se prépare un meilleur avenir...
Voyez-vous cher ami et frère Manzueto, on peut dire la vérité à quelqu´un pour le sauver de mauvaises expériences qui le guettent; mais si cette personne persiste à se rouler dans la boue de ses gaffes et s´illusionner...on ne peut pas le sauver malgré lui. Seul la douleur pourrait le faire en le réveillant ! C´est bien pour cela que j´estime que le peuple doit bouger...après tout il s´agit de son avenir, de ses enfants, de sa culture et de sa réalisation ! S´il se refuse à se lever pour parler d´une voix pour son propre intérêt, pourquoi ce même peuple me demanderait-il à moi de défendre ce que lui-même se lésine à défendre ? Bonne question, n´est-ce pas...croyez-moi que la crise économique et culturelle actuelle soit absolument cruelle si pas mortelle pour bien de pays de la périphérie de l´économie mondiale. Ne s´en sortiront forts et rassurés que les pays qui sauront produire bien et vite à bas prix, ce qui demande une discipline et une rigueur créative de haut niveau. Or, sans capital et sans techniques ou technologie, comment les pays africains y parviendront-ils ? Pratiquement pas si les choses vont cahin-caha comme hier et aujourd´hui. Ce défi exceptionnel exige tellement d´efforts et d´intelligence organisatrice et créative...que bien de pays africains s´effondreront ou choisiront la mort lente parce qu´ils ne sont pas capables de prester ces efforts, ou parce qu´ils vont, comme hier, frapper à la fausse porte en croyant que les autres produiront pour eux ou que tout est facile. Certains croient encore qu´on peut faire le développement en appauvrissant ou en abrutissant ses propres enfants ! Incroyable, n´est-ce pas ? A ce jeu-là on ne me verra pas, même gratuitement. Je choisirai plutôt l´exil à vie plutôt que de me laisser avilir à ce point. On ne peut tout de même pas se prêter à toute les saloperies, à toutes les traîtrises envers les siens parce qu´on est africain...et noir !
Pour moi, ou l´Afrique apprend à se changer pour s´offrir un meilleur avenir, ou cette Afrique ne sera demain que l´ombre d´elle-même. J´ai choisi pour travailler pour son meilleur avenir et pas gratuitement, ce qui est logique: ce que je défend et organise pour les autres ne doit pas être différent de ce que je m´offre à moi-même ! Je vous dirai volontiers des choses et d autres à ce sujet, mais est-ce important, je ne le crois pas; l´important à mon avis est que le peuple exprime son désir de changer les choses au mieux. Et si ce jour-là on me fais signe et on sait payer mes services comme je l´entends, je serai de la partie de tout coeur. Pour le reste, cher ami Manzueto, laissons l´église au village et concentrons-nous plutôt à démarrer une meilleure prise de conscience au Congo afin que les choses changent immédiatement et sans délai. Les épreuves qui se présentent à nous sont énormes...ce n´est pas pour rien que le monde arabe explose: ils ont déjà compris qu´on les avait mené en bateau. Les africains subsahariens le comprendront-ils aussi rapidement et à temps avant que la catastrophe ne soit irréparable ? Je l´espère, je l´espère sincèrement. Moi je ne suis qu´une goutte d´eau dans la mer du peuple; c´est le peuple qui doit bouger, moi j´en ai dit et informé assez. Il ne faut pas oublier: le peuple doit être consentant á payer le prix de sa propre liberté ! Et il doit le dire clairement et sans ambiguïté aucune.
Le peuple est éternel et maître de ses choix et de sa destinée; moi je ne suis qu´un mortel...Après tout Patrice Lumumba est mort pour le Congo, cela n´a pas empêché les congolais en rien à s´aliéner, se ridiculiser en reniant pratiquement l´idéal pour lequel ce fier enfant de l´Afrique a donné sa précieuse vie. Le peuple a aussi des devoirs sacrés envers ses meilleurs enfants, même si ceux-ci sont morts pour lui; car sans ses meilleurs enfants l´avenir de ce peuple restera sombre. C´est mon avis le plus franc et précis.
Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
Forum Réalisance
La diaspora du Congo peut-elle devenir une force économique ou un fond efficace d´investissement au développement ?
Commentaire sur Facebook sur le thème de Jean Pierre Cheynut
En Afrique actuellement les pouvoirs sont trop inefficaces et corrompus pour convaincre la diaspora à les soutenir…
Il ne faut pas être triste pour autant, mon frère Cheynut, tu permettras, avec ton sang otetela dans les veines, que je t´appelle ainsi...c´est plus rapprochant. Depuis des siècles nous nous débattons avec un problème absolument primordial en matière de culture et de sens de l´histoire: comment éduquer nos enfants, organiser la société et former les élites africaines à un réalisme qui nous permette autant de rendre justice à notre existence et nos cultures qu´à nous donner les moyens et les instruments adéquats et réalistes pour assurer notre place au concert des nations et continents. Et bien sûr nous réaliser pleinement, au mieux. Or il suffit de lire l´histoire de l´Afrique avec 13 siècles d´esclavage islamique, 4 siècles d´esclavage des chrétiens et 80 ans de colonisation...à cela il faut ajouter 50 ans de francafrique jusqu´aujourd´hui pour se rendre compte que nous n´y sommes pas encore arrivés. Pourquoi cela ? Parce que l´africain est trop vite satisfait, ils est encore enfermé dans son infantilisme et ses erreurs logiques et rationnelles du passé. Et lorsqu´il en sort il veut acheter, s´enrichir sans effort plutôt que produire et faire l´effort d´épanouir les capacités de ses enfants. Or dehors le monde avait incroyablement évolué et dévorait autant nos matières premières qu´ils nous faisait avaler ses excédents d´exportation plusieurs fois subventionnés. Nous étouffons et jetons nos accumulations par la fenêtre au lieu d´investir dans notre avenir et mettre à jour nos facteurs de développement.
Ce rapide exposé pour te dire que seuls les africains qui auraient compris cela sont à ma vue susceptibles de mieux gérer leur pays et le sortir des marasmes du passé ou des abus économiques contemporains causés par les exportations ruineuses. Maintenant, soyons francs, connais-tu un seul politicien qui a relevé comme je le fais rapidement cette problématique ? Aucun. Tous aimaient et s´accrochaient au pouvoir mais il n´en sortait rien de bon parce qu´ils n´en comprenaient rien du tout. C´est en fait l´histoire de quelqu´un qui doit faire des canalisations et qui s´y mettait avec une pelle quand d´autre employaient des charrues mécaniques. Ne pas accumuler au 21e siècle et ne pas bien instruire ses enfants et affiner ses facteurs de développement...où diable voulait-on aller sinon à la catastrophe d´une pauvreté et d´une indigence encore plus cruelle ? Je te donne l´exemple d´Haïti dont on disait qu´en 206 ans d´indépendance ce pays était devenu un vrai symbole de liberté pour la race noire...aujourd´hui ce pays n´était-il pas la victime de la choléra et de la pauvreté la plus rance du monde ? Mais si...! Où donc sont restés les 206 ans d´expérience et d´exercice de la liberté et de l´indépendance ?
Pour en revenir à la diaspora comme tu le disais; prenons l´exemple de la diaspora haïtienne qui expatriait vers Haïti chaque année plus de 8 milliards $ de par le monde entier ! Mais aussitôt l´argent arrivé en Haïti, il prenait le chemin des grandes banques occidentales parce qu´au lieu d´investir au pays, les élites crapules et corrompues haïtiennes se payaient des voitures neuves, ou alimentaient leurs comptes étrangers en devises...en laissant les haïtiens dans leur pauvreté et leur manque. N´est-ce pas cruel cela ? Lorsqu´une élite n´est pas à la hauteur de ses tâches, il faut la réveiller et non lui confier des devoirs qu´elle ne sait pas remplir. La diaspora africaine en occident n´est pas idiote; donner un chèque en blanc à des roturiers et des incapables ne sert à rien. Les gens doivent d´abord prouver qu´ils ont compris de quoi il s´agit réellement et qu´ils sont capables de changer positivement les choses et pas tromper et abuser continuellement du peuple et de ses ressources.
Musengeshi Katata
„Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu“
Forum Réalisance
Des élections et de l´exercice du pouvoir en Afrique
Commentaire sur Facebook sur l´invitation d´Aimé Tatou
Surtout ne pas perdre de vue le principal qui est le bien-être, l´avenir de nos enfants et de nos cultures.
Bien parlé Dia Abdou, excellent propos Aimé. Et à notre ami Ruku Oyaku Bhileni je dis ceci à l´exemple de Shakespeare qui disait que la forêt empêche souvent de voir l´arbre: les africains actuellement en général se cramponnent sur la tête du pouvoir, or c´est l´exercice du pouvoir et son efficacité qui est en cause dans toute l´Afrique et particulièrement au Congo. Ces employés du peuples nommés présidents, ministres, hauts fonctionnaire d´Etat ne font pas leur travail ou ils en sont incapables; sinon comment expliquer la pauvreté et le manque horrible qui sévit pratiquement dans toute l´Afrique ? Un dialecticien congolais et ex ambassadeur du Congo auprès du Royaume de Belgique, Bernardin Mungul Diaka disait ceci à l´époque de Mobutu : "Quand une voiture est en panne, ce n´est pas changer le chauffeur qui résout le problème !" Ceci pour dire que nous devons changer, autant dans nos intellectuels que dans nos élites politiques, notre manière d´exercer le pouvoir dans ses obligations autant que dans sa nature.
Apparemment le pouvoir en Afrique et au Congo est devenu un lieu de prédilection pour tous les incapables et aventuriers de nos sociétés. Or le pouvoir est un instrument, pas une finalité. Cela vient-il du fait que nous ne savons pas bien contrôler nos pouvoirs et leurs donner une marche à suivre, des devoirs précis et clairs ? je pense qu´il y a du vrai là dedans, mais il est vrai aussi, et cela vient de notre passé, que notre réalisme, la mise en oeuvre de notre pouvoir soient victimes de nos erreurs passés que nous répétons encore ou de notre naïveté dont nous n´arrivons pas à nous départir ? Quoi qu´il en soit, il est temps de mettre fin à cet africanisme sans gloire qu´on entretient pendant que nos enfants meurent de faim, que l´emploi fait défaut et que le revenu est invisible ou maigre à en mourir. Tout cela pendant que nos matières premières étaient dilapidées à la vitesse grand V pour nourrir des iconoclastes et parasites sociaux se disant intellectuels ou se croyant maître de notre pouvoir ?
Nous devons mettre fin à cette hérésie rapidement et pas seulement en chantant : conscience, révolution, panafricanisme ou Afrocentricité...mais bien en créant l´emploi chez nous, en donnant un revenu valable à tous, en inventant et en nous donnant les moyens et les instruments réels d´une vie meilleure. Ceci dit, nous aussi nous sommes des êtres humains, et souffrir pour que d´autres s´enrichissent ou délaisser nos femmes et nos enfants est absolument inhumains. Ceux qui nous demandent cela n´ont pas droit à se dire des êtres humains parce qu´ils nous demandent de nous assassiner nous-mêmes ! Après tout, ce sont nos enfants qui écriront notre histoire, chanteront notre espoir et nos tourments, fêteront nos cultures...pas les étrangers ou leurs enfants !
Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
Forum Réalisance
