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Forum Réalisance

Cet espace va à la recherche de l´existentialisme de l´homme noir pour lui permettre de mieux se déterminer face à l´histoire et face à la réalisation de sa liberté.

17 avril 2008

Adieu Aimé Césaire. Un géant noir a quitté la scène de la vie.

A Aimé Césaire. A titre d´oraison funèbre.

La liberté humaine a perdu un grand tribun

A mon frère le plus doué, mon maître, la voix de ma conscience et celle de notre éternel combat humain ; c´est bien de peine que tu ne sois plus des nôtres ! Et déjà, devant notre champ de bataille aux duels acharnés, ton départ nous attriste et nous esseule.Aimecesaire

Tous ceux qui ont eu la joie et la fierté d´entendre ta voix, de lire tes mots, de te savoir auprès d´eux dans le sort historique où l´existence humaine nous a conduit, ceux-là vont te regretter amèrement. Dieu merci, grand frère, nous as-tu légué ton talent qui, lui, inlassablement chantera ses vers à nos cœurs angoissés.

Maintenant, aujourd´hui que nous t´avons perdu, ton image et ton discours se sont enflammés dans nos âmes tourmentées et inassouvies de leurs plus belles attentes. Et en nous amoureux et épris de la liberté et de ses fleurs fructueuses et vives, a grandi la foi précieuse de ta fidélité.

Repose en paix, ô enfant aimé du continent éternel. Puisse nos prières émues et attendries te bercer ce voyage silencieux et sans retour qui est maintenant le tien. Nous ne t´oublierons jamais, car au fond de l´amour chaleureux de tous les femmes et hommes de bonne foi, ta droiture restera légendaire.

En toute humilité, respect et profonde admiration; et en place de tous les tiens qui ne cesseront de t´aimer,

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu 

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21 mars 2008

Afrique. Faiblesse mentale ou faiblesse de détermination à la liberté ?

Aimer la liberté et la réalisation sensible est une chose, commettre les efforts intellectuels,  logiques et effectifs pour asseoir et épanouir ces légitimes et humaines aspirations est autre chose. En Afrique on assiste à des comportements ambigus, contradictoires et mêmes sciemment ou inconsciemment opposé à l´avènement de ce but pourtant fiévreusement et passionnément encouru. Pourquoi ?

Défaut de caractère, de logique conséquente ou simplement infantilisme blessant ? 

Quant une race, tout un continent a été à ce point méprisé, des siècles durant dépossédé de ses meilleurs enfants, privé de liberté et de reconnaissance sociohistorique; quand on a détruit ses symboles, renié par la violence et la négation sa spiritualité autant que ses droits humains; il s´ensuit, dans ce peuple errant sur le sentier devenu ténébreux et rocailleux de son histoire, de ses attentes et de ses aspirations, une psychologie du doute, de la persécution et du refoulement qui l´empêche de croire en lui, de développer un jugement critique objectif fondé sur ses propres aspirations et attentes. Et par réflexe, il cherche la masse, la multitude pour cacher son identité interdite ou empêchée. Parce que la masse lui permet de vivre une partie réelle, autorisée et protégée par les lois du nombre, de sa personnalité individuelle.

Ce n´est que comme cela qu´on peut s´expliquer, à mon avis, la généreuse tendance qu´ont la plupart des intellectuels africains à aspirer quid à l´Afrocentricité, à l´Unité africaine, à quelque union des noirs du monde dont on se demandait: sur quelles bases se feraient ou devaient se faire ces rassemblement ? Quand on sait que les américains noirs, autant que les haïtiens, les guadeloupéens, et mêmes les africains eux-mêmes sur leur propre continent vivaient désormais sous des langues, des valeurs culturelles différentes, et le moins qu´on puisse dire, un avenir et des attentes totalement différentes les uns des autres. Certes, tous ces noirs avaient été, dans ne mesure ou une autre, victimes d´un quelconque prédateur historique chrétien ou islamique qui leur avait imprimé son cachet culturel et son sens de l´histoire; mais devait-on pour autant tous les mettre dans une même casserole de lutte ? N´était-ce pas simplifier les choses dangereusement ? En effet, en Afrique même, et de part leurs différences culturelles, leurs lieux de naissances, le contexte sociohistorique de leur existence passée et actuelle, les africains ne sont-ils pas différents les uns des autres ? Je le pense bien. Et à mon avis ne pas le prendre en compte, c´est, par cécité ou sentimentalisme associatif illuminé, manquer aux devoirs intellectuels du détail et de la particularité.

On entendait déjà quelque martiniquais ou antillais se refuser à être mis dans le même sac, le même combat que celui des africains. A raison. Vouloir changer leur histoire ou remettre l´heure historique à l´époque d´avant l´esclavage est une chose impossible. Et ailleurs, selon la main séparatrice et possessive du maître, les peuples comme celui du Cameroun, du Congo, du Burkina Faso et autres, ces peuples avaient suivi ou subi un développement culturel qui les avait différenciés de leurs entités antérieures. A mon avis, on devrait malgré tout faire contre mauvaise fortune bon coeur, et s´atteler plutôt au principal qui est à mon sens la réalisation de la liberté réelle de ces Etats devenus indépendants. Et je me demande si cette tendance au concentracisme ne voulait pas cacher, en réalité, les déboires d´efficience dont souffrait l´intellectuel africain déjoué et tenu en laisse par une implacable francafrique. Et faute d´exercer ou de réaliser au pouvoir le discours libérateur de ses peuples, de leurs attentes et de leurs véritables réalisations, frustré, l´intellectuel émettait des théories qui tout en étant irréalistes et vides de consistance, devaient le rappeler à la mémoire de ceux qu´il ne savait présentement ni défendre, ni conduire à un avenir meilleur.

Ce problème, si beaucoup de le voient pas, n´est pas seulement un sujet de discussion. C´est un problème qui cache ou explique autant les déboires de l´Afrique actuellement qu´il en dramatise l´avenir de tous ces peuples qui, privés de leurs meilleurs intellectuels vivant tous pour la plupart à l´étranger, subissaient sur le terrain politique et économique de leurs réalités journalières les sévices et les malfaçons d´une élite du pouvoir aussi opportuniste qu´incapable dans ses jugements autant que dans ses choix de priorités et de stratégie pour servir les devoirs qu´ils devaient au leurs. Il y avait donc une douloureuse et plutôt cruelle évidence réelle d´accomplissement : tandis que d´un côté les intellectuels doués et avertis trépignaient et se révoltaient contre le sort que subissait leurs peuples, de l´autre une pseudo élite au pouvoir se laissait corrompre, cafouillait dans un débâcle à peine croyable d´orientations, de décisions et d´utilisation de ressource qui frisaient l´infantilisme le plus obtus. Le dialogue entre ces deux classes, et cela grâce à la compartimentation sournoise et orientée des intérêts occidentaux occultes, ne trouvait pas lieu. Pourquoi ? Parce que l´occident dominant n´avait pas d´intérêt à ce que ses sources d´approvisionnement en matières premières, en produits agricoles de transformation, en revenus financiers et économiques ne viennent à tarir. Diviser pour rêgner.

Tout cela est connu et même largement discuté depuis longtemps. Ce qui frappe, c´est que la plupart des africains, et cela malgré de brillantes publications de Doumbi Fakoly, par exemple, de Cheik Anta Diop, d´Omotunde et autres, les africains concernés n´avançaient pas bien vite dans leur dialectique. Bien au contraire, beaucoup, et cela tout en clamant un africanisme bancal, ou en entretenant une fausse révolte raciste dans des chambres Internet obscures et trompeuses, jouaient habilement au caméléon culturel mangeant à deux râteliers. De l´occident ils attendaient une vie facile et bien meilleure que chez eux, mais lorsqu´il s´agissait de mettre leurs attentes en pratique et de lutter chez eux pour changer les choses au mieux, il se laissaient aller et dominer par le train train quotidien que l´occident y avait instauré. Cette fausseté avait engendré des traîtres africains du plus bas acabit dont les gouvernements africains aujourd´hui abondaient. Manque d´imagination, ou manque de caractère ? On ne peut tout de même pas avoir fait les études en Europe, avoir lu autant Tibor Mende, Patrice Lumumba, Thomas Sankara, Malcolm X et autres leaders de la liberté humaine, et cependant se refuser à appliquer l´évidence de ce qu´on a appris ! Comment diable cela s´expliquait-il ? Voulait-on cette liberté ou ne la voulait-on pas ? A moins que...lorsqu´il s´agissait de payer le prix de ses propres ambitions, ceux de ses propres rêves et ceux des siens, on voulait tout à coup avoir tout gratuitement ?

Mais peut-être que pour beaucoup le défaut se trouve dans la dialectique elle-même de réalisation que l´Afrique n´a que trop peu développée dans des ouvrages publiés en Afrique et discutés dans de larges débats de société ? Parce que publier en France, en Allemagne ou aux Etats-Unis, c´est somme toute publier loin de l´Afrique; et autant dire du centre d´intérêt de ces idées. Et beaucoup d´intellectuels africains en ont marre de toujours trouver leurs réponses à l´étranger. En Afrique noire, cependant, il y avait un manque criant de maisons d´éditions libres conscientes et intéressées aux pensées supérieures de leurs propres enfants ! D´autre part, la critique n´est pas encore très bien vue, en Afrique; et on se demande bien comment dans ces conditions cette Afrique comptait s´améliorer et se mettre à jour devant les défis contemporains sans frontières ? Or la connaissance comme telle ne suffit plus de nos jours; il faut non seulement l´entretenir et savoir la discuter ou la renier au besoin, mais il faut aussi d´autre part élever et parfaire l´idéal social, intellectuel et technique qu´on se souhaite. Et garder contact avec le monde extérieur, car l´histoire nous a apprit que nos prédateurs les plus dangereux vinrent de l´étranger. Alors, comment changer les choses au mieux; comment parvenir à établir ce dialogue interculturel et interdisciplinaire dont profiterait réellement l´Afrique et son avenir ?

C´est pourquoi je fais un appel à tous ceux qui ont compris ce dilemme de chercher à trouver des solutions permettant à le résoudre. Je sais combien nous sommes divisés et éparpillés de par le monde. Actuellement ceux qui profitent de notre intelligence, ce sont ceux qui veillent à ce que les choses ne changent pas en Afrique, afin qu´ils en soient toujours les profiteurs. Mais cela est-il dans notre intérêt et ceux des nôtres ? Pas du tout. Il y a donc lieu de changer les choses, autant en allant profondément dans la dialectique de notre réalisation culturelle, qu´en cherchant les moyens efficaces et réels nous permettant d´y subvenir. La liberté, dirai-je encore une fois, il ne suffit pas seulement de l´aimer ou de la vouloir; il faut aussi savoir en payer le prix intellectuel et pratique à son avènement. Et plus ce prix est élevé, et plus la victoire n´en est que plus ennoblissant. Beaucoup parmi nous se font des illusions en occident ; d´autres ont cessé, par manque de caractère ou de courage, à croire à une patrie Africaine libre, prospère, protégeant les rêves et les attentes de tous ses enfants. Mais ceux qui n´ont pas jeté l´éponge; ceux que la foi d´être noir, indépendant et libre n´a pas quitté ; ceux-là savent qu´ils sont des élus d´un combat d´une véritable grandeur humaine pour lequel ils n´ont pas le choix.   

Musengeshi Katata

"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"

Forum Réalisance 

                  

                

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21 février 2007

Mise au point du Forum Réalisance

Désolé, nous ne sommes pas une caisse à résonance

Informer, d´accord ; mais aussi critiquer, proposer et réfléchir

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"Trop de liberté nuit à la liberté" Nicolas Sarkozy, ministre de l´intérieur de France

Cher et honoré lecteur, vous l´avez certainement remarqué : nous ne sommes pas ce qu´on appelle un journal d´information. Ce n´est pas notre but. Notre but est de traiter de l´existentialisme de l´homme noir, de l´Afrique et bien sûr des rapports et faits ayant influencé ou l´influencent toujours l´avenir et le développement de ce continent. Et c´est dire aussi de sa phénoménologie de la liberté. Cela nous emmène naturellement à saisir les informations actuelles qui ont une incidence directe sur la gestation et l´évolution de la liberté pour donner à nos lecteurs l´occasion de saisir dans la momentanéité de l´actualité le rapport qui existe avec des idées, des intentions, avec une certaine critique précise des voies et faits envers la liberté elle-même, mais aussi avec nos droits en tant qu´être humain. Pourquoi la liberté, se dira-t-on ; mais parce qu´étant le lieu de définition et de réalisation de notre réalisation sensible dans l´espace et dans le temps, la compréhension et l´analyse du structuralisme politique qui nous entoure, des possibilités et des moyens qu´il convoie permet de mieux comprendre et d´apprécier de la valeur des intentions extériorisées, et plus important : de leur contenu réel caché. Croire que la liberté est une définition individuelle, idéale, étatique ou raciale est de la pure aberration. La liberté de l´être humain d´aujourd´hui est devenue, de par l´écologie, les rapprochements de communication, celui des idées, des créativités, l´interdépendance des cultures humaines et de ses influences techniques, économiques, politiques, une mondialisation quasi inévitable pour l´être humain moderne. Celui qui ne l´a pas encore compris ne sait, à notre avis, plus ce qui lui arrive, autant qu´il ne définit ou n´appréhende la liberté que partiellement. Nous sommes donc ce qu´on appelle une page Internet engagée, plutôt d´opinion que de rapports de faits. Et pour situer certains lecteurs, nous avouons que nous ne sommes pas des rapporteurs aux yeux fermés ou aux sociologues de l´après coup ; bien au contraire, nous défendons sous Réalisance un idéal de liberté qui se reconnaît de la liberté de tous et celle d´un chacun. Un enjeu ambitieux, mais à notre avis le seul moyen de comprendre et de saisir réellement la vraie dimension de la liberté humaine. Nous sommes persuadé que les maux actuels de l´Afrique viennent surtout du fait qu´elle tarde à définir sa propre conception de liberté et à l´imposer autant dans ses sociétés qu´envers les autres. 

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com 

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16 février 2007

Le courage et la fierté d´être noir

Pour un Congo libre, indépendant, souverain et conscient de ses devoirs envers lui-même

Celui qui ne sait pas se battre doit l´apprendre; celui qui ne le veut pas a déjà perdu.

Ne laissez pas les autres se battre pour vous, parce qu´alors votre valeur humaine n´a ni fierté, ni honneur. Prenez à coeur que vous aussi vous êtes un être humain. Vous aussi vous avez des devoirs envers vous-mêmes, envers les vôtres, envers la société humaine. Celui qui vous enlève ces devoirs et ces droits vous refuse par là toute la fierté et l´honneur de la dignité humaine.   

http://www.dailymotion.com/video/xnvij_noir-proces

Si nous voulons grandir dans nos coeurs et le respect de notre propre identité, celle de nos enfants et celle de ceux qui nous regardent souffrir, ceux qui nous vouent à la pauvreté et à la misère la plus rance; de ceux-là qui nous refusent toute humanité, nous devons relever le défi qui est le nôtre depuis des siècles et montrer que derrière notre belle peau noire, il y a un sens de l´histoire aussi aigu que téméraire. Et que de notre force de caractère, le monde entier peut y noyer son courage.  Musengeshi katata

Patrick Eric Mampouya

Forum Réalisance

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05 février 2007

Patrick Eric Mampouya à la diaspora

Un appel patriotique au rassemblement et à la prise de responsabilités.

Si nous voulons le changement, nous devons y mettre la main

« Face aux moments difficiles et aux défis, celui qui ne se lève pas pour se battre, celui qui n´organise ni la lutte, ni le changement ; celui-là a déjà perdu. »  Musengeshi Katata.

Chers amis et frères de la diaspora ; chers patriotes de la liberté et de l´espoir,

Il n'est pas question de nous exonérer de nos responsabilités, car Sassou n'est pas le seul responsable des grands maux qui frappent notre pays ; chacun de nous devrait se poser la question de savoir ce qu'il a fait pour ce pays qui est le nôtre.

Après qu'on ait tous pris la fuite face à la misère, à la pauvreté et aux restrictions des libertés; on peut cependant encore oeuvrer pour ce pays. Nos hésitations, nos peurs, notre dispersion et notre manque d'engagement sont autant de coup porter à ce pays.

Les structures qui oeuvrent pour le Congo (Partis politiques, cercles de réflexions et autres mouvements) sont sclérosés par leurs dirigeants qui se disputent le leadership. A force de vouloir tirer la couverture sur soi, toutes les bonnes volontés finissent par se paralyser et font le jeu du dictateur Sassou.

En France, Sarkozy n'a pas créé un mouvement à lui pour satisfaire ses ambitions ; bien au contraire, il a investit un mouvement déjà existant pour le transformer de l'intérieur et le mettre à son service.

Au lieu de multiplier les groupes et associations, nous devrions investir et renforcer en masse les partis politiques existants pour y créer des courants, y apporter d'autres manières de fonctionnements, des idées neuves et des concepts d'aujourd'hui.

Les Congolais sont en général des personnes de qualités et bien formés (quand ils sont formés); pourquoi donc n'arrivons nous pas à nous organiser, à nous rassembler autour d'un leader, d'un parti ou d'un mouvement pour le bien, pour l´avenir des nôtres et celui de notre libre et souverain épanouissement ?

La bêtise serait elle génétique chez les Congolais ?

Patrick Eric Mampouya

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26 juin 2006

26 juin: journée internationale contre la torture

Un mal qui se cache derrière bien de gouvernements,

d´hommes politiques aux visages innocents et « civilisés »

La bête primitive et sauvage dans l´être humain

« Ce qui m'effraie, ce n'est pas l'oppression des méchants ; c'est l'indifférence des bons. »   Martin Luther King

Si je pouvais répondre à cette sage pensée de Martin Luther King, je dirai que cette indifférence de « bons » ne prouve qu´une chose : ce sont des méchants qui jouent l´indifférent pour pouvoir se faire passer pour des bons. Le code civil lui a tranché sur cet aspect de la responsabilité pénale : il punit la non assistance à personne en danger. Et c´est bien ainsi, car ces aveugles ou ces faux innocents dont on apprenait plus tard qu´ils avaient activement participé à la torture, au massacre ou à la privation de droits humains à des tiers, de ces genres de criminels en cols blancs, ainsi que leurs exécuteurs de basses œuvres ne sont que d´ignobles et repoussantes créatures primitives plus animales qu´humaines. Car l´humanité, pour peu universelle et intelligente qu´elle soit, ne dispense en aucun cas, et quelle que soit les raisons ou les situations, de rester humain et civilisé, c´est à dire de cette race qui use de la raison ; qui est intelligente et dont le respect pour elle-même incite et oblige à respecter ses partenaires existentiels (naturels, émotionnels, animal) et leur rendre justice autant qu´il leur reconnaît le droit à l´intégrité physique, morale, existentielle.

A l´instar de cette journée internationale contre la torture, je vous avoue que j´ai pensé à Patrice Lumumba, à Simon Kimbangu directement ; mais aussi à tous ceux qui, dans l´histoire humaine, ont été injustement torturés et assassinés. L´histoire de Kimpa Mvita, cette amazone intrépide et irréductible de la liberté congolaise brûlée sur l´échafaud par les portugais le 2 juillet 1706 a réveillé en moi un dégoût sans précédent pour les prétentions criminelles et douteuses de l´occident en Afrique.

Que ce soit dans ma propre histoire, ou même celle de l´occident ou du monde, ces actes primitifs d´assassinat, de torture physique ou morale, de privation de droits ou de libre réalisation tout court éveillent, dans chaque être humain de bonne foi un choc moral, éthique qui réveille dans notre sain subconscient des réflexes et des réactions qui ont contribués, l´histoire humaine durant, à la répression de telles bassesses.

Et c´est avec beaucoup de peine et de déception, en parcourant les sentiers tortueux et parfois assombris de l´histoire des hommes, des institutions et des nations, que nous apprenons que les religions, et la religion catholique de la bible et des 10 commandements n´a pas échappé à cette honteuse hérésie, qu´ils ont recommandé, incité, condamné de pauvres âmes à être torturées injustement, les accusant des maux les plus gratuits. Ainsi, au Moyen-Âge possédait-elle les instruments de tortures les plus variés et les plus criminels qui eurent été inventés par des tortionnaires invétérés. Et tout cet art du mal suavement au nom et au service de Dieu ? Que devenait, ou qu´était donc Dieu ; un criminel de grand chemin, un voyou qui donna aux Papes, à tout le clergé de l´église de piller, de torturer, d´assassiner en son nom ? Absolument criminelle et malveillante, cette interprétation de la foi. Et cependant, on brûla des innocents comme Jeanne d´Arc, on les soumit à une questio meurtrière et perverse. On pendit, on jeta à tort des innocents dans de sombres oubliettes humides au nom de la loi divine ! Des femmes rousses furent condamnées au bûcher seulement parce qu´elles étaient rousses ! Ou elles furent servies au bourreau parce que leurs puissants ou riches maris voulaient s´en débarrasser. De l´histoire de Galilée et de Copernic on apprenait aussi bien de choses sur l´objectivité occidentale. Quand on abordait l´histoire de l´esclavage, on était surpris de retrouver les mêmes acteurs autour des mêmes cruautés, et toujours habillés ou accompagnés de la robe mensongère et fourbe de leur foi. L´époque de la colonisation apporta elle aussi sa moisson d´horreurs et de cruauté au moulin de ceux qui se réclamaient de la culture, du savoir, de la civilisation…et même de Dieu !

Le moins qu´on puisse dire, c´est qu´il ne s´agit pas d´être blanc pour savoir ce que c´est que la justice, le droit, la liberté, le respect de l´intégrité des autres. Cette race, pour peu qu´elle se réclamât de Dieu, de la raison, de la science, de la culture ou même de la civilisation se complut dans des actes déniant toute humanité. Et on se demandait si tous ces prétextes n´avaient pas été, au fait, des masques incultes qui devaient servir à commettre les crimes les plus odieux dans la société humaine. De par le monde.

Pour mieux comprendre la francafrique, je me suis rendu sur les pas de l´opération condor, et ô surprise : on y apprenait des choses intéressantes sur l´occident, sur la France et les Etats-Unis dans leur entreprise commune de balkanisation de l´Amérique latine qu´ils livrèrent, main dans la main, à tous les dictateurs de droite sur cette partie du continent. Mes lecteurs peuvent trouver certains détails étonnants dans d´excellents articles sur :

-          http://www.monde-diplomatique.fr/2001/05/ABRAMOVICI/15179  article de Pierre Abramovici

-          http://www.resistances.be/chili02.html  article de Manuel ABRAMOWI 

Ces deux pages sont absolument instructives, non seulement pour les articles, mais aussi pour les informations et les liens qui y sont proposés.

On y apprend, par exemple que Baudouin 1er avait conspiré contre Allende ; que la France recruta ses assassins d´Algérie et les envoya en Argentine au service de l´Opération condor qui regroupait les Etats-Unis, les anciens nazis qui grâce aux américains avaient pu échapper au tribunal de Nuremberg, et l´OAS. 

Et certains hommes politiques français tels que jacques Chirac ont, en qualité de premier ministre, conduit et contrôlé eux-mêmes sous leurs ordres les chefs des opérations d´assassinat et de torture française contre le Chili et tous les groupements de gauche en Amérique latine. Quant à Valéry Giscard d´Estaing, cet aristocrate auquel chaque belle mère aurait juré sur la réputation, lui aussi avait trempé dans ces honteuses et inavouables conspirations durant sa présidence. En fait cela ne devait étonner personne, quant on se souvient avec quelle rapacité il se laissa offrir par Mobutu une plaquette de diamants de 120 carats ! Celui qui se laisse corrompre par un dictateur n´a décidément pas de vertu. Aujourd´hui, la bouche repentie et trompeuse, il avait essayé de se faire élire président de la convention européenne…heureusement, le peuple français, lui, n´a pas oublié et ne se laisse pas abuser aussi facilement. Pour ce peuple, qu´on dise ce qu´on veut, mais les vertus démocratiques passent avant les marchands de fumée et les malfaiteurs reconvertis. Un peuple lucide ; après tout, c´est lui qui inventa la révolution française et ses principes. On ne l´oublie que trop souvent. A tort.    

Ces mercenaires et officiers français spécialisés dans la torture et l´exécution se dépassèrent dans leurs attentats et assassinats ; après tout, ils avaient fait l´expérience et leurs armes en Algérie et partout dans les points chauds de l´Afrique qu´ils avaient laissée sanglante et veuve par milliers. Autre nom : Michel Poniatowski avait même fait le voyage jusqu´à Buenos-aires pour réunir et coordonner le combat commun contre la gauche latino américaine. Pourquoi cette animosité, que diable ; pour des gens qui se disaient tous démocrates et républicains, et dont pas moins que la France arborait fièrement devant le monde entier : « liberté, égalité, fraternité ? Les profits des ventes d´armes : là est la vérité. Ainsi que les profits des matières premières, du pouvoir de dominer les autres ou de leur infliger la mort. Tous les dictateurs en Amérique latine, pour se garder au pouvoir et assassiner au mieux leurs adversaires politiques, faisaient tous un emploi friand des armes et d´équipements militaires ou policiers de répression.

On a beau aujourd´hui crier sur l´Amérique pour l´invasion gratuite de l´Irak, l´instauration de Guantanamo, Abu Grhaib ou les massacres discrets mais non moins systématiques que l´armée américaine s´offrait sur le compte du peuple irakien impuissant, les français, comme les britanniques ou les allemands avaient tous des cadavres dans leurs caves. Le pouvoir blanc, depuis des siècles, en hordes complices ou en campagnes singulières avait toujours la fâcheuse vertu de prôner des valeurs qui n´étaient valables que pour lui et dans son intérêt exclusif ; lorsque ceux-ci devaient être interprétés ou étendus aux autres, et si par hasard ils exigeaient de ces nobles seigneurs de l´histoire humaine qu´ils respectassent eux aussi les conventions humaines, tout cela n´était plus qu´un malentendu. Le refus américain à se laisser, en cas de conflit, juger à la Haye est des plus éloquent ; autrement ils étaient prêts à exiger du monde entier de se soumettre à cette Cour commune des Nations Unies. Mais on était prêt et déterminé à jouer le policier international, et tout en bombardant des innocents à tort et à travers selon ses intérêts, on se donnait le droit d´enseigner liberté et démocratie. Et pourtant, lorsqu´on jetait un coup d´œil dans les prisons américaines, on y retrouvait une minorité noire battue, traitée avec mépris et une vile brutalité plus criminalisant et excluant qu´intégratif : le vrai visage de la démocratie et de la liberté américaine. Après tout ; Abu Grhaib, Guantanamo, le Vietnam ou la soldatesque mercenaire en Irak…tout cela  n´est pas tombé du ciel. C´est un état d´esprit.

Les africains semblaient avoir été bêtement contaminés par leurs maîtres colonisateurs. Des enfants illettrés, des désoeuvrés à peine capable de lire ou d´écrire leurs noms, de douteuses élites incapables d´organiser et de promouvoir efficacement la société civile à sa réalisation, tout ce beau monde se mettait à jouer aux soldats. Si le génie du ridicule existe, il est bien là. Ou quand le désespoir analphabète faisait des siennes. Pas de route, pas de confort même rudimentaire, pas d´instruction et sans avenir, mais être capable de tuer, de terroriser afin de satisfaire aux enjeux cupides et rapaces des marchands d´armes occidentaux et leurs amis des matières premières ou de la francafrique. Quand diable ces africains apprendraient-ils à aimer et construire leur propre avenir ? Si ce n´était pas l´inconscience la plus primitive et la plus bornée ; qu´était-ce donc ? Et pendant que ces ignorants et incapables s´entretuaient, ces malheureux perdaient de vue le principal ou l´ajournaient : qu´ils étaient en retard de développement et que la stratégie occidentale consistait justement à les retarder le plus longtemps que possible, ce qui faisait d´eux des désespérés dont l´élites s´aliénerait de plus en plus pour, en désespoir de cause, se livrer pieds et poings liés au pouvoir blanc. Echec et matt.

Que les soit disantes élites africaines averties ne voyaient ou ne percevaient pas ce piège économique, culturel temporel, et son caractère sournois, faux et criminel derrière lequel se cachaient non seulement le mépris, mais aussi un calcul machiavélique de domination permanente, était des plus étonnant. A croire que cette élite n´avait ni appris sa propre histoire, ni compris que sans produire les conditions et les instruments de sa réalisation, elle tournerait en rond, et leurs peuples resteraient pauvres et insatisfaits.

N´en déplaise aux nombreuses associations de lutte contre le mal traitement physique de par le monde, la critique que je peux leur faire reste fondée : ils font, à raison, du bruit pour un reporter, un journaliste assassiné ou des torturés en prison et dans les cellules de détention du monde ; et pourtant, ils négligent à tort les causes du mal. Et on se demande parfois s´il ne s´agit pas seulement d´obtenir des images exclusives, des reportages de torturés ou de rescapés de violences dictatoriales ; de jouer le voyeur en somme dans notre société humaine avide d´horreurs et cruautés faites sur les autres, tout en s´enrichissant personnellement (après tout ces reportages et images exclusives rapportent célébrité et fortune, ne le cachons pas), plutôt que d´aider à combattre ce mal immoral et indécent qui rongeait nos valeurs et les affaiblissait. Certains journalistes le savent et s´attaquent au cœur du problème ; d´autres cependant se laissent instrumentaliser et même avec plaisir, pourvu qu´on leur promette de belles images ou des reportages filtrés exclusifs. On l´a vu pendant l´invasion de l´Irak où les américains ont, à plus d´un point ridiculisé la presse en la noyautant. Après avoir endormi l´opinion publique américaine, trompé son sénat  et brusqué le monde entier par un acte de bris juridique international des plus douteux autant sur sa légitimité que sur ses intentions ; plus personne ne s´intéressait au principal, ce qui a permis aux renégats de l´armée américaine de massacrer à loisir dans l´arrière pays. Plus aucun reporter n´était présent, et n´eut été des témoignages de rescapés, des indiscrétions soldatesques, des hasards de film remis à développer ou le courage new York Times, la vérité ne serait jamais venue à jour. Et la démocratie que diable, et la liberté dont se réclamait ces envahisseurs américains, qu´était-elle donc devenue ? Traînée dans la boue devant tout le monde. Triste monde qu´est le nôtre où bien d´universitaires, d´instruits ne savaient plus comment ou par quelle attitude ils se devaient de défendre des valeurs qui étaient plus chers que toutes les fortunes et les scandales du monde.

Car une chose est certaine : celui qui ne défend pas la vraie liberté, la vraie démocratie, n´offre rien ni aux siens, ni à la société humaine qui soit valable et durable. Le mieux serait que toutes nos actions encensent et reproduisent la liberté et la démocratie ; alors nous pouvons être sûrs que ceux que nous aimons et chérissons ou respectons reçoivent de notre engagement ou de nos prestations ce qui leur revient de plein droit. Cela nous tranquilliserait autant qu´il nous ferait gagner leur admiration.

Derrière le monstre de la francafrique, il a un mépris et un tel machiavélisme sournois que cela surprend et étonne d´entendre les instigateurs de ce criminel système de parler de liberté, de démocratie. Ou même de civilisation ou de culture humaine aux valeurs éthiques et morales respectables. Car ce qu´on oublie souvent est d´une évidence criante : chacun veut vivre et se réaliser en toute quiétude, et personne n´est ni l´objet, ni l´instrument, et encore moins le jouet d´un autre ou d´une quelconque raison politique ou d´intérêt national. L´intérêt national le plus averti est le bonheur, la réalisation et la paix de tout un chacun du peuple dont il se réclame de la légitimation.

Ma prière ce jour va à tous ceux qui, sous des souffrances atroces ont été torturés, privés de leurs droits élémentaires, si pas assassinés et enterrés sans respect dans des fosses communes ou anonymes. La torture n´est pas seulement un phénomène physique ; il est aussi moral, psychologique, culturel, existentiel. On le retrouve autant dans l´esclavage, dans l´Apartheid, dans la francafrique que dans les dictatures et les fameuses guerres idéologiques ou de simple répression économique. Tant que de telles horreurs existeront sur notre planète, j´invite les hommes de bonne foi à les combattre ; parce qu´elles détruisent notre fierté humaine, nos valeurs culturelles et ravalent le respect que nous nous portons à nous-même et aux nôtres à une pauvre équation primitive.

Musengeshi Katata

Muntu wa bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com

 

     

   

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08 mai 2006

Lettre ouverte au Pape Bénédicte XV

Sur la honteuse bénédiction de l´esclavage par l´église du Christ.

Saint Père, nous réclamons justice !

Très cher Saint Père,

Sur les chemins tortueux de notre histoire africaine, nous avons découvert que votre Eglise : l´Eglise catholique, avait, le 8 janvier 1454 par un aggiornamento du Pape Tommaso Parentuccelli dit Nickolas V, accordé au roi portugais Alphonse V le droit de s´emparer des terres en Afrique et d´y réduire les païens en esclavage.

Cette honteuse et criminelle considération de la liberté, des droits humains, et une interprétation fallacieuse et méprisante de la Bible, Ô très cher Saint Père, nous a valu 400 ans de pénibles et sanglants mal traitements auxquels, activement, de nombreux représentants de l´Eglise participèrent, la Bible à la main aux côtés de marchands, de vendeurs et de détenteurs d´esclaves autant aux Antilles, qu´aux amériques.

Devant le silence inexplicable du Saint Siège sur ces actes et ces manquements graves à l´Ethique et à la Morale de la foi chrétienne et de sa Bible,  au nom de toute l´Afrique et de tous les expatriés qui a souffert l´enfer de ces injustes traitements, et au nom de la liberté et des droits humains dont se réclame l´Eglise catholique dont vous êtes aujourd´hui l´autorité pontificale, nous demandons par cette lettre, et formellement, des excuses pour ces actes abominables.

Les temps sont passés, très cher Saint Père, mais nos douleurs, nos blessures et nos cicatrices n´ont pas guéri. Nos âmes ensanglantées et violentées errent encore dans les âges, tandis que les maux sociaux, la désorientation historique causée par cet immonde mépris nous poursuit inlassablement.

Ne trouvez-vous pas, Ô Saint Père, qu´il serait temps pour un mot, une prière de réconciliation ? L´Afrique toute entière, ainsi que les descendants des esclaves déportés vous en seront grandement reconnaissants. Et peut-être retrouveront-ils dans leurs prières solitaires, la force d´encenser leur foi chancelante.

Votre très humble,

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com

    

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02 mai 2006

Sur les festivités du 10 mai

Commentaire du 02.05.2006 sur afrikara

L´heure n´est pas encore mûre pour une quelconque festivité

Je n´aurai rien à opposer à des festivités si nous étions arrivés à établir toute la vérité sur ces 400 ans douloureux et baignés de sang et de larmes qui nous montent par trop souvent à la mémoire, qui hantent nos sommeils, et viennent, en amertume indissoluble sécher sur nos lèvres. Non, je crois que l´heure n´est pas encore à la festivité, car si les victimes savent ce qui s´est passé, les auteurs et criminels ne sont pas encore revenus de leurs campagnes historiques de triste réputation: ils n´ont pas encore reconnu ouvertement et cela spontanément le mal incroyable qu´ils nous ont affligé. Que nous criions ou pleurions en silence notre douleur, ils se complaignent encore dans une attitude du genre: nier le plus possible, cacher le plus de vérité possible, et avec la francafrique, sournoisement faire la même chose qu´hier avec de nouvelles méthodes plus discrètes qui laissent l´élite africaine apparaître comme le  criminel de grand chemin, comme le judas de ses propres frères. Et c´est là qu´on voit la méchanceté et la sournoiserie française, car elle persiste et signe. Et aller danser avec ces gens, ce serait entériner ce qu´ils font en Afrique. Surtout pas. Et je préviens tout noir qui le ferait qu´il va s´attirer notre commune colère. Ce jour-là, si vous ne connaissez pas l´histoire de l´esclavage, et si vous n´y êtes pas encore intéressés en tant que noir ou même blanc, fermez les yeux et imaginez-vous que votre soeur, votre frère ou un de vos enfants a été soumis à de tels crimes...Nous avons, plus que n´importe quel peuple sur cette terre, appris à souffrir, noyés dans nos larmes et notre désespoir. Ce à quoi nous nous refusons, c´est qu´on vienne employer ce patrimoine sacré et jusqu´aujourd´hui lapidairement reconnu pour nous faire danser et sautiller en place publique de joie, alors que le souvenir lui, de cette tragédie interminable nous fait vomir de dégoût. Et à moins que l´homme blanc, et le français particulièrement veuille de nouveau donner l´ordre à ses nègres de danser et de sautiller en grinçant; nous allons observer un silence qui rende hommage aux âmes perdues, à la liberté et la justice bafouées et aux droits éconduits des siècles durant. Et si dans trois ans nous sommes parvenus à nous unir autour de la vérité, du pardon et de l´oubli; alors peut-être nous pourrons fêter ensemble, à la condition, bien entendu que la francafrique ne soit qu´un mauvais souvenir. Sans cela, ils ne nous restera qu´à vivre chacun pour soi cette douloureuse et pénible tragédie humaine dans l´adversité. Car si la francafrique continue, c´est notre âme qu´on souille, notre avenir et celle des nôtres qu´on vole et appauvrit; et parler et danser ensemble dans ces conditions, c´est se suicider et manquer aux valeurs, aux devoirs humains les plus élémentaires. Ce n´est pas notre intention, n´est-ce pas? Et je suis persuadé que ce n´est pas non plus celui de tout français de bonne foi. Nous sommes prêts à oublier, à pardonner; mais nos conditions sont claires: plus jamais, sous quelque forme que ce soit. Au nom de la liberté et du respect de la valeur humaine. Et cette fois nous resterons intransigeant.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com

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27 avril 2006

Réalisance : une autre façon de voir les choses

Clairement, et sans ambiguïté :

Ce que nous sommes et ce que nous ne sommes pas.

« Celui qui abandonne la liberté pour jouir de la sécurité ne mérite ni l´un, ni l´autre. »   Benjamin Franklin

Oui, nous voyons les choses autrement que les autres ; et je pensais que bien de gens l´avaient compris ; notre message qui a rapidement trouvé un nombre chaque jour croissant d´adhérents dans le monde entier le prouve. Et cependant, je remercie personnellement le parti communiste français d´avoir pensé à nous, hélas à tort, parce que nous avons des vues qui sont complètement différentes. Nous ne sommes même pas socialisants, de cet hybride trompeur assis à cheval entre l´acclamation d´un capitalisme primitif et la fausseté d´une solidarité aliénée aux recettes sanguinaires et criminelles du néolibéralisme. Et pendant que celui-ci pillait, violait  et ensanglantait le tiers monde, ces messieurs gonflaient d´ambition et redistribuaient les gains en jouant les généreux attentionnés et solidaires. Mais si ces recettes faisaient défaut, comme en ces moments de crise en occident, c´était la fin des haricots : on endettait honteusement les prochaines générations et on dépensait les deniers durement épargnés des assurances sociales pour soutenir un système socioéconomique maraude, autocratique et exclusif. Produire, produire à tout prix ; et si les autres n´existaient pas, que ferait-on ? A qui vendrait-on donc ses excédents ? Ne voit-on pas cette énorme, cette montagne de l´absurdité ?

Cette question reste sans réponse ; mais ces invétérés n´ont pas de solution à leur dilemme, sauf qu´elle menait à l´impasse. On se croirait revenu à l´époque de l´esclavage ou de la colonisation où l´occident vivait et s´accaparait des biens financiers et humains des autres, pour arriver à l´évidence que les autres, pour entretenir et rendre le système viable et fructueux, devaient eux aussi devenir possesseurs de revenus aptes à réaliser leurs attentes, à les rendre actifs dans le système. Le monde ne semble pas beaucoup avoir changé, sauf pour les africains qu´on appauvrissait et qu´on étouffait à distance, en consommant rageusement leurs matières premières et en leur faisant avaler les surplus de la société industrialisée. Piètre monde. Cette forme destructive et dévorante de la liberté est symptomatique pour un idéalisme primitif et rapace de l´existence humaine ; il faut lui opposer un meilleur équilibre, de meilleures valeurs éthiques et morales afin que cette malfaçon existentielle prenne enfin compte de ses abus et revienne à la raison. Sinon, si tel est le sens irréversible de l´histoire, il n´y a aucune raison à ce que certains produisent, polluent, contraignent et jouent aux faux policiers internationaux bombardant à loisir pendant que d´autres sont tenus, au nom de fausses valeurs plus fourbes qu´équitables à subir, supporter ou consommer ce qui les affaiblit et les détruit.

La réalisance, fondée sur le lumumbisme, les enseignements spirituels de Simon Kimbangu, et sur les pensées politiques de Malcolm X, de Franz Fanon, de Marcus Mosiah Garvey se réclame d´une liberté universelle, mais aussi d´une sévère recherche de l´harmonie et de l´équilibre de réalisation, entendus non seulement comme un lieu interne de devoirs et de droits, mais aussi comme une communion externe d´obligations respectant l´existentialisme des autres tant que ceux-ci ne mettraient pas en danger le nôtre. Par ailleurs, l´acte de réalisance est un acte qui convie à prendre conscience du respect et de l´utilité raisonnable et responsable de la nature. Voilà, ce n´est pas un communisme même idéaliste qui n´aboutissait qu´à un apparatchik de fonctionnaires privilégiés : en fait une dictature d´un autocratisme faussement bienveillant. Et croire que l´ingénieur doit gagner autant que l´ouvrier est aussi une utopie car l´un a étudié, et produit pour la société des services de haute qualité, tandis que l´autre s´est vraisemblablement refusé à autre chose que l´exercice manuel. Là où il ne faut aucune différence, c´est dans la jouissance et les services des biens sociaux publics car ceux-ci appartiennent à tous et se doivent de rétablir l´équilibre involontairement rompu. Il en va de soi aussi de transferts sociaux dits de rééquilibre.

Nous sommes sans contestes capitalistes, mais ce capitalisme n´est ni exclusif, ni ségrégatif comme on le voit depuis des siècles, surtout en Afrique où la francafrique et son sournois paternalisme colonial entretient un hégémonisme ségrégationniste. Ce que nous reprochons au néolibéralisme capitaliste occidental, aux communistes et aux socialistes, c´est, en fin de compte, d´être rapaces, faux, égoïstes ; et surtout de manquer de sens évident d´équilibre. Le tout, logiquement, est toujours plus grand que la partie, quelle qu´elle soit. Aujourd´hui des multinationales sont devenus tellement riches, tellement puissantes et influentes qu´on se demande si ce ne sont pas des Etats synthétiques qui, tout en jouissant de pouvoirs financiers énormes, échappent aux devoirs et au contrôle de toute territorialité.

Toute l´histoire du passé, et surtout du 19ième siècle ressemble au ménage d´un cocu qui court le monde en s´exerçant abusivement et sans scrupule, qui se vante de sa phallocratie, tandis que son voisin avec lequel sa femme le trompe, lui, se refuse à entretenir des enfants qui légalement sont les siens. Dans la situation actuelle des pays industrialisés, cela se traduit par le chômage, les assurances sociales balkanisées et l´endettement public galopant qui touchent plus les pauvres que ceux qui étaient tenus d´éviter ou de combattre ce genre de maux. Et on parle déjà du retrait de l´Etat et de rendre l´initiative aux acteurs civils (comment en serait-il autrement si l´Etat est endetté comme le dernier des manants) ; ce qui veut tout simplement dire qu´en fin de compte, ceux qui se vantaient d´organiser et de gouverner le destin social, face à leurs incapacité de résorber le chômage et d´équilibrer la société, ils se cachaient et se retiraient de leurs devoirs. Mais curieusement, ils voulaient garder les privilèges, les gros gains et les hautes pensions du passé ! Pour eux c´étaient des droits acquis, mais qu´en est-il du chômeur ; pouvait-il lui aussi se réclamer du droit acquis au travail ? Voilà le dilemme.

Beaucoup de nos adhérents ont compris ce que signifie la réalisance, d´autres pas ; c´est dans la nature des choses. Les gens ont été élevés et abreuvés par des valeurs qui s´avèrent aujourd´hui fausses ou caduques ; changer les esprits, éveiller l´attention sur ces invisibles changements qui s´opèrent douloureusement pour certains, et irréversiblement pour tous, n´est pas facile. Et comme je le dis toujours, mieux vaut défendre nos droits et notre sens de la liberté aujourd´hui, que de subir demain des faits accomplis ou une vile, partiale version de la liberté. Certes, et disons le franchement : beaucoup ne se font pas d´idées sur l´avenir ou ceux de leurs enfants parce qu´ils n´en ont pas les moyens ni financiers ni intellectuels. D´autres n´en ont pas besoin : ils sont du meilleur côté de moulin social. Tant mieux pour eux. Mais ceux qui se désistent malgré qu´ils en aient les moyens et le loisir, ceux-là pêchent par déni d´eux-mêmes. Plusieurs se disent : pourquoi me torturer, après tout, tout se fera sans mon avis ; ceux d´en haut font toujours ce qu´ils veulent. On en voit, comme certains africains qui, tout en sachant que le christianisme les aliénaient, reniaient cette religion, mais s´accrochaient désespérément à la soutane du curé, en désespoir de cause, parce qu´ils n´avaient rien d´autre sous la main pour les soutenir dans leur changement d´orientation. D´autres, complètement désorientés, se remettaient à la prière et au bon hasard la chance le sort de l´avenir. Cependant que l´organisation et la gestion sociale de l´avenir va exiger, dans le très prochain avenir, plus de rationalité, de précision et de prévenance dans l´exercice de ses devoirs et ses obligations envers la chose publique qu´il n´a jamais été fait état jusqu´à nos jours. L´avenir ne tolérera plus ni l´amateurisme délinquant, ni l´irresponsabilité cachée sous le faux manteau  de l´opportunité politique.

L´homme de demain veut se réaliser largement et sans restrictions au sein d´une société humaine sans frontière qui respecte ses ambitions et les encourage avec des préceptes intègres, consciencieux, responsables et généreux quant aux libertés et aux moyens de réalisation. Et c´est cela qui fera de notre société moderne de demain : un monde réfléchi et rigoureux, certes, mais un monde équitable, solidaire, conscient et flexible qui répond valablement à ses devoirs et aux défis incessants de la complexité, plutôt que de s´en décharger. Personne n´a la vertu de réaliser plus que lui-même; c´est donc que tous nous avons le devoir de participer à notre individuelle et commune réalisation.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com      

                  

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06 avril 2006

Journée commémorant Simon Kimbangu

06.04.1921 : énoncés de prophétie et début de ministère

Un grand jour pour la race noire

Ce jour-là, un homme noir, un envoyé de Dieu s´est levé pour dire : « Moi, Kimbangu, je suis le fils, l´envoyé de Dieu auprès de vous ». Et devant cet aveu solennel de reconnaissance, du message prophétique et de la portée de cet acte sacré et profond pour toute la race noire et particulièrement pour le peuple du Congo, cette page recueillera et méditera de la prophétie de ce grand homme qui, pour sa foi et ses convictions, sera condamné et emprisonné par l´administration belge pendant 30 ans à la fameuse prison de Kasombo à Lubumbashi du 12.09.1921 au 12.10.1951, date à laquelle il décéda.

Pour cet homme simple et épris de liberté et d´amour pour la race noire, sa souveraineté et son avenir, nous réclamons justice pour tous les sévices auxquels il avaient été injustement et criminellement contraint. Justice, refus de racisme et de discrimination de quelque nature qu´il soit.

Et en ce grand jour où nos prières se tournent vers lui, nous réitérons notre foi et notre indissoluble attachement à ses convictions. Je recommande donc à tous mes lecteurs, à tous les amis de la liberté d´émettre en ce jour en pensée saine, pieuse et libre à l´endroit de toutes leurs propres attentes. Et si tout semble ardu et difficile autour de vous, ou que vous avez l´impression de sombrer dans un monde de jour en jour plus fourbe ou pervers, fermez les yeux et faites un vœu, comme le fit Le grand Kimbangu pendant 30 ans, et dites-vous, comme lui : « Ce qui importe, ce n´est pas ce que les autres font ou ce qu´ils imposent, mais la beauté victorieuse qui a élu domicile en mon âme et qui ne cherche qu´à faire part de sa fraîche et irrésistible lumière. Seigneur de justice, de beauté et d´équité ; je t´adresse ma plus belle, ma plus vive, mais aussi ma plus chaleureuse prière. »

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com  

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