06 mars 2006
Notre combat au brésil
Commentaire sur afrikara (06 Mars 2006 19H39)
Sur la tristesse de favelas brésiliens où les noirs vivotent.
Notre combat
Cet article réveille les oui-oui de certains esprits restreints qui, sur ce site même écoutaient les élucubrations d´une brésilienne parcourant l´Europe et exposant l´art brésilien de l´époque esclavagiste. A l´époque je lui avait écrit pour relever certains équivoques au Brésil, et sa réponse fut des plus agressive. J´avais touché, comme à mes habitudes, le nerf du mal: on faisait beaucoup de bruit, mais la réalité au Brésil était tout autre. Encore une fois la preuve que les bonnes intentions du président de Lula ne resteraient, comme aux Etats-Unis, comme en France, comme partout dans les anciens pays esclavagistes, lettre morte si la pratique, la réalité quotidienne ne changeait pas vers la réparation assistée et conséquente du mal profond, séculaire et progressif dans le temps et l´espace qui rongeait depuis des siècles ces sociétés et leurs moyens de réalisation pour tendre vers un nouvel idéal affirmé. Franz Fanon disait: "surtout ne pas se laisser abuser par de faux discours", et il avait parfaitement raison. Une chose est de faire des déclarations tapageuses pour endormir les noirs, autre chose est de réaliser RÉELLEMENT le but choisi ou poursuivi. Entre la pratique et la théorie, on croit encore que les africains ou leurs descendants sont encore à tromper. Erreur. La lutte ne fait que commencer. Et tant que le Brésil ne cessera pas de mentir et de tromper son monde en arborant une fausse image antiraciale fort prisée, mais qui ne cachait en réalité qu´un status quo volontairement entretenu, je recommande à tous les hommes de bonne foi de ne pas quitter le front et d´aiguiser leurs armes, parce que ce petit jeu criminel qui nous assassinait en sourdine derrière de grosses intentions, de beaux placards ou cocards, nous le connaissons depuis 600 ans. Et lentement nous en avons assez. Seuls les idiots se laissent encore abuser. Et ce luxe-là ne nous est hélas, pas permis.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
10 février 2006
Lettre d´un croyant
Lettre ouverte aux participants à la conférence
sur le grand Simoni Kimbangu
Eminence, Honorables invités, membres témoignant ; le Kimbanguisme n´est pas une religion ordinaire, et son maître à penser et prophète, le grand Simoni Kimbangu encore moins.
Pour comprendre Dieu, ce qui n´est pas donné à tous, il faut une intelligence aiguisée, assidue et profonde. Il faut pousser l´esprit à aller à la rencontre de l´infini autant matériel qu´abstrait, dévoiler le détail infiniment petit, le transcender dans l´espace, le temps, la transformation des âges et y impliquer la créativité et les possibilités intentionnelles individuelles de la vie, ainsi que de leurs relativités. Saisir la relation qui existe entre la chose et l´esprit, entre la matière et la pensée, entre la vie et la mort, entre la valeur et le vide, entre le but et la finalité, entre le jour et la nuit, entre la fonction et l´identité…entre le bien et le mal, entre la jouissance et l´interdit, entre ce qui est et ce qui doit être, entre l´équilibre et le manque, entre la paix et la guerre, l´amitié et la haine…et reconnaître que la beauté et l´harmonie sont incessible à l´ordre sacré des choses, c´est entrer dans la foi.
Cet effort qui n´est alors que le début de la compréhension, le seuil du savoir et de la foi, est déjà, pour certains ardu ; beaucoup font des références intuitives, se contentent d´écouter leur cœur ou leurs raisons ou encore suivent l´exégèse de la phénoménologie des rapports existentiels, des usages, de l´expérience et de la connaissance humaine pour trouver leur chemin existentiel et se réaliser tant bien que mal en tant qu´être humain. Ce n´est pas un défaut que de suivre ce chemin, et cependant, la religion kimbanguiste, elle, met entre les mains du croyant un prière brûlante, tendre, chaude, vivante qui lui permette d´accéder à la lumière de la foi et de suivre le droit chemin.
L´homme dont vous allez découvrir la prophétie est un élu exceptionnel, un être de chair et de sang, mais qui par le choix que lui a légué Dieu à aimer, à guérir des maux et à partager la lutte et les tourments existentiels de son peuple, de tout homme de bonne foi, a, par la grandeur et la beauté de son âme, été élevé à la sanctification déictique ; fils aimé et envoyé choisi, il est devenu la voix de Dieu, sa prière la plus belle.
Sa vie, en grande partie passée dans une honteuse et ignoble détention, nous révèle son sacrifice sourd et révolté, mais aussi sa grandeur d´âme et un don exceptionnel
à porter le profond tourment légitime de son peuple, de tout être humain : le droit à la liberté et à la souveraine réalisation. Et sa mort humaine est pour tout croyant, pour tout être humain un acte de rédemption qui nous rappelle les devoirs que nous avons envers nous-mêmes, envers les autres, envers la foi.
La prière qu´il fera chaque jour jusqu´à sa mort est brûlante, faite de larmes, de révolte, mais c´est une prière chaude d´amour pour le bien, la beauté, l´harmonie et la paix de la vie humaine.
Eminence, honorables conférenciers libérez cet homme de ses chaînes, libérez cette âme chérie à la lumière de tous les hommes de bonne foi afin qu´elle retrouve sa paix méritée et l´amour inassouvi des siens. Nous avons compris. Il vivra éternellement dans nos cœurs.
En ma foi et conscience,
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
07 février 2006
Lettre à un ami
A Le Troll.
Ami Le Troll,
Et pourtant, nous avons bien une terre commune ! Et si certains faussent et jonchent l´histoire humaine de crimes interminables ; non seulement ils causent des préjudices irréparables aux victimes, mais ils se gardent aussi bien sournoisement de répondre de leurs méfaits en cachant et en maquillant la vérité parce qu´ils sont ou au pouvoir, ou couverts par quelques douteuses institutions. Et cette injustice latente et souterraine est soutenue et portée dans le temps et l´espace par des méthodes, des systèmes d´exploitation de biens, de personnes, de privilèges mal acquis ; ce qui perpétue le mal, les souffrances et les inégalités dans lesquelles nagent et étouffent les pauvres opprimés et leurs descendants.
Ami Le Troll, connaître la vérité et la réparer comme tu l´entends est inévitable si on veut rendre justice aux déshérités, à tous ceux qui ont été lésés ; et même rétablir l´histoire dans sa lucidité et son équité est important. Mais ne faut-il pas aussi sermonner, inciter le criminel à changer de fusil d´épaule ? Ne faut-il pas imposer, prévaloir une vision de la coexistence, de la norme internationale, d´un système de valeurs rejetant l´ordre barbare et confirmant l´ordre éthique nouveau ?
Sans cela, les loups, les rats ; ils vont se trouver de nouvelles victimes, de nouveaux trous pour ronger le précieux fromage de la communauté humaine. Et comme tu le sais si bien, ils ne se présenteront pas volontairement au cadi pour exiger leurs peines, mais feront tout pour y échapper en employant, comme toujours : la corruption, le crime, la fausseté, l´influence. Nous nous retrouverions au début, de nouveau repoussés dans l´ère barbare, esclavagiste et colonialiste. Sans morale et éthique respectant les lois et les valeurs universelle, ce sera Homo homuni lupus, c´est bien connu.
Cette discussion, n´est pas stérile, comme tu le dis ; bien au contraire. A moins que ce ne soit toi qui n´en perçoive pas la réelle portée. C´est certes l´articulation d´une révolte, mais c´est aussi le cri réclamant justice et retour à des valeurs saines, justes et équitables.
Crois-tu vraiment que l´histoire actuelle de la caricature de Mahomet soit réellement la cause des vandalismes dans les pays islamiques ? Si tu le crois, tu es bien naïf. Ces contestations ont été organisées pour répondre notamment à la guerre d´Irak, aux pressions faites sur les palestiniens, aux iraniens afin qu´il rejettent leur souveraineté et se soumettent à l´occident dans leur plans énergétiques nucléaires. Une contestation, en fait contre le sentiment d´être préjudicié constamment. Parce que, soyons franc : l´occident à qui se soumet-elle ? Ni à Dieu, ni aux 10 commandements, ni à l´ONU. Et l´ordre financier international est son bras droit. N´est-elle pas devenue la mesure, les principes et les intérêts de la norme internationale qui n´appartient plus qu´à elle ? Cette dictature se réclamant de la démocratie et du libéralisme n´est-elle pas une hérésie ?
Et cependant, l´islam qui a été tout aussi criminelle que le christianisme occidental ; il suffit d´aller voir ce que ces muezzins chahutant et ces mullahs bornés ont fait subir à l´Afrique en 1000 ans pour en vomir abondamment. Et si ceux-ci impliquent et conditionnent le monde à distance en l´obligeant à respecter l´interdit d´image de leur prophète, ils pêchent par intolérance ; ce droit, ils ne peuvent le réclamer que de musulmans, pas des autres. Si l´occident ou le monde libre se laisse faire, il entérine par là même l´absolutisme et le totalitarisme des mullahs et d´une religion qui ne prend pas la peine de s´émanciper et s´ouvrir à une plus grande philosophie de la coexistence et de la liberté.
On dit qu´on ne peut pas à la fois être au four et au moulin. L´occident et son christianisme racial et aux mains ensanglantées sont tout autant totalitaristes et faussement pacifique ou humanitaire. En trompant et en dévoyant le monde entier vers ses intérêts exclusifs et particuliers d´hégémonie et de colonialisme ; elle ne nous concède des droits, des libertés que dans la mesure où ceux-ci concourent à ses ambitions de domination culturelle, économique, financière. Les femmes se déshabillent, la prostitution est légalisée, l´homosexualité reconnue, et pire, élevée à une institution maritale. Tout est mis en œuvre pour abrutir et distraire du principal en
ouvrant aux bas instincts les portes de la légalité pour empêcher les gens, comme le disait Plagnol, de s´occuper de ce qui les regardent. Et pendant que le peuple succombe dans la futilité et l´orgie des sens, il en oublie que le chômage bat son plein, que l´Etat et l´avenir de ses enfants sont endettés pour des siècles et que sa pension à lui qui a travaillé toute sa vie active, sera maigre et le logera à la misère. Et bien de gens de bonne foi ferment les yeux devant les crimes militaires, financiers, commerciaux commis par des entrepreneurs véreux à la périphérie exsangue et affaiblie.
Et ça, ce n´est en aucun cas ni liberté, ni démocratie. Tout au plus la liberté d´être un sujet du maître occidental qui ne lui réserve rien de bon. Faut pas fermer les yeux, mon ami ; l´avenir est bien aigre quand le capitaliste est en recul de croissance, et c´est bien la preuve que c´est lui d´abord et les autres…eh bien, ils dépendent de lui tout simplement.
Il ne faudrait pas croire que l´existence pour tout autre qu´un blanc consisterait à porter haut le drapeau de la démocratie vide, du capitalisme exclusif, de la liberté de soumission, de la foi en un Dieu blanc légitimant et avalisant l´esclavage, la destruction de cultures indiennes, africaines…pendant que ces derniers seraient escroqués, confinés dans le chômage, acculés à la pauvreté, au racisme, à la discrimination, bombardés à loisir…et ils devraient accepter ce sort avec joie et enchantement ?
Le grand Simoni Kimbangu disait : « Dieu existe. Ô combien grand est son amour, sa générosité, sa pureté morale et éthique ; mais ce n´est pas un Dieu de crime, d´abus et d´interdit. Son serment de liberté et de réalisation est notre foi la plus brûlante »
Patrice Lumumba, son héritier testamentaire politique, lui, coupait court : « Entre la liberté et l´esclavage, il n´y a pas de compromis »
Ami Le Troll, nous sommes arrivés à l´impasse du diable : le point de non retour. Ou les salauds font demi tour, retrouve le bon sens, et nous changeons ce monde pour lui rendre un réel visage de justice, d´équité, et de valeurs louables et nobles ; ou nous sombrons dans le chao et l´anarchie de la loi du plus fort, du plus fourbe, du sans éthique, sans morale et sans mœurs. Il faudra choisir. Ce monde, cependant appartient à tous, pas seulement à la race blanche ! C´est donc qu´elle doit elle aussi apprendre à faire des concessions fondamentales, et ne pas croire que ce bout de planète est son portefeuille personnel, sa chasse gardée ou son étang privé de poissons. Erreur que tout cela. Abus de pouvoir et folie des grandeurs.
Le bien, en tant que valeur morale, éthique et fondement social ; ami Le Troll, est une valeur incessible à toute société, à toute civilisation, à toute culture humaine. Et l´injure et l´ignominie qui lui est faite en ce moment n´est plus supportable car elle nous mène non seulement à la dépravation des mœurs, mais elle ruine aussi notre conscience et nos vertus les plus belles. Que vaut donc la démocratie dans le chômage impénitent qui ravage l´occident ? Que vaut donc la paix lorsqu´on bombarde, assassine et contraint à la guerre des peuples innocents ? Que vaut donc la justice si des criminels de droit commun peuvent se cacher derrière des prétextes fallacieux de gouvernements pernicieux ou de notions de droit des gens gratuits et volontaires ? Faux et usage de faux est devenue monnaie courante. Milosevic, Saddam Hussein ont été remis et/ou traduit en justice, mais n´a-t-on pas oublié le secrétaire d´Etat à la défense Henry Kissinger, par exemple pour avoir fait bombarder Hanoi, lors de la guerre du Vietnam, alors que le traité de paix avait déjà été signé entre les américains et les vietnamiens, occasionnant ainsi plus d´un million de victimes civiles vietnamiennes inutiles et gratuites ? N´a-t-on pas oublié Colin Powell pour ses mensonges devant l´Onu ; mensonges qui ont déclanché l´agression américaine du peuple irakien sous de fausses preuves ? Et si ce même Powell se mettait à s´excuser sournoisement, on se rappellera que ce fut ce même capitaine Powell qui insinua et déclancha avec un subterfuge analogue la guerre du Vietnam.
Et à propos de bombe atomique, pourquoi Israël a-t-il le droit de collectionner ces engins massifs de mort, pendant que ses voisins immédiats y sont interdits ? El Baradai ferait bien d´aller y faire inspection, parce que Mordechai Vanunu, un savant atomique israélien a affirmé qu´en 1985, Israël possédait déjà plus de 100 bombes atomiques !
Et pour ces indiscrétions, il fut condamné à 12 ans de prison.
Voilà, ami le Troll, le monde dans lequel nous vivons : un monde faux, sale, pourri d´intérêts douteux .
Un monde où l´inversion des valeurs, le faux et la perversion de la vérité est devenue monnaie courante. Ni l´esclavage, ni la colonisation criminelle, ni l´exploitation économique, financière inhumaine organisée n´est ni réparée, ni valablement endiguée, ce qui fait croire aux malfaiteurs et aux esprit retors et délinquants, que c´est le monde dans lequel nous voulons vivre, élever nos enfants. Ou que ce monde serait l´idéal de tous. Loin de là. Et si tu dis que cette discussion est stérile, j´oserai croire que tu n´a pas accès à l´importance, à la valeur du bien comme fondement existentiel ; ce ne peut être qu´un malentendu. Le bien, le respect de l´éthique ou de la morale humaine est le fondement le plus profond de toutes nos institutions de tout rapport humain, de toute politique sincère de coexistence pacifique. Cette conviction, je la tiens de trois de mes grands maîtres : la belle et courageuse Kimpa Mvita, le grand prophète Simoni Kimbangu, et le brillant et téméraire homme d´Etat Patrice Lumumba.
Quand bien même certains essaieraient de contourner, de salir ou de corrompre cette valeur, elle est et reste l´idéal le plus précieux de toute société humaine civilisée. Et je pense bien que tu partages mon opinion. Parce que sinon je me demanderai sur quelles valeurs se fonde ta morale. Wendell Phillips (1811-1884) un abolitionniste américain blanc disait : « Eternel vigilance is the price of liberty. » Et je crois bien qu´il a, aujourd´hui encore, entièrement raison.
Bien à toi,
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
17 janvier 2006
A l´occasion de l´assassinat de Patrice Lumumba
Du 17 au 18 janvier 1961
À Patrice Lumumba
Je me reconnais du lumumbisme, une doctrine politique fondée sur le respect de la liberté, de la souveraineté et de la réalisation de tout être humain quel que soit sa race, sa religion, la couleur de sa peau, ses origines. Et j´exige de tout être humain à respecter non seulement mes convictions, mais aussi celle de tout autre que moi. Tout être humain de bonne foi a un droit incessible à la libre existence et à la pleine réalisation, celui qui s´y opposerai pour instaurer ou imposer un courant, un ordre, une organisation niant la liberté, les intérêts ou la réalisation des autres en privilégiant le sien, est un parias : un ennemi du lumumbisme, un ennemi de la liberté. Il faut se débarrasser de lui, en tous les cas l´empêcher de nuire au fondement légitime de la liberté humaine.
Nous ne regretterons jamais assez la perte de ce grand homme, de cet homme politique d´un charisme et d´une maturité politique et philosophique inégalée. Nous ne reviendrons pas sur ses assassins, ils sont largement connus : la CIA, le cartel hégémonique occidental du Pouvoir Blanc, Moise Kapenda surnommé Tshombé, Godefroid Munongo, Mobutu Sese Seko, Joseph Kasa-Vubu, les Commissaires Généraux et parmi eux Antoine Tshisekedi, Nestor Watum, Jonas Mukamba surnommé le judas…et tous ceux qui de près ou de loin, en participant et cautionnant cet assassinat barbare et criminel on préjudicié l´Etat congolais au plus haut point.
Le Congo, on le voit bien aujourd´hui où les rescapés du maquis tanzaniens ont envahi la politique congolaise, ne s´en porte que de jour en jour plus mal. Ce qui nous fait regretter encore plus douloureusement l´assassinat de ce tribun du peuple qu´était Patrice Lumumba.
Les congolais ayant perdu tour à tour Simoni Kimbangu : le père spirituel de la liberté congolaise et Patrice Lumumba, le plus doué de ses architectes politiques que le grand Simoni avait, en 1947, conseillé à ses adeptes ; ces congolais se sont-ils déjà rendu compte de la valeur de leur perte ?
Je le pense bien ; le marasme économique actuel qui entraîne chaque jour ce beau pays dans un gouffre impensable est visible à l´œil nu. Et son peuple ne cesse de souffrir tous les enfers face à la misère, à la pauvreté, au manque criant auxquels le purge une classe politique d´incapables et une orientation primitive de l´organisation de l´Etat. Pas d´emplois, des universités fermées ou délabrées, un enseignement maraude ; il n´y a pas de doute : le mal est profond.
Et pour couronner le tout, un chef d´Etat innocent qui va déclarer au sénat belge que Léopold II était un philanthrope, visionnaire bénévole. Et puisqu´il semble qu´au maquis tanzanien on apprend ni l´histoire humaine, ni le respect du passé et des valeurs sociohistoriques du peuple ; et voici quelques rudiments : Léopold II était de cette race blanche qui, afin d´accélérer son accumulation économique, en hordes serrées s´abattirent sur l´Afrique et firent pendant 400 ans des esclaves pour leurs plantations coloniales outre mer. Et pour entrer en possession de nos matières premières et vivre de nos produits agricoles, ils revinrent violer notre souveraineté, détruisirent les fondements et les structures de nos sociétés, assassinèrent nos femmes et nos enfants sous de gros prétextes de culture, de civilisation, de liberté. En réalité, il ne s´agissait que de terrorisme d´Etat et de piraterie internationale.
Nous devons à ce roi belge des crimes sans nom, des mains coupées, des autochtones vendus en objets de cirque qui moururent abattus par le froid pour amuser les publics occidentaux, un des exemples de ce philanthropisme est l´histoire d´Ota Benga, vendu aux zoos de New York et logé dans la même cage qu´un orang-outang et d´os humain pour souligner un cannibalisme imaginaire attirant les spectateurs américains. On se rappelle du caoutchouc rouge, des mains coupées aux enfants pour inciter les parents à travailler pour l´administration coloniale. Mais le pire, c´est d´avoir emprisonné pendant 30 ans Simoni Kimbangu jusqu´à sa mort dans son propre pays, seulement parce qu´il prédisait une autre religion que la religion chrétienne : la religion de l´esclavage et celle de la domination blanche.
37.000 familles de ses adeptes furent dépossédés de leurs bien et déportés loin de leurs terres natales. 150.000 kimbanguistes périrent atrocement d´épuisement, de faim, de soif.
Et c´est bien connu que la Belgique fut l´organisateur et l´exécuteur passionné de l´assassinat de Patrice Lumumba. Et du coup, le 10 février 2003, Léopold II était devenu un saint ?
Que les belges auxquels il a permis, comme il le disait lui-même « petit pays, petit esprit » de devenir riche et de s´offrir un réseau autoroute illuminé, lui octroient le titre de roi bâtisseur ; on le comprend encore…mais un congolais !?!
Il faut croire que comme les occidentaux pillant, violant et assassinant tout en se cachant derrière de fausses doctrines malhonnêtes et criminelles, quelques congolais, sans comprendre la défense de leurs intérêts vitaux ou connaître les préceptes du lumumbisme, se cachent sous cette noble doctrine pour cuver leur piètre talent politique. Cette médiocrité ! A en vomir.
A l´occasion du 45 anniversaire de l´assassinat de ce grand africain, de ce bel enfant du Congo, je me permets de lancer un appel vibrant à tous les lumumbistes et les kimbanguistes du monde entier, et particulièrement ceux qui vivent au Congo : réveillez-vous, ne vous laissez ni impressionner, ni abuser par des gens médiocres et sans vertus et imposez-vous ; c´est nous qui avons la meilleure conception de l´existence, pas ces manants et ces incapables. Et si vous en doutez, relisez les prédictions du Grand Simoni Kimbangu, relisez le discours politique de Patrice Lumumba, vous vous rendrez compte que leurs sens de l´histoire, leurs définitions de la liberté et de l´amour sont d´une grandeur toute phénoménale. Et c´est ça notre force.
Réveillez-vous, ceux qu´on assassine chaque jour, ceux auxquels on vole l´avenir et l´espoir chaque jour, ce sont les nôtres ; ce sont nos femmes et nos enfants, et ils ne l´ont pas mérité.
Réveillez-vous nous n avons que trop longtemps laissé faire et supporté le vice et la médiocrité… « Entre la liberté et l´esclavage, il n´y a pas de compromis », disait Patrice Lumumba. Et il avait, ce grand seigneur, ô combien raison !
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
05 janvier 2006
Le Grand Simoni Kimbangu
Commentaire sur Grioo
| La tourmente abrutissante du Pouvoir Blanc |
| Musengeshi Katata ( Jeudi 05 Janvier 2006 19h55 ) |
| On a beau citer Marcus Mosiah Garvey, Kwame Nkumah, Simoni Kimbangu, Patrice Lumumba, Cheikh Anta Diop, Thomas Sankara; on a beau montrer que l´africain, contrairement à ce que l´homme blanc lui a passé comme masque, est plus inventif et créatif qu´il ne le croit lui-même; même si Kimbangu dit que Dieu est noir et que l´archéologie prouve que le premier être humain sur terre était noir, c´est à dire par-là que Dieu pour l´homme noir est noir...Tout pensée, tout acte noir cela semble s´enliser dans un courant auquel très peu savent se soustraire: celui des intérêts et des préceptes du Pouvoir Blanc et de son sens partial et raciste de l´histoire. On se croirait souvent dans un méchant théâtre de sourds et de muets où seul la réalité superficielle des faits accomplis de l´homme blanc dominent, et malheureusement pour l´identité et la liberté de l´homme noir, ce train dans lequel il monte aveuglément ne l´entraîne qu´à sa perversion, au désarroi moral et éthique, à son appauvrissement matériel, spirituel, sociohistorique. Un désastre. Et pourtant, la réponse se trouve devant son nez depuis des décennies: ce n´est pas l´homme noir qui dépend de l´homme blanc, mais l´inverse, l´homme blanc qui dépend de l´homme noir. A mon avis, seul le kimbanguisme épuré de ses influences christiennes, le vrai kimbanguisme du Grand Simoni Kimbangu apporte à l´homme noir la vraie force spirituelle qui le conduit sur la voie éclairée de Dieu, sur le chemin de son accomplissement autant physique que spirituel, parce qu´il prédit que la libre et souveraine réalisation de l´harmonie du bien, de la beauté, de la vertu de la jouissance matérielle, physique, morale et spirituelle, est la voie de Dieu . Et que ce chemin est non seulement légitime à tout être humain, mais qu´il est un devoir à respecter et à parfaire continuellement. MK Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu. www.realisance.afrikblog.com |
03 janvier 2006
Sur Patrice Lumumba, ce visionnaire de la liberté noire.
Commentaire sur grioo
Ce grand africain
Musengeshi Katata ( Mardi 03 Janvier 2006 01h11 )
Sur ce site on est surpris souvent par la naiveté et l´innocence des lecteurs. Et en réalité, on comprend d´autant mieux que dans leurs égarements les africains ne sachant plus ce qu´ils sont, ou plutôt ce que c´est que la liberté de l´homme noir, en viennent pas seulement à trahir leur propre avenir, mais aussi à méconnaître la couleur de leur peau. Ce n´est pas du tout hasard que ce géant politique nommé Patrice Lumumba est connu et respecté dans le monde entier: il avait du caractère et savait définir et défendre ses objectifs. Même au prix de la mort. Il est issu d´un peuple particulier qui a donné aussi naissance à Simoni Kimbangu, un des premiers noirs à dire que Dieu est noir. Mais hélas, ce peuple a aussi donné jour à Tchombé, à Munongo, à Mobutu, à bien de traîtres idiots et ignorants qui se laissèrent déjouer par des intérêts fourbes et sournois du capitalisme étranger. Aujourd´hui les russes, les américains, les belges ne s´embrassent-ils pas? Mais bien sûr, ils ont découvert qu´ils étaient blancs. Et l´homme noir, où en est-il? Encore une fois trompé, avili, ridiculisé et ravalé à l´aumône internationale. Tel est la lecon douloureuse de l´histoire de l´aveugle qui vendit son frère. Et pendant qu´une aristocratie abatardie et illuminée détruit et appauvrit le pays dans une incompétence notoire et enragée, nos intellectuels quittent l´Afrique à une cadence infernale. A Bruxelles, les assassins d´hier crient déjà:"Africa is back, Africa is back!" pour entâmer une nouvelle colonisation. Un bien piètre tableau. Tout cela parce que ceux que Georges Bush appent les "incapables" gouvernent l´Afrique sans imagination et vraisemblablement sans amour des leurs. On les voit cravattés, courir de gauche à droite, parler beau francais ou bon anglais, mais le salaire de leurs efforts, c´est toujours l´homme blanc qui l´empoche, n´est-ce pas curieux, ce dynamisme sans victoire? Il aurait pourtant suffi de voir la vérité en face, se soigner ses intérêts plutôt que de courir après ceux de Bwana; et mon Dieu, un peu moins de superficialité! A la longue, on se croirait dans un cirque d´idiots et d´ignorants. C´est peut-être cela qu´on appelle la maladie de l´aliénation: on est, en fin de théâtre, sans acclamation. Triste. Il faudra attendre une nouvelle génération d´incorruptibles, de visionnaires et de véritables africains; peut-être qu´alors cette odeur de vendu, d´incapable, de mendiant, d´ombre sans orientation historique disparaîtra. Alors, et alors seulement il y aura espoir, s´il n´est pas encore trop tard...MK
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu. www.realisance.afrikblog.com
02 janvier 2006
A ceux qui jouent encore avec le feu
L´art katangais du faux pour cacher les vieux défauts de régionalisme et de suivisme obtus
Cher monsieur Roger Kas de Katanga News,
J´ai lu votre article sur Tshombé; vous semblez bien le glorifier de Kyungu, alors que c´étaient des oiseaux de même augure, aussi primitifs et bornés les uns que les autres. L´assassinat de Patrice Lumumba semble, à vous en croire, le seul fait de Kyungu? Je suis le fils de Musengeshi Laurent, assistant médical et un des premiers bourgmestre élu à Lubumbashi. Parce que mon père était lumumbiste et président provincial du MNC/Katanga, nos biens furent illégalement saisis et illégitimement vendu. Le protocole de cette saisie accuse la modique somme de 1.735.000 Fb ( en lettre un million sept cents trente cinq milles francs belges). Si vous continuez à insinuer que le Katanga céssessionniste était peuplé d´honnêtes gens, comment expliquez-vous que nos biens ne soient, jusqu´à ce jour remboursés? Mais à part cela tous étaient vertueux et preux enfants du bon Dieu? C´est donc sans le moindre regret que je vous demande de réitérer les revendications énergiques de ma famille injustement lésée. Ne trouvez-vous pas curieux que Patrice Lumuba et ses compagnons Mpolo et Okito soient transférés à lubumbashi pour y être assassinés? Et avant cela Simon Kimbangu qui fut incarcéré pendant 30 ans jusqu´à sa mort? Est-ce un pur hasard que le père de la liberté spirituelle et celui de la liberté politique de notre pays aient été transféré et assassinés au Katanga, et pas ailleurs? A votre place, je me mettrais à y réfléchir au lieu de se lancer des lauriers à qui veut l´entendre.
Musengeshi Katata |
29 décembre 2005
A LUMUMBA, L´INVINCIBLE.
Osungu Odimba
Sur l´autel élevé de nos rêves inachevés
Ô Zakumba, un enfant preux et vaillant,
D´âme fidèle et de cœur ampli du sang
Serein et pur de sève brûlante de liberté,
Est venu dans tes bras clos, mère aimée,
Graver ta chair chaude de son nom priant.
Entends-tu, guerrier du vent et des temps
Ce chant rythmé aux tambours déchaînés ?
Et monter de l´horizon d´attentes assoiffées,
Le sourd grondement des feux survivants
Que l´orage contrainte des vœux déments
N´a brisé de ferveur nos désirs indomptés ?
Mères, sœurs, enfants que deuil de visage
Angoissé, meurtri, étreint ; ouvrez vos cœurs
Pour donner à cette âme pure son vrai gage :
Doux baiser attendri au martyr de l´horreur.
Patrie, terre généreuse au long souffle doué,
Panse ses blessures, essuie larmes de rang ;
Au jardin éternel où fleurissent nos Partisans,
Daigne lui offrir le fier soleil du repos mérité.
Musengeshi K.
06 décembre 2005
L´appel des consciences
Lettre ouverte à l´intellectuel noir
L´intellectuel, ce n´est pas comme les gens l´imaginent par trop souvent un esprit croulant sous ses diplômes, parlant plusieurs langues étrangères et ayant la langue facile à tout propos. Ce n´est pas cela, l´intellectuel ; ce beau monsieur, c´est tout au plus un collectionneur de titres académiques. A quels buts, le sait-on jamais ? Et s´il croit savoir tout à propos de tout, c´est un complexe de croire savoir tout, ou devoir étaler sa connaissance pour quelque raison que ce soit. Ceux qui s´adonnent à ce comportement, ce sont plutôt des rats de salons où ils peuvent faire le beau ou épater ceux qui n´aiment pas précisément se mettre en lumière. Mais ce n´est pas non plus un analphabète ; il est plutôt instruit et érudit, surtout sur le questionnement existentiel ou de celui de la liberté.
L´intellectuel, c´est une race d´homme à part, c´est vrai ; mais c´en est une qui
s´identifie avec le corps de la Nation en tant qu´entité sociohistorique pour laquelle il est l´instrument de réalisation de sa volonté la plus réalisante. Il chérit son histoire, parce que dans le fin tissu des actes et des faits passé, il y a des vérités, des vœux, des désirs cachés qui caractérisent le peuple dont il pressent le cœur et l´âme battre dans sa poitrine. Mais au dessus de tout, il cherche à démêler, à découvrir les meilleurs moyens d´épanouir et de cultiver sur le corps de la société dont il est la voix et l´esprit le plus éveillé une passion qui permette à la liberté des siens de semer et de moissonner les fleurs les plus belles de leur existence ; parce que ce n´est que sur ce rare jardin que se réalise les vœux les plus beaux, ceux qui flattent l´âme tourmenté d´un chacun des sien et le console le plus chèrement de sa vie éphémère. Sa morale et son éthique sont de grande noblesse et ses ambitions elles-mêmes de saine modestie. Patrice Lumumba était, par exemple un de ceux-là, ainsi que Thomas Sankara, Kwame Nkrumah, Malcolm X, Marcus Mosiah Garvey, Walter Rodney, Cheikh Anta Diop, Bwemba Bong…la liste est longue et prestigieuse, et tous les noms qu´elle porte sont beaux et méritent notre profonde admiration.
Presque tous furent assassinés, nous le savons, par l´occident pour nous priver de clarté et de la vision que nous gagnerions par leur lucidité dans la lutte pour notre indépendance, et sur le chemin de reconquête de notre souveraine et pleine liberté qui depuis 600 ans, pour ne prendre que la date de 1441 par laquelle Diego Cao atteignit les rives du Congo, souffrait abominablement de souverain épanouissement.
Il est temps de remettre le moteur de l´Esprit en marche, de sortir de la nuit de l´aliénation et de la soumission et de rendre hommage à ceux qui nous ont précédé, et à ceux qui attendent de nous que nous mettions enfin fin à leurs déboires. Notre démarche n´est pas du tout aisée, notre sort non plus ; les temps ont changé, et le paysage aussi, mais ce qui est certain, c´est que les peuples dont par nature nous avons à veiller l´histoire et à conseiller les pas, eux, n´ont pas changé. Leur soif de liberté et de réalisation est toujours aussi brûlante, leurs erreurs et leurs faiblesses aussi. Ce sont les nôtres, incontestablement ; et c´est non sans joie et amour que nous nous reconnaissons d´eux. Il est grand temps que nous nous retrouvions à nos devoirs : ceux de guérir leurs larmes, et ceux de les aider à retrouver dans ce monde moderne et exigeant, la voie qui leur ouvrira de meilleures perspectives de réalisation. Ne nous faisons aucune illusion, notre chemin est ardu mais notre cœur est grand et averti à la tâche qui s´ouvre à nous. Seul et divisé, nous sommes vulnérables et inefficace, mais ensemble, nous seront de force à répandre autour de nous le courant dont nous avons besoin pour changer les choses. Et s´il vous plait, cessons donc de crier à l´unité lorsque nous ne nous sommes pas encore entendu sur le contenu de cette unité, de ses principes et de ses devoirs. Cessons ces actes isolés et plutôt amateurs et défaillants qu´efficaces. Nous sommes aux prises avec un des existentialismes le plus cruel et le plus déterminé de la terre ; agir sans concertation et sans organisation ; c´est, comme nous le subissons aujourd´hui, et pour être franc, depuis 600 ans, s´offrir à l´échec. Je vous invite donc à sortir du silence et à joindre ceux qui n´ont jamais cessé de croire à notre liberté. Ensemble nous sommes forts.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
30 novembre 2005
Reflexion sur la conscience
Sur la vraie conscience.
Frère K,
Je viens de répondre à un de nos frères qui se nomme "né sous X", ce que je considère comme une aberration ou une injure à toute l´histoire de la civilisation noire, et même si on joue aujourd´hui aux pseudonymes, une preuve flagrante de manque d´identité. Quand Malcolm X s´était adjugé ce prénom, il soulignait par là, avec raison, ses racines perdues. Mais si quelqu´un d´autre le fait sans avoir été ni esclave, ni fils ou petit fils d´esclave, il donne l´impression de ne pas savoir ce qu´il est. Dangereux. Ou serait-ce encore de ceux qui emploient des pseudonymes sans au préalable savoir ce qu´ils signifient. Encore plus dangereux.
Mais revenons à plus sérieux. La conscience, Kriss mon frère, c´est l´âme profonde de toute identité culturelle, sociohistorique et philosophique d´un individu, d´un peuple, d´une Nation. Elle est le lieu de sauvegarde, de promotion et de défense de l´intérêt supérieur de l´existentialisme de tout être humain imbu de liberté, d´indépendance et d´intégrité, autant qu´elle souligne, sans le moindre doute la souveraineté et l autodétermination de ses intentions. C´est dire que lorsque des gens se réclament du consciencisme, il se réclament d´un géant exigeant, toujours à l´éveil, et perpétuellement attelé à chercher des solutions efficaces de réalisation. Et c´est dans notre cas, celui de la race noire, un lourd tribut. Et hélas, dois-je le constater, trop de gens en parlent ou s´en recommandent gratuitement, sans savoir ni de quoi ils parlent, ni des devoirs et obligations qui en découlent. Le fameux manque de réalisme et d´estimation réelle de problématique.
Les vrais kémites, K. ils existent. Et ils sont attelés à trouver une stratégie efficace pour rompre les chaînes visibles et invisibles qui nous affligent. Et tu seras surpris, ils sont tellement brillants, que mon coeur se réjouit et se console de les entendre quelques fois parler de l´avenir.
Ce sont des gens simples, des soldats invisibles de la puissante armée noire. Et crois-moi ils sont brillants, brillants on ne peut plus. Ils ont compris tous les tourments que nous vivons actuellement et souffrent énormément de ce qu´ils doivent assister, impuissants à la décrépitude qui est la nôtre en ce moment. Mais que peuvent-ils faire? Ils ne peuvent tout de même pas violenter le peuple qu´ils aiment et chérissent comme le font tous les petits dictateurs inconscients et vendus à l´occident qui paradent en ce moment en Afrique. Nous devons nous débarrasser de ces imposteurs sans détruire nos idéaux, sans ça, nous ne vaudrons pas plus qu´eux. C´est l´impasse du moment. C´est pourquoi un travail de fond est nécessaire, un consciencisme populaire, de large audition. Tu comprendras pourquoi je m´énerve ou deviens inconsolable lorsque je me rends compte que quelqu´un, au lieu de cultiver la recherche de solutions, s´attache à la subsidiarité ou à la légèreté.
Certes, ces soldats invisibles travaillent et cherchent des solutions, mais il est d´autant important que le discours qu´ils tiendront soit compris et appliqué dans le sens positif, celui qui donne des résultats réels. Or, si tu fais bien attention, tu te rendras compte que l´homme noir gangrené par l´aliénation et poursuivi par le complexe d´infériorité que le manque, la pauvreté, l´écrasante domination occidentale lui a inculqué, passe trop souvent devant la vérité sans la voir ou des solutions simples et efficaces pour adopter de dépendeuses alternatives qui ne conduisent qu´à sa propre faillite. Et pour combler le tout, il se croit tout à coup plus catholique que le pape: pendant qu´en Europe l´église recule et se vide, en Afrique, le nègre embué se met à prier sur la religion chrétienne à t´en fendre l´âme. De cette même religion qui est la cause de ses maux psychiques, de l´esclavage et de la colonisation; et surtout, par l´enseignement que Dieu est blanc, contribue à l´amoindrissement et au dénigrement de la race noire.
Quand tu parles du consciencisme américain, ou que tu évoques son efficacité...laisses-moi te demander de te retenir, parce que ces américains noirs, s´ils avaient réellement compris les enseignements de Malcolm X, ils seraient, à l´instar des blancs qui le font avec leurs pairs, venus investir en Afrique, et nous aurions ainsi créé un bloc qui s´opposerait à celui du Pouvoir Blanc, ce n´est hélas pas le cas. Il se contentent de croire qu´ils sont mieux que les africains qualifiés de sauvages et d´animaux, comme le veut le Pouvoir Blanc pour éviter une unité Afro qui aurait meilleures armes et opposerait meilleure résistance aux inégalités imposées au noirs par les blancs. Ils n´ont donc rien compris, pires, il jouent, sous le prétexte de nationalisme ou de patriotisme le jeu infamant de l´impérialisme américain en l´accompagnant dans toutes ses guerres, dans tous ses abus. Mais as-tu vu dans quelles conditions ils vivent en Nouvelle Orléans? Sais-tu que les chiffres des afro-américains sont effrayants pour un pays aussi riche que l´Amérique? On parle des essais de produits du sida en Afrique, et au Cameroun dernièrement, mais sais-tu que ces essais se pratiquent d´autorité à New York, dans le Bronx, sur les enfants noirs pauvres et dépendant de l´assistance sociale? Et si les parents s´y refusent, ils perdent leurs enfants au profit de l´assistance publique? Voir New York ACS (Administration for Children´s Services) de monsieur Juliani, et tu seras surpris, beaucoup de noirs y travaillent. Les sociétés pharmaceutiques soumettent ces enfants à des médicaments des plus agressifs, ce qui les prive de sommeil, les rend boulimiques, nerveux, hyper agressifs et nombreux en décèdent. On les enterre discrètement. La BBC a fait un reportage élucidant sur ce sujet. C´est te dire, mon frère, que le chemin est long, celui que nous avons entrepris, et parce qu´il est si ardu, nous avons besoin de vrais noirs, de ceux qui ont réellement compris, pas de figurant ou de clowns.
Fais-en ton choix, ta philosophie, ta foi profonde et invincible, K. sois exigeant pour toi-même et n´accepte que la meilleure des alternatives et encore exige que celle-ci te réalise pleinement en tant qu´être, individu socioculturel et historique respectant les hautes valeurs indéniables de la civilisation humaine et désireux d´oeuvrer activement à son bien être autant qu´à celui de la société , alors tu es un vrai kémites, un de ceux dont on est fier de partager le combat qui s´ouvre devant nous parce qu´il est noble et grand. MK