30 novembre 2005
Correspondance sur Internet.
Sur l ´avenir de la race noire
En réponse à une combattante : Sur l´avenir de la race noire
Très chère B. K; si j´ai bien compris ton souci, et bien interprété ton cri, nous devrions nous concentrer à obtenir des résultats. Mais voilà, à mon avis les africains souffrent encore de leurs erreurs congénitales, comme tu l´as relevé. Ce n´est pas que nous nous suicidions ou nous dispersions dans nos efforts, et ce n´est même pas une question d´intelligence ou d´engagement. C´est, à mon avis une erreur d´estimation d´une part: nous nous trouvons devant une montagne, un montre puissant aux cent visages, et comme tu le dis si bien, mais Shaka aussi, la connaissance est le nerf de la guerre. Cela permettrait autant d´appréhender le danger ou les forces qui sont devant nous, à rechercher leurs faiblesses pour y manoeuvrer notre levier. D´autre part, et c´est depuis toujours, l´homme noir néglige la formation de l´esprit de la connaissance: son coeur battant et vif. Beaucoup de docteurs et de licenciés courent les rues en Afrique ou ailleurs, et pourtant, tout le monde sait qu´il sont au bout de leur latin, parce qu´il leur manque la clé pour comprendre et changer la réalité qui se trouve devant eux. Comment reprocher alors à quelques immigrés qui ont choisi de vivre leur vie tout simplement; de réaliser ce que leur continent, s´ils étaient restés en Afrique, ne leur aurait pas offert. Beaucoup parlent d´unité, pour cacher en réalité la mésalliance ou la méfiance. Et on le comprend quand on connaît les lois profondes de l´union: l´unité de combat, l´unité de moyens, la concertation, l´unité d´idéal ou des points de vues avoisinantes. Non, je crois que l´homme noir doit accepter de se soumettre aux règles les plus sévères de critiques, de dialectique, de connaissances historiques ou techniques selon le cas; il n´a plus le choix. Ceux qui survivront, ceux qui pourront relever le défi, seront ceux-là qui pourront aider les autres. Si l´africain se met à tolérer, à faire semblant, à se donner des privilège ou à exiger qu´on soit compréhensif avec lui, il se met à fausser la réalité et croit être ce qu´il n´est pas, et ce faisant, il oubliera de parfaire ou d´entretenir des exigences dont il aura cependant besoin face à son ennemi mieux armé, mieux formé, plus puissant. C´est notre drame à tous: nous n´avons pas le choix; que nous voulions ou non, nous serons sélectionnés par le perfectionnisme, car il est dans la loi naturelle fondamentale de l´existence comme telle. Si nous ne pouvons pas prouver que notre idéal culturel est meilleur que celui qu´on nous a proposé ou imposé jusqu´à aujourd´hui, si nous ne savons pas prouver que nos valeurs éthiques, morales profondes de notre culture sont riches en forces de progrès et de créativité, quoi que nous fassions, nous serons réduits à néant. Ceux qui croient que l´occident ou le monde entier connaît la pitié ou la raison des faibles n´a qu´à aller dans l´histoire africaine...et sans commentaire. J´ai beaucoup aimé ton intervention et si je parlais d´esprit, je pensais à l´amour, à l´amour que nous avons de nous-mêmes, de ceux qui sont les nôtres, pour nos rêves, nos désirs, nos attentes, notre culture...C´est une force immense, et elle est à même de soulever des montagnes. C´est d´elle dont nous avons besoin aujourd´hui, demain, toujours. MK
Commentaires sur Internet
Sur Africville, une ville noire au Canada
| un Consciencisme actif |
| ( 30 Novembre 2005 20H58 ) |
| Certes, Afrikara fait son devoir; mais il est aussi vrai que tous ceux qui ne font qu´attendre qu´Afrikara leur fasse lecon de l´histoire, ceux-là pêchent par ignorance et passivité, et n´illustrent que d´autant mieux ce malaise qui nous a valu tant de déboires, tant de turpitudes, tant d´injustices de la part des civilisations Islamique ou judéochrétienne qui, elles, ne firent aucun cas ni de nos droits humains, ni de notre liberté. Acclamer, louer les autres, et au besoin se mettre à l´abri sous ceux qui se donnent la peine de chercher la vérité( et c´est déjà ardu dans notre monde inversé) et invoquer la participation de tous, parce que l´enjeu de la liberté est un enjeu social, culturel, communautaire; ce n´est pas seulement être sournois, c´est aussi dévaloriser sa propre créativité. Ceux qui ont attendu Afrikara pour apprendre l´histoire de l´Afrique, pour réfléchir sur le but et la portée de leur propre liberté, font offense à l´intelligence et à la légitimité de leur propre réalisation. Ne pas avoir lu Cheikh Anta Diop, Bwemba Bong, Walter Rodney, Tchundjang Pouémi, Thomas Sankara; ne pas avoir essayé de comprendre et d´apprécier le combat de Shaka Bantou, celui de Patrice Lumumba, Marcus Mosiah Garvey, Malcolm X, Martin Luther King, Kwame Nkrumah Osangiefo, Rosa Parks...et tous ceux qui, au prix de leur vie ont combattu pour la liberté de l´homme noir et la reconnaissance universelle de ses droits; ne pas s´être donné cette peine, en tant que noir, cela frise à la fantomie: vivre sans conscience et sans âme. Et même si ce genre d´individu acclament et récitent ce qu´ils lisent, ce ne sont en réalité que des poids morts et des consciences vides. Il ne suffit plus de lire à longueur de siècle, il s´agit de prendre position et défendre un bien légitime et fondamental à tout être humain, un bien mis à mal sans vergogne depuis des siècles par des civilisations barbares, égoistes et cupides. Des cultures si viles et aveugles qu´elles se sont rabaissées à croire que le monde entier, ou une part de celui-ci, y compris toutes les cultures et les races qui s´y étaient développées, se devaient d´abandonner par violence leurs identités culturelles pour adopter la leur. Cette attitude est tellement mesquine et inqualifiable qu´elle n´éveille, chez tout être réfléchi et de bonne foi que dégoût et aversion. Et cela dure depuis des siècles, depuis de longs siècles de tortures et d´humiliation. Et les larmes des nôtres, celui de nos femmes et de nos enfants empêchés à leur identité légitime originelle, à la liberté et à l´exercice souverain et indépendant de l´expérience sensible, ces larmes chaudes et sourdes, fleuvent l´Afrique tarie de ses propres enfants par l´esclavage, brimée et torturée par la colonisation et de nos jours étouffée et étriquée dans l´impasse au développement. Ainsi que partout où les pas de ses enfants enchaînés les avaient entrainés. Et si aujourd´hui on entendait de pauvres d´esprits inciter à la modération ou qualifier tous ceux qui faisaient reférence à ce passé ignoble pour tirer lecon de l´histoire d´arriérés, on ne peut que leur cracher au visage: où étaient-ils donc pendant que l´arabe violait, volait, excisait et faisait esclaves pendant près de mille ans? Où ètaient-ils donc ces chevalier de la modération et de l´innocence lorsque pendant 500 ans la civilisation occidentale, par hordes volontaires, sanguinaires, violait, pillait, déportait et torturait l´homme noir et détruisait sa culture et son identité? Il faut bien savoir ce qu´on veut et ce qu´on est. Ou on aspire à la liberté, et là le front est clair et défini, ou on joue le faux en espérant que les autres nous serviront la liberté sur un plat doré. L´histoire cependant enseigne que dans cette dernière attitude, cela n´a jamais été le cas. Au demeurant, croire qu´on peut faire la liberté de quelqu´un d´autre sans sa pleine participation libre et souveraine est de la plus belle duperie; un mensonge qui s´avère aujourd´hui comme un immense piège à rats pour tous ceux qui avaient cru que l´hégémonie occidentale leur réservait le repos mérité de l´inconscient. Mêmes les américains noirs, mêmes les francais d´outre mer, et même la culture islamique( le terrorisme actuel n´en est que l´expression évidente); tous, par des chemins différents, sont arrivés aux mêmes conclusion: ce système occidental hégémonique et centraliste n´est pas sorti de son passé, il continue à perpétuer un égoisme et une cupidité malsaine qui ne conduit qu´à ses intérêts étroits. Si à Paris des enfants se révoltent et mettent Pompei, le Paris francais en flamme, ce n´est pas pour des cacahuettes; eux aux moins ont compris qu´on les menait à l´abattoir social, plutôt que de leur donner la chance de partager des valeurs francaises qui étaient aussi les leurs. Croyaient-ils. Le réveil a été bien decevant. C´est dire que nous devons, en êtres conscients assoiffés de valeurs humaines saines, vraies, réalisantes, opposer à tous ceux qui nous réservent ou nous consignent à la médiocrité ou à la négation, un combat sans le moindre compromis et sans le moindre faux fuyant. Comme Patrice Lumumba le disait si bien:"Entre la liberté et l´sclavage, il n´y a pas de compromis." MK www.realisance.afrikblog.com |