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Forum Réalisance

Cet espace va à la recherche de l´existentialisme de l´homme noir pour lui permettre de mieux se déterminer face à l´histoire et face à la réalisation de sa liberté.

24 octobre 2007

Facteur temps

Sommes-nous du passé, du présent ou de l´avenir ?

La liberté sous les rouages des temps

« La liberté a un prix qui témoigne autant du respect que nous avons de nous-mêmes que de celui que nous reconnaissons aux autres et à l´existence elle-même. » MK

La jeunesse, le contemporain de la vie moderne de nos jours ont beau prétendre et se réclamer légitimement de la modernité ; cependant que l´électricité, la médecine, l´auto, le téléphone . le portable.que lnitvie moderne de nos jours aportable, l´avion, le frigo…le MP3, l´ordinateur ; toutes ces inventions qui agréent notre vie quotidienne sont cependant issues du passé proche ou lointain. Et nous-mêmes en tant qu´être humain, nous sommes, comme Darwin l´a prouvé, le résultat d´une longue et passionnante évolution biologique. Alors, sommes-nous du passé, du présent, ou sommes-nous sans racines et sans mémoire, comme la jeunesse et le consommateur d´aujourd´hui avaient tendance, dans leur indifférence, à l´affirmer ?

Nous sommes tous du passé, du présent et de l´avenir ; tout le monde l´a compris. Les valeurs sociales, intellectuelles ou même affectives dont le tourment de la vie nous afflige se fondent sur notre passé pour s´assurer le présent et concevoir et bâtir l´avenir. Et ce dernier pose ou répond autant aux questionnements du passé tout en le niant et en l´améliorant afin qu´il rende justice aux nécessités d´un réalisme sensible, palpable, satisfaisant. Et devant les changements que nous apportent la connaissance, le foisonnement accéléré des rapports humains et l´adéquation des complexes structures de notre contexte humain de réalisation, la grande qualité de l´existence humaine est devenue la capacité à comprendre, démêler et mettre dans un équilibre positif les paramètres de moyens et de possibilités permettant notre meilleure réalisation sensible.

Albert Einstein est peut-être l´exemple type de savant ayant eu à se débattre avec les forces têtues et malheureuses du passé. Avec sa brillante Théorie de la Relativité, non seulement il avait renversé toutes les fausses allégations de ses collègues antérieurs, mais aussi ouvert la physique, les mathématiques, l´astronomie…la philosophie de la connaissance à de vraies grandeurs objectives. La génération actuelle sait-elle qu´elle doit à ce chercheur la bombe atomique, le portable, le GPS…et bien d´autres applications encore ?

Admettons-le : aujourd´hui il ne s´agit pas seulement d´aimer le progrès ou d´y croire ; mais bien de savoir réaliser une liberté humaine qui, tout en s´appuyant sur les erreurs, les abus et la critique du passé, se voue à la construction d´un équilibre bienséant répondant à l´éclosion, au meilleur assouvissement des plus belles valeurs culturelles humaines. Les valeurs négatives pour la liberté et la réalisation humaine, pourtant, et cela malgré le bon sens, l´éducation, ou n´importe quel sain idéal humain, se perpétuaient. Leur fréquence et leur primitivité avaient beau avoir perdu le scandaleux visage qu´ils abordèrent lors de l´esclavage et de la colonisation, mais selon toute vraisemblance beaucoup de peuples et de cultures n´arrivaient à s´émanciper de leur passé. Et il ne s´agit pas seulement des victimes dont les conséquences sociohistoriques séculaires avaient perturbé la valeur et le sens de la confiante et saine liberté ; il s´agissait aussi de méthodes, d´habitudes, d´intentions criminelles employées depuis des siècles pour accumuler, produire, bâtir le fondement de quelque sociétés.

Ces séquelles, d´une part ou de l´autre, dans leurs répétitions ou leurs traumatismes sociaux hérités ou répétés, étaient devenus l´un des dangers les plus significatifs qui menaçaient notre avenir. Aujourd´hui encore des enfants disparaissaient journellement sans laisser de traces ; quant à la criminalité des grandes villes industrielles, elle renie toutes les prétentions de sécurité, d´éducation ou d´instruction et d´information sociale que ces sociétés prétendaient mettre à la disposition de leurs habitants. S´agissait-il, dans le vertige du progrès, de mieux se réaliser ; ou l´inculte, l´alcoolique et le criminel se perpétuaient, comme de la mauvaise herbe ? A quoi servait-il, ce progrès, s´il ne rendait pas son consommateur plus humain, ou moins primitif ou brutal ?

Comment nous protéger efficacement de ceux qui, tout en vivant avec nous dans les temps modernes, se cachaient derrières les tentures et les nombreux moyens financiers ou militaires que nous offre le progrès pour n´entretenir ou ne défendre que des sentiments, des vues, des intentions emmurées ?

Croire qu´avec les moyens de communication que la culture humaine nous offre actuellement nous devons assister passivement à l´appauvrissement criant et cruelle de l´Afrique, à des abus tels que ceux du terrorisme islamique fondamentaliste, à la saignante tragédie de Darfour au Soudan, à l´illégale guerre américaine d´Irak…, c´est nous rabaisser à faire défaut à l´esprit critique supérieur des temps. Car ces manquements détruisent résolument les valeurs fondamentales de notre haute humanité en créant des précédents qu´hélas les simples d´esprit n´aimaient que trop joyeusement à répéter.

N´en déplaise à ceux qui se cachent derrière quid la religion, quid leurs douteux complexes de supériorité ou quid leurs bas instincts raciaux ou hégémoniques ; le progrès est une responsabilité, pas un moyen d´abus. Et comme Galilée, Patrice Lumumba, Simon Kimbangu, Mahatma Gandhi…nous avons tous le devoir de lever la voix. La liberté (primitive) est par trop comprise comme le droit qu´ont certains à imposer leurs conditions et leurs méfaits aux autres. Ou même à vivre à leurs dépends. Cependant que la vraie liberté, elle, est à la fois un partage équilibré qu´un respect indissoluble des droits de réalisation des autres ; elle appartient d´un même élan autant à tout être humain qu´à la société et au monde. Faire sa liberté au détriment des autres, de l´équilibre écologique du monde ou de sa paix, ce n´est faire preuve ni de responsabilité, de civilisation, de grandeur éthique humaine.

Nous devons donc avoir le courage de nous libérer de nos fantômes du passé, de nos faiblesses, de nos manques, de nos erreurs ; sans cela nous resterions partagés entre les forces négatives du passé et notre foi en un monde meilleur. Nous ne pouvons pas nous séparer, hélas, de notre passé ou de notre imperfection ou subjectivité humaine ; s´en séparer équivaudrait à nous priver d´âme, de mémoire, des racines de notre conscience. Mais nous avons la chance, en investissant l´avenir et ses questionnements, de mettre le bien, la justice, le droit à la liberté: toutes ces valeurs qui témoignent de nos hautes origines humaines, au cœur actif de nos préoccupations. Et cela, c´est une preuve tangible d´excellence.

Savons-nous nous donner le temps et les moyens de réaliser une liberté saine, sincère et ouverte à tous ? Tous ceux qui s´attendent à la facilité doivent se détromper ; ce ne sera pas facile, d´autant qu´ elle devient de jour en jour complexe et fragile, pendant que le nombre de ceux qui la comprennent le plus franchement diminue. Et si nous ne pouvons nous séparer ni de notre passé, ni du progrès ; ce que nous pouvons faire, c´est de veiller à ce que ni l´amour de l´un ou de l´autre ne nous prive d´avenir. Parce que dans le sévère jugement que les générations futures feront de cet avenir (qui sera alors leur passé) ; toute la fierté, toutes les plus belles valeurs humaines et sociales y prouveraient notre talent à pardonner, à réparer, à innover afin de célébrer l´amour de l´existence comme une chance exceptionnelle de jouissance et de créativité. Et à ce titre, elle doit rester ouverte, généreuse, fructueuse pour tout un chacun. Dans l´intérêt de tous.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu.

Forum Réalisance

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19 mai 2006

Les maîtres de la francafrique enlisés aux mérécages de Clearstream

Le bourbier Clearstream au jour le jour
Source : NOUVELOBS.COM | 19.05.06 | 09:59

Chronologie du ma récage politique français actuel
autour de Corruptions, traîtrises, suspicions, faussetés

Voici un rappel des principales dates du volet politique de l'affaire du "corbeau" qui a accusé des personnalités de détenir des comptes chez Clearstream

2003

- Mars: L'informaticien Imad Lahoud, recruté par la DGSE, entre en contact avec Denis Robert, auteur de deux enquêtes sur Clearstream. Ce dernier détient un certain nombre de listings informatiques de Clearstream. Denis Robert affirme les lui avoir remis devant témoin. Imad Lahoud ne conteste pas les avoir vus mais nie les avoir conservés ou utilisés.

- Octobre: Jean-Louis Gergorin, membre du comité exécutif et vice-président de EADS, signale au général Rondot, chargé de la coordination du renseignement au cabinet du ministère de la Défense, qu'Imad Lahoud a découvert une "vaste entreprise de corruption à des fins de déstabilisation, affectant nos services de renseignement, certaines sociétés et le monde politique".

- 5 et 23 novembre: Jean-Louis Gergorin remet au général Rondot, dans son bureau, au ministère de la Défense, des listings de comptes Clearstream qui contiennent, selon le militaire, des noms d'hommes politiques suspectés d'avoir touché des rétrocommissions dans l'affaire des frégates.

2004

- 9 janvier 2004: Le général Rondot est convoqué par Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires étrangères, en présence de Jean-Louis Gergorin. Selon le général, Dominique de Villepin le charge, sur instruction de Jacques Chirac, de procéder à des "vérifications discrètes".

- 23 mars 2004: Selon le général Rondot, un "incident" lui prouve que Jean-Louis Gergorin et Imad Lahoud l'ont "instrumentalisé" pour "couvrir leurs activités".

- 3 mai et 14 juin: Les juges chargés de l'enquête sur les frégates de Taïwan reçoivent deux lettres et un cédérom d'un (ou plusieurs) "corbeau"(x). Ces documents communiquent des numéros de comptes bancaires ouverts chez Clearstream et évoquent des transferts occultes de millions de dollars. De nombreuses personnalités sont citées, dont Alain Gomez, ancien dirigeant de Thomson-CSF (devenu Thales), Andrew Wang, l'intermédiaire taïwanais du contrat des frégates, Philippe Delmas, vice-président d'Airbus, ou encore Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Economie.

- juillet: Le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire sur ces courriers anonymes.

- 3 septembre: Le parquet de Paris ouvre une information judiciaire pour "dénonciation calomnieuse", à la suite d'une plainte de Philippe Delmas. Les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons sont chargés de l'instruction.

- début novembre: L'affaire devient politique lorsque Nicolas Sarkozy reproche à Dominique de Villepin de dissimuler à la justice les conclusions d'une enquête de la DST qui l'innocenteraient.

- 16 novembre: Jean-Louis Gergorin, vice-président d'EADS (maison mère d'Airbus), nie être le corbeau, répondant aux allégations sans preuve de la DST.

2005

- décembre: Le juge van Ruymbeke démontre que les accusations du corbeau relèvent d'une manipulation.

2006

- 31 janvier : Nicolas Sarkozy se constitue partie civile.

- fin mars : Série de perquisitions pour identifier le mystérieux corbeau: dans le bureau d'un informaticien d'EADS, Imad Lahoud, chez le général Philippe Rondot, ancien chargé de la coordination du renseignement du ministère de la Défense, et au siège de la DGSE à Paris.

- début avril : Nouvelle série de perquisitions: au secrétariat général de la Défense nationale (SGDN), au siège parisien d'EADS ainsi qu'au domicile de Jean-Louis Gergorin, au bureau de Gustave Humbert, président d'Airbus, à Blagnac (Haute Garonne).

- 13 avril : EADS se porte partie civile. Perquisitions au ministère de la Défense: visite des bureaux de la ministre, Michèle Alliot-Marie, de son directeur de cabinet, Philippe Marland, ainsi que de l'ancien bureau du général Rondot.

- 18 avril: La presse révèle que Dominique Strauss-Kahn, Alain Madelin et Jean-Pierre Chevènement se sont constitués parties civiles la semaine précédente.

- 19 avril: Perquisitions aux archives du ministère de la Défense.

- 26 avril: Michèle Alliot-Marie dément avoir couvert l'affaire Clearstream.

- 27 avril: Dominique de Villepin déclare, dans un entretien au Figaro, avoir demandé dès janvier 2004 au général Rondot de mener une enquête à la suite de "rumeurs liées aux frégates de Taiwan"

- 28 avril: Dans un témoignage publié dans Le Monde, le général Philippe Rondot affirme, qu'en janvier 2004, de Villepin alors ministre des Affaires étrangères lui a demandé sur "instructions" de Jacques Chirac, une enquête visant notamment Nicolas Sarkozy. Le premier ministre affirme, dans un communiqué, n'avoir "jamais" fait enquêter sur Sarkozy et avoir toujours "agi dans le cadre fixé par le président" Jacques Chirac. Celui-ci dément "catégoriquement", dans un communiqué publié par l'Elysée, avoir demandé "la moindre enquête visant des personnalités politiques" en liaison avec l'affaire Clearstream.

- 29 avril: Dominique de Villepin, dans un entretien au Figaro, déclare qu'il a confié au général Rondot, "dans le cadre des orientations fixées par le président de la République et comme ministre des Affaires étrangères, une mission de vérification de l'action de certains réseaux ou intermédiaires dans l'affaire de la vente des frégates de Taïwan". Le chef du gouvernement ajoute qu'"il n'a jamais été question, à aucun moment, de s'intéresser à quelque personnalité politique que ce soit".
- La présidence de la République libanaise affirme que l'informaticien Imad Lahoud n'a aucun lien de parenté avec le chef de l'Etat Emile Lahoud.

- 2 mai: Rondot déclare au Figaro que Villepin ne lui a jamais demandé d'enquêter sur des hommes politiques, tout en reconnaissant que le nom de Sarkozy a été évoqué lors de la réunion de janvier 2004.
Dominique de Villepin affirme sur Europe-1 qu"'à aucun moment le nom de Nicolas Sarkozy n'a été évoqué dans cette réunion". Il assure que rien ne justifie sa démission et qu'il est prêt à répondre à la justice: Il "n'y a jamais eu d'enquête sur Sarkozy".
Nicolas Sarkozy dit aux députés UMP vouloir "connaître la vérité" sur l'affaire, "quelles qu'en soient les conséquences".

- 3 mai : Dans son édition de jeudi 4 mai, Le Monde réaffirme que le Premier ministre a prononcé le nom de Nicolas Sarkozy lors de la réunion du 9 janvier 2004 et publie de larges extraits des procès-verbaux des auditions de Rondot allant dans ce sens. Dominique de Villepin dénonce "l'exploitation de propos tronqués".
Le quotidien cite des extraits de la déposition du général Philippe Rondot devant les juges, d'une note établie par celui-ci et de divers documents "qui contredisent le Premier ministre".
A l'Assemblée, Villepin lance: "ce n'est pas la rumeur qui fait la vérité, c'est la justice". Le porte-parole du PS, Julien Dray accuse Villepin d'avoir "menti", le député PS Arnaud de Montebourg lui demande de démissionner.
L'Elysée dément une nouvelle fois avoir demandé "la moindre enquête visant des personnalités politiques".

- 4 mai: Dominique de Villepin dément les déclarations du général Rondot aux juges et revient sur sa déclaration à Europe-1, affirmant que le nom de Nicolas Sarkozy "n'a pas été évoqué en liaison avec de quelconques affaires" lors de la réunion du 9 janvier 2004 au Quai d'Orsay. Mais il admet que Nicolas Sarkozy "a été évoqué comme ministre de l'Intérieur", a ajouté le Premier ministre.
Dominique de Villepin certifie encore n'avoir reçu "à aucun moment" une instruction de Jacques Chirac d'enquêter sur des personnalités politiques et qu'il n'a jamais abordé cette question avec le chef de l'Etat, contrairement à ce qu'a noté le général Rondot.
Michèle Alliot-Marie se dit victime de l'affaire, "à travers son conjoint" le député UMP Patrick Ollier.
Jack Lang, candidat à l'investiture socialiste pour la présidentielle, en visite à Douai dans le Nord, que l'affaire Clearstream était le fruit d'une "équipée gouvernementale" qui déshonorait la France.

- 5 mai: Dominique de Villepin a reçu la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie à Matignon pour évoquer l'affaire Clearstream.
La chaîne d'informations LCI annonce que Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, a été reçu par le président Jacques Chirac pendant près d'une heure.
Nicolas Sarkozy qui devrait être entendu à sa demande la semaine prochaine par les juges instruisant l'affaire du "corbeau" de Clearstream, dossier dans lequel le ministre s'est porté partie civile.
Patrick Ollier, le conjoint de la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie, décide de se constituer partie civile dans l'affaire Clearstream.
Le député UMP de l'Essonne Nicolas Dupont-Aignan a estimé que l'affaire Clearstream n'était, pour "la majorité" que la "récolte" de "ce qu'elle a semé", c'est à dire "un système clanique à bout de souffle".
Sur France Inter, Hervé de Charette, député UMP du Maine-et-Loire, a demandé au président Jacques Chirac "de sortir de son silence" car, il estime que c'est lui qui a "toutes les cartes en mains".
Parlant de l'affaire Clearstream, Alain Marsaud, député UMP de la Haute-Vienne, a évoqué "le domaine des Pieds nickelés".
Didier Julia, le député UMP de Seine-et-Marne, qui avait été au cœur d'une vive polémique lors de la détention en Irak des journalistes Christian Chesnot et Georges Malbrunot, a demandé "une nouvelle organisation des services de renseignement".
Sur France Inter et i-Télé, François Baroin, le ministre de l'Outre-mer a estimé que le "le gouvernement n'est pas déstabilisé".
Plusieurs dirigeants socialistes, réunis à Marseille pour un hommage à l'ancien ministre Gaston Defferre, décédé le 7 mai 1986, ont à nouveau demandé la démission du Premier ministre Dominique de Villepin en raison de l'affaire Clearstream.
Le groupe des rénovateurs du courant majoritaire Hollande du PS, s'est prononcé par la voix du député Gaëtan Gorce pour "une élection présidentielle anticipée".
Laurent Fabius, le député PS de Seine-Maritime porte plainte et se constitue partie civile dans l'affaire Clearstream, après avoir découvert qu'il était mentionné à tort parmi les titulaires de comptes occultes à l'étranger.

- 6 mai: Dans son édition parue samedi, le journal Le Monde écrit que Jacques Chirac a évoqué avec le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy la possibilité de nommer ce dernier au poste de chef du gouvernement et lui aurait demandé d'y "réfléchir".
L'entourage du chef de l'Etat français a déclaré que le président Jacques Chirac fait une confiance "pleine et entière" au Premier ministre Dominique de Villepin et il n'est "pas question" de le remplacer.
Dominique de Villepin a reçu samedi matin Nicolas Sarkozy à Matignon pour un entretien de plus d'une heure qui a porté sur l'actualité gouvernementale, rapportent les services du Premier ministre.
De passage à Bordeaux pour les Etats généraux du PS consacrés à l'emploi et à la croissance, François Hollande a déclaré que le président Jacques Chirac devait "changer de gouvernement", les développements de l'affaire Clearstream posant "un problème de morale politique".

- 7 mai: Le "sarkozyste" Christian Estrosi, la possibilité de voir le ministre de l'Intérieur à Matignon est de "l'intox". De son côté, Pierre Mauroy appelle Jacques Chirac à prendre ses responsabilités, tandis que Jean-François Copé souligne que Dominique de Villepin restera à son poste. Jean-Pierre Chevènement, scandalisé de voir son nom cité dans l'affaire appelle la justice à aller voir du côté de la direction d'EADS. Alain Juppé annonce sur son blog son intention de refuser toute responsabilité politique nationale.

- 8 mai: Claude Goasguen (UMP) demande à Jacques Chirac de prendre une décision rapide sur un éventuel changement de gouvernement et appelle Nicolas Sarkozy à ne pas accepter le poste de Premier ministre.

- 9 mai : Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy est entendu comme partie civile par le juge Jean-Marie d'Huy au pôle financier du palais de justice de Paris. Selon Le Canard Enchaîné, le n°2 d'EADS Jean-Louis Gergorin serait l'auteur de la première lettre anonyme adressée au juge Van Ruymbeke en mai 2004.
L'hebdomadaire affirme également que le général Rondot aurait déclaré aux juges chargés de l'affaire Clearstream que Chirac possèderait un compte au Japon. Jacques Chirac dément catégoriquement.

- 10 mai : Jacques Chirac déclare que "la République, ce n'est pas la dictature de la rumeur, la dictature de la calomnie", ni "l'irrespect et l'exploitation jusqu'à l'outrage des procédures judiciaires en cours", dans une allusion à l'affaire Clearstream. Il réaffirme sa "confiance au gouvernement de Dominique de Villepin pour conduire (sa) mission".
Le vice-président d'EADS, Jean-Louis Gergorin, mis en cause dans l'affaire Clearstream, a été déchargé de ses fonctions au sein du groupe européen d'aéronautique et de défense.
Le président du groupe PS à l'Assemblée nationale, Jean-
Cinq députés PS, Gaëtan Gorce, Jean-Louis Bianco, Bruno Le Roux, Patrick Bloche et Christophe Caresche, demandent le départ de Jacques Chirac et d'"anticiper les échéances" électorales face à la "crise sociale et politique profonde dans laquelle est plongé le pays", dans un communiqué commun.
Les députés socialistes déposent officiellement une motion de censure.

- 11 mai : Le Monde publie des notes accumulées par le général Philippe Rondot, acteur clé dans l'affaire Clearstream, qui, selon le quotidien, constituent "une pièce à charge contre les plus hauts responsables du pouvoir exécutif".
Selon LCI, le juge Renaud van Ruymbeke a reconnu avoir négocié l'envoi des courriers anonymes avec Jean-Louis Gergorin, selon ses déclarations au juge d'Huy, chargé d'enquêter sur ces courriers. Renaud van Ruymbeke dément.
François Hollande dénonce "un délabrement au sein de l'Etat".

- 12 mai : Le Parisien publie une lettre du juge Dominique de Talancé, qui affirme aux juges Pons et d'Huy auq Renaud van Ruymbeke lui a indiqué avoir bel et bien rencontré Jean-Louis Gergorin en avril 2004.
Jacques Chirac assure que l'affaire Clearstream n'entraîne pas de diminution du rôle de la France dans le monde.


- 13 mai : Libération révèle que La DST a informé en octobre 2004 Dominique de Villepin, alors ministre de l'Intérieur, que l'affaire des listings de Clearstream était une manipulation.
François Fillon, conseiller politique de Nicolas Sarkozy, plaide pour un contrôle parlementaire sur le renseignement.
Nicolas Sarkozy annonce qu'il va continuer son travail au sein du gouvernement, dans l'attente des éclaircissements judiciaires de l'affaire Clearstream.
Nicolas Sarkozy laisse entendre que Dominique de Villepin lui aurait demandé de rester au ministère de l'Intérieur lors de leur entretien vendredi soir à Matignon.

- 14 mai : Dans un entretien au Journal du Dimanche, Philippe Rondot affirme qu"'il n'a jamais été question d'enquêter sur Nicolas Sarkozy" mais qu'il l'a fait prévenir d'une tentative de l'impliquer dans l'affaire des listings de Clearstream, et qu"'il n'y a pas de compte Jacques Chirac au Japon". Il explique avoir confondu certaines dates pendant son audition. Le général en retraite ajoute qu'il ne se rendra pas les 18 et 22 mai à la convocation des juges.
Ernest Backes, le co-auteur avec Denis Robert du livre Révélations, affirme que Jean-Louis Gergorin ne peut pas être le corbeau de l'affaire.
François Bayrou, le président de l'UDF, indique sur TF1 qu'il votera à titre personnel, mardi, la motion de censure réclamant le départ du gouvernement Villepin.
Imad Lahoud se défend d'être le corbeau et déclare avoir "peur physiquement", car les manipulateurs "sont capables de tout".

15 mai : A la veille de la motion de censure, Hervé Morin, président du groupe UDF à l'Assemblée nationale, indique qu'il votera avec les socialistes. Certains centristes indiquent qu'ils voteront avec la majorité. Dominique Strauss-Kahn (PS) et Jean-Pierre Chevènement (MRC) sont entendus par les juges chargés du dossier du "corbeau". Ils sont parties civiles. Deux juges d'instruction, Françoise Desset et Thomas Cassuto, sont désignés pour enquêter sur la violation du secret de l'instruction. On apprend de source proche de la Direction générale de la sécurité extérieure qu'Imad Lahoud "n'a jamais été recruté, ni rémunéré, ni mandaté pour aucune mission en France ou à l'étranger par la DGSE". La promotion du juge Van Ruymbeke est ajournée par Pascal Clément.

- 16 mai : La motion de censure socialiste contre le gouvernement Villepin sur l'affaire Clearstream a été rejetée sans surprise par l'Assemblée nationale, n'ayant recueilli que 190 voix PS, PCF, Verts et UDF.
Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy déclare sur France 2 qu'il refuse d'avoir "des soupçons à l'endroit de qui que ce soit" et répète qu'il reste au gouvernement, s'en remettant à la Justice pour établir la "vérité" dans l'affaire Clearstream.
L'avocat Thibault de Montbrial, qui a organisé la rencontre secrète entre Jean-Louis Gergorin et le magistrat Renaud van Ruymbeke, a été entendu par les juges d'instruction Jean-Marie d'Huy et Henri Pons.
Des traces d'ADN féminines ont été découvertes sous le timbre des courriers envoyés par le corbeau, affirme l'hebdomadaire Marianne.

- 17 mai : Jacques Chirac sermonne, en Conseil des ministres, les membres du gouvernement, leur demandant de mettre fin aux querelles internes apparues autour de l'affaire Clearstream. Le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé affirme que "au moment où les résultats des politiques engagées sont au rendez-vous dans le domaine de l'emploi, de la croissance, de la sécurité, du dynamisme de notre pays, le président de la République a tenu à rappeler fermement à chacun des ministres la nécessité de dire ces résultats, de les porter dans le débat public".

- 18 mai : Jean-Louis Gergorin, soupçonné d'être le corbeau dans l'affaire Clearstream, avoue dans une interview au Parisien, avoir envoyé le 4 mai 2004, la première lettre anonyme au juge Renaud van Ruymbeke.
Une cinquantaine de magistrats ont signé une motion de soutien au juge Renaud van Ruymbeke, estimant que les critiques dont il est la cible ont pour objectif de détourner l'attention.

- 19 mai : Jean-Louis Gergorin affirme dans Libération que Dominique de Villepin ne voulait pas que Nicolas Sarkozy soit mis "au courant" d'une enquête sur les listings de comptes Clearstream. Au Figaro, il révèle être l'auteur de toutes les lettres anonymes.

A suivre...Comme quoi, vouloir donner aux africains des lecons de démocratie ou de développement ne préserve pas les professeurs autodéclarés à n´être, somme toute, que des êtres humains ordinaires: passibles jusqu´au plus bas de tous les défauts et méfaits de la cupidité, de la rapacité, de la jalousie. Un peu de modestie et d´idéalisme ne tue personne, encore faudrait-il y avoir accès plutôt que d´être enfermé dans monde aveugle, uniquement gouverné par la quête enviée du pouvoir.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com 

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28 novembre 2005

L´Afrique et son art ambigu à exister

Les Cercles Vicieux II, (3)

Afrique: qui logera nos rêves aux paupières des étoiles ?

L´existence…Ce cheminement continu et irréversible qui nous menait, par tous les sentiers, par tous les vents, seuls armés de nos sens et de notre volonté à nous réaliser, à accéder à l´apaisement de nos attentes, de nos rêves avec pour tout compagnon une vie fragile, imparfaite, éphémère…ce devoir fabuleux d´être n´était pas seulement un champ d´émerveillement et d´expérience sensible, il exigeait une organisation rationnelle fiable et conséquente à ses buts impénitents : une source limpide, rafraîchissante qui étaya sa soif et permit de lui donner l´équilibre positif dans lequel sa créativité, son sens le plus précieux, s´épanouirait pleinement pour aller à la recherche de l´harmonie. Et entre la faiblesse et la force, la puissance et le manque, la vérité et l´illusion ; entre ce qui est et ce qui doit être, la morale et l´immoralité, la joie et la peine…sa Réalisance n´avait pas sort facile, mais quelle aventure !

Et si la liberté, son plus beau fleuron, exigeait qu´on l´arrosât quotidiennement, de génération en génération de soleil et d´eau pure afin que des fleurs riches et parfumées viennent orner sa parure, il n´en était pas moins vrai que quiconque la privait à un être humain ou la corrompait pour quelque buts obscurs, ne rendait hommage ni à la vie, ni à l´harmonie de l´existence. Tout être humain part du principe que sa vie est la plus chère ; comment en serait-il autrement ? Mais dans le respect des équilibres et des exigences réciproques de l´existence, nous devons tous reconnaître, prendre conscience qu´en dehors de nous, l´équilibre existentiel est plus vaste, plus riche ; c´est donc le respecter que de ne pas rester étroit, borné ou œuvrer incorrigiblement à sa restriction. Certaines personnes peu illuminées croient que la vie étant absurde par sa fin mortelle, on pouvait en user ou en abuser selon son bon plaisir - la civilisation du crime et du gendarme, celle du maître et de l´opprimé, ou celle encore plus méprisante du maître et de l´esclave - ; ceux-là se rendront bien compte que même la paisible nature, l´air pur, le soleil, la pluies qui nous mouille et nous enrhume, est bien plus importante que leurs étroites fantaisies. Et que malgré que nul ne fut là pour les défendre, ils sont tout aussi important pour l´existence que des chaudières invétérées d´usines, ou des échappements polluants d´automobiles enragés ; qu´au-delà de toute limite, tout environnement pur est précieux et irremplaçable. Devant les criants déséquilibres, les incessantes exactions qui ont bouleversé son histoire, l´homme noir avait-il compris qu´il devait se munir de meilleurs moyens rationnels de défense et de réalisation pour lutter contre sa destruction, et protéger son milieu existentiel ou faisait-il le mort en préférant se livrer au sort ingrat que lui réservait ceux qui voudront bien lui reconnaître personnalité historique et droit à l´existence ? N´avait-il pas fait l´expérience que la faiblesse, l´ignorance le détruisait absolument ? Ces enfants qu´on voyait de par le monde, pour mieux engranger les trésoreries de sociétés d´aide et d´aumône internationale dont on sait que la plupart d´entre elles ne poursuivaient qu´un bénévolat étroit, de courte vue ; ces enfants défavorisés du tiers monde qui couraient les rues du matin au soir désoeuvrés, sans buts et sans occupations, ne pouvaient-ils pas aller à l´école pour apprendre un métier et se préparer à un avenir meilleur, ou attendaient-ils l´obole de l´étrangers, plus condamnés que jamais à un vil sort ? Et si l´étranger ne venait pas… ? Ou n´apportait dans son égocentrisme utilitaire que des rêves étriqués, sans humour et sans soulagement ; de ces rêves qui emplissaient les bidonville en Argentine, au Brésil, à Soweto, au Congo, en Palestine, au Maroc, au Soudan… comme des cris d´âmes condamnées à subir les eaux insalubres, la prostitution et la misère la plus rance pour avoir le droit de vivre à l´ombre repoussante de la ville, là où les riches se régalent et réalisent leurs désirs, et de nourrir le sentiment d´être un lépreux ou un perdant auquel leur aumône généreuse, les jours de pompeuse bienfaisance s´abaisserait à leur jeter des miettes. Dans ces trous à même les rats et les infections les plus honteuses où l´exclu cultivait le sentiment qu´il ne devait pas sa vie à lui-même, mais au bon vouloir de quelqu´un d´autre. Est-ce cela la liberté ? 

N´est-ce pas préparer le joug de la dépendance plutôt qu´œuvrer à la liberté que de ne pas entreprendre de mettre dans les mains de ces enfants, de ces jeunes gens les outils de survie, les vrais instruments de liberté qui sont la connaissance, la rationalité et l´amour et la constance du travail afin qu´ils cultivent la volonté créative du changement ? N´est-ce pas protéger la société contre les maux de la criminalité que de donner à chacun les moyens individuels avec lesquels il pourrait œuvrer à son devenir, l´intégrer dans l´architecture sociale plutôt que de le priver de moyens de réalisance ou l´exclure de l´épanouissement de la société, et s´étonner plus tard de le retrouver aux statistiques de criminalité. Chacun le sait : et plus un peuple est ignorant ou analphabète et plus il lui manque les moyens rationnels pour épanouir l´organisation historique de son existence, et partant de se défendre valablement contre les traditions rétrogrades, et contre les ennemis extérieurs.    

La créativité, le sens profond de la réalisance, ne se cultive au mieux qu´en bas âge, afin que la fraîche mémoire puisse mieux assimiler et renchérir, au gré de l´évolution de l´expérience sensible et de la maturité de la personnalité individuelle, les devoirs complexes de l´existence. Pourquoi pense-t-on qu´il était interdit, sous peine de représailles les plus sévères allant jusqu´à la pendaison d´apprendre à un esclave à lire et à écrire ? Apprenez-leur à croire, pas à raisonner ; disait Léopold II à ses missionnaires…un vrai programme de subordination. Ah, ce bon André Malraux qui disait si bien : « Apprendre à lire et à écrire, c´est apprendre à parler avec sa propre voix » ;  quel esprit n´est-ce pas ? On comprend qu´il fut ministre de la culture du grand De Gaule. N´eut été que ce bon monsieur Malraux, à l´époque où il était encore écrivain, avait joué à la pioche pilleuse au Cambodge, dans les ruines d´Angkor, en soustrayant au patrimoine cambodgien deux statuettes Tevoda. Marchal, le conservateur français de ces ruines le fit arrêter peu avant son retour en France, et le contraignit à remettre les statues volées. Triste écart pour un futur ministre français de la culture qui, comme tous les occidentaux, se croyait permis de piller à grands mots de Culture, les patrimoines de tous ceux qu´ils rencontrent. D´où vient donc cette cupidité maladive à la possession de bien d´autrui de membres peu regardant de la civilisation occidentale ? Même en Irak, les premiers actes de bravoure américaine après les bombardements meurtriers et criminels, était de piller le musée national irakien et d´envoyer des témoignages irremplaçables de l´histoire millénaire du peuple irakien aux Etats-Unis. Civilisation ? On se rappelle des « Beutekunst » du national socialisme d´Hitler : un vol de plus de 100 milles des plus belles peintures européenne et juives. Ou des œuvres égyptiennes qui remplissaient les musées en Europe. L´Italie, elle, s´appropria les pierres des ruines du temple sacré de la reine de Saba ; il fallut plusieurs décennies pour qu´elle consentit, enfin, en 2005 à rendre à l´Ethiopie ce patrimoine culturel d´une valeur historique inestimable. Décidément, ce mal de la possession devenait tout simplement honteux. Des êtres humains devaient leur appartenir, des pays entiers, au besoin des continents sans frontières devaient porter leurs bannières, parler leur langue, et accepter leurs principes et leurs usages…La liberté existentielle, appartenait-elle à tous ou était-elle le privilège de l´occident ? Cette Liberté tronquée, à sens unique, est-ce vraiment la liberté ; ou n´est-ce seulement que la version occidentale de la liberté ? Un vice de forme ou un vice de fond ? Ou était-ce les deux à la fois ?

L´Afrique n´avait-elle pas assez d´avoir souffert de l´esclavage arabe ou occidental, de la colonisation et de son legs dévorant : l´exploitation inhumaine ; de voir mourir ses enfants de sida ou de faim sans qu´ils aient la chance de lui offrir leurs créativités et les résultats de leurs expériences sensibles ? L´Afrique, le berceau de l´homme noir, et vraisemblablement de l´humanité entière, avait-elle cessé de se battre pour sa propre liberté, pour ses propres rêves ? Qui pouvait répondre à toutes ces questions si ce n´est l´africain lui-même…Et pour tous ceux qui, pour cacher leur incapacité ou leur insuffisance notoire, aimaient à dire : « Tout est relatif », rappelons Albert Einstein, le père de la théorie de la relativité dans deux de ses plus riches pensées : « Le succès, c´est 97% de travail et 3% d´intelligence » ou encore : « La fantaisie est plus importante que la connaissance » ; et à ce propos, un grand compliment à cet esprit exceptionnel qui, sans citer directement la créativité imaginaire, lui élève un élogieux piédestal.

La génération actuelle aux rênes du pouvoir en Afrique, était-elle à même de relever efficacement le défit de la liberté, a-t-elle fait sien de cette immense douleur insatiable qui ronge l´âme noire - ou se livrait-elle, déjouée, désordonnée et dépassée par les évènements, sans volonté stratégique et sans moyens de lutte contre le tourbillon engloutissant et dépersonnalisant du puissant Pouvoir Blanc ? Le dangereux cercle vicieux du manque… Comprenaient-elle au moins que si elle ne libérait pas l´Afrique d´une maladie millénaire, elle l´aggravait ? Etait-il plus reposant - et il faut aussi le reconnaître moins éreintant - de se pavaner en voitures étrangères, ou pour conserver et exercer un pouvoir inconscient ou inefficace, de se doter d´instruments matériels et idéologiques étrangers du prêt à consommer, du prêt à penser, du prêt à exister, que d´éveiller dans la population le sens créatif de ses propres instruments d´existence, de pouvoir et de réalisation ? Être franc, reconnaître son incapacité à ne pas être à la hauteur des exigences historiques modernes, c´est aussi une vertu…laisser la place à ceux qui sont les plus doués, plutôt qu´à ceux qui sont les plus gourmands.

Il ne vient pas à un président français, américain ; à un chancelier allemand, ou mêmes aux personnes officielles représentatives, malgré le sentiment de cohésion européenne, de se pavaner officiellement en voitures étrangères ! Chacun respectait la main qui le nourrit et célébrait la créativité des siens.

Albert Camus ne disait-il pas à raison : « Libérer l´esprit d´un peuple, c´est lui éviter des erreurs ».

Peter Scholl Latour, un journaliste bien connu notamment parce qu´aux festivités de l´indépendance du Congo, le 30 juin 1960, sous le discours enflammé de Patrice Lumumba et les acclamations enthousiastes de la population congolaise, il qualifia cette euphorie d´hurlements et de grognements déraisonnés dans son article de reportage, reconnaît, à 80 ans, c´est à dire 45 ans après ce jugement qu´il émit jadis pour satisfaire aux attentes de son employeur du Monde à Paris, que sous l´influence de son éducation jésuite, il avait manqué d´objectivité, et que comme Patrice Lumumba l´avait prédit, l´Afrique subissait aujourd´hui, en 2004, la plus honteuse et la plus perfide exploitation qu´un continent ait connu de la part des occidentaux. Tardive sagesse, monsieur Scholl-Latour ; bien tardive sagesse qui ne peut ni réveiller Patrice Lumumba des morts, ni rendre aux congolais leurs espoirs bafoués. Quoiqu´il en soit, il faut bien longtemps à un blanc pour sortir de son subjectivisme borné - au moins 45 ans pour Scholl-Latour - ; mais à Patrice Lumumba, il n´a fallu que quelques années…et c´est lui qui avait raison sur toute la ligne.

Pour l´Afrique, et le tiers monde, croire qu´on pourrait vivre éternellement de la vente effrénée des matières premières ou cultiver avec des méthodes et des moyens dépassés le café, le thé, le cacao et le coton pour l´occident, c´est ou être aveugle, ou être à court d´esprit car le monde qui nous entoure et nous oblige n´a pas changé, bien au contraire ; il ne tient compte que de ceux qui savent s´imposer. Il ne s´agit donc plus de servir les autres ; il s´agit de s´épanouir soi-même. Quant aux matières premières, elles ne sont pas éternelles, lorsqu´elles auront disparu, de quoi vivra-t-on ? De l´aumône internationale ? Et si cette aide - comme on ne le sait que trop bien - était conditionnée, plus destructive et plus abrutissante que soulageante et libératrice ? Quand à être et rester l´agriculteur des désirs des autres, peut-être faut-il se rappeler de l´huile d´arachide qui se transforma dans les années ´60 en huile de tournesol ou du caoutchouc qu´on délaissa pour les dérivés du pétrole…ou encore du coton qui devint soudain Polyester ou nylon ; et les douleurs du Sénégal, du Ghana, du Mali, de la Guinée…ce qui prouve qu´on est livré aux caprices et aux options de l´acheteur ; et pour être franc, à l´insécurité et à la dépendance ! Qui n´a pas oublié les effets aliénant et néfastes de la monoculture ? Quant à croire qu´en vendant les matières premières à une vitesse effrénée, on pourrait ainsi accumuler rapidement et aboutir à financer un quelconque développement, c´est sous estimer la cupidité hégémonique occidentale qui depuis des siècles, systématiquement, fondamentalement, veille à détruire toute velléité d´autonomie et de liberté de leurs anciennes colonies, des africains, et surtout de l´Afrique noire.

Et ce, hier déjà, avec une violence des plus avide et sans le moindre égard pour quelques valeurs que ce soit ; et aujourd´hui avec une subtilité et un sarcasme sournois et pervers qui prend, dans notre monde truffé de faux symboles, toutes les apparences de l´innocence et de la respectabilité. Après tout, on ne fait que vendre, on veut aider les noirs avec des joints ventures contraignants, ou c´est l´aide qui n´en est pas une parce qu´elle lie à la consommation des pays donneurs et procrée de nouveaux besoins aliénants. Si on ne déversait pas, à prix de dumping, des excédents agricoles qui étouffaient l´infantile économie du tiers monde…L´enfer, devrait-on dire, est pavé des meilleures intentions du Pouvoir Blanc.

Les matières premières, ah, oui ; ces sacrées matières premières ! On comprend la réaction des anciens qui méprisent ces métaux et minerais qui dévoient leurs enfants de l´élevage, de l´agriculture, des métiers créatifs manuels ou intellectuels fondés sur l´épanouissement de qualités créatives individuelles dont on ne peut pas se passer pour cultiver un avenir dénué d´insuffisances. Tous préféraient devenir marchand d´or, de diamants ou marchand de montres et de gadgets en provenance de HongKong, de l´étranger. L´argent facile…et la mort irréparable de la créativité. Et ces minerais tant prisés attiraient à leurs détenteurs des nuées de d´intéressés dont la convoitise, aussi cupide que fourbe, prêtait à des calculs, des intentions,

des méthodes d´acquisition des plus douteuses.

Les matières premières…si au moins, leurs ventes avaient un effets positif sur l´avenir de ceux qui les détenaient ! Non seulement, - curieusement -, à force de les vendre, on s´appauvrissait en recevant en contrepartie une monnaie qui souffrait d´inflation, de dépréciation permanente et qu´on avait tendance à dépenser sans trop y regarder ; la perte de ces matières premières dues notamment à une consommation abusive et souvent irresponsable de la part des acheteurs, un jour, manqueront à tous ceux qui les vendent si bénévolement, et ce n´est pas ce jour là que la monnaie dépréciée qu´ils auraient amassée leur rendra ces matières irremplaçables. D´autre part, ces matières premières ne servaient pas à améliorer le monde, bien au contraire : elles servaient à fabriquer des armes cruelles avec lesquels des peuples entiers étaient menacés, agressés ou asservis, ou elles étaient employées à fabriquer des produits économiques – ainsi par ailleurs que les profits considérables résultants des ventes de leurs produits finis qui allaient alimenter le subventionnisme joyeux de certains  pays occidentaux dont on connaît les effets de dumping sur les marchés agricoles  - dont les usages n´étaient pas seulement de mettre à la portée de leur société de meilleur moyens de progrès et de réalisation, mais servaient pertinemment, trop souvent, à assujettir, soumettre, réprimer la liberté des faibles et leur droit au libre développement : les armes perfides et silencieuses de l´industrialisé.

Les recettes fort prisées des revenus miniers cachaient trop bien les syndromes d´échec de plusieurs gouvernements du tiers monde ; en place de servir à la promotion et la préparation de leur avenir en finançant les petites et moyennes entreprises créatives d´emplois et de revenus, d´intensifier l´éducation et la formation professionnelle ou à créer des industries de machines outils, à poser les jalon d´une architecture industrielle nationale ; elles servaient à rémunérer des fonctionnaires bedonnant, voraces et sans imagination, à entretenir des postes de bilans et de projets préparant la consommation des produits étrangers tels que les routes asphaltées pour l´automobile étranger, des stations terriennes pour des téléviseurs…etc. Quand on sait qu´un kilomètre de route asphaltée simple, sans pont et canalisation, revenait, en Afrique à un demi million de dollars, on comprenait la lourde contrainte de l´automobile étranger.

Une façon comme une autre d´assassiner l´avenir, en le privant de moyens et de contexte d´épanouissement. Personne ne reproche à qui que ce soit d´aspirer au progrès, bien au contraire ; mais faut-il que ce progrès ne se résolve qu´en la consommation de produits étrangers qui ne développent ni la conception et la réalisation nationale, ni l´emploi des autochtones ? Ce symbolisme pernicieux qui avait tendance à établir que le progrès, le bien être restait l´excellence de l´occident n´était-il pas dangereux et aliénant ?

Pourquoi ne pas favoriser et développer les chemins de fer, un moyen économique de déplacement polyvalent ? Des voitures à tout prix sans vouloir les construire, tout cela pour s´entendre traiter de républiques à bananes, ou encore comme le fit Johannes B. Kerner, un journaliste bien connu en Allemagne dans la célèbre émission RAN (football, jusqu´à 11millions de téléspectateurs allemands, le samedi) : « Tout le monde le sait : quand un blanc roule en Mercedes, c´est un homme d´affaires ; lorsqu´un noir le fait, c´est un marchand de drogue ». Belle récompense pour tous les présidents et hommes d´affaires africains qui soignaient l´habitude de rouler en Mercedes : le mépris de l´inconscient.

Et que dire du dédain évident de sortir l´énergie solaire, en Afrique et dans tous les pays tropicaux, des oubliettes ; à élever à son juste rang d´importance capitale par sa simple application multiple, et sa moindre densité d´investissement une source d´énergie propre et abondante. Tous les toits d´habitation seraient ainsi à même de produire leur propre électricité. Mais que voit-on, le Nigeria, pour protéger le monopole de la société nationale d´électricité, se refuse à accorder des licences d´exploitation privées ! Triste réalité. Faudrait peut-être regarder du côté de la Jordanie qui crée et emploie efficacement l´énergie solaire.

Ce même Nigeria, rappelons-le, en 1982, à l´époque du Boom du pétrole qui lui fit exploser ses recettes financières, commanda en Allemagne, entre autre, 500 milles cuisines équipées, et de par le monde des millions de tonnes de ciment pour se propulser dans le 21ième siècle en s´offrant une nouvelle capitale faite de béton, de routes asphaltées : toute la belle caricature de la modernité. Tout devait aller vite, très vite ; le progrès ne tolérant aucun retard : le ciment fut commandé sans le moindre concordance avec l´évolution des travaux, de sorte que tous les ports limitrophes au Nigeria furent envahis de bateaux en attente de livraison, tandis que devant son propre port, une file d´attente de plus de 25 kilomètres de bateaux attendit, de longs mois durant, à être déchargés. Résultat : le ciment, hâtivement commandé, sans spécification préventive contre l´humidité, fut livré endurci, inutilisable. Quant aux cuisines équipées, pourquoi ne pas avoir créé des sociétés industrielles nationales chargées, sur la base de ces lucratives commandes, de créer l´emploi, réaliser un champ d´investissement pour le capital national ? Et produire sur place ces cuisines faites somme toute de bois et d´appareils ménagers ?

Se propulser dans le progrès sans épanouir la créativité des siens, sans élargir les effets distributifs de la monnaie par la création d´emplois qui auraient eu une agréable incidence sur la petite et moyenne entreprise, le revenu de la population, et en définitive, des impôts de l´état, c´est lancer un ballon sans destinée livré à l´illusion de l´inconnu. Le Nigeria aurait pu démarrer autrement dans le 21ième  siècle : en toute beauté. N´eut été cet empressement à paraître, plutôt que de veiller à prendre un train qui emmenait tout le monde : le vrai train de la liberté. Mais ce genre de gaucheries n´étonnent personne quand on sait que le président du Nigeria, mort d´une overdose de viagra – noblesse oblige dans l´excès de phallocratie – le général Abacha, avait, à l´aide de ristourne secrètes et de commissions sur les achats de son pays à l´étranger, rassemblé la modique somme de quatre milliards de dollars ( Mon Dieu, cette gourmandise !) sur son compte privé à l´étranger. N´est-ce pas un peu trop modeste ? Ce n´était pas le seul à la pauvre périphérie : ce fut le cas de Mobutu, d´Idi Amin Dada, de Marcos…de tant de dictateurs dont les pays, plus tard, iront pleurer des larmes de crocodiles pour ouvrir les portes internationales de la mendicité en quêtant l´aide aux pays sous développés à cris de : « aidez-nous, nous sommes si pauvres ! » Faudrait peut- être mieux surveiller ses finances, auparavant ; et montrer plus d´intégrité dans la gestion et le financement de l´intérêt public, plus de rigueur et d´assiduité dans les investissements de l´avenir, plutôt que de courir à des gigantismes ruineux et vides qui, en fin de compte, n´enrichissent que l´occident.

L´ironie du Nigeria, est qu´aujourd´hui encore, pour dire le droit, comme à l´époque coloniale, le juge met une perruque blonde ! Décidément, oui, il faut le reconnaître ; l´homme blanc avait vraiment infiltré l´esprit de l´homme noir en lui faisant croire qu´il n´y a qu´au nom du Pouvoir Blanc que la justice existe. Et ceux qui ne se sont pas encore débarrassés de ce complexe sont bien loin d´être mentalement indépendant. L´histoire du Congo, cependant, donne un autre visage de ce phénomène de l´aliénation : au 17ième siècle, le roi M´siri II, pressé par un officier anglais à le recevoir, lui imposa à se barbouiller le visage de cendre noir ; la tradition de son rang l´empêchant de recevoir un albinos, un être imparfait, sans maturité, impur. Le capitaine anglais s´y conforma bon gré mal gré ; après tout, il s´agissait d´une importante concession minière au Katanga. Un symbolisme édifiant et instructif ; à croire que le sage M´siri avait pressenti l´intérêt dominant qui habitait son visiteur et voulut lui faire part du sien. Hélas, celui-ci n´en tiendra jamais compte. Ni lui, ni ses compatriotes ou ceux de sa race.

Comme quoi, à la périphérie, rien de nouveau ; il est plus facile de pendre des écrivains, d´assassiner l´opposition intellectuelle, que d´être capable de réaliser le progrès. Peut-être parce que le progrès, on ne peut ni le ramasser au coin de la rue, ni l´acheter avec l´argent escroqué ; celui-ci, en effet, exigeait des efforts infatigables de l´imaginaire, de la créativité et de l´intelligence technique et organisationnelle…et cette patience, et cet amour de soi-même et des générations futures : trop de vertus qui ne sont pas données aux empressés, aux parvenus et aux parasites qui ont poussé partout dans le tiers monde comme de la mauvaise herbe, tous fiévreux et empressés à boire à la fabuleuse fontaine illusionniste de l´empire occidental quitte à trahir leurs peuples ou à vendre leurs âmes pour le prix de quelques bibelots dorés, d´étoffes, de facilités matérielles, ou tout simplement de la reconnaissance du Maître. Ces tristes figures du théâtre incongru et sans honneur ressemblaient à s´y méprendre à ces nègres et chefs coutumiers qui, jadis, attirés par de vieux mousquets rouillés, de chevaux, de l´alcool ou de gadgets de pacotille des européens marchands d´esclaves, vendirent leurs confrères et les livrèrent ainsi à l´ignoble joug que leur réservait l´homme blanc. Et pour ceux qui croyaient que ces oiseaux de mauvais plumage n´étaient visibles qu´en Afrique, l´affaire du secrétaire général de la communauté européenne, De Clerq, ou l´escroquerie de Parmalat, en Italie illustraient que mêmes chez les nobles fonctionnaires ou les banquiers de l´abondance,  nul n´était à l´abri de la bassesse. La corruption ne connaît ni race, ni frontières, ni religion.            

Ces recettes de matière premières, dont on use et abuse, s´il n´aboutit à de meilleurs finances, ne sont dès lors qu´un vil maquillage qui trompe les apparences du court terme, plutôt que de choisir d´investir dans le moins tapageur, mais riche et créatif long terme.      

Et pour tous ceux qui aiment dire à gorge déployée que l´Afrique noire était mal partie et jamais arrivée pour, en vérité, cacher leurs regrets que cette partie du monde, malgré toutes les honteuses exactions que leurs esclavagistes, leurs pillant et massacrant colonisateurs, leurs gouvernements et leurs managers avaient exercés sur elle, ne se dépêchât à devenir fructueuse et à rejoindre le rendez-vous tant attendu de la boîte à consommation qui viendrait, comme par le passé, répondre aux caprices et aux vicissitudes de leurs désirs hégémoniques et mercantiles sous la forme d´une machine à sous grandissante engloutissant à qui mieux mieux les articles envahissants de l´industrie du Pouvoir Blanc ; de ceux-là qui parlaient de la liberté, comme s´ils l´avaient offert à qui que ce soit ; alors qu´ils avaient, pendant des siècles, confondu ce précieux joyau de l´existence humaine avec esclavage, humiliations perfides et inhumaines, fourberies sans limite, guerres et troubles d´intérêt, meurtres politiques de stratégie géopolitique, ceux-là devraient relire leurs propre histoire objectivement –s´ils en sont capables – et se demander en toute franchise si leurs aïeux, dont ils ont hérité l´histoire, autant que certains des actes de leurs contemporains à l´égard de l´homme noir, ont toujours été louables. Une question de jugement. Et peut être aussi d´intentions ; en tous les cas d´honnêteté. 

Le tiers monde sans complexe et conscient du poids indivisible de l´avenir, avait commencé à chercher de nouveaux moyens de sortir de certains de ses dilemmes : au Brésil, la société Neiva – Embraer a développé un moteur d´avion à l´alcool naturel ; et la production en série a commencé : enfin, une source d´énergie sans pollution. L´espoir existe, il suffit seulement de s´y atteler. Les japonais avaient mis sur le marché les nouvelles voitures à moteur bifonctionnel à l´essence et à la dynamo alimentée par le mouvement de l´auto ; en Allemagne, apparaissaient les essais à l´hydrogène liquide, au diesel agronomique, à l´huile…le monde bouge vers la liberté, vers l´indépendance du pétrole et des sources polluantes d´énergie : la démocratie, c´est aussi se libérer de fausses prémisses, de facteurs nocifs ou aliénant.      

Et cette Liberté, puisqu´il s´agit d´elle, et de son tourment incessible, est un bien universel à la fois actif que passif ; elle est active pour le possesseur qui l´entretient et l´exerce, passive pour celui de l´extérieur qui doit la reconnaître et la respecter tant qu´elle ne porte préjudice à personne. Elle est dans toutes les fibres de notre existence : dans la couleur de notre peau, dans notre langue, dans nos pensées, dans nos rêves ; elle est l´esprit et le fondement de la société dans laquelle nous vivons ainsi que dans les valeurs qu´elle défend ; elle est dans nos erreurs, dans notre façon de résoudre les conflits qui nous surviennent, dans notre façon de traiter nos ennemis, d´entretenir et de convenir à la paix ; elle est autant dans notre passé, dans notre présent que dans notre avenir. Elle teint et déteint notre philosophie politique, économique et sociale, l´organisation de nos désirs et la protection de nos attentes. Elle est un miroir qui nous reflète ce que nous sommes, et la façon que nous voudrions qu´on nous voie. Pieuse et enflammée comme un vœu inassouvi, elle brûle dans la puissance de notre jouissance vitale, dans les larmes de nos déceptions ; la joie que nous prenons, mais aussi celle que nous donnons. Dans sa phénoménologie et sa genèse, elle prend naissance de l´acte d´amour qui unit la masculinité et la féminité, et s´étend, depuis sa naissance imaginaire ou réelle dans l´individualité, la famille, la société, le pays et le monde qui sont ses milieux d´existence et d´épanouissement. Et si l´amour chante et danse, parfois de coquetterie ou de légèreté à la recherche de son vrai visage ; la liberté, elle, ne cherche que les horizons ouverts et souverains. 

Elle est dans nos amours autant que ceux de nos enfants, leur droit d´aimer et de se faire aimer ; dans l´avenir que nous leur réservons et l´idéal auquel ils aspirent. Elle est la mesure secrète de nos efforts, la douleur de nos déceptions, et par-dessus toute expérience sensible, elle est la teneur de la force qui nous pousse à désirer quelque chose, au point d´en poursuivre le but de sa réalisation intensément, inexorablement. Elle est dans nos produits et nos systèmes de productions, dans notre conception du droit, dans notre respect de la justice ; elle est dans notre foi, autant que dans notre athéisme. Et qu´on ne s´y trompe pas sur ses légères ailes fluettes, ses lignes féminines graciles et sa démarche de courtisane en mal de compliments ; elle sait gronder et se rebeller : ses cris de révolte ou de douleur entraînent ses maîtres aux barricades, sous la hache de guerre et les buissons de la résistance ; et malgré sa rigueur et son impatience, elle ne cherche que le lit doux et tendre de l´amour, son meilleur havre de vérité.   

Elle ne s´éteint ni avec la mort, ni avec la soumission ou tout autre état de suspension parce qu´étant le souffle de la vie et sa définition la plus généreuse, elle ne peut ni se vendre, ni s´aliéner ; encore moins s´acheter. Elle revêt parfois l´aspect méchant de tabous ou de symboles contraignants dont il s´agit de se débarrasser le plus vite possible : l´acte symbolique de reprise de souveraineté faite par Mahatma Gandhi à la côte indienne pour briser le monopole méprisant de l´Empire Britannique sur le sel indien en est un exemple des plus éloquent et témoigne de l´ampleur et de la crudité du combat existentiel.   

La liberté, c´est aussi le rapport qui nous définit par rapport à tous les facteurs extérieurs dans leur influence sur notre existence ; si le résultat de ce rapport est toujours négatif, il y a lieu de croire que quelque chose ne tourne pas rond. Et il est grand temps de prendre des mesures nécessaires à rétablir l´équilibre rompu. Liberté, ce n´est pas seulement un mot magique, insaisissable, comme une fée faite de beauté, de rêves et d´espérance…une majesté infinie ; c´est le baume, l´élixir de la vie, et sur le ciel éphémère de l´existence, son étoile la plus brillante. Croire que quelqu´un peut nous l´offrir sur un plat servi ou la faire briller et étinceler à notre place pendant que nous nous reposons, c´est entretenir le mensonge le plus dégradant de l´existence. Car la liberté, de sa généreuse vision sans frontière, émancipe l´être humain,

le libère de ses chaînes afin qu´il puisse déguster son vin enivrant : un nectar fait à la sueur d´hommes de bonne foi, dont la robe, trempée au soleil des justes et des consciencieux, ennoblit l´âme et le réconcilie avec les complexes tourments réels du corps, de l´existence réelle.

Si l´homme noir se contentait de rester le souffre douleur des cultures à tendances hégémoniques, parce que notamment il tardait à comprendre que celles-ci, dans leurs logiques égocentrique, lui portait un préjudice grandissant tant qu´il ne serait pas capable de se défendre et d´imposer son Droit à sa Réalisance, il risquait de disparaître de sa propre existence, de son propre enjeu pour ne devenir qu´un fantôme assimilé, sans personnalité historique ou philosophique : une épave sans destinée et sans port, qui vivrait à l´ombre de qui pouvait se l´approprier. Triste destin. Ce ne peut pas être le rêve de tout africain raisonnable ! N´importe quel être humain de bon sens s´opposerait à un sort aussi méprisant. La réalisance, c´est la négation de la négation de réalisation  de la  liberté ; c´est la célébration d´une conscience existentielle donnant naissance à l´exercice de la plénitude de la jouissance existentielle, et exige de l´individu, de la société, d´aller à la recherche permanente de  l´harmonie des équilibre relationnels ; c´est à dire d´un équilibre à la fois interne qu´externe, à la foi individuel que collectif, aussi réel qu´imaginaire. Parce que c´est là, et là seulement que commence la véritable Liberté.           

Ce que l´occident, comme par ailleurs les arabes et tous ceux qui leurs avaient prêté aides, avaient réservé à l´Afrique, ce n´était en réalité que leurs visions de la liberté pour tous ceux qui devaient, dans leur chosification contrainte, rester attelés à leur existentialisme ; ce n´était ni l´indépendance réelle, ni la reconnaissance et le respect de la personnalité historique et politique. C´était tout simplement un statut de tolérance existentiel sans pouvoir et sans identité propre : un état d´existence lié à la bienveillance, à la toute puissance de l´existentialisme hégémonique de l´occupant et de ses utilités. Sortir de cette prison étroite, développer et épanouir sa propre conception et son sens de l´histoire, c´est, pour l´Afrique, exister par elle-même, et retrouver la dignité de son âme. Sinon, eh bien il ne resterait qu´à digérer honteusement des scènes comme au Soudan, à Darfour…où les noirs, encore une fois, comme autrefois de la part des arabes ou des européens subirent leurs bons plaisirs…pendant d´ignobles siècles sans que ni Allah, ni le Dieu chrétien ne firent quoi que ce soit pour les garder ou les protéger de cruautés sans nom.

Que ce soit par l´esprit ou par la matière, la recherche de l´harmonie de l´existence, de la plénitude, implique la réalisance de nos tendances les plus nobles et de nos motivations les plus belles parce qu´elles seules ouvrent à notre sensibilité les voies profondes de notre âme. Ce n´est donc pas en restant la chose des autres ou en réalisant leurs petits desseins que nous accèderons à notre vérité ; le bonheur, comme la liberté, comme la paix ; toutes ces attentes supérieures de toute âme de bonne foi, sont des actes volontaires réciproques : nous ne devons pas seulement les invoquer pour nous, nous avons le devoir de les reconnaître à tous ceux qui, comme nous, croient à un monde intègre, consciencieux, responsable…Et surtout, nous avons le devoir légitime de les défendre.

Nul n´est né parfait et sans défaut ; mais à la différence de ceux qui s´entêtent aveuglément à ne pas reconnaître aux autres ce qu´ils exigent pour eux-mêmes, les femmes, hommes, enfants de demain doivent chercher la réconciliation qui ouvre sur les chemin de la foi en un monde, certes imparfait, mais qui ne cesse, à chacun de ses pas, à renouer les liens sensibles de l´espoir. Là sera notre victoire et notre fierté.   

Fatigué, le jeune homme ferma les yeux et s´efforça à faire taire son esprit, et lentement, ses yeux alourdis se fermèrent.            

Quelques instants plus tard, des deux corps allongés sur le lit partit des souffles tranquilles que seuls la pénombre de la chambre et le cliquettement régulier du réveil recouvrit.

......

Extrait des Cercles Vicieux   Auteur Musengeshi Katata   Droits réservés

munkodinkonko@aol.com

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25 novembre 2005

Pax americana, pax dei ?

Les Cercles Vicieux I, (2)

Irak et l´enjeu américain

-          A propos, dit Charles après quelques instants de silence, que penses-tu, Lou, la guerre d´Irak, quelle était, où est son enjeu réel ?

Dans cette question Charles ne voulait pas seulement changer de propos, il voulait réellement savoir ce que Lou savait à ce sujet, ce qu´il pensait et comment il arrivait toujours à ses brillantes conclusions ; peut-être arriverait-il à le surprendre en plein défaut d´information. 

Lou sortit de ses pensées et fixa longuement Charles, puis il lui demanda :

-          Tu veux vraiment savoir la vérité ?

-          Toute la vérité et rien que la vérité, je t´écoute.

-          Le contexte d´abord : depuis la première guerre du Golf où les américains ont regretté

de ne pas avoir tué Saddam Hussein, ils ont, avec l´aide de l´ONU instauré un embargo, qui pour utile fut-il pour freiner les ambitions militaires du dictateur, n´a atteint que la population et principalement les femmes et les enfants. Bref, la question était : comment se débarrasser d´un embargo dont on savait qu´il avait plus fait de mal que de bien sans perdre la face, et au besoin du dictateur lui-même ? La procédure d´assassinat d´un chef de gouvernement n´était pas encore trouvée aux Nations Unies. Une nouvelle résolution donnant plus de droit à l´intervention militaire des Etats-Unis et de son allié hégémonique, l´Angleterre, ne va pas trouver de partisans au sein du Conseil de sécurité, malgré les fausses preuves présentées et par les Etats-Unis, et par le pays du  fairness, l´Angleterre. Les pays tels la France, l´Allemagne, l´Union Soviétique, la Chine, ne comprennent pas la belligérance soudaine des « alliés » de l´intervention armée, d´autant que la résolution 1441 avait instauré un contrôle permanent de l´arsenal irakien, et que jusque là aucun manquement grave n´était à déplorer. Et malgré une massive protestation dans le monde entier et l´éloquent discours de monsieur De Villepin, les « alliés » vont attaquer et s´emparer de l´Irak sans le consentement de l´ONU.

-          Jusque là tout à fait d´accord avec toi. Brillante cette intervention De Villepin, rayonna Charles, flatté.

-          Oui, absolument ; cette élégance rappelait les anciennes dissertations humanistes où des thèmes tels la liberté, le droit à l´autodétermination, la paix et le respect de la souveraineté d´un Etat avaient encore un sens, dit Lou sarcastique. Puis il ajouta, amers : à croire que l´esclavage, la colonisations n´avaient jamais eu lieu…enfin ; De Villepin rappelait au moins qu´il y avait une portée morale et éthique aux vœux des Nations Unies.    

-         Pas aujourd´hui ? demanda Charles

-          Non, la preuve : la leçon irakienne en témoigne.

-          Eh, bien ; je suis que plus curieux de ta conclusion…

Les serveurs chinois, discrètement, s´enquirent du paiement de la facture. Charles leur donna un gros billet et d´un geste qui voulait dire : surtout ne nous interrompez plus, commanda un dessert pour tout le monde, ou une boisson, n´importe quoi, pourvu qu´on le laissa un moment en paix. Et se tournant vers Lou, il dit :

-          Je t´écoute, grand guerrier ; tes conclusions sont toujours intéressantes. Parle.

En riant, Lou continua :

-          La question est : qu´est-ce qui pousse les américains à coup de preuves fabriquées avec peu de respect pour les Nations Unies à vouloir à tout prix attaquer l´Irak ? Est-ce le ressentiment issu de l´affront du 11 septembre, qui cherche aveuglément à trouver un ou des coupables, afin de réhabiliter la suprématie américaine dans sa fierté blessée ? Est-ce, aux temps où l´Etat américain, noyé par un déficit financier exorbitant, un moyen ou plutôt une occasion de s´emparer de la commercialisation du pétrole Irakien et  de s´assainir dans la reconstruction de ce pays en privilégiant les sociétés américaines lésées dans le partage des contrats d´exploitations des puits de pétrole irakien par les français, les russes et les chinois ? Ou cette guerre répond à la stratégie qui, au moment où l´Etat palestinien devient de plus en plus probable, consiste à abattre tout état arabe pouvant par sa richesse, sa prospérité ou son armée, présenter un danger pour Israël, le bras droit de l´impérialisme américain, l´enfant chéri du Pouvoir Blanc ?

-          Un peu tardif, cet amour du juif…souffla Weja.

-          Oh là là, dit Charles en se tenant la tête, ce jeune homme me fascine…je suis tout oreille.    

Les glaces furent servies.

-          Parle, mon grand, tu m´intéresse, insista Charles.

Lou ne se fit pas prier deux fois, il reposa sa cuillère et enchaîna :

-          Qui veut noyer son chien l´accuse de rage, la pratique est bien connue ; ce que les Anglais et les américains vont produire rappelle la fausse agression du Vietnam ou l´ignoble attaque allemande sur la Pologne ouvrant sur la deuxième guerre mondiale - rappelons à toute fin utile que la fausse mise en scène de la guerre du Vietnam qui avait enflammé ce conflit avait été mise au point par un certain capitaine Colin Powell -mais qu´est-ce qui a changé cette fois-ci ? Cette fois-ci, le gouvernement de Washington, contre toute attente, son Sénat, à l´unanimité de ses membres démocrates et républicains, sans trop vouloir contrôler les preuves avancées par la CIA, va donner les pleins pouvoirs au gouvernement pour l´usage de la violence et même de la bombe atomique pour agresser un membre de la communauté internationale sans tenir compte de l´ONU. Triste démocratie qui se laisse leurrer, ou n´était-ce qu´une mise en scène que les lobbyiste de l´armement et les stratèges de l´hégémonie américaine avaient mis en place pour tromper le peuple américain et les autres tout en sachant pertinemment bien que tout cela n´était qu´un théâtre ?

-          Tu veux dire que dans cette histoire, il ne s´agissait pas de déposséder un dictateur du pouvoir ?

-          Exactement, dit Lou. Les français et tous les autres l´avaient déjà compris. Même Kofi Annan l´a compris. Mais devant la puissance militaire américaine, qui aurait osé s´opposer au parjure ? Tout le monde a été mouillé dans cette affaire, brusqué, ravalé à sa plus petite expression : l´impuissance. La France a essayé de rassembler l´Afrique derrière elle, elle y a réussi, mais ce poids n´était pas assez pesant pour raisonner les américains enfermés dans la logique de leurs intérêts. Une chose est devenue claire : la plus grande démocratie blanche de la planète ne respecte pas elle-même le droit international ou le droit des gens. Et pour tous ceux qui se serviront plus tard de ce précédent, la porte est ouverte au parti pris. Quand à la France, elle a perdu plus de crédibilité qu´elle ne le pense : la prochaine fois qu´elle ira prêcher en Afrique ou ailleurs, on lui dira que le Pouvoir Blanc dont elle fait partie, se moque toujours des petits pays, et qu´il ne servait à rien de chanter les louanges de jeux truqués.

Quand à dire que les irakiens possédaient la bombe atomique ou quelques armes biochimiques ; les américains ont beau transformer le désert irakien en fromage suisse, ils savaient dès le départ que ces armes avaient été détruites ou n´existaient pas, sinon les anglais et les américains n´y auraient pas envoyé leurs soldats. A moins d´ouvrir encore une fois la boite à malice qui fabrique de si belles fausses preuves. Attention, cette fois on y regardera de près. Ce ne sera pas comme avec la fille de l´ambassadeur du Koweït au Etats-Unis que la CIA instrumenta avec de fausses allégations de femmes éventrées et de prématurés arrachés des unités de couvée devant le Sénat américain pour pousser l´honorable assemblée à préconiser la première guerre contre l´Irak. Faux et usage de faux : tous les moyens sont bons lorsque l´Amérique veut atteindre ses buts. 

-          Tonnerre, et l´après guerre ?

Lou se mit à rire, ainsi que Weja ; les autres suivirent

-          Pourquoi riez-vous ? demanda Charles surpris

-          Parce que c´est l´heure des crocodiles, dit Weja

-          L´heure des crocodiles ?

-          Mais oui, l´heures des faux compromis qu´on vend au monde entier comme une victoire du droit ou de la justice ; en réalité, l´après guerre dépendra de la grandeur du gâteau qui sera concédé par les américains à la France, aux russes et à la Chine, à tous les autres. Quand au peuple irakien, rien ne le sauvera désormais de la colonisation, à moins qu´il ne se débarrasse lui-même des américains, qui alors découragés, laisseraient  à l´ONU la gestion des dégâts. Et quand bien même, les institutions auxquelles l´ONU ferait appel sont dominées par les intérêts américains ; ce serait un camouflage parfait, mais pas aussi sûr que si les américains eux-mêmes dirigent et contrôlent la reconstruction d´Irak. En ce moment, vu les escarmouches répétées, la perte de plusieurs soldats, le scandale des tortures, le retrait espagnol, les américains veulent faire des concessions à l´ONU, en vérité se cacher derrière elle pour poursuivre leurs buts économiques et stratégiques. La question est l´ONU se laissera-t-elle vendre à bas prix ?   

-          Tout cela devant les yeux ouverts du monde entier !  S´étonna Charles

-          Exact, dit Lou ; avec deux noirs comme avocat du diable : Powell et Rice.

-          Deux noirs… ?

-          Mais bien sûr, ou crois-tu que ce choix est du pur hasard ? Colin Powell représente Gulfstream Aerospace et AOL/ Time Warner ; son fils Michael était le seul membre de la FCC (Federal Communications Commission), ce n´est donc pas étonnant qu´AOL jouit du monopols « Instant Messaging » technologie. Quand à Condoleeza Rice, elle représente Chevron, Charles Schwab, Transamerica et conseille la J.P. Morgan. Tous deux avaient déjà pris part dans le cabinet de papa Bush. Ainsi par ailleurs que Dick Cheney dont on sait qu´il est sur la liste de paie des marchands d´armes, et de Halliburton le lobbyiste du pétrole. Petite remarque en passant : Dick Cheney a voté contre la libération de Mandela au sénat américain. 

-          Oh là là, dit Charles en se fermant les yeux. Tu es sûr…

-          Absolument. Nous pouvons parier, si tu veux, dit Lou.

-          10 mille dollars, je tiens ; dit Charles dépité.

-          A tes risques et périls, tu as déjà perdu, lui jeta Weja.

-          Tu crois vraiment que l´Europe va coucher ?

-          Je crois fermement que vu l´énorme déficit financier de la France, de l´Allemagne… de la majeure partie des pays européens acculés par la crise de croissance économique actuelle, et si les américains ouvraient leur marché plus généreusement aux produits français, on sait que les rapports commerciaux américano- français n´ont jamais été très chauds, si les contrats faits jadis entre le gouvernement de Saddam Hussein et les sociétés françaises sont pris en considération, et si pour finir, la France, c à d les sociétés françaises sont associées à la reconstruction de l´infrastructure irakienne moyennant forte rémunération ; j´en suis certain, la France, l´Allemagne, toute l´Europe accourrait. Business as usually. Après tout, à quoi cela servirait-il de bouder ses propres intérêts, quand on est innocent. Mais il y a un autre scénario, puisque nous en sommes aux hypothèses…

-          Ah, et quelle est-elle ? Demanda avec empressement Charles.

-          Eh, bien, commença Lou, depuis qu´Arafat est mort, cette hypothèse prend de plus en plus de valeur…Les Américains pourraient confier, ou essaieraient de confier à la Communauté Européenne de se substituer à elle dans le bourbier irakien qui, de jours en jour, lui fait perdre la face et l´estime arabe par l´accroissement des actes de révoltes et de terrorisme provoqué notamment par l´animosité au fondamentalisme chrétien et l´autocratisme impérialiste que convoie le gouvernement Bush. Le comble est : au plus la campagne irakienne sera meurtrière pour les irakiens, au plus leur distance vis-à-vis des américains s´accroîtra. Autant dire que l´amitié sera, après les hostilités, plutôt froide. Mais voilà : la Communauté Européenne est non seulement irritée par le solisme par trop militariste américain, il l´est aussi parce que l´Amérique a brusqué l´ONU, et créé dans une région géopolitique plus proche de l´Europe que des Etats-Unis, un champ d´abeilles indésirable. D´autre part, l´Europe qui a toujours entretenu d´excellent rapports avec les arabes, se couvrirait bien de la victoire d´une paix équitable au moyen orient : c.à.d d´un compromis existentiel garantissant autant l´Etat  d´Israël, que l´Etat Palestinien. Le tout, naturellement couronné par une paix irakienne plus réelle qu´artificielle.

-          Oh, dit Charles, ce serait vraiment une bonne chose, cette paix Israélo-palestinienne.

-          Mais voilà, les israéliens, eux se méfient trop des européens ; après tout, ils les ont persécutés et massacrés durant des siècles, et l´holocauste…est encore frais à la mémoire de ce peuple. Par ailleurs, ils ont la main libre avec le pape américain ; pourquoi se confieraient-ils entre les mains de vicaires européens ?

-          Oh, là là…c´est compliqué, hein ? Accepta Charles.

-          Bien plus qu´on ne le pense, reconnut Lou. L´Europe veut le retour à l´ONU, quitte à réformer cette institution afin qu´elle remplisse efficacement son rôle et sa vocation ; l´Amérique, elle, veut se réserver le solisme monothéiste impérialiste qui ne se conforme qu´à ses intérêts propres. Et dans cette affaire de pétrole irakien et de reconstruction du pays, si l´Europe accepte de jouer la carte de bouclier de paix, elle veut aussi en profiter, d´autant que la guerre et le terrorisme a lieu devant ses portes, et que tôt ou tard, ils ne soient priés, au nom d´une solidarité atlantique du Pouvoir banc, à financer la réparation des dégâts ; mais les américains ne veulent pas lâcher leur gibier. Il veulent privilégier les sociétés américaines du pétrole, contrôler l´avenir politique de l´Irak, et s´assainir dans sa reconstruction : trop gourmand ; ce n´est pas dans l´intérêt des Européens, car ils ne seraient dès lors qu´un vulgaire tremplin. Eh, oui, même au sein du Pouvoir Blanc, chacun soigne et préserve ses intérêts.

-          On ne peut tout de même pas ignorer ou faire fi des intérêts des autres, c´est de l´obscurantisme avoua Charles tout à propos.

-          J´oserai dire : arrogance et témérité de la surpuissance. Dit Weja en riant ; quand on pense que l´Amérique est une progéniture européenne, cela doit choquer les européens au plus haut point cet enfant doué, mais rebelle et difficile à convaincre que l´intérêt des autres