08 octobre 2006
Lettre sur la Ruashi à l´aube du 21ième siècle
Correspondance avec Abel Kabemba Musendek
Mail du 05.10.2006
Bonjour monsieur Musengeshi Katata,
Je m'appelle Abel Kabemba Musendek, 1er vice-Président de l'Association des Anciens et Amis de la Commune de Ruashi dont le premier bourgmestre fut votre père.
Je suis un homme de culture et initiateur du colloque sur le développement de la commune de Ruashi organisé en 1998 et 2001 sous le thème : la Ruashi à l'aube du 21ème siècle.
Pour l'instant, je suis en train de mener des recherches sur la Ruashi en vue de restituer l'histoire dans son contexte réel. Pour cela, je suis en train d'interviewer les grandes personnalités qui ont vécu et marqué l'histoire de la Ruashi. Pour l'intant j'en ai déjà interviewé trois : la présidente de l'Association des Femmes Katangaises des années 60, le premier occupant du quartier Congo (Zaïre à l'époque) ainsi que le premier musicien de la trempe de Mwenda Bosco et homme d'affaires, Zuze solomon.
Par pur hasard, en faisant mes recherches de routine, j'ai lu ton article sur Katanganews intitulé "A ceux qui jouent encore avec le feu : L'art katangais du faux pour cacher les vieux défauts de régionalisme et de suivisme obtus."
Vraiment ce que j'attendais. J'ai appris beaucoup de choses, notamment
- qu'à part l'honorable député honoraire, notre premier bourgmestre a un fils qui s'intéresse à la culture; - que le 1er bourgmestre de la commune minière de Ruashi fut Président Provincial de MNC/L et donc nationaliste; - que la famille avait perdu beaucoup de biens saisis abusivement;...
Je voudrais que nous restions en contacts permanents, je trouve que vous allez m'être très utile car j'ai besoin de connaître tous les détails sur votre famille pour enrichir ma publication.
Je souhaiterais même vous rencontrer en personne pour parler de vive voix. Pour terminer, je vous informe que je suis membre du Conseil Provincial de la Culture au Katanga et doctorant à la Chaire Unesco des Droits de l'homme avec comme spécialisation Prévention, Médiation et Gestion des Conflits. Merci par avance pour votre collaboration.
Abel.
Réponse Musengeshi
Cher Abel Kabemba Musendek,
J´ai lu avec plaisir votre mot, cependant que l´histoire de la Ruashi qui est inséparablement liée à celle de ma famille réveillait, à chaque fois qu´on y fait allusion, beaucoup de douloureuses blessures. Nous n´avons pas seulement perdu nos bien saisis par l´Etat katangais illégalement et jusqu´aujourd´hui non remboursé ( le protocole de saisi en notre possession fait état d´une contre valeur de 1.753.000 Fb, à l´époque, en 1960!), mais aussi de la mort de mon grand père: Muyunga Kitenge battu à mort par les agents de saisine.
Non seulement mon père a été le Président du MNC Katanga, ce qui nous valu la visite personnelle de Patrice Lumumba qui logea chez nous lors de la seule visite libre qu´il fit au Katanga, mais en tant qu´un des premiers assistants médicaux de l´AMI, Musengeshi Laurent eu notamment à soigner en Prison Simon Kimbangu jusqu´à sa mort en 1951. C´est vous dire que ma famille et moi nous avons été mêlés et nourris dans les grands courants qui ont marqué la jeune histoire de l´indépendance du Congo. Nous sommes restés lumumbistes par conviction et maturité politique, et cela ne fut pas facile après la mort du Tribun.
Je ne sais pas ce que vous comprenez par culture, et peut-être parce que je suis méfiant et réservé à l´égard de tous ceux qui viennent du Katanga; cependant que mon expérience personnelle ( ce qui sous entend aussi celle de ma famille chassée en grande hâte du Katanga) et mon ouverture d´esprit m´ont appris que souvent lorsque les gens emploient le mot de culture, ils n´ont aucune idée qu´en réalité la culture renferme tous les aspects existentiels de notre vie individuelle et sociale, ainsi par ailleurs que l´art très civilisé de résoudre les conflits sociaux.
Je vous avoue que j´ai beaucoup de mal à entretenir une correspondance avec quelqu´un dont je ne connais ni les intentions personnelles profondes, ni le degré d´humanisme qui l´anime. J´ai été élevé à défendre un idéal lumumbiste ambitieux et supérieur, et je vous le dis encore une fois, je me méfie de parvenus obtus et aliénés qui abondent actuellement le Congo, et particulièrement le Katanga. Et cependant, dans la mesure d´un éclaircissement objectif de l´histoire passée de la Ruashi, je répondrai à vos sollicitations. Et cependant, soyez sans le moindre illusion: je suis et je resterai un lumumbiste, et quant à nos biens illégalement saisis au Katanga, au nom de mon père décédé et de tous ceux qui portent le nom de Musengeshi, j´en réclame aujourd´hui encore, et sans le moindre concession, intérêts et principal. Vous trouverez cette lettre sur ma page internet. Sur ce, recevez, cher Abel Kabemba Musendek, mes salutations les meilleures.
Forum Réalisance
12 juin 2006
De Gelsenkirchen à Oradour-sur-Glane
Deux étonnants visages du 10 juin 2006
Deux évènements révélant les contradictions européennes
Si les gens devaient découvrir ce que nous avons fait, nous serions pourchassés dans les rues et lynchés"
Président George H.W. Bush cité par Sarah McClendon (reporter à la Maison Blanche) dans sa lettre d’infos datée de Juin 1992.
Deux évènement éloignés l´un de l´autre, et n´ayant apparemment aucun lien direct entre eux ; et pourtant détrompons-nous : ils étaient étroitement liés aux fantômes têtus du passé européens. Et malgré la bonne foi des gens et des gouvernements, ces spectres criminels du passé revenaient ternir l´avenir et le sens démocratique de l´histoire du vieux continent, la soumettant, elle, ses institutions et son sens de l´histoire, à des épreuves qui ne révélaient que trop souvent les nombreuses contradictions cachées des enjeux démocratiques sociohistoriques réels.
Le 10 mai, à la gare de Gelsenkirchen, dans l´Allemagne enviévrée du Mundial, 250 nazis protégés par la police allemande avaient reçu l´autorisation de manifester leur racisme et leur antisémitisme en place publique. En face d´eux, une contre manifestation de vingt fois plus de militants : 5000, s´était rassemblée pour contrer ce mob incorrigible de la croix gammée. Au même moment, à des centaines de kilomètres de là, en France, dans une petite église sobre et humble, à Oradour-sur-Glane, une foule émue se recueillait et priait en souvenir au massacre du 10 mai 1944 autant inhumain que gratuit de l´armée SS allemande qui exécuta injustement, à tire volontaire de représailles, 642 personnes civiles dont femmes et enfants en les brûlants vivants dans leur église, ou en les abattant et en enfumant les hommes dans des granges enflammées. Oradour-sur-Glane fut brûlée et laissée, à part quelques rares survivants, sans âme.
Qu´on rapprocha oui ou non ces deux évènements simultanés, on ne manquait pas de se demander : comment expliquer que des criminels notoires pouvaient, accompagnés par la police, légalement venir exprimer leurs mépris pour l´ordre démocratique et ses valeurs de tolérance, de respect de l´intégrité et de la liberté de tout membre étranger de la communauté humaine ? Comment expliquer que les honorables juges de la cour constitutionnelle allemande, rejetant l´interdit de la haute cour administrative de Munster, avait, en procédure urgente, autorisé ces représentants d´anciens malfaiteurs et criminels historiques à parader dans la cité pour réveiller des blessures et des sentiments peu nobles et paisibles ? Les allemands souffriraient-ils, par excès de démocratie ou de tolérance démocratique d´une maladie encore plus dangereuse que tous leurs crimes militaires historiques : notamment de la démocratinite : un syndrome qui tout en allant en Afrique enseigner la démocratie et le progrès, ne savait cependant pas distinguer à domicile, dans ses propres enfants ou citoyens, la différence qui existait entre le bien et le mal. Et c´est dire séparer la graine de l´ivraie : de ceux qui encensaient les valeurs démocratiques, et ceux qui voulaient les détruire. La tolérance, si on devait s´en réclamer et l´exercer sainement en quête démocratique, devait cependant, et cela sans le moindre doute possible, accepter et reproduire la tolérance en ce qu´elle a de moral, de sain, et de respectueux du droit et des valeurs humaines de haute éthique sociale. Sans cela, on autorisait aux loups, aux détracteurs de la démocratie de miner, par leurs valeurs négatives, leurs criminelles intentions et violences racistes délibérées, la paix et la souveraineté du droit, et ce faisant, de la paix et de l´ordre social.
Certes, certes, une démocratie doit protéger les minorités et garantir à tous l´exercice paisible et légitimes des droits civils. Mais qu´il soit bien dit que pour tout le monde le loi, le respect de droits et des libertés devaient avoir la même valeur sociale, morale ou éthique, les mêmes devoirs et implications. Et c´est tout autant valable pour les étrangers que pour les nationaux.
Ce laxisme qui prolongeait, que ce soit en France ou en Allemagne, ou même dans tous les pays occidentaux le radicalisme de droite quand bien même ces états savaient bien que ces valeurs raciales ou discriminatoires s´opposaient ouvertement à la démocratie ou à l´avenir lui-même de l´occident. Car il faut bien le dire bien haut : non seulement cet occident étaient dépendant des matières premières détenus par des étrangers, mais elle devait aussi vendre aux étrangers pour survivre et garantir son niveau de vie. Les radicaux de droite ne sont pas de grandes lumières intellectuelles, cela va de soi ; à moins qu´ils ne veuille, comme on leur avait appris dans le passé, à rétablir l´époque primitives et inhumaine de l´esclavage et de la colonisation. Autrement, mépriser ses futurs clients ou tous ceux dont on était dépendant, cela frisait l´imbécillité gratuite ou le suicide volontairement idiot. Des questions comme : que fait donc Angela Merkel en Chine, ou encore pourquoi les soldats européens doivent-ils aller jouer au Congo les missionnaires de l´ordre occidental devraient leur être longuement expliquées, au besoin avec de petites images, s´ils sont réfractaires aux arguments logiques ou rationnels.
D´autre part, jouer en Afghanistan les policiers d´un ordre ambigu, dont on percevait pas, ou on ne voulait pas reconnaître l´universalité des droits, des devoirs, c´est parader sur une place de marché vide, où on écoutait sa propre musique, défendait ses propres valeurs sans tenir compte que les autres, eux aussi avaient les mêmes droits existentielles, et qu´ils avaient eux aussi souverainement le droit de défendre leur avenir, leurs intérêts.
D ans cet ordre d´idée, croire qu´on pouvait, sans avoir défendu ni l´intégrité du territoire, ni la liberté iraquienne confrontée avec l´invasion gratuite américaine, prétendre former et instruire la police ou l´armée irakienne, c´est non seulement faire preuve de prétentions curieusement ignorant de la nature et de l´idéal de la société irakienne musulmane, mais au regard de ses propres radicaux de droite à domicile, faire preuve d´une arrogance des plus aveuglante. C´est se placer sur un piédestal, et jouer le professeur omnipotent alors qu´en réalité on ne comprenait ni les valeurs sociales irakienne, ni la mentalité de son peuple, dont rappelons-le, on n´a défendu ni la liberté, ni l´intégrité territoriale lorsqu´elle en avait besoin. Cette arrogance ne se justifie que parce qu´on veut doter le nouveau gouvernement de Bagdad de moyens d´oppression, comme partout dans l´Afrique de la honteuse et criminelle francafrique.
On le voit, malgré leur triste passé en Namibie, au Cameroun, au Togo ; malgré deux guerres mondiales des plus destructives en vies humaines (prés de 100 millions), les allemands n´avaient pas acquis l´esprit sain. Les français non plus, si la population française accusait près de 40% de racistes. Manger le chocolat, boire le café, être dépendant des matières premières africaines, et se donner le luxe gratuit d´être raciste ; peut-on vraiment dire que ces occidentaux racistes ou radicaux sont intelligents ? Et ceux qui cautionnaient ou toléraient ces inepties, faisaient-ils preuve de savoir de quel côté leur pain était beurré ? La crise économique semble avoir réveillé de bien douloureuses contradictions dans les prétentions occidentales à la démocratie. S´exprimant sur le scandaleux embargo exercé honteusement depuis plus de 40 ans sur Cuba, Viktor Dedaj affirmait : « Exiger - sans autre forme de procès - le multipartisme, LA démocratie, des élections "libres" et une presse libre à 150 km de Miami est une façon comme une autre d’aller pisser sur la tombe de Salvador Allende. » Ceci pour exprimer qu´en réalité, l´occident menait son monde en bateau, et ne défendait pas des valeurs qui nous rapprochaient de la vraie démocratie, mais défendait ses propres visions démocratiques. Et qu´on le veuille le reconnaître ou pas, celles-ci restaient enfermées dans une vision empirique de la liberté et des droits universels de réalisation. On comprenait cela beaucoup mieux lorsqu´on allait compulser, pour ne rester que dans cette affaire Oradour-sur-Glane le procès qui eut lieu en 1953, et qui se termina par un fiasco juridique qui ne rendit pas justice aux victimes. C´est cela qui fait déborder le vase, surtout si on voyait ces nazis aujourd´hui de nouveau marcher dans les rues allemandes et crier leurs paroles haineuses. Une quête démocratique qui a perdu le sens de rendre justice aux opprimés et aux meurtris, qui par surcroît donne plus de droits et d´honneurs à des déviations criminelles, doit bien se poser la question si pour elle la démocratie ne serait-elle pas qu´un prétexte, un douteux enjeu où tous les coups bas sont permis pourvu qu´elle en profite.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
11 juin 2006
Ils ont bel et bien existé : les pharaons noirs
Pour tous ceux qui en doutaient encore
Les pharaons noirs
A la découverte d'une fabuleuse civilisation longtemps ignorée qui, durant plus d'un millénaire, a tenu tête à son puissant voisin égyptien : le royaume nubien.
En janvier 2003, l'archéologue suisse Charles Bonnet exhume sept statues de pharaons noirs sur le site de Kerma, au Soudan. Ces œuvres monumentales dormaient à trois mètres sous terre depuis deux millénaires et demi. Non seulement elles offrent une nouvelle clé pour comprendre la civilisation nubienne, mais leur remarquable état de conservation permet de se faire une idée du visage de ces souverains noirs. Toutes les autres représentations trouvées jusque-là étaient trop détériorées.
Cette découverte extraordinaire montre l'importance de Kerma, ville à l’organisation complexe qui s’étendait sur 20 hectares. Elle était vraisemblablement la capitale d'un royaume nubien qui, pendant plus de mille ans (de -2 500 à -1 500 avant J.-C.), a préservé son indépendance face au très envahissant voisin égyptien. Un État autonome, puissant, dont le rayonnement économique et culturel commence tout juste à être mesuré. L'État de Kerma est même considéré aujourd'hui comme une civilisation à part entière. Si sa proximité avec l'Égypte l'a influencé, il a indéniablement développé une identité propre. Les archéologues le considèrent d'ailleurs comme le premier grand royaume d'Afrique.
Plus tard, en 747 av. J.-C., des souverains nubiens s'empareront même de la terre des pharaons, et cinq rois africains régneront sur l'Égypte, qui connaîtra alors une période de prospérité et de renouveau artistique. Mais cet épisode sera de courte durée (un peu moins d'un siècle). La dynastie nubienne cédera sous les coups des Assyriens et des rois du Delta. Dès lors, les Égyptiens s'efforceront de faire disparaître les traces de ces pharaons noirs, notamment en mutilant les statues les représentant.
Un documentaire intéressant à voir : « Sur les traces des pharaons noirs » de Stéphane Goel
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu