15 juillet 2008
Le grand discours attendu d´Obama devant la puissante NAACP
Il prit un ton qui ne laissa pas d´équivoque, d´autant que Jesse Jackson qui l´avait, une semaine auparavant précédé, l´avait durement critiqué.
Responsabilité, certes ; mais responsabilité sans moyens… ?
Tel est la question que le candidat démocrate à la Maison Blanche a débattue dans son discours. Devant la puissante NAACP, l'Association nationale pour l'avancement des personnes de couleur, la plus ancienne des organisations de défense des droits civiques aux Etats-Unis, Obama en a appelé lundi 14 juillets 2008 les Noirs américains à prendre davantage de responsabilités pour améliorer leurs existences.
Certains, comme Jesse Jackson par exemple, comprenaient autrement cette injonction à la prise de plus de responsabilité, de plus d´engagement pour son avenir. Quoi d´étonnant : les blancs avaient toujours fait comprendre aux noirs que la responsabilité sociale, et même l´avenir de l´homme noir leur revenait de droit. La charpente sociale, sa structure économique, l´éducation et même la politique avaient été orientés dans ce sens. Toute l´histoire de la lutte pour la reconnaissance des droits des afro américains, avait, dans ses recouvrements, fait reculer tous ces complexes et normes arriérés et primitifs face aux exigences modernes et contemporaine du droit et des libertés humaines. L´Amérique traditionnelle conservative avait certes cédé aux apparences, mais sur le principal – et c´est ici le véritable nœud de la situation – elle s´était accrochée à ses acquis, jouant ainsi un faux jeu de façade à double face aux droits et aux libertés qu´on affichait à l´extérieur et devant le monde entier, tandis qu´à l´intérieur, les bas salaires, les écoles délabrées, les emprisonnements gratuits ou excessifs frappaient les afro américains inégalement de plein fouet. De tous les temps, systématiquement, en logique sociale irréductible. Or, le rêve américain, lui, se prétendait être ouvert à tous les américains, quel que soit la couleur de leur peau, leurs origines sociales, leurs couleurs politiques. Et c´est cette contradiction d´injustice et d´équité sociale qu´il fallait combattre. Mais cela ne se fait pas sans ferme engagement et prise réelle et décidée de sa part (accrue) de responsabilité envers la société et envers soi-même.
"Je sais que certains disent que j'ai été trop dur en parlant de responsabilité (...) Je suis ici pour rendre compte, je ne cesserai pas de parler de ce sujet", a-t-il dit. Le révérend Jesse Jackson, figure de la lutte pour les droits civiques, avait accusé Obama d'employer un ton "paternaliste" à l'égard des Afro-Américains. Jackson et d'autres militants de la communauté noire reprochaient au sénateur de l'Illinois d'avoir évoqué le problème de l'absence des pères dans de nombreuses familles noires des Etats-Unis et d'avoir exhorté les hommes à s'impliquer davantage dans la vie de leurs enfants. Ce problème, n´en déplaise à ceux qui voulaient s´y dérober ou même l´ignorer, était un problème social de grande importance. Parce que non seulement la figure du père est importante dans l´éducation des enfants, elle est aussi stabilisatrice et normative dans l´équilibre psychique des enfants. Et si, en abordant ce problème Obama s'appuyait fréquemment sur son propre passé d'enfant élevé par sa mère et ses grands-parents après le départ de son père lorsqu'il n'avait que deux ans, le candidat à la Maison Blanche ne faisait pas de la simple rhétorique ou une primitive analogie. Touchant le nœud du problème, Il engageait ses électeurs noirs à passer davantage de temps à aider leurs enfants à faire leurs devoirs scolaires qu'à regarder la télévision. Car si on tient à exercer dans la société un haut niveau de responsabilité, les enfants qui sont l´avenir de la société doivent le refléter autant dans leurs ambitions que dans leurs niveaux de préparation et de comportement social.
Ce discours devant la NAACP a souligné aussi ce qu'Obama juge comme des échecs de Washington et de la Wall Street, les pouvoirs politiques et économiques, face aux maux économiques qui frappent la communauté noire, comme la couverture maladie, les écoles publiques ou les inégalités salariales. "Il nous faut demander plus de responsabilités à Washington. Il nous faut écarter les intérêts particuliers et permettre aux voix du peuple américain de retentir", a-t-il dit. "Mais, le savez-vous, il nous faut aussi demander davantage de responsabilités pour nous-mêmes", a-t-il ajouté.
Un brillant discours de mise en responsabilité qui peut être appliqué au monde entier, même aux africains. Car la question de responsabilité sociale, sociohistorique ou culturelle est un problème de tous les temps, de toutes les sociétés. Vouloir réclamer cette responsabilité suppose cependant qu´on est prêt à tenir tête à ses exigences les plus hautes, en l´exerçant dans l´intérêt d´idéaux supérieurs de liberté et d´équité sociale. Ce pacte de valeur s´étend au-delà des frontières, et a une incidence bienfaitrice sur les relations humaines et internationales parce qu´on défend des normes qui, tout en étant ambitieuses et sévères avec soi-même, nous ouvrent cependant les meilleurs espoirs de générosité envers nous-mêmes.
Il ne passe pas inaperçu au monde entier (et le microcosme social américain en est la preuve) qu´une classe d´individus (de multinationales, de gouvernements, de groupes d´influence) s´est privilégiée les moyens économiques et politiques lui permettant d´influer activement sur la destinée et le sens de l´histoire humain. Mais depuis l´ascension remarquée de la Chine et de l´Inde vers l´industrialisation, bien de choses ont changé. Car ces peuples représentent pratiquement la moitié des habitants de la terre réclamant leur part légitime de prospérité et de meilleure existence. Cela remet en cause bien de faits établis, de privilèges gratuitement acquis, ou abusivement exercés. De par le monde entier les sociétés éclatent sous un courant qui conteste non seulement l´idéal de l´ordre économique et social actuel, mais aussi tend à mettre en valeur le droit légitime de chaque individu, de chaque peuple à la liberté et à la réalisation sensible. Ceci pose des problèmes de ressources naturelles autant que de productivités industrielles (moyens et instruments financiers, intellectuels et politique de production) ou d´adaptation aux meilleures conditions écologiques protégeant l´équilibre trop longtemps abusé de notre planète.
Serons-nous à la hauteur des changements qui s´annoncent à tous les niveaux de notre civilisation humaine ? Là est la question. Certains auront tendance à défendre ou se cantonner dans leurs retranchements passés pour protéger leurs acquis ; d´autres voudront jouer à réclamer des droits et des attentions sans pour autant être prêts à exercer pleinement les exigences qu´imposent ces droits de nos jours. D´autres chercheront la balance : ce lieu où la responsabilité cherche son meilleur équilibre réel et imaginaire entre le droit à être heureux, le respect de la libertés et des droits des autres (et réciproquement, bien entendu) et nos devoirs envers la nature et l´écologie de notre belle terre. Ce sont ces derniers qu´évoque et encense Obama. Car ce sont eux qui représentent le meilleur espoir pour la société et l´avenir de toute individualité sociale de bonne foi. La responsabilité n´est ni un privilège, ni une simple déclaration d´intention ; elle ne peut s´exercer pleinement que si ceux qui y aspirent ou s´en réclament sont prêts à accomplir ses exigences les plus sévère afin que sa récolte soit riche et belle. Dans l´intérêt de tous et d´un chacun.
Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
Forum Reálisance
21 juin 2008
L´attaque injustifiée de la presse de l´establishment blanc à Michelle Obama
On parle de la « rancunière » et on lui reproche à tort d´avoir dit lors de son discours à Milwaukee (Wisconsin) en février dernier « pour la première fois dans ma vie d'adulte, je suis réellement fière de mon pays » pour saluer la victoire effective de son époux en tant que candidat démocrate à la présidence des Etats-Unis.
Au plus embusqué de la fausseté
Cette attaque, pour peu anodine qu´elle soit ne peut laisser personne indifférent parce que derrière elle, à défaut d´argument et vu la puissante popularité qu´a soulevé derrière lui le sénateur de l´Illinois, l´establishment blanc cherche en vain à combattre un phénomène qui surprend toute l´Amérique et embrase le monde entier : la sympathie et l´encouragement à la victoire d´Obama.
Même les démocrates ont été surpris par le succès de cet austère sénateur et sympathique dont la vie et le discours politique, de jour en jour, rallie en masse derrière lui les électeurs américains de toutes les couleurs, de tous les âges. Pour gagner les élections, on s´était habitué à mentir, à impressionner et à manipuler les gens en leur donnant des promesses qui, aussitôt les élections engrangées, se transformaient toutes par des guerres gratuites et ruineuses pour les finances publiques à l´étranger, une gestion économique bancale qui ne créa ni nouveaux emplois, ni de nouvelles perspectives aux chômeurs dont le chiffre, depuis 20 ans, croissait irrésistiblement. Obama, lui, avec son slogan « yes we can » exhortait les électeurs américains à participer à changer les choses au mieux.
Et devant l´intelligence et la justesse avec laquelle la campagne d´Obama avait été entreprise, et surtout le succès qui s´en suivit, la presse de l´establishment blanc se voyant perdre pied dans une course dont elle avait toujours dicté et influencé les règles, s´attaque à Michelle Obama, comme le dit la chroniqueuse conservatrice Michelle Malkin en qualifiant Michelle Obama de "moitié amère" de son mari. Myra Gutin, historienne spécialisée dans les premières dames de la maison blanche et auteur de The President's Partner: The First Lady in the 20th Century dit, pour sa part :
"Elle a besoin de se détendre, de montrer qu'elle a le sens de l'humour et qu'elle est capable de se moquer d'elle-même". Si ce n´était pas ici l´incitation à jouer la femme simple et bêtement domestique ! Ou était-ce une injonction du genre : la politique c´est pour les hommes ; tais-toi donc, tu sorts des normes usuelles ?
On reprochait aussi au couple Obama d´avoir, en signe de satisfaction lors de la fin des préliminaires démocrates qu´ils avaient gagnées, de s´être félicité en se touchant du poing : un geste courant de nos jours dans la jeunesse américaine et même mondiale, mais taxé de terroriste par le New York time ! Apparemment, et cela était indéniable, on cherchait la bête noire partout. Vainement, à notre avis ; parce que le Train Express Obama avait déjà embarqué ses passagers et à toute allure roulait vers la Maison Blanche. Et à chaque arrêt, un nombre impressionnant de nouveaux adhérents se bousculaient à ses portes pour encourager et soutenir le mouvement.
Cette attaque, si on peut y revenir, que cachait-elle réellement ? Une presse qui s´était laissé abusée, ridiculisée et instrumentée par l´administration Georges W.Bush lors de la guerre d´Irak en fermant les yeux sur des mensonges flagrants et cousus de fils blanc ; cette presse se réveillerait-elle pour gaffer de nouveau en cherchant une aiguille dans le foin ? Nous ne croyons pas qu´il s´agisse d´un relent de ressentiment raciste ou, ce qui revenait au même, l´expression jalouse d´une presse blanche qui avait encore difficile à accepter qu´une femme noire intelligente et ambitieuse devienne la First Lady américaine ?
J´ai personnellement suivi les pas et les discours de Michelle Obama qui sont, comme ceux de son époux, brillants et engagés. Et je crois que ce qu´on reproche à cette femme, c´est qu´elle n´est pas, comme on voudrait bien le voir et l´entendre, une femme bête et banale tout simplement comme l´establishment blanc l´a toujours souhaité pour ses noirs (Des bêtes de somme, en fait ; sans caractère, opinion personnelle ou même volonté réellement libre que de suivre et d´accepter le sort que leur avait prescrit le maître). Les américains et leur médias ont pris l´habitude de tresser autour de leurs First Ladies des contes de fée aussitôt arrivées au pouvoir pour faire la galerie, malgré que ces bonnes dames n´y comprenaient rien du tout et se contentaient à jouer un rôle dont le protocole avait était minutieusement écrit et dicté par des spécialistes de la propagande du pouvoir. Ce genre de parodie était-il valable pour tous ? Le rêve américain n´était-il pas un rêve réel, vrai, qui devait être porté par des gens vrais et sincères ?
Michelle Obama, elle, ne semblait pas tomber bassement dans cette catégorie du surfait ; quoiqu´issue de conditions sociales modestes, elle s´était élevée dans la société et l´estime de son époux par son intelligence, son amour du travail, sa fierté d´elle-même et son engagement soutenu pour la société qui était la sienne. Et à l´heure de cueillir les meilleurs fruits du parcourt de sa vie aux côtés de l´homme qu´elle aimait et avec lequel elle faisait campagne, elle se rend compte qu´elle est le meilleur vœu du rêve américain ouvert à tous. Et ceux qui, aujourd´hui, essayaient de la diminuer ou la discriminer, prouvent par là que pour eux ce fameux rêve américain n´était rien d´autre qu´une fausse illusion qui ne devait être vraie que lorsque les candidats étaient de l´establishment attendu !
Si cette histoire, au coin de tous les détours, ne sent pas le racisme et la discrimination pernicieuse ! Mais toute la société américaine, sa jeunesse, ses intellectuels, le monde entier ; tout le monde avait déjà compris que le glas, pour le bête conservatisme américain dépassé à la Georges W. Bush avait sonné. Qui pouvait donc de nos jours aller prétendre que Dieu était blanc et qu´il avait donné le droit à la race blanche à dominer toutes les autres races en leur imposant quid l´esclavage, le meurtre gratuit, l´exploitation asociale et criminelle, quid en les maintenant dans la pauvreté tout en prétendant à gorge déployée être démocrate et aimer la liberté ? Existe-il de liberté dont on pouvait se réclamer avec tous les moyens légaux et illégaux sans la reconnaître aux autres ? Existe-t- il de véritable démocratie dans une société lorsqu´un groupe, une part entière de cette société étaient sciemment et systématiquement privée de défendre et d´entretenir légitiment ses droits et ses libertés ? Quel est ce genre de Dieu qui autoriserait, malgré sa Bible, qu´on parjura des siècles durant à ses règles tout en se réclamant de lui ? Un Dieu factice ou un Dieu vilement abusé ?
Toutes ces questions, on le voit, font déjà mal à l´establishment blanc qui se voit pour la première fois confronté, au plus haut siège du Pouvoir Blanc, avec ses propres contradictions évidentes. Et si Al Gore dit en rejoignant le camp d´Obama que l´élection de ce dernier à la tête des Etats-Unis va changer le cours de l´histoire de la planète, il n´a pas tort. C´est la fin d´une drôle d´époque où le mensonge, le crime et l´abus de symboles et de contenus de valeurs humaines a conduit le monde entier à suivre et accepter des normes unilatérales et sourdes de la domination blanche tout en reniant les siennes propres. Demain, pourtant, de nouveaux contenus de valeurs (plus justes et plus équitables) sont requis pour maîtriser la crise économique mondiale et les divers conflits hérités de confrontations abusives pour les équilibres écologiques de notre planète autant que pour les droits et libertés auxquels bien de peuples avaient été, des décennies entières, privés.
Et en ce sens on devrait plutôt saluer la prochaine entrée à la Maison Blanche d´une femme noire intelligente, forte de caractère et d´engagement pour le rêve américain ; au lieu de vouloir l´enfermer dans un corset conservatif comme l´ont été toutes les First Ladies blanches. Tout le monde ne peut pas se fabriquer une légende et vivre sa vie écrite sur un script de mise en scène propagandiste. Nous sommes tous les produits de nos expériences et de nos ambitions individuelles, autant que nous sommes le produit de l´idéal de société qui se cultive dans notre milieu de naissance. Mais le plus important est la grandeur et la beauté du rêve auquel nous aspirons et pour lequel nous nous préparons toute notre vie en espérant pouvoir le réaliser. Et à ce titre, et au nom d´une véritable liberté, d´une vraie démocratie, l´Amérique devrait être fière d´avoir été capable de germer en elle une fière famille Obama. C´est la preuve que ce peuple américain est de haute destinée humaine, et qu´envers et contre tout, son sens de la liberté et de la démocratie est sain et généreux.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
N.B : mes lecteurs liront ici le meilleur article français du Net sur Michelle Obama : http://www.liberation.fr/transversales/grandsangles/332315.FR.php
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Forum Réalisance
23 décembre 2006
Hommage à Angela Davis
Une femme dans toute sa splendeur et son élégance militante
La grandeur d´aimer et de défendre la liberté
« Aux âmes bien nées, la valeur n´attend pas le nombre des années… » Corneille
Commentaire sur Afrikara (23 Décembre 2006 12H45)
Angela, ce n´est pas seulement une femme tout court, c´est la conscience et le sens humain dans sa plus élégante ovation. Et même si nos avis politiques divergent sur son passé communiste, elle a fait la preuve qu´elle ne se laissait pas enfermer derrière un formalisme fonctionnel quelconque, mais que ses ambitions humaines et politiques restaient nobles et libres. Ses admirateurs du monde entier et moi-même retiendrons en elle une compagne idéale dans la lutte contre l´injustice sociale, la discrimination et le racisme. Cette femme prend une place immuable auprès de femmes telles Kimpa Mvita, Aminata Traoré, et bien sûr les Pharaones noirs oubliées du Soudan. Ce qui prouve, pour tous ceux qui sont aveuglés par leur phallocratisme, que les femmes sont bien à la hauteur de leurs responsabilités sociales et humaines, qu´elles ont autant de caractère, d´endurance et de vision que les hommes. Et qu´il serait grand temps qu´on reconnaisse leurs talents, pas seulement au service de la masculinité, mais bien sur les voies de recherche et de construction d´un avenir d´harmonie, d´équilibre et d´équité. Parce que c´est là, dans cet idéal fervent que l´amour de la liberté et de la réalisation humaine nous offre ses meilleurs fruits.
Musengeshi Katata.
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu.
21 septembre 2006
Jazz: le cri de révolte et de libération intérieure
Coltrane : prendre le A train, pour quelle destinée ?
Des notes pleines, chaudes, éperdues, révoltées…à la recherche passionnée du sein aimé perdu.
« Qui logera nos rêves aux paupières des étoiles ? » Senghor
Hommage admiratif à un enfant noir incomparablement doué : John Coltrane. John Coltrane, comme tous ceux qui ont excellé dans le jazz, a célébré un art mythique profond du cri de la révolte émanant du déchirement profond de l´esclavage qui les avait arraché et séparé des leurs. Et dans ce monde interdit et inhumainement contraignant, les notes furent un lieu de résistance psychique, morale, existentielle. Beaucoup d´africain n´ont pas accès au Jazz; c´est une erreur monumentale, parce que ce sont les cris disharmoniques avec lesquels l´esclave américain noir tentait ou qu´il employait pour vaincre ses douleurs, soulager ses peines, protéger le soleil assombri de son âme blessée afin de rester, malgré le mal qui lui avait été fait, positif. Cette musique, mieux que tout autre nous rapproche de nos frères perdus dans leurs larmes, leurs frustrations, leurs souffrances. Et c´est d´autant paradoxal que des blancs, comme toujours, se mettent à jouer le Jazz; de quelle souffrance essayait-ils donc de se guérir? De celle d´avoir fait du mal aux autres, ou de celle d´avoir ou d´être immoral, sans éthique, inhumain ? En lingala, faire le Jazz ou aller au Jazz signifie montrer le meilleur de soi, sortir en beauté. Et c´est vrai que lorsqu´on ferme les yeux, qu´on va en dedans de cette harmonie parfois désaccordée dans sa continuité, on découvre une quête incroyablement puissante de la beauté dans la multitude, ainsi que l´impossible accord entre l´âme, la cacophonie animée de l´existence et la recherche ouverte d´un destin d´une belle et transparente beauté : la liberté. Espérons vivement que les africains du continent chercheront à étendre un pont pour aimer et réhabiliter cette main tendue de la négritude, au lieu de perdre dans un européanisme aliénant, chosifiant et destructif, des notes qui leur étaient chères, à eux et à leur culture. Hommage donc réitéré et ému au grand et irremplaçable COLTRANE.
Musengeshi Katata.
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu.
09 août 2006
Powernomics: un livre élucidant et tranchant
Analyse et stratégie sur la réhabilitation de la liberté des noirs américains
Powernomics: The National Plan to empower Black America de Claud Anderson, Ed. D.
Ce livre m´a été signalé par une lectrice canadienne passionnée de la cause noire, et malgré qu´il fut introuvable, je m´en suis procuré un exemplaire. Et tonnerre ! Ce Claud Anderson a fait dans cet ouvrage un travail d´analyse, de déductions et de conclusions absolument remarquables. Pour la première fois j´ai eu l´impression de me trouver devant une élite noire ; ce qui fait énormément plaisir, parce que cela n´est pas évident de nos jours. Car trop d´opportunistes, de marchands de mensonges, et d´illusionnistes instruits jouant faussement les intellectuels doués et avertis trompaient aujourd´hui leur monde. Et ils avaient belle carrière au milieu de noirs aliénés, des peu ou pas instruits ou tout simplement des demi analphabètes révoltés qui n´allaient ni dans le détail de leurs aspirations, ni dans une projection future de leurs prétentions. Par ailleurs, ce domaine de la liberté de l´homme noir est sérieusement réprimé, parce qu´il touche les intérêts sournois et bas de bien de blancs. Claud Anderson, lui est allé au fond du problème, et ma foi brillamment ; ce qui prouve un sens intellectuel perçant et objectif. Ce livre, malheureusement en anglais, prouve cependant aux africains qui dormaient et se prélassaient sous le pouvoir du maître blanc en Afrique et en occident que les noirs américains, tout en vivant dans le pays le plus riche et le plus industrialisé de notre époque, n´étaient pas sorti de leurs misères ; bien au contraire : l´esclavage et ses néfastes facteurs les rejetaient toujours dans la précarité plutôt qu´ils ne les libéraient parce que la logique dominante n´était pas fondée sur la liberté réelle. Et pendant que l´Amérique blanche dominante parlait et chantait à gorge déployée de démocratie et de liberté, les noirs eux étaient soumis à des facteurs qui les aliénaient et les empêchaient de se réaliser pleinement autrement que sous le joug des blancs. Pour tous ceux qui peuvent le lire, qui aiment la stratégie et l´argumentation : en matière de livre, comme le disent plusieurs critiques, une Bible pour l´homme noir. Ceux que le livre intéresse peuvent se le procurer sur Internet.
Forum Réalisance
21 mars 2006
Le racisme d´EMINEM
Ces racistes aux peaux de moutons
Le racisme d´EMINEM
EMINEM "Foolish pride" 1993
Track 1
There’s so many styles I might get thrown
And here’s the place where I like to roam
And all the girls that I like to bone
Have the big butts, no they don’t
‘Cause I don’t like that nigger @#%$
I’m just here to make a bigger hit
When I be kickin the hypest, dopest rhyme
Just say that Eminem is the best MC of all times…Yeah!
I’m running out of breath so here’s Chaos Kid with the flow of death
Track 2
I seen a Black girlfriend and I kissed her
I kissed her; I placed it on her cheek
And she didn’t come back til next week
Now it was next week and she was back again
Wanting to kiss a white kid
So she was my girlfriend, we started going out
But that’s okay because we were Black and white
Blacks and whites they sometimes mix
But Black girls only want your money cause they’re dumb chicks
So I’ma say like this
Don’t date a Black girl, take it as a diss
If you want, but if you don’t
I’ma tell you like this, I surely won’t
Never date a Black girl because Blacks only want your money
And that @#%$ aint funny
So I’ma say look honey
Why do you do this?
You know, you step up to me like you a Brutus
Then you try to grab my spinach
Because its green and that’s cash
Commentaire Réalisance
Cachez le naturel, il revient toujours au galop; les plus idiots, les trompés, ce sont les stars noires du sport et de la musique américaine qui sourient de toutes leurs dents sur ses albums et ses clips avec lesquels il essaie de masquer sa véritable nature. Et pour vendre une musique de source et de domination noire, il faut bien se camoufler.
Comme Elvis Presley, il vient d´une tradition de découvertes choisies par l´establishment américain blanc pour contrecarrer le succès par trop envahissant des noirs, et afin de canaliser le capital plutôt sur la tête d´un blanc, que dans les poches de noirs.
Tout ceci n´est pas nouveau, beaucoup de musiciens et de gens instruits noirs le savent, notamment que 50 Cent ne plait aux blancs que parce qu´il encense l´inculture et l´aveuglement des noirs américains en les faisant notamment tous passer pour des drogués ou des gens ne respectant pas la femme noire. Des monstres sociaux, en fait, plus incultes et demeurés qu´intelligents et sociables. Et on s´étonne encore que le racisme perdure en Amérique ?
Ce qui moi me dérange, c´est ce nombre toujours croissant d´américains noirs qu´on voit passionnément saluer le drapeau américain, ou aller aux côtés de leurs compatriotes blancs se faire assassiner quid au Vietnam, quid en Irak pour une cause honteuse dont ils ne profiteront des bienfaits qu´à compte goutte, pendant qu´ils auraient défendu des fausses et vides valeurs. Quand ils rentreront au pays, tandis que leurs pairs blancs iront dans leurs quartiers élégants et tranquilles ou à l´université terminer leurs études, eux vont retrouver le Ghetto surpeuplé et pauvre de quelques agglomérations urbaines délaissées. La musique, le sport ou la rue avec tous ses effets néfastes et sa lutte sourde et désespérée. Eh oui, « In got we trust » de l´empire américain était d´emblée réservée depuis des siècles aux blancs ; les noirs eux devaient se débattre et voir comment ils en sortiraient. Mais si au départ, et cela depuis des siècles les dés sont truqués, les perspectives pour les noirs sont plus étroites que généreuses. C´est peut-être ce qui fait dire au monde occidental : c´est le pays des possibilités illimitées, parce que justement, pour le noir, on peut y entretenir et y exercer à loisir les complexes et les préjugés intentionnels de la race blanche à l´égard de celui-ci ; on lui faisait des promesses qui restaient lettre morte. Que des républicains ou des démocrates se succèdent au pouvoir, son sort, lui restait le même : le bas de l´échelle sociale. La constitution ? Oh là là ; quel gros mot, n´appartient-elle pas aux blancs, ne l´interprétaient-ils pas comme ils l´entendaient ? Après tout, où pourraient-ils se sauver ? En Afrique ? C´est longtemps que la main blanche régnait et exerçait sournoisement son ministère. Il ne leur reste donc qu´à accepter leur sort ingrat. Souriez, s´il vous plait, et vive le rêve américain !
Musengeshi Katata
Muntu wa bantu, Bantu wa Muntu
06 mars 2006
Le Duel entre T.Booker et Du Bois
Le Duel T Booker, Du Bois.
Son importance pour nous.
Ce qui est intéressant dans la vie de T. Booker, c´est son caractère ferme et décidé qui prouve que malgré les conditions misérables réservées aux noirs, il y avait, avec beaucoup de volonté et de courage, le moyen de souffrir de s´instruire. Ce qui ne laisse par ailleurs aucun pardon aux idiots et aux analphabètes, ni hier, ni aujourd´hui. Il suffit souvent de se donner la peine de vouloir, plutôt que comme beaucoup d´africain en ont pris l´habitude, hélas: d´attendre qu´on leur livre la liberté, le progrès et la science en article de consommation de prêt à porter, de prêt à penser, de prêt à réfléchir.
L´autre grand aspect de cette vie exigeante, est le conflit qui l´opposa à W.E.B du Bois, le premier professeur noir de toute l´histoire humaine. Notons qu´il rendit son passeport américain et se rendit au Ghana où il mourut. Il était, en effet un grand admirateur de Kwame Nkrumah.
Mais ne nous égarons pas, ces deux personnalités: Du Bois et T. Booker vont ouvrir un débat dont beaucoup ne saisiront pas la portée réelle: celle du contenu de valeurs de l´éducation à offrir aux noirs américains. Ce débat, que beaucoup de faux penseurs et de faux commentateurs osent commenter ou critiquer ou même de prendre parti pour qui que ce soit, sans au préalable avoir compris de l´enjeu impérieux inavoué à l´époque parce que interdit et impensable pour l´homme noir: la liberté. Pour éduquer son peuple, sa nation, il faut lui offrir des valeurs qui ouvrent sur toutes ses espérances, sur toutes ses attentes et sur la réalisation possible de ses rêves. Mais qu´en est-il si, comme aux Etats-Unis, si la liberté, pour l´homme noir, ne signifiait que soumission et aliénation à la toute puissance de l´esprit blanc? Ce que ce débat ne révèle que dans ses lignes et dans ses silences est la poignante question: comment arrive-t-on à enseigner la liberté et son amour à quelqu´un d´enchaîné sans éveiller la colère du maître. Existe-t-il une liberté couchante, conforme à la volonté de soumission et de discrimination ? Ou tout cela n´était qu´une impasse, un faux philosophique parce que la liberté ne tolère, dans sa conception réelle, aucune soumission et aucune discrimination. Et bien plus loin, la portée réelle de cette liberté: comment pourrait-on en exercer la volonté si la société, elle, était la prétention et la domination d´une race, c´est à dire sa réelle négation?
On comprend dès lors que Du Bois ai quitté l´Amérique pour toujours, parce qu´il était arrivé à la conclusion qu´aux Etats-Unis, le noir, même libéré ou reconnu, serait toujours condamné de vivre sous le joug du pouvoir blanc, et de par sa minorité, et de par tous les effets secondaires de l´esclavage et de la discrimination qui agissaient et se prolongeaient inévitablement aux travers des temps.
L´ouragan katrina lui a donné raison, ainsi par ailleurs que Michael Moore dans «Stupid white men » (chapitre 4). Malgré les montres en diamants, le sexisme musical ou les millionnaires du basket-ball, de l´athlétisme...etc, les noirs sont toujours au plus bas de l´échelle sociale. Même les portoricains ou les chinois arrivés sur ce continent après eux les ont surpassé. N´est-ce pas curieux ?
La question qui vient de suite à propos est l´homme noir est-il si borné et ignorant ou le Pouvoir Blanc, systématiquement étouffe la race noire parce que la liberté réelle de celle-ci signifierait la fin de la domination et de l´hégémonie Blanche sur le monde. Je pense en toute conscience que c´est le cas, et si les américains noirs ne l´ont pas encore compris, c´est qu´en réalité ils sont enclavés, et intelligemment manipulés. Mais ne voit-on pas en Afrique ce que, par exemple, la France, sous sa honteuse politique de francafrique perpétue et avilit ? Le tout avec des maximes nationales tels que : liberté, égalité, fraternité; ou encore: les droits de l´homme ? Mais saviez-vous que le premier négrier français s´appelait ainsi : les droit de l´homme ? La France, elle, n´a pas changé; seules les illusions de mauvais rêveurs ont changé. Gare au réveil, les mains et les pieds peuvent déjà être enchaînées !
L´Afrique, pour sortir de son marasme et de son aliénation mental et culturel, doit se donner la peine de résoudre par exemple ce débat philosophique. Je vous propose, pour ceux qui s´y intéresse de lire les extraits du roman : Les Cercles Vicieux sur ce blog.
Prenez patience dans ce roman, vous allez être surpris, je peux vous l´assurer. Il va au fond du problème. Bien au fond du mal, et cela le plus ouvertement et le plus franchement que possible. Trop franchement pour certains éditeurs français. Mais quand on les voit publier: on ne naît pas noir, on le devient, on se demande si cette intelligentsia française qui fit l´esclavage et la colonisation et aujourd´hui cautionnait la francafrique a seulement compris ce qu´elle avait fait supporter à "liberté, égalité, fraternité"?
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
Post-scriptum : Tuskegee, vous rappelez-vous ?
J´ai tenu à vous proposer ce commentaire pas seulement par son importance, mais par un rapprochement particulier : la fameuse Tuskegee fabrique intellectuelle qui avait donné le jour à bien d´intellectuels noirs américains, fut aussi, pendant la deuxième guerre mondiale l´origine d´une escadrille de chasseurs bien connue. La première et la seule escadrille de pilotes noirs américains. On leur fit subir et sentir, par les blancs qu´ils étaient des incapables et que d´ils voulaient défendre leur pays, ils feraient mieux d´aller en brousse, en Afrique. Mais ils tinrent le coup et servirent en Italie. Aucune des escadrilles de bombardiers placés sous leur protection ne subit de perte.
Ce qui m´a choqué entre autre, c´est que pendant que T.Booker faisait le beau et jouait le nègre arrivé et confiant en l´homme blanc aveuglément, et qu´une bravoureuse escadrille de Tuskegee se distinguait, ces blancs firent des essais de syphilis sur la ville et infectèrent « officiellement 399 noirs » pour des raisons de recherche de 1942 à 1972. Ma question aujourd´hui est : Le choix de Tuskegee pour cet abominable et illégale entreprise, était-elle du simple hasard ? Je ne le crois pas.
Et je suis persuadé que ceci avait, suite au fameux fond organisé par les hommes d´affaires et les intellectuels noirs de Tuskegee qui investirent dans l´éducation et l´instruction de leurs enfants, ce qui éveilla, de la part des américains blancs une sorte de sournoiserie criminelle ayant pour but de rabaisser ces noirs, de les détruire traîtreusement. Comme avec le sida et l´anthrax en Afrique du Sud et au zimbabwe.
Sur l´ Anthrax, une remarque : l´Afrique du Sud de l´Apartheid était parvenue grâce à l´aide confraternelle des laboratoires de Portland (GB) à créer 45 sortes spécifiques qui ne s´attaquaient qu´aux gens de couleur, les noirs en somme. (voir Les Cercles Vicieux). Ils en firent un généreux usage et le livrèrent à Ian Smith (Rhodésie) qui de son côté empoisonna les eaux et le bétail des combattants de Mugabe. Vous comprenez maintenant la hargne de Mugabe ?
Les bactéries nécessaires à la culture et à la fabrication de ces anthrax furent notamment livrées par la France, les Etats-Unis, Israël, l´Angleterre. L´Allemagne s´abstint.
Comme le monde est petit, n´est ce pas ? Et sournois, méchant et fourbe.
Lorsqu´on entendait aujourd´hui tous ces malfaiteurs historiques parler de liberté, de démocratie, d´humanisme…que faut-il donc penser ? Des anges ou des démons ? Des anges sûrement pas.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu