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Forum Réalisance

Cet espace va à la recherche de l´existentialisme de l´homme noir pour lui permettre de mieux se déterminer face à l´histoire et face à la réalisation de sa liberté.

31 mars 2008

Interview ORTB de l´auteur Roland Holou

Pourquoi l’Afrique Pleure et S’enfonce: Les Vraies Causes Et Solutions de la Misère Africaine 

Interview sur ORTB, March 2008 

Journaliste: Godefroy Macaire Chabi

Interviewé: Roland Holou (Troisieme interview de l´auteur sur ORTB) 

1- Quel est le problème que soulève votre livre ? 

L’incapacité des cadres et intellectuels africains à appliquer intelligemment leur connaissance pour sortir le continent noir de la souffrance. En fait, des facteurs influençant le développement de l’Afrique ont été étudiés certes, mais sur le plan mondial, très peu de travaux approfondis se sont penchés sur le nœud du problème africain au travers la mentalité africaine, la procréation, les problèmes spirituels, la politique, le syndicalisme radical, la gestion des ressources naturelles, la fuite des cerveaux, etc. Voyez vous ! 

2- Votre livre rappelle les Henri Dumont, Axelle Kabou, Paul Hazoumè, Smith etc… Est-ce qu’on peut dire que vous avez-vous voulu vous situer dans la même veine qu’eux ? 

Je m’inscris définitivement sur la liste de ceux qui pensent qu’il y a espoir pour l’Afrique si et seulement si les Africains changent de mentalité et rehaussent impartialement l’activité intellectuelle au delà de certains intérêts personnels et égoïstes.

Evidement, la réponse à la problématique du développement de l’Afrique n’est pas du tout aisée compte tenu de la complexité du processus de développement. Mais ce qui clair, la plupart des chercheurs avertis s’accordent à reconnaître qu’au-delà des discours et slogans, l’Afrique s’enfonce dans le gouffre. Malgré ses immenses ressources naturelles, l’Afrique est en train de développer son sous développement plus que nous ne pensons qu’elle ne progresse. Il ne faut pas être optimiste a outrance et occulter la réalité.

3- Vous faites une analyse pointue des maux qui minent le continent africain. Sur la liste qu’est ce qui vous paraît franchement criard ?

Malgré la complexité des facteurs locaux et internationaux qui affectent le développement du continent noir, le gros lot du problème revient aux Africains eux mêmes. Mais ce qui est pitoyable et regrettable, c’est que les Africains qui arrivent à trouver la solution et qui veulent parler ou agir dans l’intérêt des peuples sont bloqués, coincés par beaucoup de facteurs allant de la famille au sommet de l’Etat en passant par les contraintes internationales, le syndicalisme radical, les opposants de grande carapaces, la sorcellerie, et par dessus tout les mentalités erronées des Africains. En réalité, il y a une mentalité et une méchanceté africaine qui ne permettront jamais et jamais encore le progrès du continent noir ! De plus, nous distribuons ou ramassons beaucoup de diplômes muets en Afrique.

4- Quelque part dans ce livre, vous faites remarquer que « il est très grave et dangereux de s’attaquer aux conséquences d’un mal croyant qu’il s’agit des causes ». Qu’est ce que vous aviez eu envie de souligner par là ?

Monsieur Chabi, l’amer constat est que l’Africain ne sait pas pourquoi il est pauvre et ceux qui le réalisent ne veulent pas voir la réalité en face. L’Africain continue non seulement à mettre le tort de sa misère sur les puissances occidentales et les autres mais aussi à croire que son développement dépendrait d’eux comme un comprimé à prescrire à un malade. L’ignorance des problèmes de développement ne peut que disposer les Africains dans des comportements passifs et nuisibles. Tant que les populations africaines ne comprendraient le bien fondé de leur misère et leur part de responsabilité dans sa résolution, on n’irait pas loin.

5- Vous insistez sur des points qu’on relève rarement : l’amour du prochain, la sorcellerie, l’éducation la fuite des cerveaux. Quelle est finalement la proposition vedette de votre livre ? 

Difficile à résumer en une minute d’interview. Mais ce qui clair, l’Africain a un vrai problème de mentalité négative qui contrarie beaucoup d’actions envers son développement. Les bonnes volontés sont découragées et peu promus pendant que les ennemis de l’Afrique sont aveuglements encouragés. Et pour trouver la solution à la pauvreté de l’Afrique, il faut une révolution des intellectuels africains avertis et un soutien du peuple noir ! D’où l’urgence de redéfinir consensuellement la fonction de l’état et de l’individu en Afrique et bien situer les responsabilités dans la stratégie salvatrice.

A propos de Roland A. Y. HOLOU :
Originaire du Bénin, en Afrique de l’ouest, Roland Ahouélété Yaovi HOLOU est ingénieur agronome, spécialiste en aménagement et gestion de l’environnement. Il vit aux Etats-Unis d'Amérique.
 

Son livre peut être acheté en ligne à cette adresse :
www.trafford.com/07-0560  

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12 février 2007

Pour un avenir partagé, équitable, valable pour tous.

En réponse à l´excellent commentaire de Illel Kieser 'l Baz sur réalisance sur l´article : Le noir est une couleur de noblesse. http://realisance.afrikblog.com/archives/2006/09/27/2778075.html 

Pas seulement un simple changement, mais aussi l´apport d´un idéal supérieur nouveau ; est-ce possible, ou ceux qui en rêvaient divaguaient les yeux ouverts ?

« L´art d´aimer l´existence dans toute sa profonde et fragile beauté ; c´est aussi l´art de tuer les dieux trompeurs et illusionnant. Et de faire renaître en leur place d´un amour dont la grandeur réelle, imaginaire et la splendeur pratique sont plus louables et nourrissantes que la simple et affable poursuite de perfection » Musengeshi Katata

Cher Illel Kieser 'l Baz, je vous avoue que j´ai été agréablement surpris par vos  propos ; c´est la première fois sur ma page que quelqu´un vient en peu de mots expliquer le but de cette page, et surtout, rejoint à tout égard la stratégie que nous considérons comme étant la meilleure pour sortir non seulement l´Afrique, mais aussi la contestation fondamentale périphérique envers, ne mâchons pas les mots, l´impérialisme occidental et son totalitarisme économique, militaire, géopolitique.

Maintenant, celui qui pense qu´il s´agit d´abattre cette culture (et beaucoup de colériques et d´excédés s´y abandonnent par désespoir ou par simple égarement), se trompe car elle a, ne le cachons pas, ses bons côtés et bien sûr une somme incontestée de nos propres apports (volontaires ou forcés) en efforts, en prestations de toutes natures, et même en sympathies – ce qui révolte, cependant, c´est qu´au lieu que ces richesses soient employées à démocratiser et à garantir l´élargissement et la reconnaissance de la réalisation de tous et d´un chacun, elles servent plutôt à nourrir un moloch empirique, centraliste et exclusivement réservé aux prétentions des maîtres de la Norme. Il s´agit bien, par contre, de lui rendre le sens humain et universel nécessaire et souhaitable à l´édification d´une vraie liberté, d´un sens de justice et d´équité qui soit praticable et valable partout et pour tous. En vérité la seule voie à la démocratie, parce que, comme le grand Shakespeare le disait, si la forêt empêche souvent de voir l´arbre, elle cesse d´être forêt si elle méconnaît l´unité singulière de son tout. En démocratie, ne pas prendre en compte l´épanouissement et la réalisation individuelle (et je prends comme exemple ici le chômage occidental et les effets destructeurs et excluant de la francafrique), c´est tuer la démocratie par ses racines. Et même si l´impression générale satisfait au regard et à l´opinion surfaite, seul le sort respecté et reconnu d´un chacun reste la fierté et la mesure par laquelle tout système se juge et se qualifie.

J´ai aussi parlé du cheval de Troie, et cependant que l´invasion des révoltés – si on peut les appeler ainsi – se doit, à mon avis, de vaincre une épreuve de taille : celle d´apporter des valeurs, un système de références et de normes plus ambitieux, plus réalisant au sens éthique, moral et réel que celui qu´on leur avait fait subir ! Et c´est là que se trouve la dichotomie de cette prétention : comment diable, en ayant subi le mal, la cruauté et l´injustice comme norme culturelle tolérée, ces pauvres seraient-ils capables de transcender la médiocrité en reproduisant le bien ? En sont-ils capables ou ont-ils été rongés et abrutis par leurs blessures béantes et leurs âmes violentées ? C´est demander aux analphabètes, aux ignorants, aux pauvres en lambeaux et aux empêchés délirants de fermer les yeux, de se fonder sur la meilleure projection de leurs rêves pour abattre ou contraindre le monstre du sacré qui se trouvait devant eux, à adopter un idéal plus humain, plus réalisant pour tous. Terrible effort, car même si ces pauvres réussissent à structurer et défendre valablement leurs droits, il y aurait toujours à vaincre ou convaincre ceux qui, possédant les rênes et les moyens de réalisation, se refusent à accepter l´enrichissement promis de l´élargissement tout en se disant : un tien vaut mieux que deux tu l´auras. (Ne le voit-on pas aujourd´hui dans la crise de surproduction actuelle ; les riches ne financent ou n´encouragent que les projets qui les rendent encore plus puissant et influant !) Et ce principe est loin d´être uniquement le repaire des nantis ; c´est aussi un grand instinct naturel qui sévit aussi rageusement chez tous les arrivistes, les étriqués de vision, que chez les pauvres illusionnés.

En conclusion je dirai que le poids du changement repose, hélas, encore une fois chez les pauvres et l´armée des nouveaux arrivés affamés d´équitable opportunité de réalisation. Et il ne s´agit pas de déposséder vulgairement les riches et s´emparer de leurs biens, mais de réorienter et redéfinir la liberté et la réalisation comme étant des biens existentiels à la fois communs et individuels appartenant à tous. Et cela semble bien ironique ou sarcastique, parce que le moloch qui les opprimait et les étouffait leur avait aussi demandé, et cela des siècles durant, ces sacrifices sanglants, tout en les excluant. Qu´est-ce qui aurait donc changé, se demandera-t-on. Le système, naturellement ; la portée et le contenu du pouvoir dans toutes ses intentions et ses moyens d´exercice. Le mot est tombé : c´est le pouvoir qu´il faut changer et démocratiser, parce que celui-ci influe sur les idéaux et les objectifs et méthodes de structure et de réalisation sociale. Celui qui dit le contraire est un charlatan, un illusionniste borné. Mais comment arriver au pouvoir, si celui-ci est la veillée officielle jalouse d´une caste à laquelle le système et ses engrenages offraient tous les avantages et les privilèges pour asseoir sa prédominance et le défendre ? Celui qui veut répondre adéquatement à cette question a déjà compris pourquoi nous réclamons l´abattement de la francafrique. Parce que c´est le meilleur moyens de changer les choses, du moins, en Afrique. Le prochain pas serait, naturellement, d´exiger de l´occident qu´il reconnaisse nos droits et nos revendications vers un monde, une démocratisation des moyens de réalisation économiques, financières, politiques. Parce ce que c´est le seul vrai moyen de défendre et de respecter réellement toute culture humaine quelle qu´elle soit. Et d´ouvrir les portes à une véritable démocratie humaine, à la vraie liberté ; plutôt que de les clamer à pleine gorge pendant qu´on oeuvrait exactement et sciemment du contraire. Le comble, dans tout cela, c´est que les riches ou les nantis ne perdent pas, mais le pauvre non plus; et cela, c´est ce gain qu´il ne faut pas perdre de vue. Car envers et contre tout, il ne s´agit pas de revenchardise, mais de vraie liberté partagée et assumée pleinement. Equitablement et sans exclusion ni systématique, ni à priori. En sommes-nous capables ?

Musengeshi Katata.

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com

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15 janvier 2007

Un ami lecteur averti

Réponse à la lettre de Jewel

Ce qui définit et oblige l´africain

Cher Jewel, ta lettre m´a grandement fait plaisir parce que, pour la première fois je recevais un mot chaleureux d´un malgache ! Je reçois des lettres du monde entier ; mais le tien m´a frappé, peut-être parce qu´ayant lu mon dernier article qui t´a plu, tu as parlé de tes projets, de tes convictions, et au travers de ceux-ci on pouvait y déceler l´africain respectueux de sa famille et conscient du contexte actuel africain. Je te souhaite un bon retour chez toi et la force de tenir bon pour mettre sur pied ta propre entreprise.

Mon discours t´a plu, comme tu le dis ; et tu crois t´y retrouver toi-même. Il n´y a pas, à mon avis meilleur compliment que celui-là ; je t´en remercie vivement. Quand à tes citations de Zarathoustra, je m´en vais les offrir à mes lecteurs : " Le vrai homme est celui qui se met debout aprés une défaite!" et " la dignité n'a pas de prix".

Ceci dit, ma page, pour inoffensive qu´elle parait, n´est pas aussi simple qu´on le pense. L´existentialisme de l´homme noir est le plus dur, le plus pénible, et le plus étendu de tous les existentialismes de la terre parce qu´il en a engendré d´autres, a été entrecoupé et a subi (et continue encore) à subir les influences néfastes d´existentialismes impérialistes. Et c´est cette complexité qui trouble et rend sa compréhension ardue et extrêmement liée a l´esprit, à l´organisation et au développement. Or, la plupart des gens, ne prennent conscience de leurs libertés, de leurs réalisations que par biais un plutôt mécanique des us et du conditionnement social rationnel. Et beaucoup de ceux qui croient qu´ils sont en mesure de sortir de la baignoire sociohistorique rationnelle qui les a nourri de sa mentalité et de ses principes, ne font rien d´autre qu´encenser, que légitimer les anciennes valeurs qui leur ont été, à tort ou à raison, inculquées. Sortir du bourbier de la Matrix du maître quel qu´il soit ; c´est faire preuve de responsabilité et se définir non seulement par rapport à soi-même, à sa propre histoire, ses propres attentes, sa conviction et ses idéaux, mais aussi chercher à se réaliser, à porter sa réalisation sensible à un épanouissement, un avènement réalisant nos plus chers désirs et ceux des nôtres, ceux avec lesquels nous partageons la même marche existentielle quotidienne vers la recherche de l´assouvissement. Toute la vie n´est que cela. Et parce que nous sommes éphémères, cette démarche, pour tout être conscient et de bonne foi est impérative. Et incessible.

Je te remercie sur ton injonction à continuer. Je t´avoue qu´au début, j´ai été fort déprimé par ce que j´apprenais. Et souvent, je me demande encore aujourd´hui : si tout le monde, si les africains connaissaient la vérité dans toute sa crudité, ne seraient-ils pas scandalisés, révoltés. Et j´ai appris par mon courrier que c´était le cas : que plusieurs d´entre eux étaient dégoûtés et préféraient, en désespoir de cause, ni y penser, ni entreprendre quoi que ce soit. Parce que cela leur faisait mal, et parce que d´après eux, les carottes étaient cuites. La vie, cependant, est une lutte, un combat sans fin vers autre chose que la pauvreté, le manque, la misère ou l´exploitation et la discrimination.

Je ne suis pas le genre d´homme qui décline ses responsabilités intellectuelles, et parce que j´ai appris que j´étais parmi ceux qui comprenaient et appréhendaient les choses avec clarté ; raison de plus pour essayer de les mettre à la portée des autres. Ce n´est pas aussi facile qu´on le croit, parce que le problème est à la fois philosophique, économique, social et historique, autant qu´il est stratégique et existentiel au sens absolu du terme, et c´est dire universel. Et passer d´une facette à une autre en tentant de clarifier, d´expliquer le caché et le subtil, ce qui a été, ce qui sera, et l´imprévisible pour permettre à mes lecteurs de mieux me comprendre, ce n´est pas toujours facile. Parce qu´on a toujours tendance à vouloir remâcher ou simplifier les choses, alors qu´en réalité elles sont bien complexes et entremêlées.

Je te souhaite néanmoins d´avoir le loisir de me lire le plus souvent que possible, et cela malgré que je ne sois pas une page d´information, mais de réflexion engagée. Avec toute ma sympathie et mon profond dévouement,

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

Munkodinkonko@aol.com

 

PS. Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu“ signifie en luba et dans toutes les langues du Congo : celui qui se reconnaît de la communauté, et dont la communauté se réclame de lui. Un proverbe dans le genre mousquetaire : un pour tous, tous pour un. J´espère recevoir un jour de tes nouvelles de Madagascar. Bien de choses à ta famille et à tous les tiens. MK

   

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02 octobre 2006

Sur le film: „Neger, neger, Schornsteinfeger“

Autobiographie de Hans-Jürgen Massaquoi, journaliste afroaméricain

Un film de racisme pathétique d´un enfant métis dans l´Allemagne nazie

Non seulement ce film retrace et peint une époque décriée de l´histoire allemande durant l´ère nazie, mais la texture et la franchise du film que j´ai vu avec émotion a réveillé en moi des effluves de sentiments rejoignant un combat humain auquel cette page est fidèle : la lutte contre le racisme et la discrimination. Et je dois vous avouer que l´histoire d´amour de cette infirmière allemande avec un consul général libérien dont un beau garçon du nom de Hans-Jürgen Massaquoi que le consul africain quitta en rentrant dans son pays pour devenir ministre des postes et télécommunications est à la fois séduisante et triste. Parce cet enfant métis vivra sur son chef toute la méchanceté et le racisme hitlérien.

Hans-Jürgen Massaquoi émigrera après la guerre aux Etats-Unis, et ne deviendra rien d´autre que le rédacteur en chef du plus grand magazine afroaméricain « Ebony ». Il interviewera notamment Martin Luther King, Malcolm X, Muhammad Ali (avec lequel il est lié d´amitié), Jimmy Carter, Walter Scheel et bien d´autres célébrités contemporaines.

Il a écrit, en tant que journaliste et romancier américain, notamment :

1. Neger, Neger, Schornsteinfeger!, Fretz und Wasmuth Verlag, Bern 1999, ISBN 3502119406

2. Hänschen klein, ging allein..., S. Fischer Verlag, Frankfurt am Main 2004, ISBN 3502104603

3. Fasia - Geliebte Rebellin, ASSO-Verlag, Oberhausen 2004, ISBN 3921541948

Si jamais vous avez l´occasion de voir ce film, n´hésitez pas; il est peut-être un film qui définit ou illustre au mieux le racisme et son absurdité sociale et idéologique par des situations, des images, des sentiments étonnamment bien ressentis. Et c´est l´occasion, encore une fois de dire à tous ceux qui se réclament du racisme ou de quelque discriminations raciales, économiques, culturelles que ce sont des malades mentaux. Et quand aujourd´hui on les voit encore défiler en Allemagne ou dans plusieurs pays occidentaux, c´est à se demander si la race blanche a conscience de son imbécillité.

Derrière le racisme, chers et honorés lecteurs, il y a un sentiment qu´on découvre dans plusieurs domaines de l´existence humaine : la haine de l´autre, et le manque méchant et évident de respecter ses droits. Et contre ce genre de primitive hérésie culturelle, l´amour, comme dans le film que je viens de vous présenter, est une force invincible, et bien noble ; parce qu´il rappelle que n´importe quelle femme de cette terre connaît les mêmes mois de grossesse, les mêmes douleurs d´accouchement, et le même amour envers son enfant quel que soit la couleur de sa peau, son lieu de naissance, sa nationalité.

Pour ceux qui aiment à s´informer sur cette époque honteuse de l´histoire allemande pour mieux la comprendre et ainsi mieux comprendre le racisme comme tel, je leur conseille de voir le film : les comédiens harmonistes, un film qui raconte l´histoire de cinq comédiens allemands parmi lesquels des juifs pendant la deuxième guerre mondiale. Ne pas oublier les mouchoirs pour pleurer en silence. Ce la ne fait pas oublier le talent comédien étourdissant de ces amis musiciens. Histoire vraie, comme celle d´Hans-Jürgen Massaquoi auquel, en cette place, nous adressons toute notre compassion. Ses livres sont naturellement traduits en anglais.

Musengeshi Katata

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22 juin 2006

Afrique: le point de non retour

Ou de la fin des illusions à la réalisance

L´Adieu décisif à l´Afrique soumise, trompée et abusée

« Les profits sont le sang vital du système economique, l'elixir magique sur lequel repose tout progrès. Mais le sang d'une personne peut être le cancer pour une autre. »  Paul Samuelson - Extrait d’une Conférence à Harvard - 16 Août 1976

Voilà pourquoi chacun, chaque économie, chaque pays doit apprendre à employer son propre sang, ses propres moyens de production et veiller jalousement sur ses intérêts et son développement ; parce qu´ainsi, personne, aucun pays ne risquerait de contaminer un autre ou souffrir gratuitement d´une fièvre de cheval dont il n´aurait pas bravé le refroidissement. Le grand Helmut Schmidt disait « Les investissements d´aujourd´hui sont les profits de demain et les emplois d´après demain », autrement dit : celui qui nous vole notre profit, celui qui nous empêche d´investir dans l´avenir et le travail de nos enfants, est notre ennemi le plus affirmé ; parce qu´il nous empêche non seulement d´exister dignement, mais aussi nous prive des moyens d´entretenir et de parfaire tous nos devoirs existentiels. C´est pourtant ce que fait l´occident depuis 600 ans à notre endroit. Nous avons connu l´époque des 400 ans de l´esclavage par lesquels, à nos corps défendant, nous fûmes privés de liberté et de libre réalisation pour n´être que la chosification du maître et servir enchaînés, fouettés, violés, vilipendés à son accumulation et à son épanouissement économique et social. Et si cela s´arrêtait là, on pourrait clore cette honteuse période de primitive humanité et passer à l´ordre du jour ; hélas, ce ne fut pas le cas : ces criminels invétérés revinrent détruire nos cultures, nos usages, nos langues et nous imposèrent leurs sens scandaleux de l´histoire qui nous mettait sous leur paillasson. Ce fut la glorieuse époque colonialiste où ils coupèrent les mains à nos femmes et nos enfants, les violèrent et les assassinèrent pour les soumettre et les mettre au service de leurs avenirs et leurs bien êtres pendant qu´ils nous gargarisaient de gros mots de culture, de civilisation, de progrès. Cette époque coloniale dura plus de 100 ans. Et aujourd´hui, retirés derrière une francafrique vampire de nos richesses et de nos finances, ils buvaient notre sang à satiété, à grand renfort de preux mensonges de coopération, d´aide. Et pendant que nous nous appauvrissions et que nos enfants, pour trouver emploi et survivre quittaient nos pays, eux nageaient dans la luxure et célébraient le progrès.

On les entendait alors parler de liberté, de démocratie, pendant qu´ils nous étouffaient économiquement et culturellement, qu´ils assassinaient nos élites et nous imposaient des dictateurs de pacotille qui travaillaient à leurs buts…Quand l´homme blanc aura enfin compris ce que c´est que la liberté ? Quand comprendra-t-il ce que c´est que la démocratie ? Cette liberté et cette démocratie qui ne servait qu´aux uns et leurs intérêts, est-ce une démocratie ou est-ce tout simplement une sournoise dictature du Pouvoir Blanc ?

Nous l´avons déjà compris, n´en déplaise à la démocratie et à la liberté de l´homme blanc. Et ce petit jeu mesquin et raciste qui consiste à nous vendre du vent pour la civilisation ou le progrès, c´est de la pire des sournoiseries. Trop, c´est décidément trop ; notre patience a des limites. Depuis la vide indépendance des années ´60, au lieu de nous tendre sincèrement la main, l´occident s´est, avec des méthodes des plus ignobles, attelé à notre étouffement économique et culturel. La francafrique a usé de toutes les cochonneries pour entériner, torpiller, vider nos efforts de résultats qui nous auraient permis de stabiliser notre développement et d´entretenir l´épanouissement de notre culture. Si on peut appeler ce genre d´antagonisme coopération, aide, liberté, démocratie ou civilisation ; c´est prendre l´africain pour un imbécile et sa vie, sa culture ou sa réalisation pour une aberration. Or, comme tout être sur cette terre, l´africain a droit à l´éclosion et l´épanouissement de sa réalisation. Et n´en déplaise à l´impérialisme, au racisme ou au complexe occidental, cette réalisation n´est en aucun cas liée ou conditionnée par les intérêts ou la réalisation occidentale. Depuis 600 ans l´Occident veut nous faire avaler que sa réalisation déterminait la nôtre ou que la nôtre était dépendante de la sienne ; c´est de la plus basse et vile absurdité. Si la réalisation occidentale, comme c´est le cas, est dépendante de nos richesses naturelles, minières, et même humaines, c´est dans la nature de son propre développement. Ce n´est pas à nous de faire des concessions, mais bien à elle. Tout ce conformisme international ou ces pressions financières, économiques ou ces coups bas francafricains n´ont pour but que de nous formater, de nous abattre, nous conditionner ou de nous suggérer de nous soumettre à une culture, une civilisation qui, derrière de fausses façades polarisaient tout sur ses étroits intérêts, et ne se gênait en aucun cas de manquer de morale ou d´éthique pour vivre et se complaire à nos dépends. Et elle poussait, pendant que ses victimes mourraient de faim et d´apathie, ou se débattaient devant ses absurdes iniquités, à les contremettre, à les tromper avec des aides truquées et fallacieuses, tout en leur enjoignant d´adopter sa démocratie. Il faut vraiment le faire ! Il est surprenant qu´une culture qui se veut civilisée et rationnelle ne soit pas encore arrivée à se moquer d´elle-même, tant ses prétentions sont viles, unilatérales, grossières et basses.

Il est grand temps pour l´Afrique, et surtout pour l´Afrique noire ou l´homme noir en particulier en Haïti, en Guadeloupe, en République dominicaine, au Brésil, au Pérou, à Cuba, au Venezuela, en Colombie…où qu´il soit, qu´il prenne conscience qu´il est temps de cesser de nourrir un moloch occidental qui nous reniait tous les droits existentiels élémentaires en nous repoussant dans la misère et la pauvreté. Nous aussi nous avons une culture à laquelle nous tenons, nous aussi nous avons des femmes et des enfants que nous aimons tendrement, nous aussi nous avons un droit légitime à la liberté et à la réalisation de nos rêves, de nos désirs, de nos fantaisies. Et si cet occident cupide et rapace croit encore que la liberté est une définition ou un droit qu´elle nous allègue ou nous accorde, elle se trompe ; notre liberté, autant que nos terres, notre soleil ou notre vie ne dépendent ni de l´occident, ni de qui que ce soit. Si l´occident venait aujourd´hui à disparaître ou n´existait pas, nous continuerons cependant à exister ; c´est dire à raison que ni notre sort, ni notre avenir ne peut être conditionné par l´occident ou qui que ce soit. C´est donc qu´il est grand temps que notre financement économique et culturel cesse de provenir de l´aide étrangère ou que nos banques et les revenus de nos ventes soient dominées par une filière qui charriait nos finances dans les trésors des banques occidentales dont dépendait alors notre avenir.

Personne n´empêche ou ne réprime quiconque de s´enrichir en entreprenant ou en créant de l´emploi chez nous ; mais faut-il que le fruit de ces efforts atterrissent toujours en occident ? Quand cet argent se mettrait-il enfin à financer l´épanouissement de notre culture si il tombait entre les mains de gens qui s´en servaient pour mieux nous abattre et nous empêcher de nous épanouir et de devenir indépendant ?

De par la théorie de la souveraineté nationale, la monnaie, le sang souverain de l´économie ne peut ni être garantie par l´étranger, ni être aliéné. Sa valeur est le reflet du travail, de la richesse et de l´ambition sociale et culturelle d´un peuple. Il est donc absurde que cette monnaie soit garantie ou frappée par tiers. Celui qui n´a pas encore compris que les fameuses garanties monétaires de la France, de l´Angleterre ou des Etats-Unis ne sont que des pires prétextes d´aliénation et de mainmise doit aller revoir ses cours d´économie. Personne ne sait-il pas demandé pourquoi les Etats-Unis ne garantissaient pas la monnaie française, ou allemande, ou Coréenne, ou italienne et vice versa ? Voilà où se trouve le mal. Il est grand temps qu´une nouvelle conception philosophique de la liberté vienne remettre bien de choses en place, et ouvrir sur un économisme qui nous rende l´entière souveraineté de notre monnaie, de notre culture, de notre droit à la libre et souveraine réalisation. Et je suis heureux de dire que la Réalisance a cette ambition et répond logiquement et efficacement aux exigences d´une liberté ouverte, sincère, qui respecte et préconise la réalisation de tout un chacun, parce que c´est le sens de l´existence. Personne ne vit la vie d´un autre, et tous nous avons le droit et le devoir de nous épanouir pleinement afin de jouir des plus riches possibilités de notre réalisation sensible.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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13 juin 2006

Contre l´inceste et sa prescription

Lettre ouverte à Mme Catherine Guéguen

Présidente de l´association R.I.A

http://ria22.free.fr/ 

Pour le respect et l´amour de nos enfants

« Pas d´impunité pour les ennemis jurés de l´enfance innocente

et de la liberté. » Musengeshi Katata

Chère Madame Guéguen,

Vos remerciements m´on fait un énorme plaisir, et je dois vous l´avouer aussi, ils ont flatté mon sens éthique et moral. De nos jours, beaucoup de gens n´y attachent plus d´importance ; moi cependant, j´ai reçu une éducation qui s´est donné un grand mal à souligner les valeurs de justice et d´équité de l´existence, ainsi que de leur profonde et sincère discussion.

Le mal contre lequel vous luttez, madame, est un mal aux multiples facettes tout aussi dégoûtantes les unes que les autres, mais toutes ont ceci de commun : ils n´ont ni le respect de l´intégrité des autres, ni de leurs libertés, ni de leurs droits.

Et l´inceste est la pire de toutes parce que non seulement elle rompt la barrière morale familiale de la sexualité, mais par une violence vile et honteuse, elle s´exerce sur un enfant faible et innocent dont on est sensé protéger l´enfance de toute injustice. Et c´est bien cela qui aggrave le jugement que nous devons apporter à tous ceux qui, bassement, se sont exercés aussi vilement.

Je vous avoue mon indignation à l´égard d´une justice ou d´une société qui veut offrir à ce genre de brigands l´impunité. Dans la nature injurieuse et oppressive de l´inceste, il y a trop de violence, trop de mépris de la faiblesse, et trop d´immoralité pour que tout citoyen de bonne foi veuille la pardonner ou lui offrir prescription aussi facilement. Qu´en était-il des victimes brisées, inconsolables, moralement et psychiquement détruites dont la plupart ne recouvreraient plus la quiétude, la confiance, l´oubli ; quand penserait-on enfin à elles ? Je vous avoue, madame que quelque fois je ne comprends pas toujours la société et ses trop rapides choix de lois et de dispositions quand celles-ci, au lieu de protéger les victimes et veiller aux réparations, s´adressaient plutôt aux bourreaux et aux criminels auxquels elle promettait prescription et trop généreuse réinsertion sociale. Je n´ai rien contre la paix sociale, bien au contraire ; mais je pense qu´une paix sociale doit aussi tenir compte des victimes, de la réparation morale et psychique auquel ils ont droit.

Surtout ne croyez pas que je parle à la légère : dans mes moments libres, et cela depuis près de 20 ans, je m´occupe d´enfants déshérités, difficiles, rejetés, abandonnés dans des homes surpeuplés ou sans autre affection que la solitude et la violence de camarades désoeuvrés, souffrant la plupart du temps tous de manque d´affection chronique. J´y ai appris des histoires à vous fendre l´âme de dégoût, de rage, et bien souvent aussi de désespoir impuissant. Et si les gens connaissaient réellement combien la nature humaine pouvait être méchante à l´égard des enfants, bien de gens changeraient leur avis tolérant ou passif face aux vilenies auxquelles ces petits être sont injustement confrontés. Cela m´a fait beaucoup réfléchir autant sur la nature humaine elle-même que sur la projection organisée de notre société. Et bien de questions sont devenues importantes, mais la plus importante restera toujours : quand comprendrons-nous que la violence, sous toutes ses formes, est l´ennemi le plus dangereux de nos plus belles valeurs sociales ? Les tolérer, ces violences ou leur offrir l´impunité, n´était-ce pas abandonner, mettre à disposition le fondement le plus précieux de la paix sociale, de l´intégrité individuelle ? Car les maux, les exactions, on le voit dans toutes les statistiques de violence européenne, se multiplient dangereusement. La violence a atteint nos écoles, nos parcs de jeux, nos familles, nos stades, nos rues. Ne sous estimerions-nous pas l´éducation, les valeurs que nous devons prodiguer à nos enfants, celles que nous devons protéger et défendre clairement, ouvertement dans la société ?

J´ai trois charmantes filles que j´aime comme la prunelle de mes yeux, et nous nous sommes donnés la peine, ma femme et moi, à établir des rapports que je qualifierai d´attentionnés, ouverts, sincères mais clairement définies par des priorités liées au meilleur épanouissement de leur avenir. Elever, éduquer des enfants n´est pas une chose facile de nos jours, et cependant, je pense qu´avec amour et surtout un bonne dose de lucidité sur le contenu des valeurs qu´on veut léguer à ses enfants, on peut arriver à aider l´enfance à découvrir et cultiver un sens existentiel qui leur offre les moyens de s´épanouir le plus librement et le plus pleinement que possible. Je le souhaite à tout parent, mais aussi à tout enfant.

Derrière l´inceste, Madame Guéguen, il y a un tel mépris, un tel violentement de la vie, de la liberté, de l´intégrité de l´enfant, que cela revient souvent à une mort psychique ou à une blessure morale qui ne guérit que trop lentement. Si ça cicatrice ne nous déchire pas la confiance toute la vie durant. Le barbare qui s´y abaisse, on le retrouve non seulement en famille, mais aussi dans l´esclavage, la colonisation du fouet, du massacre civil et celle de l´étouffement culturel. Dans tous ces cas, la violence, le viol, le vol et le meurtre physique ou psychique est l´expression d´une phallocratie abusive et immorale, car elle s´exerce exclusivement, sans tenir compte ni des droits des autres, ni de leurs libertés. C´est pourquoi, et en connaissance de cause, je vous remercie vivement pour m´avoir donné l´occasion d´en faire part à mes lecteurs auxquelles je conseille vivement de vous encourager dans votre démarche. Car défendre le droit à l´enfance innocente et protégée, c´est défendre une valeur sociale dont la portée et l´importance dépassent les limites du simple délit familial ou sexuel.

Croyez, très chère madame Guéguen, que je vous resterai obligé, parce que  j´estime que le combat que vous menez a droit à toutes les attentions et l´assistance que requiert une grande ambition sociale. Je formule le humble mais sincère souhait que vous arriviez, chez tous ceux dont vous approcherez le sort douloureux, à leur apporter l´amitié et le secours moral qui soulage. Et d´ici, je me permets de relayer votre cri afin que la société entière, tous les gens de bonne foi qui nous écoutent ou nous lisent de vous tendre la main, afin que nous vainquions ce fléau bas et dangereux. Avec toute ma sympathie,

Musengeshi Katata

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10 juin 2006

Conscience et réalisation sensible

Ou le rapport entre l´existence et sa finalité

Du devoir de la conscience d´être à celle de devenir

«Toute personne qui exige d´une autre silence, soumission ; lui refuse ses droits légitimes à la libre et souveraine évolution sinon que comme sa chosification et son instrument sociohistorique, est le primitif le plus dangereux de l´existence humaine.»  Musengeshi Katata

Un ami m´a posé la question : « Quelle est la distance la plus courte : celle qui mène à la conscience, à son organisation et son application réelle vers la réalisation sensible ; ou celle qui dans notre lutte contre la domination occidentale, le moment où celle-ci nous reconnaîtra enfin comme partenaire sociohistorique égal, et où nous pourrions enfin nous atteler librement à notre souveraine réalisation ? Belle question, ai-je pensé, pressentant que celui qui m´avait posé cette question voulait, comme tout être humain, chercher à choisir le raccourci du moindre mal, celui où il pourrait non seulement gagner du temps, mais aussi s´épargner des efforts ou des douleurs inutiles (Mais qui lui en voudrait quand on connaît toutes les cruautés et les vicissitudes qu´on subi les esclaves, les colonisés africains, les indiens d´Amérique exterminés ou les juifs de l´holocauste ?). Je lui ai répondu : «  A mon avis, ces deux moments étaient équidistants et portaient l´un et l´autre le même poids de motivation, de réalisme ponctuel et affirmé face à tout danger qu´il fut interne ou externe à la réalisation.» Et au point où nous nous trouvons, où douleurs et empêchements à la liberté avaient déjà été exercés sur nous pendant de longs siècles, les choses se corsaient parce que les raisons qui ont été à la base de ces humiliations et de ces cruautés, avaient-elles disparu ou pas ? Je parle des matières premières, du marché commercial africain ; l´occident pouvait-elle dire qu´elle se suffisait à elle-même ? Parce que sinon, cette composante devrait connaître un équilibre partagé, au risque de rester un danger permanent pour ceux qui détenaient ces matières premières et se trouvaient dans la fâcheuse position de ne pas savoir les défendre militairement. C´est pourquoi je parle souvent d´équidistance, et de reconnaissance absolue au partenariat existentiel. Je sais, il est difficile d´expliquer à tout le monde que ces matières premières n´étaient pas éternelles, et donc qu´il fallait en user consciencieusement, sans abus. Par ailleurs, il était tout à fait mesquin si pas sournois d´utiliser le profit effectué avec la transformation et la commercialisation des produits finis de ces matières premières pour revenir opprimer ceux qui les possédaient, ou les étouffer en leur imposant d´acheter ou de consommer des produits qui endiguaient leur développement. C´est ce dilemme que beaucoup ne comprenaient pas, et qui cependant se déroulait sous leur yeux et leur ruinait les finances et l´avenir.

La conscience, à mon avis, est à la fois la définition la plus motivée de l´existence, autant qu´elle est l´instrument le plus organisé et le plus rationnel de la perception, de la conception et de l´exercice de la réalisation sensible. Elle est réalisance, c´est à dire le début conscient, sa logique de réalisation et sa finalité existentielle. On ne peut pas se réclamer de la conscience si on fait, pour une raison ou pour une autre, continuellement défaut à sa réalisation ; tout autant qu´on ne peut pas la collectionner comme un objet de relique historique, ou même en abuser pour exercer des excès. Car elle est équilibre vivant et permanent de recherche d´harmonie et d´universalité en ce sens qu´entre la réalité et l´imaginaire, elle est à la fois sensibilité cultivée, épanouie que jouissance paisible et harmonisée de la vie.

Le devoir de réalisation, de finalisation de l´expérience sensible est donc un droit légitime et absolu qui ne peut souffrir ni d´interruption, d´interdiction, ou d´abolition permanente ou momentanée. A moins que, dans le cas d´un assassin ou d´un criminel dangereux à la société, à ses convives, qu´elle ne soit empêchée à porter préjudice aux autres. Et quelques fois aussi à elle-même.

La conscience, n´en déplaise à ceux qui l´exerce en s´y dérobant, ou ceux qui l´exerce en vouant les « autres » au prix douloureux de son avènement au sein de la société, de la culture, est un processus cognitif et créatif à la fois douloureux, émancipant que libérateur, critique et réalisant parce qu´il permet de cultiver, d´exercer et d´épanouir la sensibilité dans toute ses saines ambitions. Son tourment s´appuie sur les valeurs les plus belles, les plus communes de la nature, et sur l´éthique et la morale dont elle est le compas d´orientation. Elle est à la fois un phénomène individuel, collectif et s´assume pleinement sans faux fuyant. Parce que sinon ce ne serait qu´un paravent sans âme : un faux dangereux.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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25 mai 2006

La littérature face à l´esclavage et à la liberté

Ou le tourment du discours existentiel réalisant

Littérature dominée, littérature aliénée ou littérature de liberté

« Wer schreibt, bleibt »  Proverbe allemand Trad. « Quiconque écrit, demeure »

Ce que nous avons déploré ce 10 Mai, c´est que toute l´histoire de l´esclavage n´aie pas été largement divulguée en France, et même en Afrique afin que nous puissions nous atteler à un processus historique important : celui de la réconciliation. La loi Taubira y apportera certainement réparation, cependant que des minorités parlementaires s´élèvent déjà contre elle. A croire que pour certains parlementaires, cette réconciliation historique entre les victimes et leurs bourreaux est inutile, voire indésirable. C´est le propre de criminels invétérés qui veulent profiter des acquis de l´histoire sans jugement éthique ou moral, surtout si cette divulgation ou vulgarisation des faits va révéler leurs faussetés et leurs crimes. Ce qui est curieux, c´est qu´ils votent des lois antidiscrimination, antiracisme pour exhorter le peuple à l´humanisme et à l´émancipation socioculturelle (notons que le racisme, l´intolérance culturelle ou raciale n´est, en fait que le résultat de leurs actes passés éduqués ou simplement élevés jadis à la légitimité), mais lorsque lorsqu´il s´agit d´expliquer et de montrer au peuple, aux jeunes génération le pourquoi de tout ce changement, et surtout où ces genres d´hérésie a mené, quelques parlementaires douteux s´y opposent. N´est-ce pas illogique ? A moins qu´on ne veuille, comme toujours, vider le contenu de cette loi pour continuer à faire comme par le passé et entretenir une francafrique qui devenait de jour en jour accusatrice et salissante.

La littérature est un vaste domaine qui ne comprend pas seulement le roman, la poésie ou le pamphlet, mais aussi tout ce qui a été écrit et publié. En ce sens, elle est un instrument réel des tourments existentiels sociaux. Le grand problème de son discours ou de ses lignes directrices ne repose pas seulement sur sa qualité et son contenu propre, mais aussi de l´opinion dominante : du discours autorisé par l´idéologie dominante régissant la société. Beaucoup d´éditeurs ne produisirent pas des articles, des ouvrages ou des rapports qui accusaient la bourgeoisie régnante au risque de se voir interdire la profession ou comme avec « Les damnés de la terre » de Franz Fanon qui fut saisi chez Maspero à plusieurs reprises par les autorités françaises, de perdre de coûteux  investissements. Dans le même ordre d´idées, pendant le nazisme en Allemagne, Hitler ordonna la destruction d´œuvres littéraires d´auteurs étrangers, juifs ou tous ceux qu´il estimait trop libres ou ne répondant pas à son idéologie totalitaire et raciste.

L´homme crée les instruments de sa réalisation, et ceux-ci influent en retour sur lui ; au-delà de cette influence réciproque, des effets positifs ou mêmes négatifs de cette interférence, peut-on dire que l´un est plus libre que l´autre ou que l´un contient plus de vertus, de qualités que l´autre ? Et le lecteur a bien compris où nous voulons en venir : la différence entre la création imaginaire-réelle idéaliste et le terre à terre courant conséquent à la réalité ou lui étant directement soumise. L´écrit, comme toute production réelle a cette vocation qu´elle peut ouvrir sur le discours critique de référence, et ainsi, connaître, outre sa qualité à entretenir la sensibilité et à la nourrir, l´amélioration ou la transcendance imaginaire ou réelle. Ce qui permet à l´existence d´améliorer ses points de vues, et au lieu de se reproduire bêtement comme une projection imagée face à un miroir, de spéculer, d´extrapoler, d´idéaliser en produisant un changement, une évolution tendant à une meilleure créativité ou même plus fidèle, plus précise évaluation, d´une saisie de la réalité, et même de la connaissance. Ceci est tellement vrai que les civilisations, les cultures qui ont méprisé ou peu développé l´écrit ont eu difficile à évoluer rapidement parce qu´il leur manquait un pilier autour duquel l´esprit ou la sensibilité pouvait ancrer sa créativité et ses spéculations. Sans l´écrit de référence, et l´instrument primaire est l´alphabétisation, l´objectivité est ardue, si pas impossible ; l´esprit et la sensibilité s´expriment et créent, mais il leur manque le facteur transcendant de la critique et de l´amélioration qui consacre le dépassement d´une usage sensible réel.

On comprend d´autant mieux pourquoi par exemple le sous développement persiste ou enlise les sociétés dans l´incapacité : elle n´a tout simplement pas les moyens de références créatives spéculatives permettant de comprendre, d´extrapoler la réalité et de parvenir ainsi à vaincre les difficultés posés par la réalisation complexe de la vie moderne : trop d´analphabètes, trop d´instruits sans vision d´ensemble, absence de penseurs, et hélas aussi, absence de bourgeoisie affirmée ayant compris leurs devoirs.

L´Afrique, devant son retard industriel et scientifique actuel, présente un exemple frappant de ce que ce piège de l´impasse d´un bas niveau socioculturel de divulgation de la connaissance peut engendrer : au lieu de critiquer les traditions primitives ou dépassées, on s´y accroche dangereusement, de peur de perdre pied sur une réalité dont on ne comprend plus les lois de mouvement et de transformation. Ce n´est pas étonnant : l´esclavage et la colonisation a rendu les valeurs introverties, plus réfractaires que confiantes. On ne sait plus, dans ce cas, faire la différence entre l´ignorance embusquée et têtue, les faits, les actes et les connaissances périodiques, relatives ou absolues ; ni juger tous ces facteurs existentiels à leur juste valeur et essayer d´exercer sur leurs cours, leurs contenus, leurs incidences sur notre devenir une influence directrice positive et bienfaisante. Ce qui provoque bien souvent l´illumination, la dictature ou tout simplement le manque de flexibilité adéquate au changement permettant ainsi de muer la production réelle (idéelle ou matérielle), l´organisation de la réalisation sensible en un meilleur avènement, ce qui conditionnerait, et enrichirait aussi la sensibilité tout court. C´est un peu cela le phénomène de la stagnation. Car ne pas avoir le courage ou la possibilité de se critiquer, de s´extrapoler dans l´avenir ou de transcender ses moyens de réalisation existentielle, c´est souvent tourner en rond. Briser ce cercle vicieux par la connaissance et la critique est une des grandes vertus de la littérature ; parce que nul être humain n´étant détenteur de la vérité absolue, et la réalité sensible étant une complexe et large saisie subjective, pour saisir le principal ou la vérité, il faut accéder à l´objectivité sans laquelle la société et son élément individuel : l´être sensible, se reflètent l´un sur l´autre sans parvenir à sortir du dilemme étroit d´une prison-miroir ne réalisant réellement ni l´un, ni l´autre parce qu´ils n´arrivent pas à résoudre les complexes et multiples problèmes de réalisation interactive tendant vers l´harmonie et la perfection des sens, des buts et des moyens.

Celui qui croit maintenant que ce phénomène ne s´observe que dans les pays sous développés se trompe : la crise socioéconomique occidentale actuelle avec son lot de chômage, de surproductions, d´endettement public galopant est aussi un cul de sac qui atteste qu´au lieu de sortir d´elles-mêmes, de s´adapter ou d´évoluer en faisant cas des lois du marché international et du respect de l´évolution de l´intérêt des autres (clients et partenaires), on s´est plutôt enfermé à dominer, à contraindre et exploiter plutôt qu´à épanouir et respecter l´accumulation de futur clients (je parle ici naturellement de l´Afrique). Et on pourrait en toute tranquillité dire que ces sociétés industrielles, au lieu d´être réellement démocratiques, s´étaient elles-mêmes instaurées en norme démocratique en imposant et transformant les facteurs des autres à leurs convenances. Tout est question de niveau, et du point duquel on analyse ou on juge une situation. Ainsi, les américains noirs ont le même drapeau, la même constitution que les américains blancs, et cependant, lorsqu´on analyse les chiffres sociaux de la criminalité, de l´enfermement, du revenu moyens, de l´éducation, de la formation, et même du chômage ; il saute aux yeux que ce que les occidentaux nomment trop rapidement démocratie ou pays des possibilités illimitées,  est plutôt exagéré et trompeur. Que l´idéologie dominante de cet Etat américain s´exerce plus négativement sur les noirs que sur les blancs. Curieuse démocratie. Plutôt bancale et partiale qu´impartiale et juste. Et on voit combien les erreurs du passé esclavagiste et discriminatoire sont difficile à changer, enfermant son homme, et la société dans laquelle il vit, toutes choses restant égales, à un déséquilibre séculaire.

Lire, cela enrichit l´esprit, l´imaginaire, la fantaisie, instruit et émancipe intellectuellement et culturellement. Einstein, un des plus grands physiciens de notre temps, ne disait-il pas : « La fantaisie est plus importante que la connaissance » parce qu´il savait que l´important, ce n´est pas l´instruction ou la connaissance immédiate – celles-ci varient d´époque en époque et selon une irréversible loi de remise en cause critique – mais que le noyau le plus précieux de l´intelligence humaine, c´est cette capacité d´extrapoler, de projeter, d´idéaliser, de muer la pensée, l´idée en un désir de réalité qui aime la beauté, la perfection, toutes les valeurs saines et courageuses de la créativité humaine. Sans une solide et critique instruction, intelligence et désir affirmé de transcendance, on n´arrive pas à élever son imaginaire aux hautes cimes de la créativité ; cela va de soi, mais en réalité, vouloir et aimer étaient les plus importants, parce que ceux-ci éveillaient en nous des forces, des possibilités, un besoin quasi amoureux de l´harmonie parfaite des choses, des idées, de la projection sensible de notre vie.

La littérature ou l´écrit, est le plus important instrument mental de réalisation humaine ; elle n´est pas seulement objet de référence, instrument d´éducation, lieu de discussion, de formation, d´information et d´affirmation individuelle ; mais comme le sang humain, la monnaie, la parole ou le cri de révolte qui s´atèle à changer les choses, souvent invisible et méconnue, elle charrie ses richesses nourrissantes à travers tout notre corps individuel, et celui de la société. Et si son pas et sa robe sont délicats et féeriques, le bal auquel elle accourt ne peut que consacrer sa beauté et les lignes parfaites de sa silhouette en reine incontestée du bal impétueux des désirs humains.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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11 mai 2006

Hommage respecteux et admirateur à Bob Marley

Combattant, militant, artiste exceptionnel

Master Soul Reggæ

Il y a 25 ans, cet incomparable musicien nous quittait. Beaucoup de choses ont été écrites sur lui, sur sa musique désormais légendaire, sur sa famille, ses amis ; mais ce qui le personnalise entièrement, c´est sa foi et le contenu militant des textes de ses chansons. J´ai eu la chance inouïe de le rencontrer à Bruxelles, dans un club fermé, au « Privé » ; et je vous avoue que ma joie fut sans limite. Beaucoup dansent sur sa musique et même l´aime, mais beaucoup aussi ne lisent pas ses textes. Et pourtant, là se trouvait le cœur de son âme. Je vous offre ma chanson préférée, parce qu´elle