19 mars 2010
Afrique, histoire, cultures et interprétation du discours de Cheikh Anta Diop
Commentaire sur Facebook
Seul
le présent et l´avenir nous réalisent et affirment l´amour réel que nous avons de nous-mêmes.
Bien sûr qu´il existe une civilisation africaine et des cultures
africaines, seulement leurs personnalités sont très faibles dans le concert
mondial des cultures industrielles, riches et mieux organisées. Là est le
problème ou le bas blessant de l´Afrique: sa faiblesse économique, militaire,
politique. Ce qui donne l´impression, face aux mainmises et aux envahissements
politiques et industriels des pays riches exportant leurs cultures et avec
leurs produits faisant payer leur avenir aux pauvres, que l´Afrique est sans
culture ce qui n´est pas vrai du tout. Et peut-être ici l´occasion de dire aux
africains réellement épris de leurs cultures et de leur continent qu´il est
temps d´ouvrir les yeux et cesser d´accompagner aveuglement un courant étranger
nocif érodant autant nos valeurs que notre avenir.
Maintenant, ami Richard-Claude B. K, je veux bien qu´on s´inspire comme le
disait Cheikh Anta Diop de l´histoire de l´Egypte, mais cela pose beaucoup de
problèmes autant d´analyse que d´importance rationnelle. Doit-on retourner en
arrière, oublier le présent, se tourner vers une culture morte qui a fait des
morts un culte de célébrité plutôt que de cultiver la vulgarisation de valeurs
rationnelles et scientifiques ouvrant sur l´avenir ? Beaucoup d´erreurs ont été
faites, comme dans toute culture, en Egypte ancienne comme dans les Etat ou
empire successifs ayant vu le jour en Afrique; devons-nous fermer les yeux et
les adopter comme des vérités toutes faites ? Je suis personnellement persuadé,
après maintes lectures de Cheikh Anta Diop et de plusieurs historiens africains
renommés, que ce qu´ils veulent tous dire en fait est ceci: nous sommes grands,
nous ne devons pas nous laisser traiter de nullité historique comme les
islamistes ou les chrétiens l´ont fait lors de l´esclavage et la mainmise sur
notre continent et nos terres. En vérité Cheikh Anta Diop voulait éveiller les
africains à devenir fort, à sortir de l´ignorance, de leur stagnation
économique, politique et militaire. Il le dit à plus d´une fois. Or, certains
africains aujourd´hui ne savent même pas que l´Egypte ancienne était noire ! Les
envahisseurs musulmans repoussèrent en effet les noirs vers l´intérieur des
terres ou les vendirent en esclaves dans le monde entier et particulièrement à
l´empire Romain.
Anthropologie, philosophie, appel à la révolution...on entend tous ces cris
en Afrique; et quand bien même ces révoltes seraient légitimes et fondées, les
africains doivent malgré tout cesser de placer leur ignorance devant leurs yeux
et croire que tout ira bien ou que l´histoire se fait à coups de réclamations
ou de douleurs de la pauvreté ou du manque. Ce qui nous a valu les malheurs de
l´esclavage, de la colonisation et ceux d´un criminel et sournois système
d´oppression politique, sociohistorique et économique tel que la francafrique
est notre faiblesse économique, intellectuelle, mentale et notre sous
développement industriel et militaire. Si cela n´avait pas été le cas, on nous
prendrait plus au sérieux parce que nous serions mieux organisés et capables de
défendre nos cultures, nos intérêts et l´avenir de nos enfants.
Aujourd´hui vivant dans un monde foncièrement concurrentiel et au lieu de
développer nos facteurs de développement, les affûter et leur donner le
dynamisme nécessaire à répondre à notre meilleur développement, nous jouons un
jeu soit disant globalisant alors que celui-ci ne menait les faibles et les
moins développés qu´à servir les riches en les rendant encore plus puissants et
riches...lesquels viennent plus tard envahir les pauvres de leurs
surproductions industrielles et imposer leurs dictats financiers et politiques.
Et nous serions assis à philosopher sur l´anthropologie, l´histoire de l´Egypte
ancienne ou si nous avons des cultures ou des religions propres ? Je crois, en
ce qui me concerne, qu´il y a mieux à faire: notamment se départir erreurs d´illogisme
et d´ignorance du passé et redonner aux cultures africaines et à leurs facteurs
de développement le dynamisme et l´esprit critique et rationnel leur permettant
de recouvrer autant leur fierté créative, que leur ingéniosité sociale et
culturelle d´antan. Ceci représente, à mon sens, la meilleure interprétation du
discours de Cheikh Anta Diop. Mais si nous ne savons même pas interpréter ou
comprendre les discours de nos meilleurs intellectuels et tribuns
politiques...nous avons tout simplement cessé d´être africains pour ne plus
être que des fantômes sans identité et sans orientation sociohistorique propre,
jouet adulé de la chosification économique, géopolitique et commerciale étrangère.
Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
Forum Réalisance
15 mars 2010
A propos de la question de culture et du développement en Afrique
Commentaire sur Facebook
La
culture s´étiole sans idéal de perfectionnement sensible, sans épanouissement
et développement économique, social et individuel
Non, chère Katreen, je n´ai pas oublié ta question CULTURELLE; ce qu´on
entend par-là...même si je suis surpris qu´une belge ou une occidentale soit en
mesure de rappeler à un africain congolais de faire cas de la question
culturelle ! Mais bon, cette question, elle existe bien et cela est même urgent
en Afrique de s´y tourner résolument. Seulement, comment s´approprie-t-on la
Culture avec "C" majuscule, si on n´a pas appris à critiquer et
éviter les erreurs du passé ? L´histoire ne se fait pas seulement à coups de
grandes idées; elle se fait aussi par l´accumulation et le matérialisme
dialectique de l´expérience sensible intellectuelle et pratique. Ce travail,
hélas, est bien négligé en Afrique...tous ceux qui croient qu´il suffit de
faire comme les occidentaux, de monter quelques unités de production par-ci,
par-là ou de construire des routes et des grands échangeurs pour se croire
développé se trompent bien. Le développement est certes actif et créatif, mais
il est aussi un état d´esprit aimant l´intelligence, la science, la créativité
et le modernisme que nous procurent la technique et l´amélioration de nos
moyens et instruments de réalisation.
A propos de projets, d´études et de prévisions...j´ai été invité en
consultation à Kinshasa lors de la prise du pouvoir de Laurent Kabila; outre
que j´ai été choqué par certaines flagrantes contradictions, j´ai été
scandalisé par la destruction publique et frondeuse de toutes les études
urbaines, industrielles et sociales faites sous Mobutu. On prétendit à l´époque
qu´on ferait mieux...tout le monde acclame encore aujourd´hui Kabila et le
considère comme un patriote; moi pour ma part je le considère comme un illuminé
inculte et borné. On ne détruit pas la pensée intellectuelle de tant de
critiques sociaux, le travail de tant de hauts professeurs congolais d´universités...en
fin de compte pour conduire le pays comme on le voit aujourd´hui à une
désorientation cruelle et scandaleuse. Si les congolais sont aujourd´hui
surpris que rien ne tourne rond, moi pas; j´ai vu venir le train fou qui
entrait dans la ville.
Je suis souvent long, c´est vrai; mes amis disent que j´aime punir les
ignorants et les gens superficiels qui ne voient pas les choses dans une plus
large ampleur. je leur répond toujours que je suis né libre, pas esclave de qui
que ce soit parce qu´il était interdit lors de l´esclavage d´apprendre à un
noir à lire et à écrire...La culture, je ne la définirait pas comme étant
"ce qui reste quand on a tout
oublié" comme le faisait bêtement à mon sens en France l´écrivain
Emile Henriot (1889-1961). Ce n´est pas quand on a perdu sa mémoire ou qu´on a
oublié toutes ses bonnes manières apprises par l´éducation qu´on est enfin
cultivé ! Ce qu´on a fait avaler à des générations d´innocents lecteurs de
France et d´ailleurs ! Je dirai simplement que nous devons faire, dans le monde
entier, et particulièrement en Afrique à cause de son retard industriel et
économique, l´effort d´acquérir un meilleur apprentissage et exercice de la
Culture comme lieu de définition sociale, économique, d´identité culturelle et
de réalisation individuelle. Il y a beaucoup à faire en Afrique sur ce point de
vue et l´économie - et c´est dire ici l´usage approprié des moyens financiers,
créatifs, intellectuels et imaginaires d´une société - y joue un rôle des plus
prépondérant. Produire pour produire cela ne mène nulle part si une
organisation et un marché organisé ne rendent pas à ceux qui produisent les
moyens financiers dont ils ont besoin pour répondre à leurs frais et
s´améliorer. Le niveau moyen de revenu intervient aussi dans l´évolution ou
l´avenir des affaires, ne l´oublions pas.
Au delà de tout cela, et c´est par-là que je juge tous ceux qui commentent
ou s´expriment sur le Net, je place l´avènement en Afrique et au Congo d´un
idéal social d´excellence au dessus de tout. L´Afrique ne connaît pas cela, il
faut bien le dire: des fabriquant de chaussures, de meubles, des couturiers ou
des travailleurs de métaux cherchant la perfection dans leurs métier. A mon
sens nous avons non seulement un manque criant de normes de perfectionnement,
il nous manque aussi un sens de perfection dans la gestion et l´organisation de
la chose publique. Même l´éducation en Afrique est sans éclat et sans ambition
particulière...pour vous en tant que belge cela ne vous frappe pas étonnant,
vous avez hérité des efforts écrits et éprouvés de votre histoire en
mathématique, en histoire, en sciences politiques, etc. Certains africains, par
contre ne savent même pas ce que signifie réellement pour eux la découverte des
pyramides, la colonisation ou les "Bâtons d´Ishango".
D´autres on crû qu´il s´agissait tout simplement d´acquérir un diplôme
occidental pour être arrivé sans plus. Certains se sont réfugiés, pour un
diplôme d´intégration sanctionnant leur refus de la misère, de la médiocrité et
de la pauvreté chez eux, l´intégration en occident développé et organisé. Qui
peut le leur en vouloir ? Oui, la Culture, chère Katreen Benoît, est faite
surtout de mémoire et critique du passé, de production et d´exercice
responsable et conséquent de la liberté, individuellement, socialement. Et ce
qui distingue l´homme de culture, c´est exactement l´art et le talent qu´il met
à jour pour défendre ses droits à la réalisation sensible, accomplir ses
devoirs envers lui-même et sa société, créer et célébrer l´existence comme un
bien précieux et cher respectueux autant des droits des autres que de leurs
libertés à s´épanouir. Pour moi c´est cela, la liberté ou la culture.
PS: j´espère que je ne vous ai pas trop puni à me lire, oui, je sais,
parfois je suis un grand tyran...
Musengeshi Katata
« Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu »
Forum Réalisance
28 janvier 2010
Sur le premier discours d´Obama sur l´état de l´Union
Discours
très attendu depuis qu´Obama avait déclaré son intention d´empêcher
les banques américaines à spéculer à hauts risques avec la fortune de
leurs
clients. Puis il y avait le chômage haut de plus de 10% avec lequel les
américains,
malgré les efforts entrepris par l´administration Obama pour l´endiguer,
se débattait.
Puis venait les guerres d´Irak, d´Afghanistan coûteuses et actuellement sans succès, la crise économique
mondiale, l´Iran et la Corée…L´Amérique avait fait un recul du PIB de 13% dans
cette
crise, l´Allemagne de 5,2 %, la France de 7,9%, la Grèce de 13 %, la
Grande
Bretagne de 11%...Dans quel état se trouvait réllement l´économie
mondiale et
comment pourrait-on au mieux la relancer ? Parallèlement, le Davos avait
ouvert ses portes et l´affluence était grande : 2500 invités s´y étaient
annoncés.
Arrivera-t-on à y trouver les solutions pour juguler la crise mondiale ;
en avait-on les moyens ou se trouvait-on dans un cul de sac sans autre
issue que
de laisser la crise par elle-même épurer les erreurs et les abus du
système actuel ?
Obama entre
l´enclume et le marteau ou mis à pat par l´opposition ?
Rappelons
nous, il y a à peine un an qu´Obama fut élu avec un enthousiasme
qui unit le monde entier autour de son courageux discours de changement.
Depuis, beaucoup d´eau avait coulé sous le pont…agacée par la notoriété
de ce
nouveau président américain démocrate, les forces conservatrices
républicaines
s´organisèrent pour neutraliser cet idéaliste qui risquait de leur
faire
subir la politique d´une vision universelle et solidaire du monde alors
que les
américains étaient habitués, en pays le plus riche, le mieux armé et le
plus développé
du monde, à dicter aux autres leurs vues et leurs intérêts. On élut
donc, pour
neutraliser le problème racial, un adversaire aussi noir qu´Obama à la
tête de
l´opposition républicaine et la crise économique fit son chemin en
sortant d´une
part des effets négatifs contre lesquels la fraîche administration
d´Obama se
trouva désagréablement confrontée : le chômage, la restriction du crédit,
les banqueroutes bancaires de plus de 100 institutions financières
américaines, un douloureux endettement public…une
guerre Afghane devenue amère et ardue et dont on se demandait comment et
quand
finirait-elle en cessant d´ingurgiter les deniers du contribuable
américain
pris à la gorge par une violente crise économique.
La position
si prometteuse pour la réussite de ses promesses électorales a,
ces deux derniers mois, changé complètement pour Obama : depuis l´échec
électoral par lequel les républicains ont repris au Sénat le siège de Ted Kennedy et inversé
la
majorité que les démocrates avaient dans cette haute chambre du pouvoir,
toutes
les chances de voir passer la loi sur la réforme de l´assurance maladie
universelle s´est envolée en fumée. Quant au chômage, malgré les efforts
et les
initiatives gouvernementales, celui-ci ne diminuait pas, preuve que ce
n´est
pas seulement l´Etat qui crée l´emploi mais bien et en grande partie les
investisseurs privés ! Et ceux-ci aiment savoir au préalable où ils
vont…on
n´investit pas à l´aventure, mais bien pour en profiter ; or les
affaires étaient
plutôt à l´attente dans cette crise...c´était plutôt l´heure des réformes
et des
réductions de coûts de production que ceux de l´aventure passionnée vers l´inconnu.
Actuellement
dans le monde seul les marchés asiatiques présentaient une ferme
tendance de
croissance positive. Mais investir en Chine et ailleurs en Thaïlande, au
Vietnam ou en Inde, c´est créer des emplois concurrentiels qui venaient
rendre caduques
celles des industries américaines à domicile. Comment renverser la
vapeur et
rendre rentable les investissements aux Etats-Unis et dans l´emploi
américain ?
Bonne question. Les asiatiques avaient des prix imbattables…et depuis que la Chine avait mis frein à l´expansion du crédit, la sonnette d´alarme avait sonné partout dans le monde industriel. Il ne faudra pas compter sur le crédit facile et bon marché chinois pour remonter l´économie mondiale...les chinois craignait un effondrement de leurs économie et bien sûr l´envolée en fumée de leurs efforts.
Obama était
mis donc à pat par le jeu de la démocratie américaine ;
cela s´aggravait encore depuis que la Cour Suprême américaine avait
rendu un
verdict rejetant la limitation de l´aide financière accordée aux
candidats
politiques aux Etats-Unis. Désormais les banques, les sociétés
financières ou
productives pouvaient se jeter en liesse et influencer massivement les
électeurs
et l´issue des élections. Et si Obama se faisait l´ennemi des banques ou
des
grosses fortunes…sa réélection serait impossible, tout simplement. Même
de ce côté
les républicains l´emportaient car ce sont eux qui avaient le plus de
moyens
financiers de leur côté.
Comment
lutter contre l´endettement remarquable du déficit budgétaire américain
qui accusait aujourd´hui 1400 milliards $ ? Réduire les dépenses, geler
les salaires publics et les nouvelles embauches ? Cela allait attirer
des
rugissements dans le large secteur public américain. Faire de nouveaux
impôts
pour augmenter les entrées de l´Etat ? Ceux qui étaient riches se
refusaient à accepter cela ; c´est comme avec toutes les impositions :
pas chez moi, sonnez plutôt chez le voisin. Imposer les transactions
financières
bancaires ? Après tout, ces banquiers, non seulement ils avaient été
co-instigateurs de cette crise, ils en avaient profité et même, avec des
larmes de
crocodile, ils avaient quémandé le secours public. Aujourd´hui, comme si
rien n´était,
ils s´étaient bien remis à se noyer de dividendes et de bonus comme si
la crise
n´avait jamais existé et ne posait aucun problème aux chômeurs, aux
entreprises
mises à mal et mêmes aux dettes et finances de l´Etat ! Mais…faut-il vraiment se
mettre des banquiers sur le dos ? Délicat. Et pour le moins embêtant...les banquiers, c´est connu, ont bonne mémoire.
Obama
semblait, curieusement, comme un otage pris au piège de sa propre
démocratie.
Et s´il ne fait pas attention, il ne restera plus rien de son idéalisme
politique ou même de ses promesses. Il serait transformé par ses
adversaires en
vil étalon politique que les républicains useraient et abuseraient à
loisir
pour asseoir leur politique néolibérale de toujours : exploiter les
autres, leur imposer leurs intérêts, les dominer et si cela ne marchait
pas avec
les méthodes classiques discrètes, on bombardait, tout simplement,
quitte à
convaincre le monde qu´on agissait strictement pour une noble cause. Les
européens
observaient le développement aux Etats-Unis avec des sentiments mitigés ;
chez eux aussi le torchon brûlait : la Grèce, pays natif de la
démocratie,
sombrait sous ses dettes (300 milliards €) et s´agrippait désespérément au bord de
la
banqueroute, par ailleurs l´Espagne, le Portugal, l´Islande,
l´Irlande…l´Ukraine
tous étaient au rouge. On aurait bien vu une Amérique se frayant de
nouvelles
voies qui profiteraient aussi aux partenaires européens. Et si ce
n´était pas
le cas, l´Amérique risquait de perdre son leadership en occident. Chacun
pour
soi, Dieu pour tous ? La concurrence industrielle allait prendre, dans cette crise, très prochainement des allures aveuglées...
Toute cette
histoire de combat entre les forces conservatives et les forces
progressistes se joue presque partout dans les sociétés en crise : les
uns
défendent leurs habitudes et leurs efforts passés et craignent le
changement
parce qu´il risque de leur enlever leurs privilèges et leurs aises; les autres
prétendent que le changement est porteur de plus d´espoir et de
bien-être sans pour autant l´avoir éprouvé ou mis à l´épreuve. Qui avait raison ? Toujours est-il qu´il faut réellement du courage pour briguer le changement. En Europe
c´était la même
chose : en Allemagne on avait élu dernièrement les conservateurs au
pouvoir (Coalition CDU-FDP) mais ceux-ci n´avaient aucune recette valable contre la crise ; on se
contentait donc de protéger d´abord les grandes richesses de
l´effritement…quitte
à éplucher les petites gens et endetter encore plus gravement l´Etat,
les
pouvoirs publics et le contribuable…en attendant que les choses se
décantent d´elles-mêmes
ou que les nuages à l´horizon de la crise se dissipent avec un meilleur
vent.
On alla même à créer la loi sur l´accélération de la croissance : la Wachstumsbeschleunigungsgesetz
! (Quel
mot !) On se croirait à la course automobile dans les accélérations
dangereuses en sortie de courbe incertaine. Cela a soulevé une telle hilarité dans
les
milieux intellectuels et ceux de la rue...! Ces allemands, ils avaient
un tel
humour ! En France Sarkozy qui avait ouvert le Davos faisait la cour aux
citoyens en les invitant à dialoguer avec lui ; il s´était promis de
répondre à toutes leurs questions au moment où tous les pouvoirs en occident n´étaient
plus maîtres
de la situation. Que pouvait-il donc donner en réponse valable ? Que le
chômage
allait baisser bientôt et que les assurances sociales redeviendraient
rentables ?
Dans ces deux cas les choses allaient bien se dégrader inexorablement…tandis que la concurrence chinoise et indienne, elle, faisait d´énormes poussées sur les marchés des biens commerciaux, de l´industrie et de l´emploi.
Obama s´en
sortirait-il de ce dilemme politique qui risquait de l´empêcher
d´être lui-même et d´exercer le pouvoir que le peuple américain lui
avait confié
comme il le voulait et comme il l´avait promis lors de sa campagne ? Il
ne
se résigne pas, a-t-il dit, il allait se battre…Nous trouvons-nous dans
un
curieux marché de dupes ? Que voulait le peuple américain au juste ;
voulait-il le changement ou il ne s´agissait que de se débarrasser de
l´image par trop salissante de George Bush pour la réputation américaine et cependant, malgré tout rester comme
par le passé...bien néolibéral et impérial ? Est-ce possible dans cette crise ou celle-ci poussait-elle bien au changement écologique, entre autre ?
Musengeshi
Katata
« Muntu
wa Bantu, Bantu wa Muntu »
Forum Réalisance
17 décembre 2009
A propos de critique et d´objectivité : la fausse leçon démocratique américaine aux français en 2006
J´ai retrouvé cet article sur le Net que je
propose à nos lecteurs afin qu´ils apprécient du grossier et non moins douteux
propos tenu par un journaliste réputé du Wall
Sreet Journal en 2006. Au regard des abus que se sont permis les banquiers
de la Wall Street envers l´économie mondiale et celle de leur propre pays, mais
aussi avec un peu de recul et même une saine objectivité, ne trouvez-vous pas
cela…bas et grossier de s´être penché aussi grassement à la fenêtre publique du
monde à l´endroit de la France ?
Le
"déclin" et la crise de la démocratie en France, vus par le Wall
Street Journal
AFP 21.03.2006 - 15:41
Les manifestations en France et les "perspectives peu encourageantes pour
la carrière du premier ministre Dominique de Villepin" sont "les
derniers symptômes d'une démocratie malade", estimait
ce mardi le Wall Street Journal (WSJ).
Dans un éditorial intitulé "Le
déclin de la France", le grand quotidien financier américain fustigeait,
au-delà des manifestations d'étudiants et de lycéens français contre le contrat
de premier embauche (CPE), le modèle économique français.
"Si la France veut renverser sa tendance, en vigueur depuis 30 ans, à une
croissance faible et un chômage élevé, elle a besoin de mettre à bas les
barrières de la législation du travail dans tous les secteurs, et pas seulement
pour les moins de 25 ans", écrivait le quotidien.
"La France n'a jamais réussi à établir un système politique à la fois
durable et flexible", estimait par ailleurs le quotidien.
Il relève que "dans son histoire post-Révolutionnaire, la France
s'est caractérisée simultanément par l'instabilité et l'immobilité. Alors
"qu'en 217 ans, l'Amérique a vécu sous un seul ordre
constitutionnel", "la France a connu 10 régimes différents", écrivait
le Wall Street Journal.
"Un vrai Parlement aiderait", ajoute-t-il. "Les
protestations croissantes en France plaident pour une nouvelle réflexion sur la
Constitution", estimait le quotidien. "Quand des milliers de
personnes dans la rue estiment avoir le droit de faire la loi pour des millions
d'autres, un pays perd le droit de se nommer une république démocratique",
selon le Wall Street Journal.
Le quotidien suggèrait par ailleurs qu'il serait "instructif" d'envoyer
Alexis de Tocqueville à travers la France aujourd'hui. "Il y relèverait
la dépendance à l'Etat et l'absence d'individualisme, symbolisés par la
faiblesse de l'initiative caritative privée et le faible niveau d'engagement
civique".
Pour lire la suite de l´article signé Azgad :
http://azgadetlemonde.blogspot.com/2006/03/douce-france.html
Forum Réalisance
08 décembre 2009
L´actuelle politique économique d´Obama est-elle néfaste à l´Amérique Latine ?
Commentaire sur « Le Grand Soir » sur l´article : Obama
contre l´Amérique Latine. http://www.legrandsoir.info/Obama-contre-l-Amerique-latine.html
Le fond caché du problème américain présent…et futur
Je crois que l´auteur de l´article voit les choses justement, dès lors que
les choses, depuis cette violente crise économique et financière, ont longtemps
changé ! Ouvrir des brèches commerciales en Amérique Latine ne serait
encore possible que si les produits commerciaux américains étaient
concurrentiels par rapport à ceux des chinois et des indiens, par exemple ou même ceux du Brésil. Ce
n´est présentement pas le cas. Trafic d´influence en utilisant des
gouvernements condescendants pour vendre des armes... etc ? Cela ne marche
plus...l´Amérique latine n´est pas comme l´Afrique corrompue et manquant de
leader charismatique et averti.
Tout le monde en Amérique Latine a très bien compris qu´on s´appauvrissait à ce jeu d´importation aveugle et idiote. Investir en Amérique Latine comme on l´a fait en Chine reste la seule bonne issue pour fructifier le capital...mais on sait aussi que cette expérience contient un boomerang de produits bons marchés envahissant les américains en retour comme le montre l´expérience chinoise. Alors, que faire ? Eh bien c´est cela le drame actuel occidental en général : pour sortir de la crise ou garder leurs parts du marché commercial international, ils doivent baisser la culotte et passer aux prix bas...plus bas que ceux des chinois et indiens ! Est-ce possible ?
Et si c´est le cas, ce sera, avec le manque à gagner, bien l´écroulement de
leurs économies nationales croulant sur des dettes publiques galopantes et un
chômage grandissant énormément à vue d´oeil. Tout ceci est embêtant, mais c´est
l´impasse douloureuse de ceux qui croyaient qu´ils devaient appauvrir les
autres et que plus ils étaient riches et les autres pauvres, que cela était
l´idéal en économie. Grave erreur, comme on le voit. Et autant le dire
ici : cette crise est pavée d´épines et sera bien plus douloureuse qu´on
ne se la souhaite. Hélas.
Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa
Muntu"
Forum Réalisance
PS. : Nous partons, chers
lecteurs, naturellement d´une chose qui nous semble évidente : que l´Amérique,
pour payer ses déficits budgétaires et rembourser son endettement public
actuellement grandissant à vue d´œil, sera obligée de quitter sa quiète économie
de consommation pour passer à l´économie d´exportation. Présentement l´économie
américaine a la structure suivante 70% consommation, 10% exportation (surtout d´armes)
et 20% d´importation. A notre avis faire des guerres coûteuses et grotesques
pour engendrer une large demande d´armes ne suffira pas dans l´avenir à équilibrer
l´économie américaine. Quand on pense qu´après cette crise, l´Amérique aura
approximativement besoin de 25 milliards $ par jour pour honorer ses intérêts négatifs…si
cette économie ne se relève pas rapidement pour attirer les investissements
dans ses murs, comment va-t-elle pouvoir remplir ses lourdes obligations à l´avenir…tout
en conservant son niveau de vie ? Il ne s´agit donc pas seulement de
contenir les économies latino américaine sous elle pour mieux les contrôler
comme par le passé, mais bien à mon sens de profiter de leur excellent développement
pour s´en faire des partenaires commerciaux utiles à l´économie américaine. Mais
bien entendu tout cela est soumis à la notion de liberté économique et de coopération
qu´entretient l´Amérique d´Obama à l´endroit de ses pays voisins.
MK
04 décembre 2009
Sur le défi climatique prochain de Copenhague
A la
conférence qui va s´ouvrir de 7 décembre au 17 à Copenhague, tout le
monde est d´accord qu´il est grand temps de cesser de tourner en rond et
de
prendre enfin le taureau par les cornes en adoptant, dans le monde
entier, une
attitude active pour réduire le CO2 dont l´effet de serre menace
d´augmenter
dangereusement la température de notre environnement climatique avec des
conséquences effroyables de disette et de migration de près de 200
millions de
personne…et ce n´est qu´un aspect du désastre. En vérité, devant quel
problème nous trouvons-nous et pourquoi tardons-nous à nous mettre d´accord sur la
lutte
contre le danger imminent qui nous menace tous indistinctement ?
Quand
les forces du passé, nos erreurs et nos illusions nous empêchent d´agir
sagement.
« La
forêt empêche souvent de voir l´arbre » Shakespeare. 
Un physicien
allemand d´origine indienne résumait la situation comme
ceci : « Nous sommes tous égarés dans le désert et nous
n´avons ensemble
qu´une seule bouteille d´eau qui a été à moitié vidée par les pays
industrialisés pendant un siècle au moins…maintenant il s´agit de
partager
cette eau restante afin que tout le monde survive. Les pays riches et
industrialisés sont les plus fort techniquement et financièrement ; les
pays pauvres cependant arguent qu´ils ne sont pas responsables de la
catastrophe et qu´il serait temps que les pays industrialisés et grands
pollueurs de l´atmosphère réparent leurs dégâts. Comment va-t-on
partager l´eau
restante afin que tout le monde aie son compte, mais surtout qu´à
l´avenir les
pays pauvres ne soient pas de nouveau empoisonnés sciemment par les
cheminées
rageusement polluantes des pays riches qui leur dévorait les matières
premières du monde entier tout en les ravalant à la pauvreté…ou en les
jetant
en pâture aux conséquences cruelles d´une écologie mondiale égoïstement
détruite
et mal assumée ! »
Avec cet
exemple, les camps antagonistes sont mis en place. Les pays sous
développés
exigent un substantiel effort de réduction des émissions de CO2 des pays
développés
d´ici 2020 car jusqu´en 2050, la diminution doit porter sur 80 à 95 % !
En
outre, ces pays sous développés exigent que leurs efforts n´entravent en
rien
leur industrialisation. Ce qui est tout à fait légitime après avoir
avalé les déchets
toxiques des pays développés. Mais pour se développer avec plus de
regard pour
l´écologie, il faut une toute autre technicité énergétique que celle qui
a été
employée par les occidentaux. Les africains ne l´ont pas et cela tient
aussi du
centralisme et du formatisme scientifique et technologique occidental
qui imposa
en Afrique et ailleurs une vue scientifique et technique analogue à la
sienne.
Mais disons-le aussi ici, les africains, malgré tout, n´étaient pas
obligés de
suivre bêtement et de commettre les mêmes erreurs d´approche technique
et
scientifique du gain et de l´emploi énergétique que les occidentaux !
Après
tout, étaient-ils indépendants, souverains ou pas ?
Avec cette
crise économique et financière que nous vivons actuellement, et
auparavant avec, depuis 20 ans au moins, des signes répétés de recul de
croissance et d´augmentation du chômage, les pays industrialisés sont
eux aussi
pris le dos au mur. Ayant perdu des sommes énormes pour éviter le
collapse du
système économique et subissant un chômage actuel rageur, ils se sont
endettés
gravement pour limiter la casse. Et la crise n´était aujourd´hui loin
d´être
terminée. Or les changement qui s´imposent pour réduire les émissions
carbone
vont demander une complète restructuration technique et financière d´une
portée
énorme et profonde. D´où viendra l´argent, que diable en période de
crise ?
Les
investissements traditionnels faits dans l´automobile, dans les
industries de production énergétique ou même de production de biens
industriels
sont énormes et demandent du temps pour changer de fusil d´épaule…les
lobbies
des méthodes traditionnelles ou lentement progressives de production
étaient
devenus puissants et influents dans la société de sorte qu´au gré du jeu
démocratique
des enjeux constitutifs de la société, ils savaient retarder tout ce qui
les
pousserait à de nouveaux investissements ou même étouffer carrément
toutes les
initiatives écologiques nouvelles nécessaires au changement. On se
trouvait
donc, tout en fêtant la démocratie, enfermé à un jeu qui empêchait les
forces
politiques et économiques progressives d´œuvrer au salutaire changement !
Tout le monde sait que si l´Amérique jusqu´aujourd´hui n´a pas signé
Kyoto, c´est
parce qu´elle craignait que ses industries ne soient brutalement
contraintes au
investissements de changement, ce qui, bien entendu, les aurait rendu
peu
concurrentielles.
Ceci
expliquant cela, et malgré tout tous étant liés ou appelés à prendre
la menace qui pèse sur le monde entier au sérieux, allons-nous assister,
comme
toujours, à des concessions minimalistes de la part des pays riches et
grands
pollueurs pour ne pas donner l´impression de saborder cette conférence ?
Ou allons-nous assister, comme l´a fait entendre les Etats-Unis et la
Chine, à
de substantielles concessions ouvrant une réelle voie de conscience et
de
responsabilité à la solution d´un problème de la haute importance pour
notre
avenir ?
Que ce soit
du côté africains, pauvre et sous développé que du côté industriel,
riche et technologique, le problème est à notre avis le même, du moins,
dans
ses coûts, ses efforts et ses restructurations d´une part, et de
l´autre, dans
l´acquisition et la maîtrise d´une technologie verte qui n´existe pas
encore ni
dans les pays émergents, ni dans les pays pauvres et sous développés. En
fait,
nous sommes d´une part pris dans les mailles des erreurs, de l´égoïsme
et du
centralisme financier, scientifique et technique de l´hégémonisme
absolutiste
occidental du dépassé qui a imposé partout dans le monde, à coup
d´interventionnisme
politique, économique ou à coup d´exportations de biens industriels, des
normes
aujourd´hui dépassée qui dévorèrent autant la liberté de voir et
d´entreprendre
les choses autrement, que celle d´investir dans des systèmes propres
d´intelligence
industrielle. Aujourd´hui que les pays faibles et sous développés sont
priés
gentiment de changer leurs vues du progrès et de ne pas copier bêtement
les erreurs
des occidentaux, ces derniers n´ayant pas développé des technologies
libres et alternatives,
ils sont bien pris au piège pour ne pas avoir pris le temps d´y penser
ou de s´y
préparer…
Arriverons-nous
à
un accord permettant d´engager le monde entier sur un
accord global écologique satisfaisant de réduction du CO2 ? J´en doute
sincèrement ; cela me rappelle le mensonge occidental du transfert de
technologie…qui s´avère aujourd´hui bien inutile puisqu´on aurait
reproduit les
mêmes erreurs que les occidentaux. Et cependant, même là ces
technologies devenues
caduques se laissaient encore attendre. Ou encore l´histoire de la
colonisation :
pendant que les uns fêtaient leur décolonisation en oubliant de faire en
sorte
que le cours de leur histoire réponde réellement aux exigences du
progrès et
ceux de leur réalisation sociohistorique, les ex métropoles
colonialistes mirent
tout en œuvre pour assassiner les élites gênantes et remettre, avec une
francafrique néocolonialiste et mystifiante, la politique et l´économie
de
leurs ex colonies sous leurs bottes. La liberté, selon cette manière
d´agir, ne
signifiait qu´une chose : elle était la propriété et la définition du
maître
occidental. Et maintenant ? Faut-il que nous répétions, nous aussi les
erreurs infantiles occidentales ? Oh non, nous dit-on vous devez faire
mieux ! Ah vraiment ? L´Afrique qui avait suivi l´occident et omis de
voir les choses autrement ; cette Afrique-là est aujourd´hui prise au
dépourvu
et intellectuellement elle était revenue à la case de départ : elle
devait
développer, selon ses moyens naturels et climatiques, ses propres
sources d´énergie
et sa propre technologie industrielle. Si elle s´était battue dès le
début pour
une voie de développement réellement indépendante, elle serait
aujourd´hui bien
loin ! Comme quoi on peut se laisser abuser ou même se cacher avec des
illusions de l´exercice de la responsabilité de sa liberté quelques
temps, mais
à la fin et inévitablement, elle est comme notre ombre de vie : elle
nous
suit toujours partout et exige sa pleine et entière reconnaissance.
Musengeshi
Katata
"Muntu wa
Bantu, Bantu wa Muntu"
Forum Réalisance
A
lire, à titre d´information :
2.- http://www.actualites-news-environnement.com/21293-conference-copenhague-climat.html
4.- http://www.actualites-news-environnement.com/22119-Climat-opportunites-agriculture-FAO.html
21 novembre 2009
L´Afrique et le casse-tête du train de la mondialisation
Commentaire sur
le vif au cours d´un débat sur Facebook
Rien à faire, l´Afrique ne saura
profiter de la mondialisation que si elle met ses facteurs économiques, créatifs
et culturels à jour !
@ Dr Emmanuel T.
Z. Tant mieux, bon débarras. Un fis de paysan qui croit qu´il suffit de mettre
une belle cravate et d´arborer un titre académique acquis on ne sait sous
quelque douteuse estimation, pour que tout marche bien et qu´il peut ainsi impressionner
son monde...vous vous trompez bien mon ami. Vous faites parti d´une élite si
votre diplôme est vraiment valable. Et comme tel, vos devoirs envers la société
ne se limitent pas seulement à lancer des louanges à Mr. Ping mais bien à
proposer des solutions valables pour votre peuple et votre société. Mais
voyez-vous, je ne vous en veux que dans la mesure où au lieu de faire preuve de
compétence et aider la société à se relever, vous lui buvez son sang et ses
économies. Et ces enfants qu´on voit de par le monde nus, malheureux et pauvres
et ces guerres de désespoir qui étirent l´Afrique sont à mettre sur votre
compte et celui de vos amis. Relisez bien ce que vous avez écrit et vous vous
rendrez compte que votre diplôme ne vaut pas un iota. Si vous croyez que vous
pouvez m´impressionner...désolé, moi j´ai fait mes études en Allemagne où on ne
reçoit pas son diplôme par compassion !
@ A Nicolas
Lisiki, le problème que tu as soulevé ici est un large problème économique et
culturel. Mais avant de l´aborder sincèrement, on devrait peut-être se
demander: qu´est-ce qu´est la mondialisation pour nous, comment la
percevons-nous et comment peut-on faire en sorte que nous n´en restions pas
éternellement les perdants comme par le passé. Et désolé, ceux qui veulent en
parler ou prendre part à la discussion doivent connaître les erreurs du passé
et surtout les avantages que pourrait présenter la mondialisation pour
l´Afrique parce que ce n´est qu´en connaissant les avantages qu´on peut mieux
savoir comment les mettre de son côté. Ceci requiert une objectivité et une
analyse économique et culturelle (niveau de la technologie, par exemple, ou de
la faisabilité technique des africains, leur sens créatif, leur intelligence à
employer les facteurs naturels à leur disposition et les transformer en produit
de qualité mondiale). Car ne nous faisons aucune illusion : celui quine
produit pas, celui qui ne développe pas l´imaginaire créatif de ses enfants,
celui-là sera puni dans le monde de demain.
J´ai sur mon blog
fait assez de commentaires et de réflexions là-dessus que je ne me sens pas de
nouveau obligé de me répéter. Tout ce que je peux dire à ce niveau, c´est que
sans produire, sans élever le niveau imaginaire et créatif des congolais, ils
ne sauront pas profiter de la mondialisation. On en parle beaucoup de cette
mondialisation aujourd´hui la plupart du temps pour expliquer ce qu´on ne
comprend pas. L´Afrique a été mondialisée depuis 1441, à mon avis, date á
laquelle Diégo Cao aborda les côtes du Congo. Depuis, nous avons été contraints
à l´esclavage pendant 400 ans, ce qui a entre autre permis aux occidentaux
d´accumuler et de capitaliser à vil prix, Puis vint la colonisation lorsque ces
européens dominant à l´époque le monde se rendirent compte qu´ils avaient besoin de matières premières et de débouchés
commerciaux pour leurs industries. La mondialisation ou globalisation
aurait-elle commencé aujourd´hui ? Non, elle a bien commencé hier ! Mais sans
produire, sans émanciper les populations africaines de l´ignorance, de leurs
traditions désuètes, sans les sortir de leur isolement culturel et non moins sans
idéal social affirmé d´excellence créative et de réalisation progressive et
organisée par une volonté d´affirmation sociale et individuelle, tout beau
discours sur le sujet est une perte de temps car nos femmes et nos enfants
continueront à mourir de faim et de manque pendant que nous aurions à nous
débattre avec des élites incapables lesquels ruineraient les leurs par leurs coûts de vie excessifs et ruineux sans
ni changer les choses au mieux, ni doter les leurs de moyens et d´instruments
avec lesquels ils pourraient aller de l´avant. Nous devrions penser à tout cela
avant de nous lancer dans des discussions réellement sérieuses et fructueuses
pour tous les intéressés de bonne foi.
Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
Forum
Réalisance
15 novembre 2009
Entre l´intellectuel qui se repose et l´idiot qui bouge
Commentaire sur Facebook l´adage chinois proposé par Berry
Muekatone :
"Un imbécile qui
marche ira toujours plus loin que deux intellectuels assis"
Et si l´imbécile
ne sait pas où il va, il se retrouve plus tard au fond d´un gouffre ! Les
proverbes chinois sont à citer en le replaçant dans leur contexte; on les
comprend mieux. Il ne faut pas croire que les gens ne travaillent pas dans les
pays pauvres ou sous développés; leur grand problème est seulement que ceux qui
devaient les soutenir et les conseiller dans leurs choix et leur orientation,
ceux-là ne sont pas à la hauteur ! Ce problème est actuellement discuté par
tous les vrais intellectuels de la race noire qui a découvert...eh oui, qu´elle
avait dormi et s´était par trop laissée dominer, détruire son identité
culturelle et dicter le sens de l´histoire et la place que cette race devrait
occuper face à la puissante race dominante blanche.
Ce qui dicte
aujourd´hui le sens de l´histoire et le niveau du bien-être d´une culture, d´un
pays, c´est immanquablement la créativité et l´intelligence scientifique et
technique que cette société cultive en elle ou s´octroie, parce que celles-ci procurent
des moyens et des instruments de plus en plus accrus et diversifiés à ceux qui
ont su les maîtriser pour produire, communiquer, informer, accumuler rapidement
et s´armer avec des moyens imposants. Mais une chose est certaine autant
aujourd´hui qu´hier: l´ignorance, la passivité ou la fainéantise ne mènent pas
au paradis, loin de là. Seul l´intelligence, l´instruction, la formation
professionnelle exigeante et un grand idéal social de réalisation active conduisent
à des résultats valables et enrichissants.
Musengeshi Katata
« Muntu wa
Bantu, Bantu wa Muntu »
Forum Réalisance
25 octobre 2009
Les cultures meurent-elles ?
Les portugais et les espagnoles, au 14-15ième siècle, détruisirent
les hautes cultures des Mayas et des Aztèques et privèrent le monde entier d´un
incroyable réservoir culturel. Aujourd´hui
les cultures ne sont pas seulement détruites par l´étrangers qui les assiège d´une
façon ou d´une autre ; elles le sont aussi lorsqu´elles n´arrivent pas,
suite à manque de réalisme ou un déséquilibre physiologique intérieur, à
disparaître par elles-mêmes.
Au
grand cimetière silencieux des hautes cultures…
L´occident est entrain de mourir démographiquement en ce moment; son seul
espoir de survie le siècle prochain réside dans les noirs et les arabes qui lui
font des enfants à la pelle actuellement, hélas, bien tard. On oublie cependant
que ces deux dernières races : noire et arabe, risquent bien de dénaturer la
culture occidentale comme telle ! il ne faut tout de même pas oublier ou nier
que la culture occidentale est la culture la plus intellectuelle et la plus
créative que l´histoire humaine ait engendré dans toute l´histoire humaine
jusqu´à ce jour.
Les enfants noirs ou arabes arriveraient-ils, eux qui n´ont pas appris à élever
ou défendre une culture supérieure, à le faire pour leur culture d´emprunt ou
d´adoption ? Tout en ayant été exclus de son partage de responsabilité et de
sincère et solidaire intégration ? J´en doute. On veut seulement employer ce
métissage ou le justifier pour éviter l´écroulement démographique, tout
simplement. Personnellement je ne crois pas au métissage des races, encore moins
des cultures.
Quand une culture ne sait plus honorer son propre devoir de reproduction, elle
est condamnée à perdre son identité. Encore plus si les enfants qu´elle reçoit
ont été longtemps brimés et enfermés à l´exclusion. La meilleure façon de
rester soi-même, même en économie ou dans la culture, c´est de produire
soi-même les facteurs qui perpétuent sa postérité. Jouer à des théories
primitives et banales comme le font certains pour justifier leur stérilité ou
leur corruption culturelle ou raciale face á eux-mêmes, ne mène nulle part. ...
Bientôt on assistera en occident à des phénomènes
tels que des sexagénaires conduisant des trains, des bus ou pilotant des
avions, pompiers croulants…etc, avec le risque incroyable de défection
cardiaque et physique ou intellectuel, comme on le sait. Seule la culture est
le seul lieu où une race se réalise, se critique et se juge parce que la
culture est la plus grande valeur de l´existence humaine ; et si ce lieu a
cessé d´être florissant et positif, cette culture s´éteint tout simplement. Si
l´Afrique continue à mépriser ses devoirs envers elle-même…elle risque elle
aussi de disparaître de ses cultures actuelles : parce qu´elles auraient été
incapables de foisonner et épanouir les facteurs et les conditions permettant à
leurs enfants d´enrichir leurs cultures respectives, les défendre efficacement
et les prospérer. Eh oui, les cultures meurent aussi…
Musengeshi
Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
Forum
Réalisance
04 octobre 2009
Le Congo Brazzaville…en attendant que Sassou Nguesso meurt.
Commentaire sur facebook sur l´allégation de Kanikabwe de
Jeunesse congolaise pour la démocratie
: « Kufwa lobi na koya komela
cafe na nko »
De ces
dictateurs malfaisants dont nous attendons impatiemment la mort naturelle...nous ruinent actuellement l´avenir, le moral et l´espoir.
Cela ne me console pas de savoir que Sassou Nguesso va mourir un jour
prochain...tous nous devons un jour mourir; seulement, le mal qu´il a fait à
l´avenir de nos enfants, au pays en l´appauvrissant sciemment au lieu
d´enrichir ses perspectives...cela va nous poursuivre, hélas, bien longtemps
après sa mort. Et si nous ne faisons pas attention, ce dérapage et cette
perversion logique de l´art de vivre et de gérer le bien public et la
réalisation sociale et individuelle des siens risquent de s´incruster dans la
société et prendre des racines usuelles si un de ses amis ou fils venait perpétuer
la situation. Ceci s´est passé au Gabon...ne l´oublions pas. La francafrique était
partout en Afrique avec ses longs bras et ses tentacules voraces de malsains intérêts
individualistes et oppresseurs.
Or, il faut absolument en Afrique
une nouvelle orientation politique et économique face à cette crise économique
et financière monstrueuse qui va chambarder tout dans le monde et exigera de
l´Afrique qu´elle cesse de tourner en rond autant qu´elle se guérisse de ses
erreurs et de ses manquements structurels, productifs, imaginaires et créatifs.
Jamais l´Afrique n´aura été mise à l´épreuve comme elle le sera pendant et après
cette crise, parce qu´elle sera obligée de se mettre au diapason et de courir
sans délai à l´amélioration des conditions de vie de ses habitants afin que
ceux-ci participent rapidement au concert exigeant de l´économie mondiale. Si pour
certains illusionnistes ou beaux parleurs irréalistes tout cela est simple, les
choses ne le sont, en réalité pas du tout : sans technologie éprouvée,
sans moyens financiers et sans structures politiques, intellectuelles ou éducatives
averties et propices à générer le progrès rapidement, les choses en resteront,
hélas, bien longtemps encore alitées au sous développement. Et pour ceux qui
estiment que tout est facile, on pourrait se demande : alors pourquoi cela
a-t-il duré jusqu´aujourd´hui ; pourquoi l´Afrique ne s´est-elle pas
encore donnée les voies et moyens adéquats et résolus pour sortir de ses
marasmes ?
Au risque de se répéter sans que les gens bornés et aliénés habitués à
servir aux autres leur médiocrité et s´offrir eux-mêmes les produits
occidentaux de meilleure qualité, je dois réitérer ici ma conviction:
l´importation des produits étrangers ruine nos accumulations et détruit nos
économies. Si ceci a été imposé par l´occident depuis les colonisations, dans
cette crise, hélas, les choses ont changé radicalement. L´occident a besoin
d´acheteurs, pas de mendiants et de suivistes improductifs et pauvres. C´est
donc le moment pour les africains de se demander: "comment allons-nous
produire mieux, mieux structurer nos sociétés et leur donner les bases, les
principes et les conditions pour sortir de leurs stagnations chroniques passées
?"
Et là commence autant un débat de faisabilité et d´orientation intérieure
qu´une critique envers la dépravation politique et économique occidentale
envers nous. Car pour trouver l´équilibre positif dont nous avons grandement
besoin pour nous épanouir et offrir à nos cultures leur liberté et leur
indépendance réelles, nous devons autant travailler sur nous-mêmes qu´empêcher
les méfaits par trop criminels et malfaisants du néolibéralisme et du
néocolonialisme occidental. La liberté, ne l´oublions pas, ne tombe pas du ciel
autant que personne ne peut la faire pour un autre. Cette crise montre bien qu´on
ne peut pas toujours voir les choses du point de vue consommateur ou
producteurs ; l´économie est un équilibre à la fois consommateur et
producteur de se moyens et instruments de réalisation.
Lorsqu´il y a déséquilibre de production, de moyens de financement économique
et d´instruments appropriés de réalisation sociohistorique comme aujourd´hui
entre l´Afrique et l´occident, la catastrophe est programmée et peut devenir
bien douloureuse des deux côtés de la barricade. Pour la liberté et la culture,
c´est la même chose : si ceux-ci doivent répondre aux rêves et aux
attentes de leurs membres, l´équilibre de la réalisation sociale et celle de la
réalisation individuelle doivent trouver leur compte.
Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
Forum Réalisance