01 juillet 2008
HancocK, une critique voilée de l´impérialisme américain ?
Un superman pas comme les autres : surdoué mais gaffeur au possible et vivant dans la décrépitude et l´isolement social jusqu´à ce qu´il sauve la vie d´un conseiller au PR (Public relation) qui va l´aider à améliorer son image et l´opinion qu´on a de lui. Will Smith joue le rôle avec brio.
Brillant symbolisme sur écran
A première vue cela semble un film comme tous les autres, si vous oubliez votre imaginaire au vestiaire comme beaucoup le font. Et cependant, la métaphore est devant vos yeux : un superman qui, malgré ses bonnes intentions, n´arrive qu´à gaffer. L´image de la scène où, pour sauver une baleine égarée sur la plage, il la prend par la queue et la lance à la mer…sur un petit voilier qui coule ! Le film est une succession de tels accidents partis cependant au départ de l´intention d´aider ou de venir en secours à quelqu´un…
Le film se cadre dans la tradition bien américaine du superman, du surdoué aux pouvoirs exceptionnels. Mais cette fois-ci il semble que ce soit la manière dont le surdoué met ses dons exceptionnels (voler, être immortel, et capable de forces inouïes tout en étant, apparemment normal) en action qui laisse à désirer parce que les résultats sont toujours de nouvelles catastrophes.
Conclusion, c´est une belle métaphore critique de l´empire américain comme nous le connaissons bien : pays puissant, de possibilités immenses économiques et militaires, aux idéaux parmi les plus beaux de l´histoire humaine…puis venait son passé social esclavagiste dont il n´arrivait pas à se débarrasser, ses guerres idéologiques gratuites (Vietnam, Irak), ses interventions militaires et politiques douteuses en Amérique Latine…pour des bananes (voir guerre des bananes), pour le sucre (voir histoire de Cuba)…etc.
Les habitants de la Californie (qui représentent en fait l´opinion publique internationale) se répugnent de cet alcoolique vagabond (notons qu´il a été un bon soldat) et se plaignent de ses interventions dangereuses. Rien à faire, il doit changer sa manière de vire, et surtout veiller à ce que ses bonnes intentions ne se transforment pas en catastrophe coûteuses pour la société.
Personnellement j´ai aimé, surtout l´intelligence avec laquelle cette critique voilée est menée. On s´en amuse, certes et c´est peut-être bien ainsi dans notre monde où, de jour en jour, les problèmes deviennent complexes et épineux. Tout ce que je reproche à ce genre de tour de bras c´est, qu´après avoir vu le film, bien de gens ne feront aucun rapprochement réel avec la vérité ou la crique réelle contenue dans ce film. Et ainsi, au lieu de travailler ou de réfléchir sur la réalité, ils vont rester enfermés dans l´imaginaire superficiel du film. Mais, comme on le sait, les gens vont au cinéma pour s´amuser et se distraire, pas volontairement pour réfléchir ou critiquer. A moins, bien entendu de savoir aller au-delà de l´image. Compliment au régisseur et à l´écrivain qui a écrit le script. Rarement on arrive à amuser les gens tout en traitant d´un thème actuel aussi lourd. Brillant. Oui, la culture a bien de moyens de s´exprimer.
Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
Forum Réalisance
18 janvier 2008
En direct sur les ondes canadiennes d´Afrique Plus, CHUO FM 89.1
Sur invitation de la chaine canadienne CHUO, Musengeshi Katata débattra de la crise kenyane ce Samedi 19.01.2008 de 13 à 14 heures GMT
Pour plus ample information, voir ou contacter le responsable de l´émission Afrique Plus sur www.chuo.fm
Forum Réalisance info
22 décembre 2007
Ce qui me révoltera toujours
L´année touche à sa fin, et pourtant, certaines choses, et surtout celles qui mettent en colère ou révolte, restent les mêmes. En sera-t-il de même l´année prochaine, toujours ?
Au-delà de ma colère et de ma révolte
En fin d´année, on se demande si il n´y a pas de raisons de se réjouir un peu ; et au fond de nous-même de garder espoir que des méandres tourmentées de cette année, jaillira, réconfortante et plus juste et belle, l´année prochaine. En tout cas prometteuse la voulons nous, afin que nos attentes, si pas notre démarche, récoltent leurs victoires. N´est-ce pas le vœux que nous nous faisons tous ? Mais si. Mais si les choses ne changent pas, que ferons-nous sinon continuer à nous battre. C´est la vie.
Ce qui m´a mis en colère et révolté cette année est autant dans des faits que des logiques qui renversaient l´entendement, ainsi qu´ils éveillaient dans les attentes les plus sobres de tout être humain de bonne foi, un regain de dégoût et de mépris. Ainsi, quand on entend ou on voit ceux dont les mères, les sœurs et les frères, et cela au 21ième siècle, se débattaient quid avec le choléra, quid avec la pauvreté et la misère, quid avec le sida, le chômage…de voir ces africains débattre de problèmes futiles, d´aller de conférences en conférences inutiles tout en sachant qu´à ces rencontres ils ne changeront rien à leurs maux. Parce qu´à défaut de leur offrir une justice qui n´existe ni dans la logique du système ni dans les porte monnaies surmenés et avares, on envoyait les éternels quémandeurs se promener au royaume des illusions et celui des compromis autant oiseux que vides.
Quand je vois qu´au lieu d´organiser et de défendre les enfants africains et leurs avenirs en les envoyant à l´école s´instruire sévèrement afin qu´ils viennent relever valablement le défi contemporain qui est le leur ; qu´au lieu d´abattre rapidement la francafrique, créer l´emploi et organiser les sociétés africaines à évoluer rapidement vers le bien être et l´accumulation qui leur permettrait de sortir de la dépendance et de la misère…on tergiversait, ou on se complaisait cahin caha à soigner les apparences plutôt qu´à s´adonner à la lourde tâche de l´industrialisation…cela révoltait et mettait en colère.
L´Afrique s´endettait pour des vétilles ou employait ses moyens pour des buts qui, plus tard, ne s´avéreraient qu´être insuffisants à la mener à bon port. Sa croissance économique atteignait en ce moment une moyenne de 6 %. Trop pour décourager l´espoir, trop peu pour changer les choses fondamentalement au mieux. Pour croire à un bon départ de l´Afrique, il faut à celle-ci une croissance d´au moins 12 % pendant au moins 10 ans ! Et cette croissance doit être résolument réinvestie dans…l´industrie lourde et son infrastructure immédiate. Pas dans la consommation des produits importés. Et cependant, on jubile déjà en Afrique ; en a-t-on vraiment des raisons ?
Ce qui fait l´handicap particulier de l´Afrique, ce n´est pas seulement son dépeuplement d´hier par l´esclavage, c´est aussi son incroyable retard scientifique et technologique par rapport au niveau contemporain moyen de ces connaissances et applications. Et même si par quelques lumières et individualités ce retard n´est plus vrai, le niveau technologique moyen de la population, ainsi que son degré de connaissance reste lui, très humble.
L´autre handicap est celui de l´accumulation et de l´organisation sociale orientée vers ses propres finalités d´accomplissement. Ce défaut a rendu l´Afrique noire moins résistante face à ses ennemis, et cela veut dire plus malléable et dominable par des cultures mieux armées ou mieux organisées et industrialisée. Ces dernières, comme on le sait, ont eu facile à asseoir, par la simple violence ou même par la tromperie, en Afrique noire leur utilitarisme unilatéral.
Et enfin, le troisième handicap est la promiscuité actuelle de la culture occidentale postindustrielle. Celle-ci n´est pas seulement positive, elle est aussi négative parce qu´elle dicte et a tendance à imposer aux africains ses impératifs autant qu´elle exerce sur eux par la consommation de ses excédents, un facile repaire au refus créatif de l´effort. Tout n´est-il pas, dans les super marchés, mis magiquement à la portée du consommateur ? Il est toujours plus facile de rouler en voiture que d´en élever la technologie qui permet de la construire ! Et plus on consommait, et plus on dépensait ses accumulations qui ne pourraient servir ni aux investissements de production, ni à l´effort technologique d´acquisition et de réalisation d´un moyen de locomotion somme toute incessible au déplacement des biens et des personnes.
La technologie, les paramètres techniques qu´emploie une culture pour réaliser ses besoins, est lié aux moyens et capacités scientifiques possibles. Le mieux est que ces paramètres d´énergie et de matières soient continus ou reproductibles dans l´espace et le temps. Ce n´est ni le cas ni pour le pétrole qui va bientôt faire défaut, ni pour l´air et l´équilibre écologique de notre atmosphère. Tous ceux qui ont eu la chance de se développer pendant que ces matières premières étaient encore en abondance sur terre, ceux-là pourront user de leurs niveaux technologiques et de leurs enrichissements pour changer et mettre à jour leurs nouvelles orientations scientifiques. Les autres doivent se retrouver dans une nouvelle forme de technologie usant de nouvelles dispositions et paramètres de réalisation. Sans se laisser enfermer dans le passé ou les préceptes dépassés.
Et c´est ce qui me met en colère, parce que l´Afrique tout en ayant mis ses matières premières à la disposition de l´occident et de l´avènement de la technologie actuelle, ne pourra ni en profiter, ni avoir eu la chance d´accumuler pour se recycler dans l´évolution que l´avenir nous imposera à tous. A moins que l´enfant noir soit exceptionnellement et consciemment préparé à ces éventualités. Et désolé, je n´en ai pas l´impression.
Quelqu´un m´a écrit en me disant : « tu souffres beaucoup »…Je dois reconnaître que cela est vrai. Mais je me demande si je suis le seul à souffrirà souffrir emande si je suis le seul et consciemment rples dispositions et param quand on voit que les tiens n´ont ni eau de boisson propre, ni suffisamment à manger ou sans travail pour subvenir à leurs brûlants besoins. Dois-je me mettre à danser ou à dire : cela ne me regarde pas ? Certains africains choquent le monde par leur nonchalance. C´est le moins que je puisse dire. Oui, je souffre, mais cette souffrance intellectuelle prouve non seulement que je suis africain mais aussi que j´aime les miens. Et si je ne mettais pas mon intelligence à leur service, à quoi sert-elle donc ? A me faire passer pour un civilisé alors que les miens souffriraient l´enfer, peut-être ; ou à me targuer d´intellectuel en occident alors que cette intelligence ne servirait pas à ceux pour qui elle existe ?
Ne l´oublions pas, l´intellectualité n´a de valeur réelle que si elle aide à résoudre et à répondre aux exigences des problèmes qui frappent le contexte social qui lui a donné jour. Sans cela, l´intellectualité n´est qu´une pauvre et inutile illusion. C´est mon avis. Sans cœur pour les siens, sans lutter avec acharnement à résoudre rapidement les maux auxquels sa société est confrontée afin qu´elle puisse rapidement retrouver son équilibre et s´atteler à se réaliser pleinement, toute intellectualité africaine ne serait rien d´autre qu´un astigmatisme irresponsable.
Ce n´est pas ainsi que j´ai été éduqué. Oui je souffre, mais cette douleur prouve que je suis un enfant profond de ce merveilleux continent nommé Afrique ! Et surtout que personne ne verse de larmes à ma place. Moi je sais qui je suis.
Et malgré tout, bonne année à tous. De tout cœur. J´ai pensé à ces enfants africains pauvres et démunis…surtout ne pas désespérer…surtout ne pas perdre la foi. Croire en l´amour…un jour viendra…Moi en tout cas ne cesserai de vous aimer. Profondément. Sans le moindre compromis. En espérant qu´un jour le sourire reviendra sur vos lèvres.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Bantu
Forum Réalisance
15 décembre 2007
En guise de meilleurs voeux pour l´année 2008
Ouf, enfin, cette année interminable va à sa fin. Que nous laisse l´année 2007, et qu´espérons-nous que la nouvelle nous apportera ?
Entre le passé et l´avenir
Pour moi cette année a été riche en évènements, autant que j´ai appris encore plus profondément combien la démarche que nous oblige la discussion sur la réalisation de l´homme noir est vaste et riche en couleurs.
Et certes, nous critiquerons et nous nous révolterons sur le passé autant que sur le présent et l´avenir ; mais l´important est que, contrairement au passé où l´africain ne se souciait ni de son passé, de son avenir en croyant que l´occidental s´en chargerait, et donc n´arrivait ni à se situer dans le monde, ni à se motiver envers ses propres attentes, ses propres obligations existentielles, que la discussion continue et s´intensifie. En espérant que ses fruits autant amers que nourrissants viennent un jour ouvrir à tous les hommes de bonne foi de par le monde, à de meilleurs sentiments envers eux-mêmes, mais aussi envers ceux qui partagent avec eux la grande aventure de l´existence humaine.
Le mot de cette année, à mon avis, est « Partenariat ». Et même si certains derrière ce mot qui n´est, après tout qu´un mot, veulent de nouveau se cacher pour perpétuer leurs petitesses d´esprit et leurs abus incurables, ceux qui de nous tous auront le courage et la grandeur de lui donner un contenu équitable et riche pour tous, ceux-là auront non seulement droit à notre respect et notre estime, mais ils auraient aussi placé les valeur humaine sur un piédestal louable et réconfortant.
Personne n´osera s´abaisser à croire que pour un partenariat idéal on ne fait ni efforts, ni compromis positifs ouvrant sur de meilleurs fruits de réalisation. Et ici, une petite critique à tous ceux qui croient qu´on leur offrira un partenariat florissant et riche sans qu´ils n´apportent leurs contributions actives à cette rencontre…Il faut rapidement se guérir de cette passivité, ou de cette mentalité d´écornifleur. Il s´agit, pour nous tous de défendre un bien précieux et cher : la liberté et son corollaire inévitable de réalisation sensible.
Et malgré nos différences et nos diverses ambitions culturelles, pour mieux organiser et défendre cette liberté et sa réalisation sensible, nous ne pouvons pas nous dérober à définir d´abord ce que c´est que la liberté, ce qu´elle implique, et par quels devoirs elle nous oblige tous activement. Car nous sommes, qu´on le veuille ou non, et dans une large mesure, solidaire des uns et des autres. Les menaces climatiques mondiales actuelles, les abus ou les détériorations écologiques le prouvent. Et malheureusement, ce sont, encore une fois, les pauvres qui en pâtiront le plus.
Pour l´Afrique je me souhaite que ses élites du pouvoir et ses meilleurs intellectuels quittent leurs surdités pour mieux voir les choses et les entreprendre plus effectivement au lieu de tourner en rond en imitant ou en s´ancrant trop souvent dans des modèles de développement dépassés ou inefficients. Ce continent a une personnalité sociohistorique propre dont il s´agit d´affermir et de cultiver le caractère créatif et la motivation, ainsi qu´éveiller une approche de moyens et d´orientations techniques qui, à cause de l´affluence de l´énergie naturelle solaire, est particulière et déterminante.
Je m´en voudrais si j´oubliais tous les amis bloggers qui ont entrepris sur Internet d´aider leurs lecteurs à discuter sur l´avenir et sur l´histoire de l´Afrique. Et même si informer n´est ni réfléchir ni avoir compris les enjeux réels qui se cachent derrière certaines entreprises ; discuter, c´est se rapprocher et communiquer. A ce titre, on a fait un grand pas. Tout le monde n´est pas géopoliticien ou stratège averti de la géopolitique mondiale. Mais ne pas s´informer ou s´instruire sur les évènements, c´est manquer le coche et s´enfermer dans la passivité ou l´expectative suffisante alors que tout change et se transforme autour d´eux à grande vitesse.
Arriverons-nous à nos fins, à éveiller cette conscience africaine informée, prompte et avertie dans son rôle autant que dans la lecture de ce qui se déroule ou se passe autour de lui ? Qui sait. L´important c´est de s´y mettre. Seul le temps dira si oui ou non l´africain arrivera un jour à être à la hauteur des exigences contemporaines.
Le temps, eh oui, le temps ; à certains il manque, à d´autre il semble leur être complice. Non, celui qui se lève tôt, celui qui ne dort pas et veille sur ses intérêts et sur son avenir intensivement ; celui-là gagne toujours du temps. Et le temps, ne l´oublions pas, c´est de l´argent. Il ne faut donc pas s´étonner que nos peuples soient pauvres...ce qu´ils perdent tous les jours, c´est le temps.
A mes lecteurs je souhaite bien de choses et j´espère qu´ils continueront à me lire aussi assidûment. Je suis quelqu´un de sobre : je n´aime pas beaucoup l´image ; parce que je sais que seuls les idiots vont à la connaissance avec de petites images les aidant à comprendre…ou à se distraire. Mais je suis et je resterai un africain, et qu´au fond de mon cœur ouvert, l´amour que j´ai pour ce continent est immense et débordant. Ce qui ne m´empêche pas de garder les pieds sur terre. Et à ce titre, je vous souhaite tous que vos rêves et vos attentes se réalisent dans l´année qui va bientôt ouvrir ses portes.
A vous tous, de tout cœur et très sincèrement :
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
Forum Réalisance
21 septembre 2007
Sur le pouvoir réel de la diaspora
En réponse à l´article : http://www.afrik.com/article12457.html, et aux avances actuelles de l´Union Africaine envers sa diaspora dispersée de par le monde.
Conférence, conférence…de bonne foi ?
Ne soyons pas d´emblée ni pessimistes, ni obscurantistes…ou même traître à notre propre cause. L´Afrique, ce sont les larmes amers et douloureuses de nos yeux, ceux de nos cœurs…et en ce moment, au 21ième siècle, au moment où tous les peuples accourent à leur réalisation, un tableau inconsolable et désolant. Et pourtant, rien ne nous est plus cher que bout de terre incroyablement vivant qu´est le continent de Shaka, de Kimpa Mvita, de Simon Kimbangu, de Thomas Sankara, Modibo Keita, Ahmed Sékou Touré, Kwame Nkrumah, Gamal Abdel Nasser, Patrice Lumumba, Ruben Um Niobé, Bantou Biko, …et tant d´autres encore. Rien n´a pu vaincre l´amour que nous portons à son histoire…et surtout à la fin de ses déboires. Partout le Net, tous les africains de bonne foi et de bonne raison se sont depuis longtemps mis à la recherche de solutions et de moyens permettant de déjouer nos faiblesses actuelles. Et mine de rien, les choses avancent, et le premier signe est celui que font les tenants actuels du pouvoir en Afrique pour se rapprocher de sa diaspora, et selon toute évidence, l´atteler activement au progrès et à l´avenir du continent mère.
Et cependant, et cependant…notre amour n´est ni aveugle, ni bêtement désespéré au point que nous nous laisserions instrumenter vilement ou employer à des buts qui serviraient plutôt les apparatchiks des pouvoirs, des élites incapables actuellement souffrant largement d´échecs cuisants. Et au-delà du désir quasi douloureux qui nous ronge de nous rendre sans délai utile et responsable de l´avenir des nôtres, nous devons cependant nous demander : où va donc le train ? Avons-nous les moyens de changer les choses, de mettre enfin de l´ordre autant dans l´âme ensanglantée des nôtres, de revivifier l´imaginaire blessé et tournant à la dérision de nos peuples attelés depuis des siècles à des buts étrangers ? Parce que, cessons de jouer les arrivistes ; nous ne sommes plus des bêtes moutons qu´on emmène bravement à l´échafaud pendant que l´occident continuerait à pervertir nos paramètres de développement tout en consommant sous nos yeux éblouis toutes les matières premières de la terre…en nous laissant une écologie cochonne et meurtrières pour l´avenir de nos femmes et de nos enfants ? Ou alors s´agissait-il, pendant que nous nous époumonerons à changer les choses tout en vivant de bas salaires et de restrictions, qu´une caste corrompue, abâtardie et aliénée aux intérêts étrangers se remplirait les poches au détriment de notre cause ?
Oui, je pense bien que ces questions doivent être posées et élucidées avant que « le rassemblement » ou l´Union de la diaspora africaine ne soit chantée sur tous les toits…plus pour satisfaire à un occident embarrassé par une intelligentsia africaine qui en savait trop, et dévoilait et accusait aux côtés des humanistes occidentaux réputés les maux qui trahissaient ouvertement la cruelle débauche et le mensonge que ces preux civilisateurs et amoureux de l´Afrique lui faisaient sournoisement souffrir. Et ne nous trompons pas : que ces élites africaines actuelles au pouvoir se rallient à cet occident canaille et fourbe quitte à recevoir une aide viciée et dévoyante n´est pas un signe de respect de l´avenir des siens. Pas du tout. Pire : ces incapables et illuminés ne prennent pas la peine de faire leur devoir à domicile d´instruire, des créer ou mettre en place les structures et les conditions permettant aux enfants, à la société mieux organisée d´accomplir ses devoirs envers sa réalisation dans un monde où l´industrialisation, la mise en valeur des connaissances et des capacités sont des conditions sine qua non de survie ! Les africains, et ils le savent plus que tout autre race sur cette terre, savent que leurs existences et leurs développement ne sont pas seulement dépendant d´eux-mêmes, mais aussi des autres : ceux qui aimaient à se parer de leurs diamants, à prendre leurs enfants en esclavage…ceux qui fermaient leurs frontières aux produits africains pendant qu´ils déversaient sur ce continent leurs excédents étouffants. Sans changer ces malus, à quoi mènerait un tamtam de rassemblement quelconque ? Ne jouait-on plutôt à l´escroquerie, encore une fois ? Y participer sans exiger que ces iniquités soient épurées et énergiquement combattues, ne serait-ce pas participer au meurtre et à la mystification des nôtres et de leur légitime idéal de liberté et de réalisation ? Je le pense bien.
Et comme un lecteur le faisait sur grioo.com, ne pas débattre des dictatures, de la fin de ces illuminés armés qui recevaient de l´occident un soutien avec lequel ils tuaient et massacraient en Afrique à leur guise ; est-ce bien là l´atmosphère idéale pour aller de l´avant, pour changer les choses ? Le contexte socioculturel est tout aussi important que le contenu de l´idéal espéré ; tout aussi important que les moyens et la volonté qu´on met à réaliser sa liberté. Croire que cette liberté se fera en côtoyant joyeusement la corruption, l´analphabétisme ou la soumission à un quelconque utilitarisme étranger…c´est être ou borné, ou aveugle.
Tout en ce moment porte à croire que les salauds, les criminels et les corrompus soient ouvertement ceux que les intérêts équivoques étrangers soutiennent et assistent en Afrique. Pourquoi ? Mais parce que ceux-ci permettent aux multinationales et aux gouvernements étrangers d´arriver rapidement à leurs fins sans avoir à subir le contrôle ou les exigences d´une meilleure organisation sociale. Mais ce n´est pas parce que votre voisin vole que vous êtes vous aussi un voleur ! A moins que…vous ne soyez pris à l´accompagner dans ses campagnes.
N´est-il pas étonnant que l´instruction si chère en Europe pour son avenir et son niveau de vie soit en Afrique délaissée avec la bénédiction de la Banque Mondiale et du FMI ? Et diable, chanter qu´on espérait le retour des techniciens de la diaspora ; mais était-on capable de les payer ? Parce que eux, ils ne se contentent ni de mensonges, ni d´illumination. Et leurs familles ont un droit légitime à ne pas souffrir du manque et de la pauvreté. Qu´on ne s´y trompe pas, l´occident, contrairement à ce qu´on croit, ne leur a pas déroulé un tapis rouge de facilités. Ils ont dû eux aussi se battre, supporter le racisme ou la discrimination, souffrir de tous les maux de l´éloignement et de l´exil.
Personnellement j´ai été satisfait de savoir que Claudette Tshomba a été ébrouée à Paris et en Suisse, parce que j´estime que tous ces nouveaux ministres de la diaspora tout en soutenant des pouvoirs traîtres et corrompus se croient en droit de jeter la fumée aux yeux de la diaspora. Et on le comprend bien quand on sait que ces derniers sont devenus, outre leur instruction et leur niveau de jugement, une force financière non négligeable. Mais de là à croire qu´ils étaient tous aveugles et idiots…certains, peut-être ; et là encore je me méfierai de leur haut niveau d´information qui les a rendu méfiant et circonspect. Et, comme à moi-même, je leur donne bien raison : l´amour, le vrai amour n´est ni aveugle, ni irresponsable. Et Dieu sait que nous aimons passionnément ces terres ensoleillées qui nous offrirent notre âme et notre tempérament africain. Mais ce n´est pas une raison pour s´associer à des bandits ou des voyous de grand chemin. Question d´idéal existentiel, ou de caractère, tout simplement. Et je ne dirai pas que ces tentatives de contrôle ou d´alignement des africains en occident soit une preuve flagrante que le pouvoir en Afrique s´était rendu compte de ses déboires et de ses incapacités. Je dirai plutôt que la diaspora, comme nous l´avons toujours prédit, devient de jour en jour importante pour l´Afrique. Et son pouvoir, autant économique, critique que technique devient incontournable. Et c´est bien ainsi. Pour le bien d´un meilleur idéal humain et plus loyal que celui du passé.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
Forum Réalisance
17 octobre 2006
Sur le film Bamako
Commentaire sur http://www.bamako-film.com/index.php?fr/2006/10/05/21-dans-les-salles&cos=1
Bamako : un film émouvant, accusateur ; mais est-ce tout ?
"Trop de liberté nuit à la liberté" Sarkozy, ministre de l´intérieur de France
Malgré que je ne sois pas en France en ce moment, je me promets d´aller voir le film le plus tôt que possible, ou même de m´en procurer la vidéo. Il est bon que ce procès contre le système économique international soit fait, et l´accusation est pleinement fondée. Et cependant, il faut aussi se demander pourquoi les africains se laissent détrousser ou détruire à ce point par des intentions qui ne sont pas toujours dans leurs intérêts ? Ne faut-il pas sortir de la naïveté, de défendre ses intérêts avec moins d´aveuglement irraisonné ? Tout ce dont nous souffrons actuellement tient du fait que l´africain se laisse bien mener en bateau et manque d´imposer son propre sens de l´histoire, celui où ses facteurs et ses moyens de développements sont jalousement protégés et développés. Pleurer à longueur de siècle, ou accuser ceux qui, en 600 ans de l´hégémonie la plus criminelle et la plus rapace de l´histoire humaine n´ont jamais appris à faire autre chose qu´utiliser les autres, et particulièrement la race noire à leurs accumulations et leurs buts, c´est oublier qu´on a aussi le devoir de se défendre contre ces bandits. Et j´espère vivement qu´au-delà du film, et au lieu de n´être qu´un prétexte pour mieux s´abandonner au cannibalisme occidental, les enfants les plus aimants et les plus doués de l´Afrique se motiveront mieux à la défendre. Car c´est dans l´action que se trouve la clé de l´avenir, pas dans la passivité aussi noyée de larmes et de souffrances qu´elle soit. En 400 ans d´esclavage, 100 ans de colonisation et 46 ans de francafrique, n´avons-nous pas assez versé des larmes de sang ?
Musengeshi Katata
Muntu wa bantu, Bantu wa Muntu