06 mars 2010
La constitution comme source de démocratie en Afrique ?
Commentaire sur facebook
On
peut se donner une constitution, mais la démocratie, il faut la faire et se la mériter
avec des résultats valables pour tous.
Oh là là, ma chère soeur Ekanga, tu as soulevé un problème éminent, ici. Il
faut craindre que bien d´africains ne se trompent au sujet de la démocratie !
Jamais un papier écrit quelque part a fait le progrès, la technique, la science
par exemple; pour cela il faut plusieurs facteurs et valeurs sociales et
surtout les mettre adéquatement en gestation pour arriver à un résultat qu´on
peut nommer plus tard démocratie. C´est pour moi le progrès, la science, le
bien-être du développement et celui du mûrissement des institutions politiques
dans lesquelles les valeurs les plus belles et les plus ambitieuses d´un Etat
arrivent à épanouissement, sont respectés et mis en valeur.
Ce que les africains font en ce moment est à mon sens de la pure
affabulation: rouler en voitures étrangères, ne pas mettre sur pied un système
d´éducation et de normes sociales défendant ses valeurs propres, vivre à la
mendicité internationale, ne pas investir dans ses propres facteurs de
développement...et cependant prétendre instaurer la démocratie avec une
constitution, des parlements ou des fonctionnaires vivant en parasite aux frais
de pays pauvres et sous développés ? Est-ce bien cela la démocratie que de ne
pas produire et vivre à l´enseigne de l´aide internationale ? A mon sens on confond
tout en Afrique en mettant la charrue devant les boeufs ! Il faut travailler
d´abord, discuter et polir les valeurs sociales avant de s´en déclarer aussi
vite et aussi facilement champion !
Que les occidentaux nous vendent cette fausseté pour nous aveugler...passe
encore, après tout ils veulent depuis toujours nous abrutir en nous
transformant en esclaves de leurs industries, de leur domination économique et
de leur sens de l´histoire. Mais que des africains eux-mêmes se mettent à
avaler cette fausseté en oubliant d´investir dans le principal du développement
et développer la critique des valeurs et la mise en valeur de leur identité
culturelle et politique...on tombe des nues ! ce n´est pas parce que nous avons
appris à lire et á écrire des occidentaux que pour cela tout ce qui est écrit
comme eux dictent nos valeurs et nos ambitions même si ces écrits sont vides de
nos propres valeurs de réalisation socioculturelle.
Autrement dit, à mon sens, nous devons remplir ces constitutions de réelles
valeurs éprouvées de nos sociétés: celle qui défendent l´âme de nos ancêtres,
l´amour que nous éprouvons envers nos terres, notre vie et notre avenir et les
devoirs et obligations que nous avons envers les rêves, les attentes et
l´avenir de nos femmes et nos enfants. Et tant que ceci ne sera pas établi,
clair et réellement en bonne voie dans notre vie sociale et même face dans le
destin d´un chacun, nous nous devons d´abord de remplir ces constitutions de la
promesse profonde et fière que nous nous faisons à nous-mêmes et aux nôtres. Un
papier n´est qu´un papier; ce qui compte, c´est le coeur, le bien-être et le
bonheur des nôtres. Et sur ce point de vue, il y a un travail immense á faire,
peut-être faudrait-il commencer par là.
La constitution ne se mange pas, elle n´élève pas des enfants ou les rend
intelligents et créatifs par sa simple lecture…Et si on parlait d´abord
d´investissements, d´industries, de technique et science, de produire et de
défendre la liberté et la réalisation sociale et individuelle d´abord ? Se
donner des droits et des libertés sans contenus éprouvés aujourd´hui…on risque
comme c´est actuellement le cas dans toute l´Afrique, de mettre son meilleur
costume pour aller au bal des menteurs, des faussaires et des illuminés de la
réalité ne sachant ni créer et réaliser leur liberté par eux-mêmes, ni défendre
les valeurs ou le sens profond de leur vie. La constitution, la lettre de la
loi, ce n´est pas tout; plus important est ce qu´on en fait et encore plus
important sont les valeurs et l´art de célébration de l´existence qu´elle
protège et défend.
Musengeshi Katata
« Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu »
Forum Réalisance
04 juillet 2009
Edifiant et sensationnel : le 30 juin 2009 la Cour Constitutionnelle allemande a stoppé la ratification du contrat de Lisbonne.
Non, ce n´est pas le rejet du projet européen, ni sa mise en accusation ou en cause.
Les juges de la haute Cour Constitutionnelle allemande ont critiqué la loi allemande
d´accompagnement liant l´Allemagne à l´UE via le contrat de Lisbonne. A leur
avis l´Etat allemand, par son gouvernement, n´a pas assez pris en compte le
respect du rôle constitutionnel du Parlement et du Conseil des Etats (Bundesrat) dans les cessions de pouvoirs faits à l´Union Européenne.
ceci va naturellement causer un retard dans la ratification de ce contrat. Le gouvernement et le parlement ont promis de s´y mettre rapidement...pour permettre une ratification en septembre.
Une leçon
précise et claire sur le respect de la souveraineté et de la démocratie allemande.
En clair les hauts juges dirent oui au contrat de Lisbonne qui était
conforme aux lois allemandes, mais le gouvernement, dans son empressement, a
omis de respecter, en délégant une partie de sa souveraineté à l´Union Européenne,
que cette cession se devait, au préalable être soumise aux institutions
souveraines et constitutionnellement reconnues de la démocratie allemande,
notamment le Parlement et le Conseil des états (Bundesrat). 
Ces deux institutions devaient, et ceci strictement comme le dispose la
constitution allemande, avoir droit de regard, de contrôle et d´amendement sur
les décisions et dispositions qu´elles permettaient à l´Union Européenne de
prendre en son nom. En clair : la souveraineté allemande exercée par l´Union
Européenne ne devait pas être détenue ou cédée par le gouvernement allemand,
mais bien le Parlement et la Bundesrat.
Ce furent les députés Peter
Gauweiler, l´ex parlementaire européen Franz
Ludwig Graf von Stauffenberg de la CSU, ainsi que la fraction parlementaire
de l´extrême gauche les Linken qui
portèrent le différent devant les grands juges de la Cour Constitutionnelle.
Les juges leur donnèrent en partie raison lorsqu´ils reconnurent que seuls les
organes constitutionnels allemands étaient habilitées à céder, contrôler les prérogatives
de souveraineté cédée aux mécanismes contractuels du contrat de Lisbonne. Le
gouvernement n´avait pas à se substituer aux instituions démocratiques
allemande.
Une gifle dirent certains, une rude dirent d´autres…en tout cas une
distinction fondamentale quant au respect des souverainetés et des institutions
démocratiques des Etat de l´Union Européenne qui ratifieront le traité de Lisbonne.
Il est aussi devenu clair que le rêve à Bruxelles de fonctionnaires tout
puissant exerçant un pouvoir du genre : « Etats-Unis d´Europe » comme aux Etats-Unis, ce rêve-là était
faux et gratuit. La souveraineté allemande restait, même prêtée ou exercée par
procuration, l´affaire du Parlement et de la Bundesrat allemande. Et à ce
titre, ces institutions devaient exercer leurs prérogatives constitutionnelles
pleinement. L´Europe serait une union de pays souverains, pas une Union
souveraine de pays castrés ou dépossédés de leurs souverainetés respectives. Tous
ceux qui avaient rêvés d´un gros machin tout puissant dictant ses dispositions
ou ses intérêts aux Etats Européens sans que leurs parlements ne soient réellement
au centre des décisions ; ceux-là peuvent fermer leurs valises : les états
resteraient pleinement souverains ; le pouvoir de Bruxelles n´était qu´un
pouvoir exercé par procuration…et encore, ces restaient sous le contrôle et la propriété des Etats
indépendants et souverains.
Musengeshi katata
« Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu »
Forum Réalisance
08 juin 2009
Constitution, développement et organisation sociopolitique en Afrique
Commentaire sur l´article de Stephane Bolle :
° La République Démocratique du Congo est-elle
un Etat régional? - LA CONSTITUTION EN AFRIQUE
D´abord
remplir les exigeantes conditions du développement…
J´admet que les efforts évidents faits en RDCongo par de nombreux
gouvernements et de nombreux courants politiques vont dans le sens de doter ce
pays d´une forme de personnalité constitutionnelle du pouvoir qui le fasse
enfin fonctionner...trop de guerres et de tribalisme ou de régionalisme couvent
sous l´ignorance et la pauvreté. Ceci n´est pas réprimandable, loin de là. Mais
derrière ces efforts il y a bien quelque chose de plus fondamental que beaucoup
de juristes ou formalistes du pouvoir ont difficile à assurer, ou plutôt
dirai-je, hélas, que la vérité est ailleurs; qu´elle est moins dans la forme de
l´État, le nombre de fonctionnaires, ou la qualité de la constitution d´un
pays, mais bien dans la mise sur pied de conditions (intellectuelles,
techniques, professionnelles) et de l´organisation rationnelle effective d´une
idéologie économique de production de bien-être et de moyens et instruments de
réalisation !
Certes tous les grands esprits universitaires ont saisi l´importance de
l´organisation politique et structurelle qui manque cruellement à la RDCongo,
comme dans toute l´Afrique, par ailleurs; mais on commet la même erreur que
dans le passé: ce n´est pas la politique ou quelques fonctionnaires bien payés
ou bien instruits qui font le progrès d´un pays ou son avenir, mais bien
l´économie efficace et la production ! Et ceux-ci sont des processus de mise en
valeur autant de facteurs que de l´utilisation adéquate et raisonnée de ces
derniers à la réalisation du progrès et du bien-être d´un pays. Et je note
particulièrement ici que les agents économiques les plus influents d´une
société ne sont pas étatiques mais bien privés !
Avec ce débat constitutionnel qui est certes louable, on ne doit cependant pas
oublier de promouvoir et mettre sur pied les véritables conditions sine qua non
du développement: former le plus d´ingénieurs de haut niveau que possible,
ainsi que des ouvriers qualifiés capables de rendements exigeants et précis
comme le veut une production sévère et ambitieuse. Et bien sûr, sans une
éducation créative, une formation professionnelle continuellement progressive,
des moyens d´accumulation et d´investissement soutenant un projet de société
travailleur et déterminé, même la plus belle constitution du monde ne sert à
rien d autres qu´à s´égarer dans un labyrinthe de discussions vides, parce
qu´ils leur manque les moyens de leur politique.
Et je doute que le sens d´une Nation quelconque ne se réduise qu´à installer ou
se doter d´année en année ou de décennies en décennies de gras fonctionnaires
de tout acabit ou de juristes versés dans la discussion de la forme politique
la meilleure pour un Etat. Avec cela on ne fait qu´agrandir le nombre de
parasites et d´écornifleurs vivant sur le compte d´un peuple présentement
pauvre ! Il faudrait d´abord organiser et mettre sur pied la production avant
d´alourdir la nation d´un nombre toujours croissant de hauts discuteurs qui ne
produisent rien du tout et ne mettent même pas le principal en route ! Or,
avant de discuter si joyeusement, les gens doivent d´abord subvenir à leurs
besoins, s´instruire, travailler pour nourrir un idéal positif au sens de la
réalisation individuelle et collective. Et si ce train du progrès est mis en
marche, on verra bien alors que ce sont les moyens de production, de ceux qui
les détiennent et de ceux qui les entretiennent qui déterminent le moment, le
lieu et le contenu de la politique.
Même Kenneth Galbraith le disait. A ce
propos, les africains semblent à mon avis avoir le défaut de mettre la charrue
devant les boeufs, ou du moins de mésestimer les incroyables efforts qu´il faut
pour arriver à produire dans un monde où bien d´autres ont placé, avec leur
industrialisation, le niveau de jugement bien haut. Un complexe hérité du refus
de recolonisation, sans doute. Comme on sous estime à mon avis les efforts
mentaux et intellectuels qu´il faut mettre sur pied pour sortir de la société
traditionnelle et entrer dans la société industrialisée. Ces efforts sont
immenses et incroyablement exigeants. Alors peut-être essaie-t-on seulement de
tromper les apparences en s´attelant inutilement au subsidiaire qui ne mène
nulle part. L´important, c´est l´économie et le progrès parce que ceux-ci
mènent nécessairement à de nouvelles formes d´organisations sociales et
politique. Le développement, il a ses avantages, n´en doutons pas. Après avoir
créé les conditions du progrès fonctionnant et tranquillisant, on peut alors
discuter à loisir...et beaucoup plus sincèrement et détendu.
Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
Forum Réalisance