06 octobre 2009
Le G 20, l´Afrique, la crise économique et ses désagréments
A la réunion du FMI à Istanbul le dimanche 03.10.2009, Dominique Strauss-Kahn, l´actuel chef de la
FMI, s´est mis derrière les revendications des pays africains, pourquoi ? Voulait-on rester
sur la ligne française comme Sarkozy le dénonçait à l´ONU dernièrement que l´Afrique
ne participa pas au Conseil de Sécurité ? Déclaration politique ayant l´arrière
goût de vouloir, le cas échéant, placer un pays africain d´obédience
francafricaine au Conseil de Sécurité ? Ou tout simplement, logique économique
et politique cherchant, en reconnaissant des semblants de pouvoir aux africains,
se relever de la culpabilité que la France avait envers ce continent pour lui
en avoir fait voir des vertes et des pas mûres ? La France ne devait rien à
l´Afrique, même pas pour l´esclavage ; mais ne dévorait-elle pas, comme
ses congénères occidentaux, abusivement les matières des peuples africains tout
en veillant à ce que les recettes de celles-ci reviennent en occident sous l´aspect
d´achats militaires, de produits industriels de consommation…en ruinant ainsi
volontairement tout espoir d´accumulation économique et ainsi de développement
en Afrique ? Voulait aujourd´hui faire beaucoup de fumée et se retirer
dans l´ombre…pour mieux piller discrètement l´Afrique ?
Dans
cette crise et ses retombées, les acteurs sont-ils sincères ou sont-ils malgré tout embusqués
dans leurs défauts et mauvaises habitudes du passé ?
On se le demande bien, si les institutions qu´on crée reproduisent toujours
les mêmes rapports de force et de dominance, les mêmes erreurs et les mêmes
tendances qui ont été à la base de cette crise. Pour bien comprendre ce qui se
passe actuellement, il faut nécessairement comprendre d´abord la crise. Cette
crise a de multiples facettes, c´est même pour cela qu´elle est dangereuse pour
l´occident parce que malgré son absolutisme économique, scientifique, technique
et politique, cet occident ne sait plus générer la croissance et s´enfonce dans
l´endettement. Ses paramètres démographiques sont déplorables et négatifs. De l´autre
côté se trouvait La Chine, arrivant à grands pas vers son industrialisation,
ainsi que l´Inde et le Brésil. Et derrière ces derniers venait l´Afrique qui
souffrait cruellement, dans son désarroi économique et culturel, d´abandon témoignant
d´un curieux et plutôt douteux désintérêt de la part des pays occidentaux. Apparemment
l´Afrique a été boudée ou sciemment enfermée dans le rôle de perdant de l´économie
mondiale auquel on refusait les investissements et le soutien économique intéressé
qu´on devait à un partenaire estimé.
Que se passe-t-il, dans cette crise pour que l´occident en soit si secouée
par des croissances négatives, par un écroulement du crédit et des finances
bancaires, et par une Amérique jouant à la planche à billet en mettant tout le
monde occidental en danger de noyade financière avec l´écroulement mondial du
système économique tel que nous le connaissons aujourd´hui ? D´abord on
met trop au centre des accusations les Banquiers de la Wall Street. Certes ils n´étaient pas étrangers au séisme qui a
secoué les finances mondiales : leurs coupables titrisations abusives
avaient couvert des hypothèques immobilières indues, pourries et escrocs. La
loi du profit rapace et inconséquent ? Que dire donc du gouvernement Bush
qui avait mis, avec des taux d´escompte préférentiels et intentionnellement
politisés, entre les mains des banquiers des sommes d´argent en flot inondant
pour qu´ils en fassent profiter au peuple américain de toutes les facilités
possibles et imaginables mettant le consommateur américain dans un
avantage illimité ? De ceci à cela, on fit donc une titrisation abondamment créative
pour financer l´argent facile et le crédit bon marché qu´on offrit au peuple Américain.
Et la formule : ce qui est bon pour les américains profitait à tous nos
amis occidentaux et au monde entier devint la maxime qui justifia tous ces excès
et les transporta joyeusement dans le monde. L´écrasement qui arriva avec l´écroulement
de la Lehman Brothers, s´il était à
la fois horrible et stupéfiant, n´en était pas moins logique et pratiquement inévitable
un jour ou l´autre : l´Amérique vivait trop facilement de 75% des épargnes
du monde entier sans pour autant investir dans des projets relevant le nombre
de clients et d´économies en voies de développement. Et cette situation, pour être
sincère, durait depuis 20 ans, ne l´oublions pas.
L´endettement public et privé américain avaient atteint des excès effrayant :
l´Amérique, s´était résolument installée dans la luxure et l´excès de l´argent
et du crédit bon marché, rejetant aux pauvres du monde le prix de tirer leurs
plans ou mourir de faim. On essaya bien, par cupidité, de s´en sortir en
investissant en Chine, au Vietnam, en Corée du Sud…hélas, ces pays se refusèrent
à rester consommateurs et prirent aussitôt le chemin de la production qui
revint concurrencer âprement les industries américaines et occidentales
produisant plus chèrement. Ceci produisit un sensible recul des économies
occidentales sur les marchés internationaux suivis d´un bouchon de leurs
productions industrielles. Ceux-ci entraînèrent le renchérissement du crédit, l´accroissement
de banqueroutes bancaires et commerciales ainsi que des endettements publics
conséquents à la montée du chômage. On en était donc là, à la croissance zéro : l´occident
incapable de vendre et progresser faute d´acheteurs et de l´autre côté une
Chine qui avançait bien vite vers son industrialisation et risquait, avec les
pays dits émergents, de contraindre inévitablement les industries des pays
riches à se restreindre. Le courant semble irréversible, même si les
occidentaux aujourd´hui encore rêvent de la reprise ; après tout, les
erreurs qui ont été faites depuis 20 ans et plus en se refusant à financer le
relèvement d´autres pays et générer ainsi plus de pouvoir d´achat dans le monde
pour écouler leurs produits coûteux, ne sauraient être réparées en quelques années.
Pour cela la productivité occidentale était trop puissante…et trop cupide, même
dans son embarras.
Et l´Afrique, dans tout cela, que devient-elle ? Méprisée des décennies
entières, réduite à un vulgaire réservoir de main d´œuvre, de matières premières
ou de dépotoir de déchets ou d´excédents industriels, ce continent accusait
aujourd´hui un état de développement quasi inexistant à part quelques pays tels
que La Tunisie, l´Afrique du Sud, le Nigeria. Sinon le désastre mental,
intellectuel et créatif était ahurissant tant il était désespéré par des niveaux
de vie excluant toute accumulation pouvant entretenir une économie positive
quelconque. A cela s´ajoutait la corruption et la gabegie administrative
pratiquée par des despotes illuminés et incapables pillant les accumulations
sociales des leurs et les recettes des matières premières pour les attribuer à leurs
aises et leurs usages personnels. Et cependant, les africains ont compris, par
exemple, avec l´Afrique du Sud seule représentante du continent africain au
FMI, que celle-ci était un cheval de Troie occidental dans leurs rangs et qu´ils
devaient se battre pour mieux représenter eux-mêmes leurs intérêts. A mon sens
le problème du désavantage financier, comptable et monétaire que subissaient
tous les pays africains ne se résoudrait pas seulement en siégeant au FMI, au
Conseil de Sécurité ou en étant valablement représenté dans quelques
organisations internationales. Le problème se trouvait plutôt dans les capacités
d´accumulation des économies africaines et leur utilisation efficace pour l´avenir,
la mise sur pied de leurs productions industrielles et la capacité de devenir
attrayant pour attirer les investissements occidentaux sur leur continent. Et
ceci suppose que les africains fassent un effort considérable d´instruction, de
formation universitaire et technique de haut niveau ; qu´il rationalisent
leurs sociétés et les débarrassent de traditions désuètes et primitives, qu´ils
investissent dans des infrastructures autant intellectuelles et imaginaires que
communicatives et matérielles pour relever leurs niveaux de vie et redonner
confiance et créativité à l´africain de demain. Et hem, avec quel financement,
tout cela ? Sûrement pas en important plutôt que de produire ou en
gaspillant ses épargnes dans des projets futiles et ruineux.
En conclusion, même si DSK se met ostentatoirement aux côtés des africains,
ceux-ci ne seront pas pour autant épargnés du dur et lourd devoir de se relever
d´abord par eux-mêmes afin que les étrangers, attirés par le profit que représente
cet effort, affluent à investir en Afrique. Le travail à faire est immense d´autant
que la pression des exigences extérieures augmente au jour le jour avec la
concurrence ardue sur la scène économique internationale et par l´arrivée de
nouveaux producteurs. Actuellement on a plutôt l´impression que les africains
croyaient encore qu´ils pourraient cahin-caha se développer á leur guise en
produisant n´importe quoi ou en cultivant leur ignorance et leur manque d´émancipation.
Ou encore qu´avec de hauts cris victimaires ils arriveraient à faire autant de
bruit que cela rendrait l´effort et le génie créatif inutile… ! Ou qu´il s´agissait
d´obliger l´occident et le monde entier à investir chez eux…sans tenir compte
des dures lois du marché international ou des impératifs du profit tout court !
Cette naïveté est assez surprenantes et dénote plutôt de la part de ceux qui l´entretiennent,
d´un flagrant manque de logique économique. Le capital, c´est comme l´être
humain : il lui est interdit, dans l´intérêt supérieur de la société, de l´économie
et de la responsabilité fondamentale de la propriété, de se détruire ! On
comprend d´autant mieux la crise économique chronique africaine : on y détruit
le capital au lieu de le respecter et le fructifier avec des projets lui ouvrant
de plus larges horizons à son profit. La liberté, le bien-être ; il faut
tout de même souffrir d´abord de les produire avant de vouloir jouir de leurs
bienfaits ! Les africains devraient s´atteler à bâtir et fructifier leur
liberté plutôt qu´à se défiler devant elle ou s´en cacher ; rien ne tombe du
ciel, celui qui ne sème pas aujourd´hui, celui qui ne protège pas ses intérêts,
qui n´épanouit pas talent des siens…celui-là ne récoltera sûrement pas demain. La
pauvreté n´est pas toujours due au hasard…
A mon sens nous allons assister, dès que toutes les économies occidentales
auront compris et enregistré les véritables désagréments de cette crise et leurs
significations profondes, à une guerre économique sans merci visant à se réserver
les parts industrielles et commerciales du marché occidental et mondial. La
pression chinoise, indienne, brésilienne et autre va aller croissant, cela va
de soi. Ceci va appeler un protectionnisme nationaliste sans précédent entre
pays occidentaux. Et bien de capacités et de secteurs industriels vont inévitablement
disparaître dans certains pays entraînant ainsi un haut chômage ingrat lequel
mettra à mal les finances publiques et l´équilibre économique et politique de
ces pays. Je doute notamment que l´Amérique puisse conserver la production
automobile aux Etats-Unis. Si la capacité de création de nouveaux produits et
de nouveaux débouchés commerciaux n´augmentent pas rapidement dans les toutes prochaines
années, l´occident aura beaucoup de problèmes à conserver son actuel mode de
vie et son bien-être. Et cela, ça va créer bien de remous sociaux et remettre
bien de valeurs occidentales en cause. Particulièrement aux Etats-Unis. Car les
riches voudront rester riches, et les pauvres se refuseront au sort indésirable
qu´on leur réserve.
Musengeshi Katata
« Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu »
Forum Réalisance
29 mai 2009
La crise court son train écrasant…avec son lot d´insolvabilités et de chômage dégradant.
Les chiens aboient…la caravane passe pourrait-on dire. A la veille du dépôt de bilan de GM :
la plus grande banqueroute industrielle de l´histoire humaine de la production,
on se demande encore si jusqu´à maintenant, et cela sous les bonnes intentions
du G 20 passé, on a réellement fait des progrès pour endiguer les désastreuses
conséquences de la crise, ou si, à bout de solution, on laissait venir, tout
simplement…en noyant la ville d´argent bon marché pour éteindre un feu qui écroulait
la société de haut en bas. L´eau ne sauvait personne, si le feu avait pris aux étages
supérieurs. On se trouvait plutôt entre la noyade au rez-de-chaussée et la
grillade causée par les cols blancs.
Ainsi
GM, ainsi l´Amérique…endetté, gras et faussement prétentieux ?
« Un
mal qui répand la terreur, mal que le ciel en sa fureur inventa pour punir les
crimes de la terre… » La Fontaine. Les animaux malades de la peste.
Oui, l´affaire de l´insolvabilité prochaine de GM est dans toutes les
bouches actuellement, notamment parce que derrière cet étonnant phénomène, il n´y
a pas seulement l´échec de gestion du management américain, mais aussi Opel…pour lequel les allemands particulièrement
se faisaient beaucoup de soucis pour protéger les 25.000 ouvriers allemands
directement touchés par la banqueroute de la maison –mère. Il en allait de même
pour 4.700 emplois en Grande Bretagne, 7500 en Espagne, 1400 en France, en
Pologne, en Belgique, en Suède…etc.
On a bien essayé, dans tout le monde occidental, à grand effort d´interprétation
des statistiques, à manipuler adroitement l´opinion publique pour conserver un
optimisme empêchant l´écroulement définitif du système. Hélas, ni les nombreuses
et plutôt intempestives annonces de banqueroutes journalières, ni le chômage
grandissant qui menaçait d´étouffer les pays industrialisés et la périphérie, ne
laissaient plus aucun doute : cette fois l´affaire était de taille. Si GM,
le fleuron de l´industrie automobile américaine et la plus puissante société
productrice du monde courbait l´échine et prenait le chemin de l´article 11 de
la banqueroute américaine pour se protéger de ses dettes ouvertes de 27
milliards $, il faut bien se dire que les choses vont mal aux Etats-Unis. Et
c´est bien le cas ; on ne peut pas toujours s´endetter joyeusement,
produire des blindés civils en place d´automobiles, vivre sur un grand pied dépensier
des matières premières, abuser du crédit et de l´argent facile…sans qu´un jour
la facture ne devienne lourde à payer. Et changer…comme le prétend Obama est
plus vite dit qu´il n´est réellement possible rapidement. Les américains ont
tout simplement cultivé un art à vivre…indécent et dépensier qu´ils préféraient
aujourd´hui défendre en bombardant le monde entier ou en s´endettant à se noyer…plutôt
qu´à revenir au bon sens. Et on se demande si l´Amérique n´allait pas tout
simplement vers un irréversible gouffre si elle n´était pas capable d´inverser
la vapeur…et c´est dire devenir concurrentiel et mériter son bien-être et ses
excès plutôt que de les voler aux autres sous de faux prétextes ou des
escroqueries financières mettant le monde entier à mal.
Obama aurait beau avoir apporté un nouveau crédit à la politique américaine ;
s´il n´arrivait pas à maîtriser la banqueroute économique qui menaçait son pays,
ni à cesser les guerres ridicules que ce pays entretenait pour se cacher de ses
propres faiblesses (Ou était-ce une façon comme une autre de faire beaucoup de
fumée pour tromper son monde et continuer, malgré tout à vivre ses abus et
ses excès au détriment du monde entier et même de ses propres prétentions éthiques
et morales ?) ou régler le problème palestinien autrement qu´en supportant un
Etat juif sournois oppressant depuis d´interminables décennies les doits
palestiniens…ce grand pays aura joué sa dernière carte comme puissance mondiale
influente et crédible. Et à propos de valeurs, plus personne ne croira un seul
instant que ce pays sache de quoi il parle, surtout si les femmes américaines –
actuellement 200.000 dans l´armée – doivent trembler d´aller á la toilette la
nuit de peur d´être violées en Irak…par leurs collègues américains ! C´est
vraiment à se taper les mains sur la tête quand on apprend cette délinquance militaire
masculine américaine connue, parait-il de toute l´amirauté américaine. C´est
bien la peine d inviter les femmes à servir leur pays…pour qu´elles se fassent
violer à tour de bras par des gens qui prétendaient défendre la liberté et la démocratie dans
le monde ! Cette bassesse, cette fausseté, n´est-ce pas ! Honteux et scandaleux.
On doit y mettre fin le plus immédiatement que possible, ou dissoudre une armée
de criminelles et de cannibales aux valeurs américaines. Ou nous serions-nous
tous trompés sur ce qu´étaient réellement les valeurs américaines ?
Scandaleux, cet état des choses. Ce n´est tout de même pas parce qu´Obama est
arrivé au pouvoir aux Etats-Unis qu´on doit se permettre de faire n´importe
quoi ! Nous y regardons encore plus délicatement qu´hier, qu´on ne s´y
trompe pas. Les femmes américaines ne sont ni du papier toilette pour quelques crapules
et criminels sexuels aussi américains soient-ils, ni de la charcuterie pour les
canons de guerres illicites et fantaisistes de la classe néolibérale américaine.
Qu´on se le dise !
Musengeshi Katata
« Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu »
Forum Réalisance
14 mai 2009
L´occident et le monde face aux bourbiers de la crise économique du siècle
A Arcelor on crie, à Thyssen Krupp on broie le vide, chez Schäffler…partout le licenciement et la
rationalisation sont à l´ordre du jour. Les Etats-Unis ont perdu en Avril
539.000 emplois après 699.000 en mars. La crise a atteint la base productive de
l´industrie des pays les plus riches…Cependant, on assiste à un curieux jeu
dangereux à embellir ou à banaliser une situation qui ne l´était absolument pas
du tout. Faut-il continuer ainsi ou serait-il temps, surtout pour les
américains, à devenir réaliste et prendre enfin les mesures appropriées
qui s´y conforment pour lutter contre une crise incroyablement lourde de
dangers ?
Les grands dangers d´un optimisme aveuglant
Le problème, même pour ceux qui étaient endormis ou trop optimistes, n´est
plus la crise puisqu´elle est là et prend possession, chaque jour qui passe,
avec ses licenciements et ses chiffres rouges, les économies du monde entier
dans sa poigne. Non, on ne peut plus tromper son monde en prétendant que ce
serait une simple grippe économique. A moins, bien entendu qu´on ne l´aie pas
comprise ou comme le fait tout l´occident actuellement, pour ne pas déclencher
la panique, de veiller à ce que l´énorme ballon de fausses valeurs financières qui
truquait l´optimisme économique occidental et mondial…de se dégonfler
lentement.
Non, le grand problème à notre avis est qu´on essaie, comme toujours ou
comme par le passé, d´étouffer le feu plutôt que de le combattre réellement. Et
ceci veut dire combattre les causes et les contradictions qui ont généré la
perversion économique de la crise que nous déplorons tous aujourd´hui.
L´Amérique est et sera, comme tout le monde le sait, particulièrement touchée
par cette crise. Or on observe de la part du gouvernement des Etats-Unis, et
afin d´éteindre ce feu dévorant et dangereux, à une véritable hérésie…des même
erreurs qui ont conduit à la crise ! L´Etat plongeait dans l´endettement
et noyait les marchés financiers d´argent á bas prix. Combattre le feu par le
feu, dirait-on, pour endiguer la défection bancaire du crédit. Question de
méthode. Mais n´aurait-il pas été plus sage de faire, comme les allemands le
projettent, disparaître les fausses valeurs financières ou les valeurs
faisandées des actifs des banques d´abord ?
On soutenait des sociétés productrices mises à mal par la crise avec des
crédits étatiques pour, soi disant protéger l´emploi. Or ce subventionnisme protectionniste,
pour peu regardant qu´il soit pour l´emploi, risquait, à la longue, de
pulvériser les deniers des contribuables. C´est encore le marché, dans une
économie de marché, qui fait la réussite ou la défection d´un producteur, pas
l´Etat. On risquait donc de subventionner des produits sans avenir…lesquels un
jour, comme on le voit aujourd´hui, deviendraient des monstres économiques et
financiers empêchant par trop impertinemment l´avènement sur le marché de
produits concurrentiels bons marchés ou plus écologiques. Et on pouvait aussi
se demander : la caution de marché de libre échange, existait-elle encore si
l´Etat subventionnait des sociétés commerciales privées ? Eh, oui, les banques
en faisaient aussi partie…
L´autre aspect de cette crise est la réduction des erreurs et
contradictions du système. Et parmi celles-ci se trouve la tolérance, pendant
des décennies, de la plaie morale, juridique et économique des paradis
fiscaux ! Et rien qu´aux difficultés ou aux débats houleux qui ont suivi
les déclarations du ministre allemand des finances, Peer Steinbrück, au parlement lors de la présentation de la loi de
suppression de ces oasis de véritables escrocs aux finances et à l´imposition
de pays souverains tiers, on a pu voir combien l´occident était prise entre
l´enclume et le marteau. Les partis de droite, quoique conciliant, semblent
vouloir traiter l´Autriche, la Suisse, le Luxembourg, le Liechtenstein et
autres avec des gants ! On parle de période de transition de 10 ans, afin
que ces pays se détachent de leurs…faussetés fiscales ! Depuis quand des
criminels internationaux notoires ont-ils droit à autant d´égard et de
compréhension face au Droit, se demande-t-on ? Ici les américains avaient
été rapides et efficaces : ils ont tout simplement mis le couteau à la
gorge de l´UBS (Union des banques
Suisses) et le résultat a été immédiat.
A côté des escroqueries financières courantes, du combat contre la
corruption avec l´affaire Intel
(avec la contravention européenne record de 1 milliard €), par exemple, ou
Microsoft, Thyssen Krupp, Hoffmann
Laroche, Siemens…etc par le
passé, on doit aussi, hélas ajouter celui des privilèges exubérants et abusifs non seulement des banquiers
(surtout s´ils ont été financé par le contribuables), mais aussi, comme l´a
montré les révélations du Daily
Telegraph en Angleterre sur les abus de Gordon Brown et de ses compères du
parlement, que ce système économique était de petite morale bien opportuniste. Depuis
le haut de son échelle. Ainsi, demander aux ouvriers et aux petites gens de se
serrer la ceinture afin que l´industrie soit concurrentielle ou les ployer sous
des impositions chaque année plus lourde et plus fantaisiste…tout en se faisant
payer par ces mêmes contribuables jusqu´à la brosse à dent ou à l´alimentation
de son chien…tout en jouissant d´honoraires juteux ; il faut le faire, il
faut le faire vraiment ! Tout cela témoignait d´un esprit, d´une
éthique…pour le moins douteuse.
Ou encore, dans la société, lorsque de hauts techniciens ayant faits de
longues années d´études, des médecins, des ingénieurs, des professeurs
d´universités gagnaient moins que des sportifs qu´on retrouvait en file aux
bancs du doping…cela n´encourageait pas la jeunesse á faire des études
supérieures, et ce faisant, c´est la créativité et la technicité de la société
qui en prenait un coup. Faut-il alors s´étonner plus tard qu´il manquait
d´ingénieurs, de techniciens ou de médecins ? A la longue, au lieu de
protéger son avenir, la société se dotait seulement de beaucoup d´amuseurs
publics, de comédiens, de sportifs…de tous ceux qui, sans la création et les
inventions techniques sophistiquées ne savaient pas exercer leurs métiers aussi
bien payés soient-ils !
Le gros et gras des contradictions occidentales se trouvent cependant dans
son recul de vente et de génération de croissance. Et là, on a fermé les yeux
devant une flagrante évidence : la machine industrielle occidentale, en se
déployant, a fait plus de pauvres qu´elle n´a engendré l´élargissement de ses
marchés. Et avec cette logique soutenue par la corruption des élites des pays
pauvres nuisant eux-mêmes aux intérêts de leurs peuples par leur nonchalance et
leur notoire incapacité, l´Afrique, notamment, s´est appauvrie au lieu de
s´épanouir. Et vivre ou vendre à la pompe de dettes comme on semble le suggérer
actuellement ne résout ni le problème de l´appauvrissement social, ni celui de
la compétitivité faussée comme on le voit avec GM, Chrysler. Tout cela
fait que nous risquons de plonger dans une crise bien plus lourde et longue
qu´on ne le voudrait, qu´on ne s´y trompe pas.
Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
Forum Réalisance
31 mars 2009
Crise de confiance et de bonne foi; que pouvons-nous attendre du G20 ?
De meilleures structures économiques et financières internationales ?
Espérons-le. Mais ne nous faisons pas d´illusions : on a trop pris l´habitude
de tricher, de mentir, de fausser les apparences avec l´hégémonie occidentale,
que changer les choses devient un tour de main. Oui, méfiance ; car les
choses, semble-t-il, ne changent que lorsque les intérêts dominants sont en
jeux. Pas par idéal ou réalisme supérieur de réalisation humaine. Et à propos,
comment guérit-on la rapacité et la cupidité humaine élevée des générations et
des générations en éloges et vertus de l´abondance abusée aux détriments du bon
sens ?
En attendant…l´épreuve et le réalisme du bon sens ?
« Ce
qu'il faudrait, c'est toujours concéder à son prochain qu'il a une parcelle de
vérité et non pas de dire que toute la vérité est à moi, à mon pays, à ma race,
à ma religion. » Amadou Hampâté Bâ
Des structures propres, des structures non infectées ! Entendait-on de
partout. Et pourtant, plus que des structures, est l´esprit qui s´y meut. Car
si celui-là reste primitif ou encagé à sa grossière rapacité, ce ne sont pas des
structures quelconques qui l´empêcheront d´infecter le monde de ses abus.
De ce G 20 dont tout le monde semble parler et attendre quelques décisions cruciales
nous permettant rapidement de décanter la crise financière, je dirai plutôt que
nous aurons fait un grand pas si cette crise financière est rapidement, avec
des décisions précises, résolue. Mais il restera toujours l´autre jambe de
cette crise : la crise de saturation ou d´étranglement du marché
commercial international. Et celle-ci a engendré la deuxième pour cacher les déboires
de quelques brokers et banquiers en mal de profit mais curieusement noyés dans
un envahissant flux financier refusé aux nécessiteux et à l´ouverture de
nouveaux marchés économiques.
Ce n´est pas parce qu´on construit de belles routes et qu´on impose un joli
code de la route que tout le monde aura une voiture pour aller où il veut
arriver ! Peut-être avons-nous fait jusqu´à ce jour trop de pratique et
moins de théorie, ou l´inverse trop de théorie absolutiste et moins de pratique
d´équilibre et d´harmonie…c´est selon. Toujours est-il que ce bouchon ressemble
à s´y méprendre à celui qui étreignit le monde industriel occidental au 19ième
siècle : trop de biens commerciaux et pas assez d´acheteurs constants et
solvables. On décida de mieux rémunérer les ouvriers, les femmes et les enfants
qui travaillaient souvent 15 heures dans des mines insalubres et humides pour
un salaire de misère. Après, les choses allèrent mieux. Bismarck offrit la sécurité
sociale à ses ouvriers lesquels cotisèrent aussi pour une aristocratie qui,
elle, ne fit que puiser dans la caisse sociale sans y avoir payé un sou. Le
monde est ce qu´il est.
De tout cela j´en déduis qu´une nouvelle illusion devrait nous permettre de
décanter notre impasse mondiale actuelle. Le rouble, dit-on, doit rouler ;
la circulation des biens et des capitaux reprendre leurs mobilités respectives.
Dire qu´alors tout le monde deviendra riche est tout autre chose. Mais changer
l´esprit quelconque de notre existence en nous exigeant à plus raisonner, user
de plus de bon sens que nous ne le faisons instinctivement sous l´emprise de
nos intérêts…je doute que cela soit possible. C´est toute une longue éducation
dont nous aurions besoin pour parvenir à des résultats. Or, les temps modernes
sont devenus rapides, empressés, impatients.
Et peut-être devrions-nous nous contenter de petits pas finissant parfois
dans des grandes crises dont bien de gens souffrent l´enfer. Changer, aller de
l´avant ? Bien sûr. Mais quiconque connaît l´être humain sait que d´un côté
comme de l´autre de la barricade, beaucoup ne sauront pas se dessaisir de leurs
vices. Alors, faisons pour le mieux et à chacun son destin et ses choix de
valeurs. Ceux qui abuseront continueront à souffrir ; ceux qui seront diligents
et perspicaces sauront se garder de mauvaises expériences.
Musengeshi Katata
« Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu »
Forum Réalisance
06 mars 2009
La crise économique et financière s´accélère dangereusement aux Etats-Unis
Les derniers chiffres américains du chômage viennent d´être publiés :
en février les Etats-Unis ont perdu 651.000 emplois. Après 376.000 en novembre,
535.000 en décembre, 598 en Janvier, la crise, comme on le voit s´accélère. En
6 mois les Etats-Unis ont perdu 3 millions d´emplois passant de 7,6% à 8,1%. Et
si on part de 2007, les Etats-Unis ont perdu depuis 4,4 millions
d´emplois.
L´angoisse
du désastre a largement ouvert ses portes, allons-nous vers une douloureuse et redoutable dépression ?
Et les mauvaises nouvelles ne s´arrêtaient pas là : l´A.I.G avait fait
62 milliards de perte au dernier quart de l´année 2008, La Citi avait perdu 26
milliards $ ; General Motors était en banqueroute et semblait
irrécupérable, à moins de se sauver sous l´article 11 de la loi fédérale sur la
banqueroute. Mais alors Opel serait liquidé ainsi que toutes les autres société
automobiles sœurs affiliée à GM en Europe ; cela touchait le Portugal,
l´Espagne, la Suède, la Belgique, l´Allemagne, la Grande Bretagne…faisant corps
de la pyramide automobile de GM en Europe principalement. En Asie et en Chine
les sociétés de GM étaient largement rentables et indépendantes.
On parlait, à tort à mon avis des banques qui ne bougeaient pas d´un
pouce ; mais comment soutenir des sociétés de production surendettées dont
les produits n´étaient plus concurrentiels ? Par ailleurs, on oubliait que
les banques étaient gravement infiltrées de fausses valeurs que d´une part on
osait pas se débarrasser avec le faux espoir qu´on les refilerait à quelqu´un,
et de l´autre que ces valeurs, malgré tout, avaient été comptabilisées au
portefeuille des banques. S´en débarrasser sans contrepartie revenait à se
découvrir, et bien sûr faiblir. Il en avait pour des sommes vertigineuses de
par le monde…après tout on avait joué à ce faux jeu joyeusement pratiquement depuis
2001 !
L´autre talon d´Achille de l´économie américaine : l´immobilier et son
secteur hypothécaire. 45 millions d´américains étaient en passe de perdre leurs
habitats pour perte d´emploi, taux hypothécaires quasi impayables…tandis que
les valeurs immobilières chutaient pratiquement de 16 % tous les mois. Obama
avait bien fait passer un plan au Sénat pour pallier à la dégradation de ce
secteur, hélas, celui-ci ne pourrait aider que 9 millions d´américains sur les
45 millions concernés.
Les choses se corsent et deviennent de mois en mois aigres. Le président
Obama a bien introduit un budget de 3.000 milliards $ avec un déficit record de
1.750 milliards $, lequel, pour la première fois de son histoire, prévoit 698
milliards $ pour la mise sur pied d´une assurance maladie solidaire. D´autre
part, son plan d´urgence contre la crise avoisinait 800 milliards $. Ajouté,
bien entendu au 700 qui avaient été débloqués pour soutenir les banques et
éviter leur effondrement.
Toutes ces mesures portaient sur le long moyen terme. Mais pourraient-elle
influer sur le court terme immédiat et freiner l´érosion de l´emploi et des
valeurs boursières fondant inexorablement à vue d´œil ? Apparemment cette
crise est bien profonde et n´a pas encore atteint le fond du vase. Tous les
pays industrialisés en souffraient : le Japon, l´Allemagne, la France, la
Grande Bretagne, la Chine…pratiquement le monde entier. D´où viendrait les
impulses du changement et de la reprise sinon des Etats-Unis eux-mêmes qui,
rappelons-le, sont incontestablement et de loin, avec 14.560 milliards $ de PIB
l´économie la plus puissante du monde. La seconde place revient au japon qui,
lui, ne compte que 3.400 milliards $, ensuite la Chine avec 2500 milliards $.
Cette crise sera, à notre avis longue et douloureuse. Nous l´avons déjà dit
à plusieurs reprises. Pourquoi ? Parce qu´elle est doublée d´une terrible
crise des finances, et parce que ses facettes sont multiples. Selon nous tout
l´occident a dormi sur ses lauriers depuis 20 ans ; cette culture
industrielle s´est contentée d´embellir et de diversifier des systèmes de
production ne tenant compte ni de l´écologie, ni de l´épargne judicieuse des
matières premières, encore moins si, dans leur développement elle créait le
bien-être plutôt que la vile exploitation appauvrissante. On a caché, avec l´endettement
et le jonglage financier trompeur, la teneur du mal en maquillant la réalité économique
et interprété les chiffres sociaux à sa guise en se disant : cela ira mieux
demain. Or, les choses se gâtèrent encore plus…on s´en prit alors aux salaires
des petites gens pour rester à flot. A la longue, cela ne pouvait pas déboucher
sur le paradis. La Grèce, l´Espagne, l´Irlande et l´Islande en savaient quelque
chose…le Japon et la Chine aussi.
D´autre part, envahir le tiers monde et particulièrement l´Afrique de ses
surproductions sans y investir ou y créer l´emploi n´a fait qu´appauvrir ce
continent au lieu de l´aider à se développer. La Chine n´a rien fait d´autre
que répéter ou imiter cette logique irresponsable. Or, la concurrence mondiale
des produits industriels commerciaux s´accentuant et par la même occasion
l´Afrique s´appauvrissant, les clients sont morts ou ont disparu. Ceci va aussi
poser un problème pour la relève demain : d´où diable viendront les
clients ? Tout le monde était en rage de vendre pour payer ses dettes ou
refaire l´argent perdu par les banques ou par le chômage et les nombreux plans
de soutien des industries et de la consommation locale. La concurrence, à la
relève, sera encore plus musclée qu´avant la crise.
Musengeshi Katata
« Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu »
Forum Réalisance