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Luc Ferry, un intellectuel ? (6 mars 2006)

Il y a parfois trop peu de bon sens dans les commentaires, ainsi ; un des premiers intervenants se croyaient obligé de faire remarquer que les africains croyaient que les transports publics étaient gratuits en banlieue. C’est sûrement une erreur de jugement, mais c’est d’autant vrai que les français qui ont fait l’esclavage, eux pensaient aussi que les enfants des autres, ils pouvaient en user et en abuser à loisir ; qu’ils étaient gratuits et voués à leur bon loisir. Les uns ne font qu’une cavalière fraude, les autres, par contre, sont de criminels de droits communs. Et même si les gens arguent que tout cela est passé, que fit donc Michel Debré avec les 1625 enfants volés et déportés de la Réunion en 1960 ? Il y a à peine 40 ans. Ou cette piraterie de la francafrique qui pillait, volait, corrompait en nom et place de la France entière ? Tout est souvent question de ne pas souffrir d’amnésie ou de condamner les autres quand soi-même on a large cimetière de morts dans la cave.

Mais revenons à notre Luc Ferry. Ce qui l’agace comme toute la société française conservatrice, ce n’est pas la morale ou les usages étrangers qu’il ne comprend pas ; ce qui le révolte, c’est cette crise qui a mis à nu bien de faiblesses de la culture occidentale : notamment, par exemple que ce sont les noirs et les arabes qui font le plus d’enfants en France, pendant que les français eux-mêmes tirent à blanc. Autrement dit : ce sont les étrangers qui assurent l’avenir de la France, pas les français eux-mêmes ; et si cette culture était malmenée comme on le fait par trop bien en Banlieue, ce sera bientôt une consoeur du slingue qu’on parle à Marrakech ou une variante bamiléké qu´on parlera en France à l´avenir. Autre chose : la France, comme l’Allemagne, comme les Etats-Unis ou tout pays capitaliste centraliste, se rendent compte à quel point ils sont dépendants de leurs ventes à l’étranger, ventes sans lesquelles leurs économies ne sont pas viables. Et c’est cette dépendance de crise de croissance qui fait taper du pied et les ravale à un primitif racisme revanchard, mesquin et gratuit. On se rabat alors sur Dieudonné ou on essaie de faire passer un crime de milieux crapules dans l’affaire Ilan à un crime raciste perpétré par des noirs. Faut surtout pas se formaliser avec ces humeurs de perdants pris à leur propre piège ; après tout, qui leur avait dit de ne pas faire d’enfants ? Ou encore, ils ne sont pas obligés de surproduire, surtout s’ils ne savent pas consommer leurs excédents ! Vivre des autres, c’est pénibles, mais le pire, c’est d’avoir des milliards escroqués de par le monde dans ses banques, être maître de la technologie, de l’industrie, être armé jusqu’au dents, et se rendre compte que tout cela ne servait à rien si on ne vendait pas. Echec et Matt !

Et si cette crise perdure, que fera-t-on des caisses d’assurances sociales en banqueroute ? Qui paiera les impôts et qui remboursera une dette de 1065 milliards pour la France, et 1465 milliards pour l´Allemagne, qui courait et courait encore ? Mais bien sûr, les enfants étrangers ! C’est cela qui blesse la fierté de l’occidental : sa bête et primitive dépendance. Il tape du pied en public, mais lorsque la porte se referme derrière lui et que personne ne le regarde, il pleure de rage. Eh, oui...à qui la faute, sinon à lui-même ? Et s’il est vraiment un intellectuel, ce que vous verrez dans ses yeux, ce ne sont pas des larmes, c’est du sang. Mais cette fois, heureusement, c´est le sien. Au bord du désespoir insoluble.

Musengeshi Katata.

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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