Des cellules mafieuses autour de Joseph Kabila, toujours plus laborieuses que jamais

Haro aux traîtres qui nous pillent

14 juin 2006 - Une affaire d'uranium vient de confirmer la politique de prédation du gouvernement Kabila. En effet, la compagnie African Mining and Exploration Company (CAMEC) et son partenaire, Billy Rautenbach, le fameux zimbabwéen qui avait dirigé la Gécamines du temps de Laurent Désiré Kabila, et aujourd'hui recherché en Afrique du Sud pour crimes économiques, ont voulu mettre main basse sur Shinkolobwe. L'affaire a été traitée avec le clan Kabila. Mais au lieu de saisir le Ministre des Mines, les pprdistes de la Gécamines ont écrit directement au chef de leur clan maffioso, Joseph Kabila, pour solliciter son accord de finaliser le partenariat sur les gisements radioactifs avec la CAMEC. Ce en contournant le Comité de Gestion de la Gécamines, comme pour montrer que la présence de la société française Sofreco ne sert à rien. Les deux pprdistes qui ont signé la lettre au Président Kabila, sont Mukasa Kalembwe (Directeur général adjoint, oncle à Augustin Katumba Mwanke, l'ambassadeur itinérant de Kabila) qui aurait signé à la place de Paul Fortin, le Directeur général, et de Mwema Mutamba (directeur technique) qui l'a assisté en signant comme Mukasa Kalembwe. 

De sources proches du gouvernement, le ministre des Mines, M. Ingele Ifoto aurait réagi, en exigeant des responsables de la Gécamines la fameuse autorisation qu'ils prétendaient avoir déjà obtenu du cabinet du chef de l'Etat. Il s'est avéré que les deux responsables de la Gécamines voulaient simplement user d'un trafic d'influence pour faire conclure la transaction avec Camec. Furieux, le ministre Ingele Ifoto aurait, dans une lettre datée du mois de mai 2006, rappelé à l'ordre les deux responsables de la Gécamines. Tout en rappelant aux auteurs de cette tricherie que l'autorité compétente en matière minière reste le ministère des Mines, Ingele Ifoto a, à en croire ces mêmes sources, enjoint les responsables de la Gécamines de n'amorcer aucune démarche ni des pourparlers avec un investisseur quelconque pour l'exploitation de la mine d'uranium de Shinkolobwe.

Mais, le scandale de l'uranium de Shinkolobwe, n'est qu'un dossier découvert. Combien sont de dossier qui ne sont pas encore découverts ou ne le seront jamais? Plus des dénonciations s'accumulent, plus la maffia du clan Kabila multiplie ses actions, de plus en plus publiques et en toute impunité. Tout le monde a été témoin du cas du pasteur Mulunda qui est guide spirituel du Chef de l'Etat et qui a pris une mesure d'intimidation et d'expulsion de la représentante de la MONUC au Katanga, pendant le séjour au Katanga du chef de l'Etat. Le président n'a ni désapprouvé, ni désavoué. Bien au contraire, il a entamé sa campagne électorale, avant la lettre, avec, publiquement, à ses côtés le fameux pasteur. On a eu tort de penser que la bonne gouvernance serait garantie par la présidence collégiale. La collégialité n'a pas produit de saints; et cela a même été prouvé mathématiquement par la formule 1+4=0. Zéro saint, bien entendu. Beaucoup de choses se passent à l'ombre du président Kabila, que beaucoup d'observateurs considèrent d'ailleurs comme étant le véritable chef de bande de la maffia. Ceux qui avaient encore des doutes ont été édifiés par le rapport de trois Ong européennes, à savoir, Niza, Fatal Transactions et Ipis, intitulé « L'Etat contre le peuple : la gouvernance, l'exploitation minière et le régime transitoire en République Démocratique du Congo » qui avait mis en évidence la mafia politico-financière du système Kabila (voir http://www.congolite.com/polsoc154.htm). L'affaire est grave car, ce sont les richesses de la Nation qui sont bradées. Sous d'autres cieux de tels abus relèvent du crime de haute trahison qui pouvait résulter en la déchéance des membres de l'espace présidentiel. Ou bien, s'ils avaient un sens de l'honneur et de la dignité, ils auraient démissionnes de leurs propres chef.

Actuellement, la Société Nationale des Chemins de Fer (SNCC) a reçu des injonctions pour vendre à des Chinois le tronçon de chemin de fer Lubumbashi à Sakania (environ 350 KM) à la frontière zambienne. La répartition du captal devrait être de 85 % pour les chinois et de 15 % pour la SNCC. A deux semaines du lancement officiel de la campagne électorale, la question du financement illicite des partis et des trésors accumulés par détournement des biens et des deniers publics n'a pas été débattue. Les scandales financiers auront ainsi conduit la Transition jusqu'aux portes de la Troisième République. Mais quels que soient les gagnants, les caisses seront vides, l'argent se trouvant logé dans les poches des prédateurs. L'aide financière attendue de la Communauté Internationale, encore qu'elle affaiblira la souveraineté, ne sera pas du tout à la hauteur des besoins et des attentes. Bien au contraire, il est possible que la focalisation sur les élections congolaises considère que tous les problèmes auront été résolus en donnant la parole au peuple, et ce sont d' autres urgences et d' autres pays qui attireraient les fonds internationaux.

On a toutes les raisons de s'inquiéter de l’existence et de la survie de réseaux maffieux qui on été tissés. Il est bon de rappeler, ici, quelques noyautages par Kabila et ses sbires du commerce et de l'argent des mines. M. Tuma Waku est maintenant devenu Pdg de Copper Project Sprl à Kolwezi, une joint-venture entre Gécamines et GEC Ltd (Dan Gertler International/Beny Steinmetz Global Resources). Il avait été le ministre des mines qui avait arrangé l'installation de Dan Gertler dans le business du diamant (EMAXOM/MIBA) avant de se retrouver dans le business du cuivre/Cobalt pour le compte de ce même Gertler. Jean Louis Nkulu, un homme de Forrest et de Kabila avait remplacé Tuma Waku au ministère des mines avec pour mission de matérialiser le contrat de Kamoto-Luilu KFL en annulant le projet ISCOR juste avant l'installation du gouvernement de transition. Il est aujourd'hui le représentant de Forrest à Kinshasa sous la casquette STL/GTL. Si on voit bien, ce sont les mêmes autorités qui participent aux décisions de l'Etat et qui se retrouvent dans les entreprises privées qui en ont bénéficié.

On connaît également les cas de Katumba Mwanke et ses implications dans Anvil Mining et les exploitations minières zimbabwéennes. C'est grâce à ces relations d'affaires que la Camec vient d'essayer d'obtenir l'exploitation du gisement d'uranium de Shinkolobwe. Quand on parle de Camec on voit directement le criminel économique de renom Billy Rautenbach. Avec Joseph Kabila, CAMEC et Rautenbach exploitent des mines de la Gécamines dans la Boss Mining (avec 20 % à la Gécamines), suite à des cadeaux, sans aucun doute rémunérateurs, des mêmes hommes de mains du Président. Ces cellules maffieuses autour du président sont restées actives au sein du nouveau Comité de Gestion de la Gécamines, en dépit de la nomination du canadien Paul Fortin et de ses collègues de la française Sofreco, chargée par la Banque Mondiale de restructurer la société. Ces nouveaux dirigeants étrangers sont de grands enfants et de grands naïfs, car ils n'ont aucune connaissance du Congo et des prédateurs congolais qui les piègent régulièrement. Le Pprd a veillé à noyauter le Comité de Gestion et le Conseil d'Administration avec ses militants que ce parti a identifiés publiquement comme ses membres. La Gécamines est gérée comme si c'était un bien privé de Kabila et de son parti.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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