Serions-nous en train de débattre et de disserter bravement pendant qu´en Afrique les nôtres étaient dépouillés et avilis encore plus qu´hier ?

Plaidoyer pour un changement de sens et de doctrine politique en Afrique

"On nous avait appris à chanter les louanges de Dieu pour nous faire oublier que nous étions des hommes" P.E. Lumumba

Après des siècles d´exactions islamiques et chrétiennes nous ayant empêché à entretenir et poursuivre notre propre sens de l´histoire et ses nécessités ; où en sommes-nous aujourd´hui ? L´intellectuel africain a-t-il relevé le défi qui était le sien ?

Les sociétés africaines se sont-elles dotées d´idéologie, de pensées et orientations sociales leur permettant de retrouver leurs identités et le chemin menant à la réalisation des rêves de leurs enfants ? Ou nageait-on encore, plus aliéné que motivé et organisé face à un sens de l´histoire contemporaine que les maux du passé et leurs négations embrouillaient et dévoyaient. Que faudrait-il faire pour changer les choses au mieux ? Quels sont nos ennemis ; ceux-ci sont seulement extérieurs ou étaient-ils aussi de nos propres erreurs et fausseté de vision ? Et comment pouvons-nous au mieux les combattre, en éviter les effets négatifs nuisant à notre avenir ?

Ces questions, cher et honoré lecteur, ont trouvé réponse dans deux démarches que je vous propose avec plaisir :

-          Théorie de la révolution africaine de Jean-Pierre Kaya paru aux Editions Menaibuc http://www.menaibuc.com/article.php3?id_article=215

Voir une vidéo de présentation du livre sur :    http://www.dailymotion.com/video/x2mbpt_theorie-de-la-revolution-africaine_politics

Et je dois dire, un livre intelligent, brillant dans sa dialectique et ses analyses. Même si nous ne sommes pas d´accord sur le titre du livre (Nous lui aurions donné le titre : « Essai sur la nécessité d´une révolution en Afrique »), ses analyses et conclusion rejoignent absolument les nôtres à tout point de vue. Pour ceux qui commençait à désespérer comme moi de l´intellectualité analytique et dialectique nègre, j´ai été comblé. Ce livre, je le recommande vivement aussi à tous ceux qui aiment savoir avant de parler de quoi que ce soit. Surtout ceux qui, sur le net, font beaucoup de tapage avec un quotidien politique africain dont ils n´en saisissent ni les dessous réels, ni la vulgarité criante. Compliment, monsieur Kaya ; c´est du bon travail. Car le malade de l´imaginaire qu´est l´africain peut enfin non seulement mesurer sa fièvre, il peut aussi apprendre de quel cheval il la tient. Et peut-être mieux s´atteler à se guérir.

L´autre démarche que je vous conseille de voir et de lire, c´est à propos de la monnaie en Afrique. Voyez, si cela vous en dit, les deux parties de ce débat du Club Menaibuc qui sont très exhaustifs.

http://video.aol.com/video-detail/la-souverainete-monetaire-en-afrique/1663490643

Mais honorés lecteurs, après toutes ces lectures ou vidéo vision, comme moi, vous arriverez à cette poignante conclusion : La théorie c´est bien, la pratique c´est mieux.

Nous savons que notre subconscient ou notre psychisme sociohistorique est en mal d´orientation conduisant à la réalisation de son bien être. Faut-il vraiment croire qu´en publiant ici en Europe on soigne ce subconscient malade ou on lui propose des voies et moyens de guérison ? Quels sont ceux qui nous lisent en occident, sont-ce ceux qui en ont besoin ou sont-ce ceux qui en ont les moyens ? N´est-il pas visible que pendant que nous nous égosillions loin de l´Afrique, loin du cœur de nos problèmes, notre continent était gouverné par des incapables et criminels qui, sourds à nos remarques et à nos études, traînaient nos peuples et notre avenir à l´impasse de la misère et de la négation la plus douloureuse ? ALORS ; ON SE DEMANDE BIEN POUR QUI NOUS ÉCRIVIONS ET RÉFLÉCHISSIONS CHAQUE JOUR ? Pour amuser ou distraire les occidentaux certainement pas. Mais alors, pour qui ? Pour nous profiler ou faire admirer comme intellectuel sans pour autant que les choses changent ?

Oui, je crois qu´il faut bien qu´on y pense ; parce que si nous n´arrivons pas à faire passer le message de l´opportunité du changement en Afrique…rien ne changera de sitôt ! Révolution ! Renaissance ! Africanité ! Tout cela ne sont que des mots qui ont besoin de gens qui en sont imprégnés et instruits pour les mettre en pratique. Ou tout ce qu´on entend aujourd´hui n´est rien d´autre que vent d´un désert brûlant mais stérile. Et sur le terrain, le malade, lui, trompé et abusé autant par ses dérisions que par ses prédateurs incorrigibles, se détruisait chaque jour en s´enfonçant encore plus dans le désespoir. Est-ce vraiment ce à quoi nous aspirons ?

Passe encore qu´un Sarkozy aille jouer les prédicateurs du dimanche sans soleil en Afrique, que Jacques Chirac aille y prêcher sa résurrection en tant qu´humanisme douteux dont il a été pendant sa présidence ; mais qu´un Horst Köhler président allemand aille jouer les bienfaiteurs et attentionnés humanistes au Kenya alors que cet homme, jadis en sa qualité de directeur exécutif du FMI a mis tout son zèle pour appauvrir l´Afrique, faire fermer les écoles et les universités et asservir les banques et les monnaies africaines, cela blesse énormément de voir qu´on l´acclame et qu´on lui sourie. Parce que malgré ses fonctions actuelles, il était de ces crocodiles qui dévorèrent à distance les accumulations africaines et enfoncèrent nos femmes et nos enfants dans une plus grande pauvreté. Il suffit d´aller en Amérique latine, de citer le nom de Köhler pour voir les gens cracher de colère et de dépit: ils en avaient vu des vertes et des pourries avec lui. Aujourd´hui, il n´y avait que l´Afrique qui acclamait cet ancien criminel au col blanc retraité de la FMI !

Et c´est cet aspect des choses qui me dérange énormément. Pendant que nous serions en Europe à disserter et à affûter l´esprit, les voies et moyens intellectuels; par faute d´une élite avertie et diligente, les nôtres pour lesquels nous nous débattions étaient trompés, avilis, dépossédés de leurs matières premières avec lesquels on fabriquait des produits qu´on leur revendait par des méthodes hussardes épuisant leurs accumulations d´une part, et de l´autre, les empêchant par manque de moyens à se développer eux-mêmes. Si nous ne réagissons pas, si nous laissons faire et perdurer cette félonie, nous n´arriverons à rien. Parce la substance vivante et active du peuple sera détruite ou consommée lorsqu´il s´agira de mettre en pratique les bonnes pensées et résolutions que nous cultivons aujourd´hui.

On peut se demander : la liberté pour quoi faire, que diable ; surtout si celui qui la réclame la met aussitôt obtenue entre les mains de ses prédateurs d´hier, ou ne sait pas l´encenser afin qu´elle foisonne et lui offre une moisson de toute beauté de réalisation ? C´est à mon avis à cela qu´il faut penser, en définitive. Chercher et retrouver notre meilleur imaginaire conciliateur afin, non comme le déclarent faussement certains, de redevenir africain ; mais bien de concilier notre psychisme historique éprouvé avec un engagement contemporain qui, tout en nous guérissant des erreurs et des manquements du passé, nous donne la force et la foi de réaliser le meilleur de nous-mêmes. Parce que là est le sens de toute liberté et de toute existence humaine : se projeter dans la réalité en réalisant ses rêves et ses attentes tout en respectant ceux des autres. Et pas, comme le prétendent ou nous l´imposèrent certaines races et croyances, être l´objet ou l´instrument de qui que ce soit.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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