Le 7 août 2008, le président Mikheil Saakachvili élu le 8 janvier de cette année, décidait de reconquérir par les armes la province dissidente Ossétie du Sud qui risquait, si elle était suivie par L´Adjarie et l´Abkhazie, d´effondrer l´existence de la Georgie. Cette démarche va s´avérer être une erreur fatale, parce qu´elle va donner à la Russie l´occasion tant attendue d´intervenir militairement sur le territoire georgien.

A cochon, cochon et demi

Wie Du mir, so ich Dir…œil pour œil, dent pour dent

On se demande bien ce qui a pris le président géorgien pour commettre une telle bévue, est-ce son tempérament plutôt bouillonnant que diplomate, ou est-ce le désespoir face à la crainte de démembrement de l´Etat géorgien qui perdrait, devant l´Union Européenne et les Etats-Unis, l´attractivité nécessaire à faire entrer ce pays le plus rapidement que possible dans l´Union ? Mikheil Saakachvili croyait-il vraiment qu´il suffisait d´une chaude recommandation américaine pour que les choses soient dites dans l´Union Européenne ? Apparemment il a perdu patience et voulait forcer la main à l´Union Européenne en créant un incident qui lui rapporterait ce qu´on hésitait à lui accorder. Or, selon toute évidence, son coup de tête va provoquer exactement ce qu´il craignait : la repoussée de son adhésion à l´Union Européenne. Trop instable, trop dangereusement frottant, comme on le voit avec la réaction militaire russe, aux intérêts de ce dernier qui a été, ces derniers temps, autant dans l´affaire du Kosovo que dans celle de l´installation de missiles de défense en Pologne, quelque peu traité en junior international par les Etats-Unis.

Avec 5 millions d'habitants et un PNB inférieur à 20 milliards de dollars, la Géorgie n´est pas ce qu´on peut appeler un pays riche. Toutefois, le pays n'est pas sans intérêt stratégique, ne serait-ce que parce qu'il abrite une partie d'un oléoduc permettant au pétrole azéri, et peut-être bientôt kazakh, d'atteindre l'Europe via la Turquie en contournant la Russie. Cet oléoduc BTC (Bakou, Tbilissi, Ceyhan), opérationnel depuis deux ans et opéré par un consortium mené par British Petroleum, avait d'ailleurs à l'époque de sa construction fait l'objet d'un lobbying intensif de Washington allié de la Géorgie et poussant ses pions en Azerbaïdjan. Le hasard veut que cet oléoduc soit fermé actuellement pour quinze jours, suite à une explosion, mardi dernier, sur son tronçon turc, revendiqué par les séparatistes kurdes. Signe de l'importance stratégique de ce « tuyau » d'une capacité de 1 million de barils par jour (2 % du commerce mondial de pétrole), cet accident avait contribué à un léger raffermissement des cours du pétrole à New York. Son tracé se trouve cependant à plus de 100 kilomètres de l'Ossétie du Sud… 

C´est donc qu´on se trouve devant un problème de voie d´approvisionnement en énergie que manifestement le président géorgien a voulu utiliser pour faire chanter l´Union Européenne et colmater son pays de la décrépitude. D´autre part, les européens, eux seraient bien contents d´être libérés de la dépendance russe…mais pas au prix de froisser ou mettre en danger la confiance bilatérale avec ce pays. Les américains, par contre, sont plutôt casseurs et pressé d´établir des voies de faits repoussant ou prévenant quelque influence future quelconque des russes en Europe. Poutine ayant très bien compris ce jeu, s´emploie pour sa part à rétablir une influence respectable de son pays en Europe d´autant que celui-ci détient près de 30% des matières premières du monde. Et c´est un argument de taille à l´avenir. La guerre froide va-t-elle de nouveau refleurir en Europe avec ses coups de cochon et ses guerres par pays et peuples interposés ? En tout cas, dans cette affaire « d´ Ossétie du Sud », il y a bien de ressentiments, d´intérêts abusés, de fausses promesses, de chantage politique…un bourbier, en somme qui ne cache rien de bien saint.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

Forum Réalisance