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Forum Réalisance

Cet espace va à la recherche de l´existentialisme de l´homme noir pour lui permettre de mieux se déterminer face à l´histoire et face à la réalisation de sa liberté.

01 mars 2009

Un excellent livre à lire sur l´avenir de l´Afrique

A lire absolument. Chez l´Harmattan.

 

L'AFRIQUE DOIT REPRENDRE L'INITIATIVE DE SON DESTIN
Ismaël Aboubacar Yenikoye
Ecrire le Développement
ACTUALITÉ SOCIALE ET POLITIQUE HISTOIRE AFRIQUE NOIRE Niger 

L'Afrique et les Africains semblent avoir perdu l'essentiel : l'initiative de leur propre destin. L'auteur tente brièvement de rendre compte de cette tragique histoire et montre que de la colonisation à nos jours, l'Afrique n'a guère su inventer un système politique, économique et culturel apte à garantir le développement et l'épanouissement des Africains. Il appelle à un sursaut salvateur, pour une réappropriation de l'esprit et de la matière, seules portes de sortie pour une refondation de l'Afrique.

ISBN : 978-2-296-03627-7 • juin 2007 • 132 pages
version numérique (pdf image-texte) :
1 784 Ko 

Prix éditeur : 12,5 € / 82 FF

 

Forum Réalisance Sélection

Commentaires

Un livre qui me permet de calmer ma déception envers un ami

J´ai reçu un article d´Eric Mampouya, un ami intitulé : L’Afrique doit donc inventer son développement et je m´avoue que j´ai fort été déçu par l´argumentation tardive et plutôt tintée d´un opportunisme de vérité emprunte, aux relents douteux, que par une sérieuse conclusion due à une objectif jugement de la situation. Notons que cet article disait, en conclusion, la même chose que le livre de Boubacar Yenikoye ; ce qui me dérangeais, c´était tout simplement qu´on y accordait à des banquiers africains ayant œuvre à la Goldman Sachs une quelconque crédibilité. Or, ces banquiers ont œuvré en occident au cœur du système qui aujourd´hui non seulement est en banqueroute de prestation et d´efficience avec la crise violente qui nous secoue, mais pendant qu´on nous pillait nous et les nôtres, ces banquiers africains ont aveuglement aidé ce système à nous dépouiller le plus cruellement que possible. Oui, sont-ce réellement de tels individus qui viendraient aujourd´hui nous dire ce que Bwemba Bong a déjà dit, ce que Tudjang Pouémi dans son excellent ouvrage : "Monnaie, servitude et liberté" avait dénoncé il y a plus de 20 ans ?

En lisant l´article, cher Eric, j´ai crû rentrer en arrière ou tourner en rond tout en me laissant tirer par le nez par des gens que je qualifie personnellement de traîtres et irresponsables. Voyez-vous, je ne leur reproche pas d´avoir fait carrière en occident, loin de là ; après tout, ils ont le droit de faire de leurs vies ce qu´ils veulent. Non, ce que je leur reproche, c´est d´avoir fermé les yeux pendant que ce système nous excluait systématiquement tout en nous préjudiciant de la manière la plus malhonnête et méprisante en nous pillant et en nous dépouillant sournoisement tout en prétendant le contraire. Et aujourd´hui que par sa cupidité et ses propres abus ce capitalisme néolibéral anglosaxon s´est lui-même mis la corde au cou, ces capos de nos ennemis reviennent nous prédire de sortir du trou tout seul dans lequel ils avaient participé à nous engouffrer ! Permettez que ne sois méfiant et réticent à leur accorder quelque crédibilité que ce soit. Chat échaudé craint le froid. Et même si leurs conclusions sont exactes, je préfèrerai écouter la vérité d´autres bouches plus honnêtes et propres.
Et à propos d´inventer son propre développement, nous ne faisons que cela : attirer les gens sur la fausseté de l´aide, et inciter, en quittant la matrice du maître occidental ou celle de nos tradition surfaites et dépassées, à nous doter d´un système d´organisation, de structures et d´idéologies sociales nous réalisant pleinement autant dans nos besoins, dans nos attentes que dans nos obligations envers notre destinée qui, espérons-le vivement, ne doit pas être celle qui ouvre inévitablement sur la misère et la pauvreté.

Je sais, beaucoup de gens n´ont pas la capacité de comprendre la nécessité du profond et radical changement qui s´impose. Quand on n´a pas appris à s´identifier normalement à soi-même, à ses propres attentes ou ses propres obligations comme les africains l´ont toujours été, cela, j´en conviens, prend du temps tout autant que ce n´est pas à la portée de tout le monde. Et cette crise économique et financière virulente n´arrange pas les choses : les gens, en effet, perdent l´orientation et tendent á reproduire, dans leur désarroi, les erreurs et les manquements du passé. Mais je suis persuadé qu´il ne faut pas désespérer, la preuve : en lisant le livre d´Aboubacar, par exemple, on comprend mieux les choses. Ainsi donc tout est aussi question d´intelligence, de réalisme et de capacité de jugement. Et j´espère très sincèrement qu´il va augmenter, chez les africains ; du moins que cette crise va pousser les gens à voir les choses autrement. Cela leur permettra de tirer de conclusions utiles qui nous feront avancer. Car les choses, comme elles ont été menées jusqu´aujourd´hui, ne sont plus acceptables. Nous ne pouvons pas toujours assister à l´appauvrissement des nôtres et à leur destruction culturelle et sensible tout en croyant á l´aide ou en nous laissant dépouiller par un système qui ne reconnaissait ni nos droits à la réalisation sensible, ni ceux à l´épanouissement de notre culture ou à la défense des rêves de nos enfants. Il faut cesser de croire au père Noël et prendre notre destin en mains.

Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
FR

Posté par Musengeshi Kat, 02 mars 2009 à 00:41

Des propositions pour trouver notre voie ?

Si ce livre propose des solutions suceptibles de permettre à l'Afrique de prendre son destin en main, il mérite d'être lu. S'il entreprend de démontrer comme bien d'autres la responsabilité des dirigeants africains dans le chaos que vit l'Afrique, alors il est sans grand intérêt. La chanson est bien connue. Je veux donc croire qu'il va plus loin et suis prêt à le découvrir. Il faut donc si tu l'as lu m'en donner l'assurance que ce n'est pas une redite des autres livres sur l'Afrique.
Je cros pour ma part que le boulet qui empêche la marche de l'Afrique est l'Europe. Les dirigeants Africains n'en sont que la chaîne. Et nous voyant que chaque fois qu'un Africain a l'audace de vouloir tracer sa voie hors du sillon Européen, il est écarté à la faveur d'un homme plus favorable aux intérêts de cette Europe.
Quant aux reproches que Musengeshi Kat adresse aux banquiers africains qui se seraient fourvoyés en Europe et qui ne mériteraient pas par conséquent l'aventure africaine, je crois qu'il faut reconnaître qu'ils ne sont ni pires ni meilleurs que les autres. Aucun des grands banquiers européens n'a vu venir la catastrophe dont ils sont directement les acteurs. Cependant, dans la même Europe, comme ailleurs, on leur a redonné les rènes de l'économie. Seuls les banquiers africains auraient la peste pour qu'on leur refuse de diriger nos banques ?

Posté par St-Ralph, 02 mars 2009 à 06:39

Ce livre est objectivement réaliste et apporte bien une lueur concluante sur la vérité

Mais comme toute vérité, il faut avoir l´intelligence et la sincérité d´en tirer les conséquences requises. Le grand mal africain, nous l´avons si souvent évoqué, c´est l´absence d´une identité sociohistorique affirmée autour de ses propres intérêts et de sa propre finalité. L´orientation actuelle de l´Afrique est brouille et calquée sur consignée sur les intérêts et les orientations de l´empire occidental principalement. Ceci a non seulement dénaturé l´existentialisme africain, mais lui cause aussi un préjudice grandissant dans l´assise et la promotion de ses intérêts propres. A ce point de vue, ce livre est absolument exhaustif et clair. Maintenant, connaître la vérité ne suffit pas toujours ; il faut savoir l´utiliser, comme on le sait. Ou encore, échapper, comme c´est le cas aujourd´hui, au syndrome du noyé qui s´accroche à l´eau pour ne pas couler.

Je me rappelle, Saint-Ralph, que tu prétendais qu´il ne faut pas seulement critiquer l´occident lorsque Katata avançait, à raison, que l´occident avait une mainmise dominante déplorable à l´endroit de l´Afrique. Et nous estimions que tu avais raison, en partie, parce que les élites africaines en portaient l´autre part de leur responsabilité dans la débâcle africaine actuelle. Or, tu reconnais aujourd´hui que seul l´occident est responsable. C´est à se demander: que font diable les africains pendant qu´on les pille et qu´on les appauvrit; que leurs niveaux de vie s´étiolent et que leurs accumulations sociales sont dilapidés ? Protestent-ils, se battent-ils ou se laissent-ils corrompre et mener à l´échafaud ?

Croire qu´on peut soustraire de la responsabilité ceux qui ont assisté à l´assassinant des leurs, à leurs appauvrissement systématique ou à leur pillage…que ces traîtres aillent travaillé en occident ou qu´ils soient incapables et corrompus œuvré au pays, cela ne change rien dans la félonie ou le désastre que nous avons devant les yeux. Tous, d´une manière directe ou indirecte, ont manqué à leurs devoirs et participé à l´avilissement et au dévoiement des leurs. Et s´ils devaient devenir de grands donneurs de leçons de morale et de savoir faire…rien ne nous dit que les choses changeront au mieux. Des intellectuels criminels sont difficiles à rééduquer. Et à propos, n´avons-nous pas l´exemple avec l´occident que malgré ses grandes déclarations d´aide, d´humanisme et de respect de droits et de libertés ; que cet occident faisait, malgré tout, sciemment le contraire et nuisait à notre développement en nous imposant ses paramètres et ses intérêts absolutistes dévorateurs ?

Rien ne pourra nous épargner de la vérité ; rien ne pourra nous épargner du devoir de recouvrir notre identité propre et orienter nos facteurs culturels, économiques et financiers vers la réalisation de NOS INTÉRÊTS ÉTROITS À COURT ET À LONG TERME. C´est le devoir de toute culture responsable. Tous ceux qui croient qu´il faut jouer au suivisme, à l´aliénation, à l´attente bénie ou ceux qui croient que la façon la meilleure de se guérir de sa médiocrité sociohistorique, c´est d´imiter ou se cacher sous les jupes de l´occident, de la Chine ou de quelques idéologies trompeuses ou opportunistes ; ceux-là se trompent bien. L´Afrique, comme tous les continents du monde, doit résoudre ses contradictions dans l´intérêt de son avenir et celui des rêves et attentes de ses enfants. Pas pour faire plaisir à n´importe qui. Après tout, il s´agit de sa ou ses cultures, de sa liberté, de son indépendance économique et financière. De son avenir.

Cet aspect des choses, nous le défendons depuis toujours sur cette page. Et certes nous avons que même si nous parlons d´occidentaux véreux ou d´élites africaines corrompues, tout cela est généralisé, et qu´il y a bien autant d´un côté que de l´autre beaucoup de gens de bonne foi. Seulement, cela permet de séparer la graine de l´ivraie. C´est aux gens de prouver leur bonne foi. En tout cas pas en trahissant et en reniant les intérêts légitimes des africains. Ceci dit, il faut bien cesser de tourner en rond en commettant les mêmes erreurs qu´hier. Sinon, au point où l´Afrique en est, on n´arrivera à rien changer.

En conclusion, et sans le moindre doute, nous affirmons qu´il est dans l´intérêt autant de l´Afrique que de l´occident que ce changement aie lieu : que l´Afrique retrouve sa voie et son assurance sociohistorique propre et résolue. La crise actuelle va prouver ce que Clinton reconnaissait implicitement au Davos : que l´appauvrissement de l´Afrique ne sert en rien ni à l´économie mondiale, ni aux intérêts occidentaux à long terme, encore moins l´Afrique elle-même. Et tous ceux qui ont entretenu et cautionné cette aberration sont des criminels qui n´ont ni droit à notre reconnaissance, ni à notre compréhension ou notre respect. Les africains ont eux aussi le devoir d´entretenir leurs cultures, les rêves de leurs enfants, et à aspirer légitimement à une vie meilleure. Cela veut dire qu´ils doivent en payer le prix d´efforts, de créativité, d´émancipation et d´intelligence positive.

Ce ne sont pas toujours les autres qui sont responsables des déboires des africains, de leurs manquements ou même de leur manque d´intelligence ou d´à propos. Il faut aussi avoir le courage et la sincérité de balayer devant sa propre demeure. Et accepter de se parfaire assidument plutôt que de se cacher derrière sa médiocrité ou ses complexes. Changer ou aller de l´avant nécessite bien un effort à faire et accepter sincèrement, plutôt que de s´en défiler sous quelque prétexte que ce soit.

Shaka Bantou, j´ai dit !
Forum Réalisance

Posté par Shaka Bantou, 02 mars 2009 à 11:14

La situation est assez cocasse...

Il est difficile d´apprendre à des des gens à réfléchir s´ils s´y refusent ou s´ils n´en ont pas les capacités; comme il est difficile d´apprendre aux gens à prendre la responsabilité de leurs propres vies, s´ils n´ont rien d´autre appris qu´à suivre et à imiter. C´est déjà assez insultant que les africains se demandent aujourd´hui comment retrouver leur voie, leur identité, leurs sens de l´histoire...parce qu´on peut se demander: qu´ont-ils fait tout ce temps ? Ont-ils dormi ou ont-ils oublié que l´existence revient à se réaliser et à protéger ses intérêts ?

D´un autre côté, voulor me faire croire que l´occident, depuis que nous le crions à gorge déployée, n´a pas encore pris compte de ses erreurs et de ses perversion...c´est jouer à l´innocent idiot et imbécile voulant se faire passer pour innocent pour ne pas avoir à tirer des conclusions évidentes d´une réalité aussi méprisante que criminelle. Personne ne me fera croire qu´en produisant on ne se fait pas de souci sur la vente de cette production; et si on assassine ou on insulte et méprise ses futurs clients...croire qu´on vendra longtemps sur le marché est une illusion. Cette logique s´adresse autant à l´économie, au chômage, qu´au valeurs sociales critique contemporaines tout court.

A mon sens il est dangereux autant pour les africains que pour les occidentaux de ne pas avoir apréhendé cette crise; cela ne prouve que très bien que l´aveuglement et l´idiotie a remplacé la raison et l´objectivité dans le systématisme rationnel de notre vie. Les gens moutonnent, suivent et placardent leurs besoins immédiats plutôt qu´ils ne prennent la peine d´user de leur raison dans les différentes étapes du processus que subit leurs besoins et leurs satisfactions pour guérir leurs tourments. N´importe comment, n´importe où...A ce compte-là parler de civilisation, de culture civilisée ou de responsabilite sociale ou civile, c´est se moquer de son monde.

Il y a, hélas, des millions et des millions de tels fantômes humains qui attendent qu´on leur dise ce qu´ils doivent penser, comment ils doivent réfléchir, comment ils doivent voir les choses, les comprendre ou les les interpréter. Il s´agit souvent de savoir de quel côté on se trouve...plutôt que de faire semblant d´être ce qu´on n´est pas. De tromper son monde et soi-même...parce qu´on est tout simplement incapable de créativité critique et assagissante dans l´espace et le temps ou d´humanisme supérieur digne de ce nom. Mais alors, de quoi vit-on, au fait ?

Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
Forum Réalisance

Posté par Musengeshi Kat, 02 mars 2009 à 19:23

Note que je comprends bien St-Ralph...

On nous fait depuis longtemps avaler une culture de mystification n´ayant d´autre but, en définitive, que nous abrutir ou de nous désorienter de toute véritable objectivité. Et si je n´avait pas pris la peine de chercher la vérité, je ferai comme St-Ralph, je douterai et à la rigueur, je m´abstiendrai. Seulement, seulement...le meilleur des doutes n´a jammais résolu un problème. Si tel est qu´on en a un.

L´Afrique et l´homme noir en ont un, hélas. Et même le monde entier comme tel dans cette crise économique et financière qui nous occupe. Il s´agit, croyons-nous, dans l´existence humaine, de réalisation; pas de soumission ou d´exploitation vile et destructrice des droits et des intérêts des autres. C´est pourquoi on ne me fera pas croire - et même à toute personne de bon sens - que l´occident, en surproduisant et en subventionnant par des prix de dumping ses exportations agricoles en Afrique, que cette culture occidentale ne sait pas ce qu´elle fait !?!

Ou encore lorsque les banquiers et financiers de la Wall Street employèrent de vides et fallacieuses hypothèques pour titriser de fausses actions boursières et les envahir dans le système financier international, qu´ils ne savaient pas qu´ils faisaient du faux et que ceci aurait une conséquence désastreuse pour le monde entier ?

Et encore, lorsque les israéliens détruisaient le gaza tous les cinq ans sous le tacite consentement des ocidentaux; que ces israéliens ne poursuivaient pas simplement une politique de terres brûlées détruisant génération par génération le psychisme et l´orientation des palestiniens afin, en les abrutissant, de les dominer infiniment et leur ôter le courage et la raison de poursuivre leur légitime lutte de revendication territoriale ?

Celui qui croit que tout cela est du hasard...est bien naiif. Ou absolument dénué de bon sens et d´intelligence. Ce qui n´est pas nouveau dans notre monde où on a plutôt l´impression qu´on procréait des idiots et des bornés consommateurs fidèles de la culture industrielle que des gens pensants et critiques que le contenu autant que la valeur de la culture qu´on leur propose intéresse.

A la fin, il faut savoir qui on est et ce qu´on veut ou attend de sa vie. Et si au préalable on fait cas de certaines valeurs humaines incessibles á la liberté et aux droits humains, ou il s´agit seulement de vivre malgré tout sans faire ni exigences, ni aspirer à des principes quelconques de réalisation. Il faut savoir ce qu´on veut; cela permet de limiter ou d´éclairer ce qu´on peut, et bien sûr à quelles valeurs on s´attache. Et bien sûr ceux qu´on défend. faut savoir ce qu´on veut et ce qu´on est. Indubitablement.

Shaka Bantou, j´ai dit !
Forum Réalisance

Posté par Shaka Bantou, 02 mars 2009 à 22:30

le commentaire de St-Ralph était opportun.

Autant que ce livre l´est. A la fin, discuter, c´est bien; mais agir, c´est mieux. J´ai pensé á tous ces millions de femmes et d´enfants qui, depuis des décennies, attendent qu´on leur rende leur chance, qu´on leur dise ce qu´il faut faire et comment il faut s´y prendre pour aller de l´avant. Et malgré toute ma bonne foi ou ma tolérance, je ne trouve pas de raisons d´excuser ni les erreurs, ni les manquements qui ont endigué un meilleur développement de notre continent. Trop d´enfants, trop de femmes et d´hommes ont souffert et continuent à souffrir de la pauvreté, de la misère, du manque d´organisation et de structures sociales ambitieuses et contemporaines de l´idée de gestion sociale responsable.

Il est donc grand temps à mon avis de changer les choses, plutôt que de se perdre en discussions et en avis infertiles. C´est le changement qu´il nous faut. Et un changement intelligent, diligent, à même de répondre non seulement aux exigences d´efficience de la modernité, mais aussi à celle de nous réaliser réellement. Ou du moins de nous permettre de cultiver et de protéger nos valeurs les plus fructueuses et sincères. Cela, nous le devons bien à nous-mêmes.

Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
FR

Posté par Musengeshi Kat, 03 mars 2009 à 00:30

Toute réflexion, toute critique objective sur l´Afrique est actuellement opportune.

Ce qui ne doit pas nous écarter de la réalité qui est absolument misérable actuellement sur le continent. Et cette crise ne va pas arranger les choses, bien au contraire. C´est pourquoi le livre d´Aboubacar Yenikoye est des plus utile, surtout dans ses conclusions. Ce qui montre aussi, pour tous ceux qui croient que le christianisme ou l´islam a résolu leurs problèmes, que ceux-là se trompent bien et que le problème de la réalisation sociale et individuelle n´a rien à voir avec la religion. Mais bien avec un pensée sociale rationnelle et objective employant des structures précises et contrôlées pour réaliser la volonté sociohistorique d´un peuple ou d´une société. C´est beaucoup dire parce qu´il faut quitter ses complexes, sa cécité, ses défauts ou ses faiblesses rationnelles pour acquérir cet esprit. Et ne pas tourner en rond comme les africains le font encore au détriment de leur réalisation véritable, l´avenir de leurs enfants et de leurs précieuses cultures.

N.B.: Personnellement je donne à ce livre, sur une scala de 20 points, la cote exceptionnelle de 17,5 ! Parce que pour la première fois un africain, dans sa critique et son analyse, reste objectif en confrontant le passé au présent. cela, disons-le n´entache ni le passé, ni la culture africaine en tant que telle; mais met bien en vue la responsabilité du pouvoir à remplir ses devoirs envers ceux par lesquels se définit sa légitimité et son droit d´être.

Shaka Bantou, j´ai dit !
Forum Réalisance

Posté par Shaka Bantou, 04 mars 2009 à 13:09

L´Afrique souffre d´une fâcheuse vacance d´orientation !

Ta cotation, Shaka, n´est pas mauvaise; je lui donnerai 16/20 parce qu´il a su faire le meilleur diagnostic de la situation. Il nous manque toujours les élites capables de changer les choses au mieux. Et à ce propos je dirai que cette vacance d´orientation sociohistorique qui se traduit par une véritable castration d´idéal et d´orientation politique et économique du pouvoir nous a créé tous les maux dont nous souffrons aujourd´hui.

En sortir voudrait dire que les gens, que de nouvelles élites plus averties et plus douées viennent relever ces incapables et prétentieux vides et impuissants qu´on rencontre dans toute l´Afrique en ce moment. Il s´agit seulement d´abord de le comprendre. Or les africains ont pris l´habitude de se confondre à leurs maux en se cachant derrière leurs complexes et leurs insuffisances par peur qu´on ne découvre leurs lacunes. Et de complexes en paraître, on oublie de s´améliorer et de tirer les conclusions objectives requises pour mieux maîtriser les situations ou leur appliquer des solutions dignes de ce nom.

La corruption, l´imitation ocidentale, vivre de l´exportation et du paraître: tout cela n´est rien d´autre que l´expression d´une faiblesse créative fondamentale qui témoigne plus du manque d´assurance que de la confance en soi. Note en passant que les problèmes existentiels mondiaux ont pris des proportions bien complexes; croire qu´on peut les résoudre en se cantonnant dans sa médiocrité ou son ignorance, c´est se mettre délibérément la corde au cou et rejoindre la large vallée des incapables et des illuminés perpétuellement poursuivis par l´échec.

Un exemple pour te montrer à quel point on se trompe bien aujourd´hui: la Chine dont on chante la réussite ne fait rien d´autre aujourd´hui qu´imiter et reproduire l´occident dans ses abus et ses errreurs techniques et écologiques pourtant bien connus et décriés. A la longue, cette chine va, comme l´Australie dont les citoyens souffrent à 50% de cancer de la peau, détruire son écologie et la santé de ses populations ! Autre chose, la crise économique actuelle est aussi une crise technique, or, investir dans des systèmes dépassés comme le fait la bureaucratie chinoise, c´est courir à la catastrophe ou à la collision de la consommation des matières premières. Et enfin, où est-il donc cette créativité originelle chinoise qui serait le véritable garant de son destin et de son assurance socioculturelle ?

A moins de changer rapidement, ce peuple va finir par s´abrutir en restant l´automate du monde. Or le monde a besoin de solutions nouvelles, de nouvelles interprétations et résolutions des problèmes de l´énergie, de la mobilité, et même du rapport entre les moyens de production, leur mise en oeuvre et la réalisation collective et individiuelle des membres d´une société.

Comme tu vois, les choses ne sont pas aussi simples et aussi faciles qu´on le pense. Actuellement la Chine prête aux américains en achetant leurs dettes publiques afin d´y exporter à loisir; cette situation ne peut pas perdurer ou devenir le fondement de l´économie américaine ou chinoise. Consommer à gorge déployée les matières premiéres du monde entier comme lefont ces deux pays non plus sans apporter une technologie réduisant cet engloutissement primitif.

Et à propos, vendre à l´étranger, c´est bien beau; encore faut-il veiller à ce que les acheteurs ne s´appauvrissent pas. Ou sinon, à qui vendra-t-on donc ? N´est-ce pas le dessous de cette crise économique dont nous souffrons aujourd´hui ? Bien sûr. Alors, faut-il aveuglement comme les occidentaux prendre le même chemin destructeur de sa propre clientèle économique, commerciale et financière ? Ben, alors attendons-nous à une longue et douloureuse crise. ou à de violentes guerres de ressources et de marchés commerciaux.

Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
FR

Posté par Musengeshi Kat, 04 mars 2009 à 20:27

Sans théorie éprouvée et conséquente de la liberté, l´Afrique continuera à tourner en rond.

Sans théorie assise et conséquente de la liberté, les élites africaines continueront à tourner en rond comme des toupilles sans orientation, et l´Afrique et ses précieux enfants en souffriront encore longtemps. Le trvail de l´esprit et de la dialectique qui a été négligé par la race noire s´avère irremplacable par du bricolage et de l´amateurisme opportuniste et bon marché. C´est ma conclusion la plus sincère.

On le voit partout en Afrique: c´est la débandade mentale et intellectuelle la plus décevante qui soit. Et il ne s´agissait pas d´avoir lu quelques livres, de parler de socialisme sans savoir d´où vient les revenus sociaux qu´on doit partager, ou de se prétendre d´un nationalisme si celui-ci finissait comme celui de Mugabe et de bien d´autres enfermés dans le passé, pour croire qu´on avait inventé le soleil. Tout doit être pensé et fait avec plus d´esprit et de doigté qu´on ne l´a fait jusqu´ici.

Parfois, lorsque je vois avec quel amateurisme, avec quelle naiveté les africains construisaient leurs habitats, comment leurs écoles étaient fournies, leurs hôpitaux, combien de livres lisaient les enfants ou comment l´alimentation des bébés ou des adultes avait été délaissé entre les mains d´amateurs et de bricoleurs...on se rendait compte combien les sociétés africaines étaient inconséquentes et peu regardantes sur les structures et les facteurs qui déterminent leur véritable sens existentiel. Une catastrophe.

Le pire, c´est quand on entendait ces zombies de l´imaginaire et de la créativité prétendre: ici nous sommes en Afrique ! Mais tous voulaient rouler en voiture étrangère, tous voulaient possèder et utiliser un portable, et tous semblaient aspirer à un bien-être...dont n´étaient pas prêts à se l´offrir par leurs propres mains ! Est-ce croyable ! N´est-ce pas curieux ? Or les africains ne sont ni bêtes, ni malhabiles...si on leur apprenait à faire correctement quelque chose. Mais si ceux qui devaient instaurer ces structures de connaissance et de production ne savaient eux-mêmes pas ce qu´il fallait faire ou comment il fallait entreprendre les choses pour les mener à bonne fin; que peuvent ces diables incultes, mal suivis et sans norme de référence ou de projection ? On vivotait donc, on bâclait, caracolait...stupidement. Pour n´aboutir qu´à une grossière et inconvenante médiocrité repoussant les auteurs dans l´incertitude, plutôt que de leur procurer l´assurance et l´expérience.

Et pourtant, et pourtant...l´Afrique a donné le jour à de brillants chercheurs et techniciens qui n´arrivaient pas, dans le désordre, l´insuffisance ou le mépris structurel dans lequel on les contraignait, à s´épanouir et apporter leurs précieuses contributions aux leurs. Et souvent c´est des larmes aux yeux qu´on les a rencontré: hagard, désespéré, au bord de la dérision. Afrique, Afrique; qu´est-ce qu´il te faut pour te rendre compte que ce sont tes enfants dont il faut à tout prix promouvoir et protéger l´imaginaire, les rêves et les attentes parce que ce sont eux qui font la fierté de tes cultures et de ton avenir ?

Absolument incompréhensible, l´image que donne l´Afrique en ce moment; c´est á se demander: qu´attend-t-on que diable pour se mettre au travail et changer les choses ? L´aide étrangère ? Mais, mes amis, et si cet étranger n´existait pas, par exemple, que ferait-on ? Tout le monde sait que cette aide n´était rien d´autre que les deniers de judas ! ne s´est-on pas encore rendu compte que l´aide ne menait nulle part sinon aux portes grandes ouvertes de l´enfer ?

Shaka Bantu, j´ai dit !
Forum Réalisance

Posté par Shaka Bantou, 04 mars 2009 à 23:16

Tu as raison, mais ainsi nous avons retrouvé le point de départ.

Bien sûr que sans une philosophie existentielle ambitieuse et exigeante dans ses buts et sa finalité, l´Afrique risque de jouer au lotto toute son existence ou s´adonner au hasard précaire et incertain sans savoir s´en garder ou se défendre valablement. Seulement, une réalité satisfaisante de ce que cette philosophie défend, à quoi cela servirait-il de se tordre l´esprit ?

Il n´existe donc pas de philosophie existentielle qui ne soit liée à la réalité comme l´être humain est dépendant de ses besoins, de moyens et d´instruments de réalisation temporelle.

Maintenant, il ne faut pas confondre philosophie avec idéologie politique. La philosophie peut s´armer d´idéologie politique; mais de l´idéologie politique nait mal une philosophie, à moins que ce ne soit qu´on veuille mettre la charrue devant les boeufs en étant opportuniste et incapable d´avoir accès à la philosophie autrement qu´en broutant et en ruminant la réalité.

En tout cas, c´est comme tu dis, Shaka, l´Afrique doit choisir: ou sortir de sa médiocrité et de ses déboires et pour cela elle soit accepter de se donner les moyens et les instruments rationnels et matériels lui permettant d´atteindre ses buts; ou alors elle n´en est pas capable. Et dans ce cas, tourner en rond ou se rouler dans la boue est une manière comme uen autre d´exprimer son incapacité. ais alors que personne ne se plaigne de sa pauvreté ou de sa misère, et que personne ne se donne le droit de vivre aux dépends des autres. Parce qu´alors chacun a le droit de le faire. Il faut, comme tu le dis, savoir ce qu´on veut. Tout est question de volonté.

Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
FR

Posté par Musengeshi Kat, 05 mars 2009 à 10:19

poursuivre la lecture des ouvrages de yenikoye

pour compléter sans doute l'analyse, je vous recommande la lecture de quatre ouvrages du même auteur: aux éditions l'Harmattan: "Réinventer les stratégies de développement de l'afrique" et "Quel humanisme à l'heure de l'Internet?"
aux éditions du flamboyant à Cotonou, un excellent ouvrage intitulé" l'Afrique et le Tsunami permanent" puis un second "l'Afrique face à son devenir". Pour la distraction, on pourra également lire du même auteur aux éditions du flamboyant: "Sarkozy, la France et l'Afrique" qui est sans doute le tout premier livre écrit par un africain sur les élections francaises de mai 2007, qui ont consacré la victoire de Sarkozy: une analyse percutante à lire absolument

Posté par sam, 01 avril 2009 à 18:39

Merci, Sam de l´info.

Nous ne savons pas toujours nous procurer tous ces livres; que diriez-vous si l´auteur se donnait la peine de nous en faire parvenir quelques exemplaires ? Après tout, nous participons à la propagation de sa lecture, de sa critique et de sa notoriété !

Musengeshi Katata
FR

Posté par Musengeshi Kat, 01 avril 2009 à 19:09

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