C’est dans de la salle d’honneur de l´université centenaire du Caire, en présence de 3 000 invités triés sur le volet, que Barack Obama a prononcé son discours centré sur un nouveau départ fait « d'intérêts et de respect mutuels » entre l'Amérique et le monde arabe.

Discours d´intention ou discours de conviction ?

Voici en substance ce que contenait d´après nous le discours du président américain :

Sur les relations entre l’Occident et le monde musulman : Barack Obama a dit qu'il était venu « chercher » au Caire un « nouveau départ » entre les musulmans et les Etats-Unis, estimant que le « cycle de la méfiance et de la discorde devait s'achever ». « La première question que nous devons affronter, c'est l'extrémisme violent sous toutes ses formes », a-t-il déclaré en évoquant « les questions spécifiques » que les musulmans et les Etats-Unis doivent « affronter finalement ensemble ». « A Ankara, j'ai dit clairement que les Etats-Unis n'étaient pas, et ne seraient jamais, en guerre contre l'islam », a-t-il rappelé. « Nous lutterons toutefois sans relâche contre les extrémistes violents qui représentent une grave menace pour notre sécurité » car les Etats-Unis « rejettent la même chose que les gens de toutes les religions, les meurtres d'hommes, de femmes et d'enfants innocents ».

Sur la tolérance et l´égalité raciale : tout le monde sait que depuis la guerre en Irak, le scandale de la prison d'Abou Ghraib en Irak, le camp de Guantanamo ou la priorité à la lutte anti-terroriste volontaire de l'administration Bush après les attentats du 9/11, les relations islamo américaines se sont couvertes de gros nuages. « Tant que nos relations seront définies par nos différences, nous donnerons du pouvoir à ceux qui sèment la haine plutôt que la paix, à ceux qui font la promotion du conflit plutôt que de la coopération. Ce cycle de méfiance et de discorde doit s'achever », a-t-il lancé. Mais il a aussi précisé que le monde musulman devait aussi lutter contre les « préjugés » anti-américains, évoquant également les questions épineuses des droits de l'homme, du rôle de la femme et de leur « libre choix » dans les sociétés musulmanes.

Sur le respect pour l’islam : Barack Obama a souligné que les Etats-Unis et les pays musulmans ne devaient pas être en compétition. « Je suis venu chercher un nouveau départ entre les Etats-Unis et les musulmans à travers le monde, un départ fondé sur l'intérêt mutuel et le respect mutuel, un départ fondé sur cette vérité que l'Amérique et l'islam ne s'excluent pas ». Il a ajouté que l'islam avait son rôle à jouer dans le monde pour combattre l'extrémisme et favoriser les efforts en faveur de la paix. « Les extrémistes ont exploité les tensions » entre l'Ouest et l'islam, a-t-il déploré.

Mise en garde contre une nucléarisation du Proche-Orient : Barack Obama a estimé qu'une course aux armements nucléaires au Proche-Orient entraînerait la région dans « une voie extrêmement dangereuse ».

Sur la confrontation avec l’Iran sur le nucléaire : celle-ci est « à un tournant décisif », a-t-il déclaré, affirmant que les Etats-Unis étaient disposés à « aller de l'avant sans conditions préalables ». Cela n'exclut pas cependant, selon lui, que « toute nation - y compris l'Iran - doit avoir le droit d'accéder à la puissance nucléaire pacifique » si elle se conforme au Traité de non prolifération nucléaire.

Sur la question palestinienne : Obama s’engage à soutenir les aspirations des Palestiniens pour un Etat et souligne le « lien inébranlable » des Etats-Unis avec Israël. Il faut « affronter l'extrémisme violent sous toutes ses formes », a-t-il dit, en ajoutant : « La colonisation israélienne doit cesser ».
Obama s’est engagé à soutenir les aspirations des Palestiniens pour un Etat. Il a affirmé que les Etats-Unis soutenaient les aspirations « légitimes » des Palestiniens à un Etat, soulignant que la « seule solution au conflit avec Israël résidait dans celle prévoyant deux Etats».

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