Nul n´osera plus dire aujourd´hui encore qu´avec le chômage qui menaçait les jeunes en occident, avec les endettements publics croissants dangereusement, que l´avenir de la jeunesse occidentale était de toute quiétude. Mais comment peut-on, malgré les difficultés et l´avenir incertain et ardu de demain, retrouver entre les adultes et la jeunesse de demain, le lien de confiance rompu ou mis à mal dans cette crise ?

 

 

Quand la main droite se dissocie de la main gauche…

 

« Je me révolte donc nous sommes » Albert Camus

Si la crise culturelle occidentale actuelle est discrètement ignorée ou passée sous silence par les adultes en occident - pourquoi, on se le demande bien ; peut-être parce qu´ils sont abusivement confiants ou parce que cette crise complexe les mettait devant un tel défi qu´ils en perdaient eux-mêmes leur latin objectif – les enfants, eux, ont bien fini par la ressentir dans toutes ses inconvenances et sa laideur. Surtout les enfants des pauvres et ceux de la classe moyenne occidentale. Si pour les enfants des riches les choses n´ont pas changé puisque leurs parents se sont encore plus enrichis, pour les enfants pauvres et ceux de la classe moyenne, ils ont vu les revenus de leurs parents diminuer, ce qui a poussé ceux-ci à travailler plus et négliger leurs enfants délaissés à eux-mêmes. Jadis la mère était encore à la maison et veillait au grain avec sa bienveillante présence et ses conseils ; avec cette crise et même depuis plus d´une décennie, cette mère devait, elle aussi travailler dur et souvent tard pour que la famille puisse nouer les deux bouts ou s´offrir des vacances en pays de plages ensoleillées, la petite maison en campagne...

Oui, les choses avaient bien changé, et comment ! Les adultes semblaient croire que tout irait bien demain…d´une manière ou d´une autre ; les enfants et adolescents, eux, étaient chambardés dans une société en pleine ébullition de violences visuelles, de la toute puissance électronique, de mensonges politiques et économiques que les adultes et partis politiques emballaient dans des formules autant trompeuses qu´incertaines parce qu´elles s´avéraient plus tard n´être rien d´autre que des réparations de fortune sans lendemain. Et puis quand le divorce intervenait, comme c´était devenu le cas dans les 50% des meilleures familles, cela était encore pire parce que l´enfant, étiré des deux côtés, devenait un objet de pression ou d´orgueil mal placé lors du procès avant d´être souvent privé de la quiétude ou de l´amour familial entier qui unissait la famille avant le divorce. L´assurance et la fiabilité ne semblaient plus régner dans la société et gérer son avenir. Pire, ces enfants apprenaient qu´on leur préparaient le chômage et que sans le moindre gêne, on empruntait outrageusement sur leur avenir…sans pour autant leur ouvrir de meilleurs moyens pour qu´ils puissent réaliser leurs rêves ! Fallait-il vraiment croire qu´en sachant tout cela, et surtout en se rendant compte que les adultes commettaient bourdes économiques sur bourdes économiques en espérant que tout irait tout de même bien, que ces enfants ayant perdu confiance, ne devenaient pas nerveux et agressifs face à l´image fuyante de l´exemple qu´ils avaient toujours placé dans leurs parents et les adultes ?

Bien sûr cela rendait nerveux, révolté et agressif parce qu´en réalité on se retrouvait seul devant une société d´adultes qui n´offrait que la violence, le mensonge ou le faux maquillé en fausse vérité pour cacher le grand déséquilibre inquiétant qui avait empoigné leur société. On ne savait plus où aller pour se plaindre, chez qui ? L´alcool ? Il abrutissait même s´il donnait pendant quelques instants des sentiments volatiles de grandeur et d´invincibilité…à la fin, avec l´abus, on perdait le sens des réalités…et la confiance positive en soi. Violence et destruction irréfléchies ? A quoi cela menait-il, sinon à se mutiler intérieurement soi-même, à lutter contre les fantômes invisibles de la révoltes et de l´incertitude face aux défis inconnus de l´avenir ? Comment retrouver la confiance et la continuité dans la société entre la jeunesse qui devait assurer l´avenir et les adultes qui déterminaient les règles et les fondements de la société actuellement ? Il y avait bien un bris, un large fossé d´incertitude, d´abandon autant que de perte sensible d´exemple à suivre. Que faire pour guérir les adultes et leurs enfants de cette dissension d´idéal de réalisation, ou ne s´agissait-il, comme le courant socioéconomique actuel le prétendait, de s´abandonner, sans réfléchir, sans aspirer à un meilleur idéal d´exercice et de réalisation culturelle, sans critiquer le passé pour mieux améliorer l´avenir, à la mainmise et l´abrutissement de la société de consommation ? Le cri solitaire et incompris…ou ce bris indiquait-il une autre forme de continuité et d´affirmation sociale ? Où peut-il bien conduire, au renouveau, à une forme nouvelle de maturité; pour quelle société et quelles valeurs ?

Musengeshi Katata

« Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu »

 

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