Avec cette monstrueuse crise économique qui nous visite actuellement, l´ascension économique de la Chine est devenue, pour le monde entier et surtout les pays industrialisés abattus par la stagnation de leurs croissances d´un côté et de l´autre l´augmentation effrayante de leurs endettements publics, un sujet d´intérêt général. La semaine dernière, tandis que Li Keqiang, le vice-premier ministre chinois faisait sa visite en Allemagne avec l´intention de contresigner de lucratifs contrats de joint venture avec des sociétés industrielles allemandes, la France, elle, boudait sous le coup de l´espionnage de ses trois managers de Renault ayant remis à des contacts chinois d´importants documents sur le développement secret de la voiture électrique révolutionnaire des français.

 

Remarquable stratégie économique ou stratégie énergique à la hauteur du contexte et des enjeux d´industrialisation ?

Rien à faire, la Chine menait sa stratégie de développement avec un échiquier sans le moindre compromis sur ses buts et ses intentions. Les allemands reçurent l´hôte avec empressement car la Chine avait été pour beaucoup dans la sortie moins triste du premier choc de la crise économique de fin 2008. Les ventes automobiles allemandes en Chine avaient explosé ainsi que celui des machines de production, des systèmes d´exploitation d´énergie solaire, de chemins de fer, etc. Le ministre de l´économie allemande, Rainer Brüderle, ne manqua pas l´occasion pour convier la Chine à ouvrir l´accès libre à ses terres précieuses, dont la Chine possédait 97% des avoirs du monde sur son territoire et avait réduit ses exportations dernièrement…pour employer ces matières premières comme atout économique et commercial envers les pays industrialisés…réticents à ouvrir leurs marchés aux produits chinois ? Le japon exaspéré s´est tourné vers l´exploitation sous marine des terres précieuses…pour ne pas avoir à plier les genoux face aux chinois. Br_derle_et_Li_Keqiang

La Chine possédait effectivement un portefeuille d´épargnes en devises qui éveillait l´envie et la cupidité de n´importe quel pays industrialisé dans cette dure période de crise : 2,65 billions $. Et avec la croissance foudroyante de ce pays, ce portefeuille grossissait inexorablement à vue d´œil. Ces devises, la Chine les employait avec une incroyable justesse pour attirer sur son territoire la technologie et les industries productrices de pointe occidentales, elle achetait des bons du trésor des Etats dans un but commercial stratégique, prêtait aux pays africains à des taux préférentiels afin que ceux-ci, avec l´aide de sociétés chinoises, améliorent leurs infrastructures. Ce dernier aspect stratégique de la marche économique et industrielle chinoise avait ceci de particulier : d´une part les africains sortaient de leur dépendance par rapport à l´occident et se rapprochaient des chinois, et d´un autre côté l´influence de la Chine augmentait en Afrique ce qui lui assurait le libre accès aux matières premières dont l´Afrique détenait 63%. L´Afrique saura-t-elle profiter de ce nouvel équilibre montant des chinois ? Qui sait. En tout cas cette Afrique doit bien sortir de sa morosité et se mettre à jour et produire car les chinois, malgré tout, ne se substitueront pas aux africains pour accomplir leurs devoirs envers eux-mêmes ou polir et actualiser leurs facteurs de développement souffrant, comme on le sait, d´inconstance et de réel dynamisme de développement.

Cette visite chinoise en Allemagne a coïncidé avec la perte, depuis le 1er janvier 2011, de la majorité démocrate du président Obama en chambre des représentants du Congrès, ce qui rendra l´exercice du pouvoir bien plus…ardue. Il en va de même de la lettre dramatique de Timothy Geithner, secrétaire d´Etat américain aux finances, à la Chambre des représentants du Congrès leur enjoignant de relever la limitation constitutionnelle d´endettement des USA au-delà de 14,3 billions. Sans cela écrivit-il, les USA pourrait être en cessation de paiement dès Avril 2011. Etonnante situation inverse : la Chine dépensait ses épargnes pour avancer, consolider et s´assurer son développement, par contre pour se tenir à flot l´Amérique devait s´endetter plus lourdement...dans une atmosphère politique plutôt favorable à l´opposition des républicains. L´Amérique empruntait-elle délibérément pour se noyer d´avantage ou pour s´en sortir enfin ? L´exemple des difficultés financières de la Grèce, de l´Irlande, du Portugal…etc qui mettaient actuellement la monnaie et la stabilité économique européenne sur le qui-vive ne prouvait-elle pas que face à la crise économique complexe que nous subissons, l´endettement pouvait très vite tourner au vinaigre ? En tout cas le FMI s´est empressé de rappeler aux USA leur devoir de réduire leur endettement public…Allons-nous vers une nouvelle catastrophe de crise des endettements publics qui suivrait la crise financière nous ayant systématiquement pulvérisé 50 billions $ lesquels, comme on connaît le système économique, vont être exigés des pauvres avec le chômage, les diminution d´aide et assistance sociale et de diminution de revenus. Comment faire la reprise demain si la production, l´emploi et les salaires n´augmentent pas ? La Chine, elle, mettait ses pions en ligne et faisait recette : elle achetait des bons du trésors des pays européens endettés pour avoir pignon sur rue en Europe…et avec ses bas prix exportait à tout rompre dans les pays riches. A la longue, et même si la Chine tenait actuellement haut la main le flambeau du plus grand moteur de croissance économique pour le monde entier, les économies occidentales à croissances modestes ne vont-elles pas être dévorées par les coûts négatifs de leurs endettements antérieurs…et futurs, surtout lorsque les taux d´escompte vont augmenter ? Sans sortir de ce dilemme l´occident aura beaucoup de mal à se maintenir à flot. Et s´endetter sans fin ne fait qu´empirer les choses…

Musengeshi Katata

"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"

 

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