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Forum Réalisance

Cet espace va à la recherche de l´existentialisme de l´homme noir pour lui permettre de mieux se déterminer face à l´histoire et face à la réalisation de sa liberté.

16 avril 2006

Sur les cris désespérés de: "Il ma volé mon enfance!"

A Madame Catherine Guéguen, présidente de l’association RIA (rescapés de l’inceste anonymes).

NON A LA PRESCRIPTION DES CRIMES SEXUELS COMMIS SUR LES ENFANTS

Chère Madame Guéguen,

Je vous remercie vivement d´avoir pensé à Réalisance pour transmettre au public conscient de l´Internet votre message de lutte contre un fléau qui prend en France, dans notre monde moderne, des proportions inquiétantes. Longtemps étouffé parce que les victimes se taisaient sous des pressions familiales ignobles, ces crimes scandaleux ont entraîné biens de leurs victimes innocentes dans des souffrances psychiques et des drames identitaires solitaires et inconsolables. C´est pourquoi, comme votre association le préconise, nous estimons que ces crimes phallocratiques contre l´enfance doivent être imprescriptibles. Parce que les lésions morales et psychiques causées aux victimes le sont aussi, sinon irréparables.

L´occasion que vous m´offrez me réjouit à plusieurs raisons : il s´agit non seulement de réitérer notre dévouement à l´intégrité et à l´inviolabilité de l´enfance, mais aussi de nous associer à une lutte sociale, éthique et morale de la plus louable intention.

Ceux qui s´abaissent, chère madame Guéguen, à violenter l´enfance, sont du même esprit que ceux exercèrent l´esclavage, le viol, le pillage et la destruction de cultures, de valeurs et de sociétés étrangères ; cette phallocratie est de la pire primitivité et s´exerce sans le moindre respect ou retenue de la valeur humaine contre les faibles et les innocents. Sous l´ombre confiante de la famille, dans le libre espace de la société, contre les femmes, les enfants et tous les faibles, ces monstres exercent leurs bas instincts avec une audace et une sournoiserie qui défie la justice et notre entendement éthique et moral.

Et hélas, ces dernières années, ces crimes sociaux prennent en occident une fréquence et une acuité toute révoltante. On estime officiellement à 20% le nombre d´enfants affligés et honteusement abusés. Les chiffres réels, eux, sont beaucoup plus hauts et s´évaluent entre 25 et 30%. C´est pourquoi nous voyons très mal pourquoi la justice se mettrait du côté des criminels en leur offrant une quelconque prescription leur permettant, surtout dans les cas familiers, d´exercer sur l´enfant des pressions continues et ignobles, et d´échapper, en fin de compte, aux poursuites judiciaires futures.

Nous souhaitons vivement que la société préserve aux victimes de leurs droits de trouver réparation au-delà de l´enfance, cela permettrait de ne pas perdre confiance en une valeur sociale et affective irremplaçable : la justice. Parce que cela lui donnerait, si elle ne peut remettre tout à zéro, la possibilité de rendre confiance et assurance aux victimes en la société humaine, et ainsi d´aider à une guérison plus aisée de leurs maux. Et dans ce sens, soyez assurée, chère Madame Guéguen, de notre soutien le plus attentionné. Avec toute notre admiration et notre estime pour votre engagement, vôtre

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com

-  Pour les ENFANTS d'HIER, d'AUJOURD'HUI et de DEMAIN.....    

pour Nos enfants .... pour Vos enfants ....

-  Parce que ça n'arrive pas qu'aux autres .....

-  Parce que ca ne doit plus arriver !!!!

http://www.petition-antiprescription.net/

Voici un lien utile que je vous invite a utiliser :

Catherine guéguen, présidente de l’association RIA (rescapés de l’inceste anonymes)

 

                                         http://ria22.free.fr/

Posté par Musengeshi Kat à 22:33 - jeunesse et ambition - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 avril 2006

HipHop: ce cri intarissable, puissant et beau

Mieux qu´un simple mouvement social

Le HipHop : les cris révoltés de nos enfants

Avant propos

Comme tout le monde le sait, le HipHop est issu de la marginalité du Ghetto américain qui, lui, est le résultat de l´exclusion sociale et culturelle issue de l´esclavage, du racisme et de la discrimination sociale, résultat de plus de 500 ans d´oppression légale occidentale.

Lorsque je me suis attelé à me faire une idée précise de l´existentialisme de l´homme noir, j´ai rencontré non seulement sa façon de penser, de vivre, de se défendre, ses langues ; j´ai rencontré aussi son symbolisme culturel, et parmi ceux-ci : la musique, cet art qui rallie la beauté des sons, des notes à une poésie chantée accompagnée de musique recherchant l´harmonie, la beauté les nouant autour d´une expression prenant tous les contours et les humeurs existentiels momentanés : l´amour, la joie, la tristesse, la déception, l´espoir, etc.

Et curieusement, j´ai découvert dans la culture de cette race noire opprimée une musicalité exceptionnellement belle, passionnée, de toute jouvence. Des expressions tels que le Jazz, le Blues, le Rock and Roll, le latino, le HipHop, le Rap, sont issus de cet univers américain réprimé cherchant à exprimer sa douleur, sa révolte, ses sentiments quotidiens dans un tissu culturel retrouvant ses sources profondes dans la liberté perdue des racines chaudes et merveilleuses de l´Afrique.

Cette inculture de la subculture dominante était tellement belle et forte qu´elle imprégna et envahi la société, à chaque inondation, par des vagues hautes, successives, irrésistibles. L´establishment s´en accapara, comme toujours, pour faire recette et s´approprier d´un esprit qui lui cependant avait d´autres ambitions plus profondes : se réaliser et faire reconnaître ses droits à la libre et souveraine réalisation. Hélas, ce que voulait le courant officiel se limitait à l´emploi et à la l´utilisation monnayable ; il ne lui était pas encore venu à l´esprit qu´en réalité, toutes ces expressions concourraient à la liberté, pas à une quelconque reconnaissance utilitaire et momentanée, parce que c´étaient des cris profonds de l´âme. C´est ainsi que le face à face continue, irascible et méfiant, entre les conservateurs centralistes et les marginaux indépendantistes et rebelles. Et c´est depuis longtemps que la guerre culturelle a quitté la rue pour atteindre les étages de promotion et de conception rationnelle, donnant à la jeunesse opprimée les moyens de fourbir et de mûrir leurs vues, leur organisation afin de mieux faire passer le message qui leur brûle les lèvres et leur gonfle le cœur. J´ai choisi cet interview que je vous offre pour vous montrer que derrière le HipHop, il n´y a pas seulement la musique ; il y a un vœu, un goût de vivre et d´exprimer sa joie créative qui est non seulement beau et ambitieux, mais qu´il est aussi sincère, imbu de liberté et de justice et comme toute philosophie sociale, elle cherche à épanouir la meilleure expression de son âme, celle qui la lie continuellement à sa source : la recherche de l´harmonie, de la beauté, de l´équilibre d´équité, de l´efficience sensible et rationnelle afin de mieux représenter le tourment de ses maîtres et réitérer leurs voeux.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

   

Open Source : une solution pour le développement du HipHop?

Passion, compétences, choix, liberté, challenge, excellence. Ces termes définissent le mouvement Open Source. Mais ils définissent aussi, d’une manière sûre, l’esprit HipHop. Ayant un pied dans cet univers technique, Patrick Ifonge, le fondateur de Forum HipHop, nous explique dans cet entretien, pourquoi et comment, l’Open Source est une solution pour le développement présent et futur de la culture HipHop.

Tu avais prévu d’aborder la question de l’open source lors de la conférence        « HipHop & Technologie » au sommet mondial dans la culture HipHop à l’UNESCO qui a été annulé. Qu’est-ce que le HipHop peut apprendre du phénomène Open Source ? Un programme Open Source est un programme dans lequel le code source, la base de la technologie est totalement accessible et gratuitement disponible pour quiconque le voudrait. Il n’y a pas de restriction ni de protection intellectuelle, pas de brevet déposé dessus, rien de tout cela. Le programme est totalement libre et n’appartient à personne. Un groupe de personnes crée le programme, mais ensuite toute personne qui souhaite y apporter sa contribution pour développer de nouvelles options ou fixer des bugs peut le faire. Et ça marche ! Linux, Apache, Perl, toutes ces technologies qui « font » en partie le net sont issus de l’open source.

Quel rapport avec le HipHop ? L’Open Source montre clairement qu’il n’y a pas besoin (de beaucoup) d’argent pour faire des grandes choses, qu’il n’y a pas besoin de mettre de l’argent sur la table pour motiver les gens. Ce qui permet de motiver les meilleurs et de réaliser de grandes choses, c’est la passion. Et plus on a de compétences, plus on a de talent, plus c’est vrai. Ce que l’open source montre aujourd’hui, c’est ce que le HipHop a démontré finalement au cours de sa jeune histoire. Bien sûr ! C’est ainsi que le HipHop s’est développé. La passion et le talent primaient. Créer quelque chose à partir de rien, c’est aussi une définition du HipHop, et ce n’est pas un hasard. Des mecs qui n’avaient rien, aucune connaissance de l’industrie du disque, aucune expérience dans le monde des affaires, aucune relation contractuelle entre eux, ont réussi à faire de cette culture à la marge de la société, une culture de dimension mondiale ainsi qu’un secteur d’activité économique florissant.

Je pense qu’aujourd’hui, nous devons retrouver cet état d’esprit guidé par la passion, le talent avec en plus l’expérience du passé récent. Pourquoi ? Tout simplement, parce que nous nous sommes égarés, parce que nous sommes devenus capricieux, et surtout parce que nous stagnons et que nous ne sommes pas là où nous devrions être, et que, en plus de tout cela, des acteurs extérieurs à la culture et à l’esprit HipHop ont de plus en plus tendance à nous dicter ce qu’est le HipHop et dans quelle direction il devrait aller.

La démarche, l’état d’esprit, le mouvement, Open Source est une solution qui peut nous aider, acteurs et passionnés du HipHop, à contrecarrer cette tendance et à rendre le HipHop meilleur. Il y a pleins de bugs à fixer dans le HipHop, et au rythme où vont les choses, il y en aura de plus en plus… La « communauté HipHop » est importante maintenant, les compétences et les connaissances sont là, il faut qu’on s’y mette, il faut qu’on fixe ces bugs… Je ne dis pas que nous devons créer une fédération du HipHop ou des groupements d’intérêt économique, mais tout simplement qu’on puisse être capable de s’entraider, de faire appel à telle ou telle personne en fonction des projets, de créer des alliances ou associations temporaires selon les besoins des uns et des autres.

Ok, il faut être passionné mais au-delà de cela, de la passion, qu’est-ce qui peut bien motiver un gars du HipHop à travailler sur projet de type Open Source ?
Il y a plusieurs sources de motivations et elles sont toutes dans l’esprit HipHop justement. Quand on y réfléchit bien, le HipHop, c’est « regardez moi », c'est-à-dire attirer l’attention sur soi. Devenir, tout d’un coup, le temps d’une représentation, d’une chanson, d’une danse, d’un jam, d’une session, le centre du monde. L’open source se développe aussi dans cette optique, les participants à un projet le font, parce qu’ils veulent aussi être reconnus et appréciés des leurs, le monde des programmateurs. Un projet HipHop basé sur l’Open Source est donc une source de motivation, dans le sens où il peut permettre à ses participants de gagner l’estime et le respect de leur entourage et de la communauté HipHop, parce qu’ils auront réalisé tel ou tel projet.

Il faut savoir que l’univers de l’open source est très concurrentiel. Le HipHop aussi. Une des forces du HipHop, ce sont les challenges que nous avons relevé et que nous relevons. C’est une autre source de motivation, être le meilleur, « i’m the man », « i’m the king », « i ‘m the illest », etc… Quand on pense aux battles dans les différentes disciplines, l’enjeu, c’est quand même de se confronter aux meilleurs et d’être le meilleur, du moins chercher à le devenir. C’est dans la nature humaine que de vouloir se confronter aux meilleurs dans leur domaine. Si tu fais partie d’une structure qui veut mettre en place un évènementiel par exemple, tu ne seras confronté qu’à tes collègues, et il y a des chances que vous ne soyez pas beaucoup alors que, si pour ce même évènementiel, tu travailles dans le cadre d’un projet de type open source, tu vas être confronté à un nombre plus important de gens, ce sera plus stimulant.

Parce qu’on sait qui fait quoi, qui a réalisé quoi, dans les projets open source. On sait qui est bon, qui ne l’est pas. Les stars sont connues, les nouveaux, les anciens, etc… Il suffit de regarder les crédits qui sont associés aux projets. On recherche le respect et l’estime de nos pairs, ok, mais ce qui importe surtout, c’est de produire, de créer quelque chose d’efficace et de performant. Finalement, nous avons déjà cette attitude dans le HipHop, la recherche de l’estime, le désir de marquer les esprits et la volonté d’être le meilleur, de sortir le meilleur produit… Je pense que, si dans nos projets HipHop, nous décidons d’appliquer formellement et consciemment, cette démarche Open Source, nous pouvons arriver à des résultats plus qu’intéressants.

Mais qui, aujourd’hui, a du temps à consacrer pour des projets qui ne rapportent rien finalement ?
Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas d’argent en jeu et que la motivation principale ne soit pas l’argent qu’un projet Open Source ne rapporte rien. Il apporte de la crédibilité, une réputation, des opportunités de rémunération, des connections.
De la crédibilité et de la réputation, parce que si votre nom apparaît sur tel ou tel projet réussi, cela veut dire que vous avez telles compétences dans tel domaine, et plus votre nom apparaît, plus vous serez considéré(e) comme un(e) expert(e) dans ce domaine. Et lorsqu’on a une expertise, il est plus facile de convaincre des partenaires ou clients extérieurs, et d’attirer leur attention. Il est aussi plus facile de convaincre de futurs participants de talent d’intervenir votre projet Open Source. Ces personnes de talent vous permettront de réaliser des projets de qualité justement et ainsi de suite. C’est un cercle vertueux. Les gens diront du bien de vous, et vous aurez la réputation de quelqu’un de fort et de bien, et les gens aiment aider les gentils.

Avec la crédibilité et la réputation, viennent les opportunités de rémunération. Les programmateurs et les développeurs issus de l’Open Source perçoivent des récompenses concrètes, tangibles de la réputation et de la crédibilité qu’ils ont établies. Ils écrivent des livres, animent des ateliers, donnent des conférences, conseillent des sociétés commerciales, sont recrutés par des grandes boîtes. Tout cela est possible avec le HipHop. Il suffit de s’y mettre, les récompenses viendront en temps voulu. Quand vous voyez comment le HipHop est géré est dans les majors du disque ? Quand vous voyez comment les institutionnels gaspillent de l’argent dans des projets soi-disant HipHop ? Quand vous pensez à toutes ces compétences gâchées ou sous-utilisées dans le HipHop ? Quand vous réalisez à quel point le HipHop est incompris ou ma interprété dans les média et auprès du la majorité des gens ? Il y a des choses à faire et croyez moi, ça rapporte et pas qu’en parole…

Une dernière chose, les connections. Donnée importante, dans l’Open Source, cette manière de travailler, nous permet de développer un réseau de contacts dans le monde entier. D’ailleurs, le HipHop est mondial, il faut en tirer profit. Au-delà, de la barrière de la langue (qui peut être résolu avec l’anglais ou le français comme langue de travail), rien ne nous empêche de travailler avec des personnes du monde entier, c’est augmenter nos chances de puiser dans les compétences HipHop sur tel ou tel projet. Avoir un réseau, cela augmente votre visibilité et, par conséquent, vos opportunités de rémunération… Ca permet aussi de pouvoir travailler et être rémunéré pour un travail que nous aimons.

Il y a autre chose aussi. L’Open Source permet de sortir de son isolement et de sa solitude avec ce que cela engendre en termes de remise en question et de perfectionnement. Les premières rencontres de la danse HipHop de la Villette en 1996, ont été un choc pour beaucoup de danseurs et en même temps un gros succès, pourquoi ? Il y avait beaucoup de danseurs, qui évoluaient uniquement dans leurs provinces ou dans leurs quartiers et qui étaient alors persuadés d’être les seuls ou d’être les meilleurs dans leur domaine. Avec les rencontres de la Villette, ils se sont vite rendus compte qu’ils étaient loin d’être arrivés, qu’il y avait même meilleurs qu’eux, que la concurrence était énorme, et surtout qu’il fallait encore travailler. La rencontre, la confrontation avec d’autres a permis à la danse HipHop d’avoir un nouvel élan et de remotiver les acteurs… Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas d’argent en jeu et que la motivation principale ne soit pas l’argent qu’un projet Open Source ne rapporte rien. Il apporte de la crédibilité, une réputation, des opportunités de rémunération, des connections.
Ce qui est vrai pour la danse, l’est aussi pour toutes les dimensions du HipHop, et même en dehors du HipHop d’ailleurs. Aujourd’hui, pour progresser, pour être encore meilleur, je pense qu’il est important, surtout parce que c’est possible, d’attirer vers soi les meilleures compétences dans le domaine qui nous concerne. Comment convaincre quelqu’un que tu ne connais pas, que tu n’as jamais vu de dépenser son temps et son énergie à vous aider de façon bénévole ? L’Open Source apporte la réponse : la valeur et le sens que ce système apporte justement aux personnes qui y participent ou qui pourraient y participer. Nous venons d’en parler : crédibilité, réputation, connections, opportunités de rémunérations…

Ok, mais dans la sphère commerciale et économique, nous avons tendance à penser qu’un produit ou un service ne doit pas être terrible s’il n’y a pas eu d’argent investi dedans ?
Mais, c’est une erreur de penser cela, justement. Surtout dans le HipHop, il suffit juste de regarder au niveau de la musique. Des albums que l’on considère comme des classiques, où les premiers albums de beaucoup d’artistes. Il n’y avait pas ou peu d’argent misé dessus, et pourtant cela n’a pas empêché ces albums d’être des « master pieces »… Je pense à 36 chambers du Wu-Tang, je pense à « Enta da Stage » de Black Moon, je pense « The listening » des Little Brother… Je pense aussi des projets comme 88 HipHop sur le net au milieu des années 90, à des évènementiels comme Beat Society… C’est clair qu’une des données importantes de l’Open Source, c’est de faire ce qu’on aime, c’est de donner du sens à ce que nous faisons. Mais le but final, c’est de réaliser le meilleur logiciel ou programme possible. A bien des égards, le processus de création issu de l’Open Source est plus rigoureux et donc plus performant que dans le cas d’un processus traditionnel.

Pour ce qui est du HipHop, les données sont les mêmes, c’est de réaliser le meilleur projet possible, qu’il soit artistique, académique, social, commercial ou autre. Et forcement, les projets seront meilleurs. Parce qu’ils seront accessibles, en cours de conception et réalisation (qu’il s’agisse du business plan, d’une fiche technique, d’un dossier quelqu’un, d’un prototype, etc.), à des personnes ayant les compétences appropriées dans les domaines concernés. Donc, comme tout le monde peut avoir accès au contenu de votre projet, s’il y a un truc qui ne va pas ou qui fait défaut, ce sera repéré tout de suite. Et on pourra le fixer rapidement.

Forcement, et c’est encore plus vrai dans le HipHop, ça change, et ça va changer la manière dont on travaille. Si tu sais que la communauté HipHop a un œil sur ce que tu fais, tu seras plus méticuleux, rappelez-vous, « gagner l’estime des siens »… Parce que tu tiens à ta réputation. C’est bien parce que nous avons besoin de revenir à cela, à ces questions de réputation, à ce sentiment d’appartenance à une communauté. Les mots « suckers », « sellout » étaient des insultes suprêmes, aujourd’hui, ça ne semble plus déranger personne. Parce que personne ne semble respecter le HipHop, ni ses acteurs. Parce que le sentiment d’appartenance n’est plus là, parce que la valeur a pris le pas sur les valeurs. Le système d’Open Source va nous permettre d’en revenir à la responsabilité individuelle en plus, au lieu de toujours regarder l’autre comme cause de nos problèmes, on ne pourra nous en prendre qu’à nous-mêmes. Nous prenons en charge le HipHop, sa direction, son futur, donc, nous allons faire de notre mieux. Parce qu’il en va de notre crédibilité, parce qu’il en va de notre choix de vie, et par conséquent, de notre gagne pain aussi, pour certains d’entre nous.

Nous avons parlé des raisons qui font que les gens peuvent travailler sur un projet. Parlons maintenant de la manière dont on travaille dans ce système d’open source. Comment travailler efficacement avec des gens qui sont éparpillés à droite et à gauche, qui pour l’essentiel, ne se connaissent pas et ne sont jamais vus ?
Aujourd’hui, avec Internet, les emails, ales messageries instantanées, les blogs, les content management systems, il n’a jamais été aussi facile et pratique de travailler avec des gens que nous n’avons jamais rencontré et qui habitent dans les 4 coins du monde. Tout cela n’empêche pas que nous puissions nous connaître et développer des relations amicales et professionnelles fructueuses.

L’Open Source est organisé autour des projets. Nous avons différents groupes de personnes qui travaillent sur différents projets ou sur des tâches différentes d’un même projet. Chacun choisit le projet dans lequel il souhaite s’investir en fonction de ses compétences et de son temps…Il y a cependant une structure, une organisation claire dans chaque groupe et sur chaque projet. C'est-à-dire qu’il y a et il faut nécessairement un facilitateur, un coordinateur, on peut l’appeler comme on veut, mais en tout cas, il doit y avoir une personne qui se porte volontaire pour être responsable et par conséquent, pour prendre les décisions. Tout le monde peut décider de participer à n’importe quel projet, mais une personne décide de la validation de telle ou telle contribution après concertation et discussion avec les autres membres du projet, bien sûr.

Ce coordinateur ou facilitateur peut ne pas être une personne fixe, c'est-à-dire qu’en fonction des groupes ou des projets, nous pouvons décider que ce rôle sera tournant, par exemple, tous les deux mois, nous changeons de coordinateur, ce qui fait partager la responsabilité du projet à tous. Ensuite, nous pouvons aussi décider que les décisions de validation des contributions ou des apports se feront par vote. Ce qui importe, c‘est qu’il y a une organisation claire et que le travail soit structuré… Dans cette optique, il est possible comme nous l’avons établi avec le réseau HipHop, de définir des rôles, des degrés de participation aux projets en fonction des compétences, des disponibilités et souhaits des gens (membre du groupe, associé et coordinateur). 

Chaque groupe peut installer une ou plusieurs listes de diffusion sur le net autour du projet pour définir les tâches à accomplir, discuter des orientations du projet, informer sur l’état d’avancement, etc. Les échanges peuvent se poursuivre par le biais du mail ou des messageries instantanées. L’un des rôles du coordinateur, justement, est de rendre possible et surtout efficace et profitable pour tous, ces discussions et échanges.

Nous avons essentiellement vu les bons côtés. Quels sont par contre, les obstacles et les dangers de ce système ?
Le système Open Source repose essentiellement sur la responsabilité individuelle et le respect. Sans cela, ça ne marche pas. En effet, c’est un univers qui exige une grande autonomie, mais surtout une honnêteté et en engagement de. Lors qu’on adhère à un tel système, on ne signe pas de contrat de travail, on ne signe pas de contrat de concession, on ne signe pas de contrat de licence. Lorsqu’on décide de travailler sur un projet open source, on signe un contrat moral avec soi, on signe un contrat de confiance avec les autres.

C’est pour cela qu’il faut s’engager à hauteur de ses compétences et de ses aspirations. Parce qu’une fois qu’on s’engage, quelque soit le niveau ou le degré d’engagement, il faut le faire à fond. Fort heureusement, et c’est une chance, dans le HipHop, nous connaissons ces types de relations, nous avons l’expérience de ce genre de situations. L’expérience, dans ce cas, est un plus. Combien d’entre nous n’ont-ils pas fait l’expérience de projets dans lesquels nous étions nombreux au départ et au fil du temps, plus l’activité demandait du temps, de l’engagement et de la responsabilité, moins nous étions nombreux – pour différentes raisons d’ailleurs -, et finalement, seule une minorité de volontaires ont persévéré ? Avec l’Open Source, il faut justement être clair et rigoureux dès le départ, pour ne pas avoir à faire face à des défections en cours de route et aussi pour éviter les touristes. J’appelle touristes, les personnes qui viennent se greffer à un projet parce qu’ils le trouvent cools, ou parce que c’est bien d’y être associés, mais quand il s’agit de donner son temps, son énergie et ses compétences, ces personnes sont aux abonnés absents.

Le HipHop, travailler sur un projet Open Source, c’est très prenant, ça peut même être envahissant et problématique pour notre vie quotidienne, nos relations sociales et même sentimentales. Il faut en être conscient et donc, poser les limites. Il faut s’organiser. C’est pour cela aussi que c’est un contrat avec soi. Il ne faut pas se laisser dévorer par la passion. Parce que de toute façon, à la longue, vous risquez d’être moins performant et l’Open Source est basé sur l’excellence, mais aussi comme je l’ai dit plus tôt, la réputation, la crédibilité. Tout est lié.

Il ne faut pas non oublier que dans tout projet, il y a des tâches ennuyeuses mais qui doivent être accomplis. Cela peut être un problème aussi dans les cas où personne ne serait intéressé par les réaliser. Puisque toutes les personnes d’un projet sont volontaires, il est donc normal qu’ils se consacrent à ce qu’il y a de plus intéressant pour eux. Dans des cas comme ça, soit c’est le coordinateur du groupe ou du projet qui s’en charge, ou alors, ce qui serait idéal c’est de trouver quelqu’un qui ne trouve pas telle tâche ennuyeuse (tandis que pour les autres elle l’est). De toute façon, comme on ne peut pas forcer les gens, et comme on ne les paie non plus, il faut trouver des solutions, faire des compromis.

Je pourrai aussi citer les questions de temps et de délai dans le sens où comme chacun prend dans son temps libre ou disponible pour travailler sur un projet Open Source, il est parfois difficile de respecter les dates qu’on se fixe pour réaliser telle tâche, développer tel service ou créer tel produit. Mais là, on ne revient encore aux questions d’engagement et de responsabilité.

Tu fais pas mal de conférences en France, tu interviens aussi à l’étranger. Comment le HipHop est perçu au niveau des institutions et dans les sphères économiques ?
C’est assez ambigu, encore aujourd’hui. Bon, certains saisissent que le HipHop, c’est plus qu’une musique, ou plus qu’une danse. Certains comprennent la dimension socio-politique et même économique du HipHop. Mais pour beaucoup, j’ai l’impression que rien n’a changé, le HipHop, c’est, au choix, un truc qui vient d’émerger de je ne sais où, une musique sans intérêt, ou encore un truc de sauvageons… mais peu importe d’ailleurs. Parce que de toute façon, il y a presque autant de gens dans le HipHop qui critiquent aussi le HipHop.

Lorsque j’interviens dans les conférences, séminaires et autres rencontres, ce n’est pas pour dire que le HipHop, c’est bien, c’est cool, etc. Pas du tout. Chacun a son point de vue. Je développe juste mes idées, mes arguments. Je me contente de semer, de placer des graines dans la tête des gens à la rigueur. Le fruit qui en sortira, je ne peux pas le deviner, ni le décider. De toute façon, ce qui importe surtout pour moi, ce sont les acteurs de la culture et tous ceux qui se revendiquent HipHop ou qui prétendent le défendre. Parce que c’est à nous de faire avancer le mouvement, c’est à nous de développer le HipHop. En étant fort de l’intérieur, on sera en position de force face à ces institutions et aux sphères économiques traditionnelles justement.

Je finirai, en citant Edgar Allen Floe dans “State of the art”: «Wassup y’all, it’s time to make a decision. What do you want? Do you want a change or do you want the bullshit to continue? Let’s get together, let’s do us right, continue to move forward yo, no more time to get played , cause in our situation, actions speak louder, word up!

Patrick Ifonge (pifonge@forumhiphop.com) est le fondateur de Forum HipHop.

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20 février 2006

Sur la jeunesse

Correspondance avec un chargé de jeunesse consciencieux

Mail du 02/16/06

Bonsoir,

Je vous remercie cher aîné et frère africain pour vos articles, car vous participez au réveil de vos frères. Car aujourd'hui malheureusement beaucoup d'africains subissent une telle aliénation culturelle qu'ils rejettent leur culture pour chercher à prendre celle des autres. Ils ont honte de leur histoire et de leur négritude.

Je suis le président de l'association Union Culturelle des Jeunes du Monde et nous faisons actuellement des recherches sur la culture africaine, pour d'une part se réapproprier notre culture afin de la promouvoir et d'autre part participer à des projets de développement en Afrique.

Je vous laisse les coordonnées de notre association tél. 06 13 34 89 87 et ma boîte email: ucjm_association@hotmail.fr ou ucjm_association@yahoo.fr 

Yves Munguama

Si vous avez de la doc sur les Bantu, Pygmée... faîtes moi signe. Merci

________________________________________

Réponse Musengeshi du 02/16/06

Cher Yves Munguama,

Je vous remercie infiniment pour votre mot, il m´a fait un réel plaisir. Et je souhaite vivement que l´association dont vous êtes le représentant prenne de plus en plus conscience de la valeur incessible de la culture originelle de chaque individu quel qu´il soit, et qu´elle aide la jeunesse à créer des liens entre eux qui respectent l´identité de chacun, incitent à la tolérance et à la compréhension et ouvrent sur un dilogue de véritable humanité. La liberté et la réalisation sociohistorique est un bien à la fois collectif, individuel, et universel. Toute l´histoire humaine durant cette vision pourtant fondamentale et simple a été abusée, tronquée, usurpée. Et la race qui en a le plus souffert est la race noire. Je souhaite que la jeunesse de demain s´écarte de tels abus et se reconnaisse d´une plus grande, d´une plus belle et d´une plus généreuse humanité de cultures et de réalisations. Elle n´a rien à perdre, mais bien de droits et de libertés à y gagner. Et dans ce sens, je vous prie de croire à toute ma sympathie.

Avec mes meilleurs encouragements, 

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

_______________________________

Demande Musengeshi du 02/16/06

Cher Yves Munguama,

Voyez-vous un inconvénient à ce que je publie votre  lettre ainsi que ma
réponse? Faites-le moi savoir.
Avec toute ma sympathie,

Musengeshi Katata
Muntu wa  Bantu, Bantu wa Muntu.

_______________________________________

Réponse ucm du 02/17/06

Cher Mr Musengeshi Katata,

Non je ne vois aucun inconvénient à ce que vous publiez ma lettre ainsi que
votre réponse.
Par contre j'aimerais juste savoir si vous pouvez nous parlez de l'origine
des ethnies Bantu, Pygmée, Nilotique, Chamito-Sémitique, Bushmen... ainsi
que leur migration et de leur techniquene.

Merci

____________________________

Réponse Musengeshi du 02/20/06

Cher Yves Munguama,

Je vous promets qu´à la première occasion, je vous ferai ce plaisir. Connaissez-vous l´histoir d´Ota Benga ? C´est par là que je commencerai.

Avec toute ma ympathie,

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa untu

munkodinkonko@aol.com



Posté par Musengeshi Kat à 22:08 - jeunesse et ambition - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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